Québec Amérique - En 1986, le Visuel
«Maintenant, on a l’application pour iPhone»
« Pendant quatre ans, terminologues, linguistes, chercheurs, documentalistes, traducteurs et illustrateurs, sous la direction de l’éminent terminologue et linguiste Jean-Claude Corbeil, ont mis au point cet outil simple et précis. » Voilà ce qu’on pouvait lire, sous la plume de Jacques Fortin, fondateur des éditions Québec Amérique, en guise d’introduction à cette première édition du dictionnaire thématique visuel en 1986.
« La technologie à l’époque ne permettait pas de soutenir ce genre de démarche. C’était un travail extrêmement fastidieux, on parle de faire des collages pour positionner à la main les termes autour des illustrations », rappelle Myriam C. Belzile, éditrice et adjointe à la direction des éditions, qui se fait aujourd’hui la porte-parole de Québec Amérique pour cette entrevue.
On imagine aisément la somme de travail que pouvait représenter une édition de ce type. De plus, la tâche se démultipliait puisque, dès ses débuts, le Dictionnaire visuel s’est publié en plusieurs langues. D’ailleurs, le concept même de cet ouvrage est bilingue, sinon multilingue : « Un outil de référence comme celui-là comporte plusieurs domaines techniques dans lesquels on retrouve beaucoup de vocabulaire anglais. On propose des équivalences de mots en usage dans les différentes langues de l’édition, plutôt que de simples traductions », explique Mme Belzile.
Recherche
Pour cette immense recherche, Jean-Claude Corbeil a travaillé avec toute une équipe de terminologues et a été honoré par l’attribution de la médaille Georges-Émile-Lapalme pour sa contribution au rayonnement de la langue française. Depuis, chaque mise à jour du dictionnaire nécessite des recherches terminologiques et chaque ajout de terme résulte de la consultation de références fiables dans chacun des domaines. Par chance, pour la seconde édition du Visuel en 1992, les bases de données et l’infographie sont venues grandement aider les auteurs.
Quand on entreprend la publication d’une nouvelle version d’un dictionnaire, les modifications sont généralement nombreuses. Entre la troisième édition et la quatrième, ce sont 5000 entrées et 2000 illustrations qui ont été ajoutées. Les sujets changent selon les époques : « Dans certains domaines, on doit faire des mises à jour, on pense aux vêtements par exemple, il y a aussi des domaines qui suscitent plus d’intérêt, comme la bureautique, dont les termes, qui étaient auparavant réservés aux spécialistes, sont aujourd’hui utilisés par tous », cite en exemple Myriam C. Belzile.
Si le Visuel se veut un ouvrage grand public, on doit nécessairement y aborder des sujets plus techniques, puisque ceux-ci finissent toujours par faire leur apparition dans le langage quotidien : « Par exemple, dans notre toute dernière édition, on va aborder le sujet de l’extraction des gaz de schiste et celui des sables bitumineux. Les termes utilisés dans ces domaines font partie aujourd’hui de notre réalité quotidienne. C’est très rare que les références sur ces sujets sont exprimées en images, ce qui fait qu’un terme, même s’il est très technique, peut être compris, parce que l’image est une définition on ne peut plus claire », ajoute Mme Belzile.
Mises à jour
Dans la plus récente édition du Visuel, le lecteur remarquera de grandes mises à jour. Celles-ci sont rendues possibles grâce à certains ouvrages développés par Québec Amérique dans les dernières années : l’Encyclopédie visuelle des aliments et l’Encyclopédie familiale de la santé. Dans ces deux ouvrages, « on a fait un investissement majeur au niveau du contenu visuel pour développer une nouvelle imagerie de l’anatomie humaine à l’intérieur comme à l’extérieur du corps. Même chose au niveau des aliments et des animaux. On va toujours faire bénéficier le Dictionnaire visuel des avancées qu’on fait dans les différents domaines », explique Mme Belzile.
C’est très spectaculaire de voir l’évolution des illustrations contenues dans le Visuel. Dans tous ces ouvrages et depuis la toute première édition, on privilégie le dessin à la photo : « L’illustration qu’on a en 2011 est pourtant toujours aussi schématique que celle de 1992 et, si on compare avec une photo, l’information y est plus intelligible. Dans le schéma de la coupe du coeur, l’illustration permet d’effacer les détails accessoires qui ne sont pas pertinents à la compréhension du muscle cardiaque, pour ne garder que l’essentiel. On conserve une clarté qu’on ne peut avoir avec une photo. »
Refonte
Grâce aux commentaires des lecteurs laissés dans le site web du Visuel, l’édition 2011 a bénéficié d’une vaste refonte inspirée des besoins des utilisateurs. Pour cette quatrième édition, on a revu de fond en comble la structure même de l’ouvrage, où on retrouve maintenant 18 thèmes au lieu de 17 : « La bureautique a dorénavant son propre thème, ce qui nous a permis d’expliquer les différents types de baladeurs numériques, de présenter les tableaux blancs interactifs et les tablettes tactiles en les regroupant par famille », précise Myriam C. Belzile.
Il y a aujourd’hui deux éditions du Visuel : le Dictionnaire visuel 2011 dans la version bilingue et le Dictionnaire visuel plus avec des définitions et des notices encyclopédiques qui, lui, est paru au printemps 2012. « Ce sont les mêmes montages, mais le Visuel plus est très utile pour les recherches des étudiants, parce que les définitions apportent des précisions sur la nature, la fonction ou les caractéristiques de l’objet ou du phénomène qui est illustré. On fait l’économie dans la définition de tout ce qui est déjà visible et on ajoute des explications. »
Mais le Dictionnaire visuel n’existe pas seulement dans son format en papier, il est aussi très présent sous sa forme électronique : « Le logiciel a été la première formule que nous avons proposée, d’abord sous forme de cédérom, et, depuis 2004, on l’offre par téléchargement via notre site web. Maintenant, on a l’application pour iPhone. Avec la nouvelle édition, on va, dans les prochains mois, développer différentes offres électroniques selon les plateformes qui seront les plus utilisées par le public. »
Le Visuel en chiffres, ce sont des éditions en 35 langues présentes sur cinq des sept continents. Depuis l’édition originale, plus de neuf millions d’exemplaires du Dictionnaire visuel ont été vendus, sans compter tous les produits dérivés, puisque, à l’échelle internationale, le Dictionnaire visuel est publié par différents éditeurs, ce qui permet à Québec Amérique de développer des partenariats afin de produire des ouvrages répondant à des besoins spécifiques. On peut affirmer sans se tromper que le Dictionnaire visuel est un très, très grand succès de librairie.
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