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    Des Schtroumpfs dans l’enfer de la répression policière

    26 mai 2012 |Fabien Deglise | Livres

    Les Schtroumpfs de l’ordre

    Culliford et De Coninck

    Le Lombard

    Bruxelles, 2012, 48 pages

    C’est visiblement dans l’air. Les dérives autoritaires n’épargnent rien, personne, et pas même les Schtroumpfs, oui, ces petits êtres divertissants sortis tout droit de l’imagination de Peyo.

    Le tome 30 de leurs aventures, qui vient tout juste de sortir, confirme la chose. À l’intérieur, pas de carrés verts, pas de carrés rouges, juste des p’tits bleus qui, pour une histoire de haie mal taillée, vont se retrouver très vite dans un village salement policé. Pour mieux le subir avant de s’en sortir, comme le veut désormais la formule narrative consacrée, qui a fait la renommée de ces créatures ludiques qui essayent parfois de faire réfléchir.


    Les Schtroumpfs de l’ordre (Le Lombard), scénarisé par Thierry Culliford - fils de Peyo qui a pris la relève après la mort du père en 1992 - et mis en image par Jeroen De Coninck, ne pouvait donc pas mieux tomber dans un Québec sous tension avec ces ingrédients qui trouvent du coup une autre résonance. Il y est question de « code de conduite », de répression, de surveillance, d’atteinte aux libertés individuelles, et même d’un peu de corruption, au gâteau à la crème dans le cas qui nous préoccupe ici. Et bien sûr, tout ça devient vachement amusant. Pour une fois.


    Dérive et démesure ! C’est la faute au Grand Schtroumpf qui, excédé par son rôle de médiateur, va avoir la mauvaise bonne idée de nommer un Schtroumpf chargé de faire régner l’ordre et de faire respecter le code liberticide dans le village, avec l’aide du Schtroumpf Costaud dont les gros bras vont être exploités pour les besoins de la cause. Et l’insoutenable ne tarde pas à mettre de la couleur dans les cases.


    Délicatement subversif, subtilement critique, mais pas trop, et surtout sans danger pour son public cible, cette nouvelle incursion dans l’univers des Schtroumpfs laisse apparaître de nouveau ces tonalités sociales, réflexives, et surtout ces ancrages dans le présent que souhaite désormais imposer le nouveau scénariste de cette série-culte, tout en respectant la légèreté de l’ensemble.


    Par les temps qui courent, l’objet littéraire serait d’ailleurs à savourer sans retenue, couplé au tome 22 - pourquoi pas ? - intitulé Le Schtroumpf reporter, paru en 2003, qui, avec sa critique de la machine médiatique, semble toujours d’actualité.

     
     
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