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Bande dessinée - Ode pour un vide printanier

16 juin 2012 | Fabien Deglise | Livres

Glorieux Printemps

Sophie Bédard

Pow Pow

2012, Montréal, 152 pages

Il faut être passé par là pour le savoir : l’adolescence, cette période ingrate où les bras sont trop longs pour le reste du corps, est également propice aux conversations vides, à ces petits riens auxquels on donne de l’ampleur, à cette futilité que l’on étire en longueur, tout en s’en contentant. Et parfois, il suffit d’ouvrir une bande dessinée pour replonger dans cet univers.

Avec Glorieux printemps (Pow Pow), tome 1, la jeune bédéiste Sophie Bédard a décidé de mettre en case cet espace trouble dans le développement humain en posant son regard et son crayon sur la vie d’Émilie, d’Antoine, de Micheline, de Mathieu et d’autres pour mieux les suivre sur 150 pages dans toute leur naïveté. Il y est question de cours manqués, de beaux mollets, de « fuck », de « yéééé », de « choses tellement nice », d’une nuque obsédante et surtout de cette vie que l’on absorbe seul ou en groupe, sans se soucier du lendemain, mais toujours en s’émouvant de sa propre fraîcheur.


Cette première oeuvre complète et assumée se distingue sans l’ombre d’un doute par la qualité de son dessin et par l’efficacité de ses lignes claires. Mais, malheureusement, ces lignes n’ont pas la chance de côtoyer un scénario cohérent et intelligent pour davantage être mises en valeur.


C’est qu’en explorant l’univers de l’adolescence, cette bande dessinée finit aussi par en porter les stigmates en se perdant dans des aventurettes dénuées de sens qui peinent à accrocher le lecteur, en mettant en relief des actions insipides se perdant autant dans leur vacuité que dans ce manque flagrant d’imagination narrative qui aurait pu leur donner un semblant d’intérêt. Et forcément, au terme d’une avancée pénible dans ce récit, cet ennui, qui parfois habite l’adolescence lors des longs mois d’été, devient de plus en plus évident.

 
 
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