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Polars - Les masques du mensonge

20 octobre 2012 | Michel Bélair | Livres
Ment-on de la même façon dans une culture et dans une autre ? Est-ce que le contraire de la vérité se porte aussi long en Norvège, par exemple, que dans le Midwest américain ? Y a-t-il un point commun entre les apparences, où que l’on soit sur la planète ?

À la lecture de ces deux gros livres aux titres similaires (Les apparences, Faux-semblants), le point commun qui s’impose est d’abord celui de la qualité de l’écriture - donc de la traduction -, sans oublier un autre constat, indéniable : Gillian Flynn et Kjell Ola Dahl racontent tous deux des histoires complètement tordues. Et à Oslo tout comme dans le Missouri (« Mezourâ »), les fausses vérités réussissent souvent à prendre le visage de la respectabilité.


Jeune couple new-yorkais branché, Amy et Nick sont des bobos à l’aise vivant de leurs mots… jusqu’à ce que, brusquement, ils se voient mis à mal par l’arrivée massive d’Internet, des réseaux sociaux et de la blogosphère. Voilà qu’on les retrouve paumés dans une petite ville du Midwest, North Carthage, pas très loin de St. Louis ; lui, derrière un bar et elle, à ruminer sur sa chute. C’est là qu’Amy va construire pièce par pièce, mot par mot même, l’univers d’apparences qui va piéger son mari, Nick, la police, ses rares amis et tous ceux qui osent encore l’approcher, le lecteur y compris.


Cette Amy Elliot Dunn est vraiment un être absolument hors-norme. Belle, brillante, surdouée, introvertie, la jeune femme saura vous mener vous aussi par le bout du mot ; son intelligence démoniaque en fait l’un des personnages les plus bizarres et les plus dangereux que l’on ait rencontrés depuis longtemps. Méfiez-vous : vous vous y laisserez prendre.


À Oslo, l’enquêteur Frank Frølich est sur la piste de trafiquants lorsqu’il tombe sur une jeune femme étrange… qu’il retrouvera quelques jours plus tard chez un vieil ami d’enfance dans le rôle de la future mariée. Puis, coup de théâtre, le corps nu de la même jeune femme est découvert dans une benne à ordures, ébouillanté, enroulé dans un film plastique.


Ici aussi les apparences font en sorte que l’enquête s’égare dans une foule de directions possibles. Il faudra toute la détermination de Frølich pour réussir à faire la lumière sur cette sombre affaire où l’amitié et les rapports entre les gens s’inscrivent presque toujours en porte-à-faux, l’inspecteur l’apprendra à ses dépens.


Deux livres qui vous laisseront un arrière-goût de fiel au fond de la gorge…


***

 

Les apparences

Gillian Flynn

Traduit de l’américain par Éloïse Esquié

Sonatine

Paris, 2012, 570 pages


 

Faux-semblants

Kjell Ola Dahl

Traduit du norvégien par Alain Gnaedig

Gallimard, « Série noire »

Paris, 2012, 354 pages

 
 
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