Les chameaux de Zambra
Personnages secondaires
Alejandro Zambra
Éditions de l’Olivier
Paris, 2012, 167 pages
Ce matin, en attaquant un ananas bien mûr avec un couteau, je pensais aux clichés de la littérature latino-américaine. Borges a fameusement dit que la preuve que le Coran était arabe, c’est qu’on n’y trouvait aucun chameau, mais lui-même aimait bien les gauchos et leurs rixes au couteau. Je venais de terminer Personnages secondaires d’Alejandro Zambra et je me rappelais que Zambra, rencontré il y a un mois à un jet de pierre du château de Vincennes, un peu plus soûl que moi et maîtrisant donc mieux son anglais que je massacrais mon espagnol, m’avait dit qu’il ne se sentait pas tenu, par les attentes traditionnelles d’un certain public, de mettre des jungles et des généraux dans ses livres. Ou même des ocelots, comme son compatriote Sepulveda. Je suis en train de lire ton livre, que je lui ai dit. Allons boire un verre, fut sa réponse.
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