Polars - Les aiguilles dans la peau
À deux pas de la mort
Peter James
Traduit de l’anglais par Raphaëlle Dedourge
Fleuve noir
Paris, 2012, 568 pages
On connaît déjà l’entêtement de Roy Grace des services de police de Brighton, dans le Sussex anglais. On l’a vu, par exemple, suivre jusqu’en Australie les traces d’un caïd local supposément disparu dans les tours du World Trade Center ou mettre patiemment à jour un trafic d’organes… On se souvient aussi que sa femme Sandy s’est évanouie sans laisser de traces il y a plus d’une décennie. Voilà que Grace est devenu commissaire à Brighton et nous le retrouvons à la poursuite d’un violeur émoustillé par les talons aiguille…
L’enquête se déroule à cheval sur deux époques puisque Grace reconnaît rapidement des indices lui rappelant une autre série de viols commis en 1997 : « l’homme aux chaussures » est revenu, 12 ans plus tard et la police de Brighton est sur les dents.
L’enquête nous fera découvrir une série de personnages tordus comme on peut en rencontrer dans la rue tous les jours : un flic désemparé en peine d’amour et de repère, un ancien taulard faussement repenti et même un pas du tout réconfortant chauffeur de taxi souffrant de troubles envahissants du développement (Ted). Bref, Brighton abrite, à l’instar de toutes les villes du monde, une impressionnante galerie de « multipoqués » que James sait dépeindre avec une grande justesse.
Mais les enquêteurs piétinent et le maniaque aux talons hauts s’amuse à défier les profileurs de l’équipe de Grace… comme en 1997. Bientôt, une femme est enlevée et les choses se corsent ; ce sera la fin de l’affaire ou la répétition de l’échec…
L’intrigue est bien menée : Peter James est un pro et même le lecteur le plus attentif ne verra pas venir la finale de l’histoire… On retiendra surtout que cette histoire met en relief de grands pans de la vraie vie ordinairement malheureuse de gens que l’on sent vibrer, une coche trop haut ou trop bas, à côté de leurs baskets… Vous les oublierez difficilement.








