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    Suzanne Brûlotte attend sa sentence

    L’auteure de livres sur les oiseaux est accusée d’avoir enfreint la Loi sur le droit d’auteur

    16 juillet 2012 |Catherine Lalonde | Livres

    Une grande photo d’oiseaux accueille le visiteur sur le site Internet de Suzanne Brûlotte, auteure, photographe et ornithologue. En jaune électrique, juste dessous, on ne peut échapper à la mention précisant que « les photos qui apparaissent sur ce site sont la propriété de Suzanne Brûlotte et elles sont protégées par le droit d’auteur. Il est interdit d’en faire un quelconque usage sans la permission de l’auteur ». Ironie ? Mme Brûlotte a été reconnue coupable au criminel, il y a quelques jours, d’avoir enfreint la loi sur le droit d’auteur. Elle aurait utilisé dans un de ses livres des photos déjà publiées dans Les jardins fleuris d’oiseaux, d’André et France Dion, paru aux éditions de l’Homme en 2001.


    André Dion est un spécialiste respecté de l’ornithologie. Il publie en revue ses premiers articles sur le sujet dès 1942. Au fil des ans, il signe, avec son épouse et partenaire France Dion, plus d’une dizaine de guides d’observation des oiseaux. En 2000, le couple engage par contrat Mme Brûlotte comme photographe, afin qu’elle assure le visuel du livre Les jardins fleuris d’oiseaux. En 2010, Suzanne Brûlotte publie à son tour Le grand livre pour attirer les oiseaux chez soi (Broquet). Suite à une plainte du couple Dion à la Gendarmerie royale du Canada, Mme Brûlotte vient d’être accusée d’avoir enfreint l’article 42 de la Loi sur le droit d’auteur. La photographe sexagénaire aurait utilisé jusqu’à onze photos sans l’autorisation des Dion.


    Au mois de mai dernier, les éditions Broquet ont édité une nouvelle version du guide de Mme Brûlotte en remplaçant les photos litigieuses. En entrevue téléphonique au Devoir, l’éditeur Antoine Broquet trouvait le jugement sévère, estimant que le cas serait plutôt « une mauvaise interprétation de contrat ». L’éditeur, « pour des raisons de concurrence », n’a pas voulu dévoiler les ventes à ce jour du Grand livre pour attirer les oiseaux chez soi, les arrondissant à « quelques milliers » d’exemplaires.


    Suzanne Brûlotte est passible de six mois de prison et de 25 000 $ d’amende pour chacun des quatre chefs d’accusation. La poursuite a réclamé 20 000 $ d’amende. La défense demande une absolution, Mme Brûlotte devant se rendre régulièrement aux États-Unis pour voir sa mère. La sentence sera rendue le 16 juillet.














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