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Polars - Un western signé Bruce Machart

16 juin 2012 | Caroline Montpetit | Livres
Le sillage de l’oubli
Bruce Machart
Traduit de l’américain par Marc Amfreville
Éditions Gallmeister 
Paris, 2012, 344 pages
Ça sent la bière, la sueur et le cheval. Peu de femmes à l’horizon. Quand il y en a, elles sont soit entièrement soumises, soit complètement débridées. Quelques-unes sont mortes, laissant leurs nombreux enfants aux bons soins de leurs pères, des cow-boys aux cœurs durcis à force d’être seuls.

Nous sommes dans Le sillage de l’oubli, le premier roman de Bruce Machart, publié aux éditions Gallmeister. Un western qui se déroule au Texas, en 1895. Karel, le personnage principal, est le quatrième fils d’une famille violente. Sa mère est morte en lui donnant naissance.
 
À l’âge de quinze ans, Karel perd une course à cheval contre la fille d’un riche propriétaire terrien. À la suite de cette défaite, cette fille, dont il est amoureux, est tenue d’épouser le frère de Karel, Thom. C’est ainsi que l’intrigue se poursuit, de déveines en naissances. En toile de fond, l’absence de la mère, seule figure qui aurait pu donner un peu d’humanité à ces personnages fous en proie à leur propre violence, qui ne trouvent de réconfort que dans la chaleur des chevaux.
 
C’est dans la région texane de Lacava, précisément la région du Texas ou Machart allait souvent, enfant, que se déroule cette intrigue d’une autre époque. Les frères Skala, une famille d’origine tchécoslovaque, triment dur pour y exploiter la terre, dressés qu’ils sont les uns contre les autres par un père sans pitié. Ce dernier les entraîne à tirer eux-mêmes la charrue, ce qu’ils font au point de s’y déformer le cou.
 
Bruce Machart est originaire de Lacava, donc. Mais élevé à Houston, il dit avoir manqué de temps pour se saouler des effluves de terre rurale et brûlée par le soleil de Lacava. Il y est retourné pour écrire les trois quarts de ce livre et s’y imprégner de ses odeurs.
Car c’est sans doute cette terre désolée et muette, que chacun arpente dans l’espoir d’agrandir les frontières de son domaine, qui est la véritable héroïne de ce roman sans pitié, que l’on traverse comme au dos d’un cheval au galop, le regard vissé sur un horizon sans promesse: un western comme on croyait qu’il ne s’en faisait plus.
 
 
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