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    Bibliothèques publiques - « On est dans une période de mutation »

    Les lecteurs sont au rendez-vous, mais le choix de livres est encore limité

    19 mai 2012 |Réginald Harvey | Livres
    La Grande Bibliothèque, à Montréal
    Photo: Bernard Gougères La Grande Bibliothèque, à Montréal
    Le réseau des bibliothèques publiques du Québec s’inscrit dans le sens de l’irréversible courant numérique qui se répand dans les domaines de la culture et de l’information. Il existe déjà des plates-formes que les lecteurs peuvent utiliser pour emprunter des livres en format numérique ; elles prennent forme et se développent malgré certaines contraintes inhérentes aux technologies et au monde du livre.

    Directrice de la bibliothèque de Brossard et présidente des Bibliothèques publiques du Québec, Suzanne Payette présente ce tableau d’ensemble des bibliothèques québécoises : « Il existe trois silos, dont un coiffe les deux autres. Il y a Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), qui a le mandat de dispenser des services à tous les Québécois ; il y a aussi le Réseau BIBLIO du Québec, qui est constitué des 11 centres de services gouvernementaux ; ils existent sous la forme d’organismes à but non lucratif qui sont présents dans autant de régions et qui s’adressent aux municipalités de moins de 5000 habitants en milieu rural ; ils rejoignent environ 20 % de la population. »


    Finalement, elle trace le portrait du vaste regroupement des Bibliothèques publiques du Québec : « Ce sont nos membres et il s’agit de bibliothèques qui sont dites autonomes, qui desservent des populations de plus de 5000 habitants et qui relèvent directement d’une municipalité ou d’un conseil d’administration ; elles ont leurs propres collections et employés. » À titre d’exemple, le réseau des 43 bibliothèques publiques de Montréal appartient à cet ensemble : « On rassemble de 98 % à 99 % des grandes municipalités et il y en a peut-être, tout au plus, une ou deux qui ne sont pas encore membres chez nous. » Il y a 805 bibliothèques publiques et mille points de service au Québec, dont plusieurs offrent des services en ligne disponibles pratiquement 24 heures sur 24. En 2010, 24 291 064 personnes les ont visités et 13 millions d’abonnés ont fréquenté leurs sites web.

     

    À l’heure numérique pour l’ensemble des « biblios »


    Au nombre des grands dossiers qui relèvent de leur champ d’action, il y a le numérique : « On le travaille dans une perspective nationale, parce qu’on veut que tout le monde y ait accès ; donc, c’est l’ensemble des 11 régions qui se penchent sur celui-ci. » Mme Payette rapporte ce qui en est à ce sujet : « On a développé, en partenariat avec BAnQ, avec le Réseau BIBLIO, avec l’aide de la SODEQ et l’ensemble du milieu du livre, une plate-forme qui s’appelle pretnumerique.ca ; elle sert aux bibliothèques pour faire l’acquisition de livres numériques et, en passant par celles-ci, on fait affaire avec les libraires qui sont agréés. »


    Elle souligne le caractère de distinction qui existe pour les bibliothèques dans le secteur numérique : « Un éditeur peut décider d’offrir un livre au grand public, mais nous, on ne peut l’acquérir sans que de nombreuses conditions soient remplies pour y avoir accès. Finalement, si on peut y arriver, l’éditeur pose sur le fichier un Digital Reading Management (DRM), en vertu duquel quelqu’un verra ce dernier devenir illisible trois semaines après avoir emprunté un livre. »


    Au cours de la dernière année, sept bibliothèques ont testé ce projet-pilote sous divers angles : « En décembre, BAnQ a lancé pretnumerique.ca et elle a été suivie, dans les grandes villes, par Brossard, Montréal et Québec. Lorsque les gens accèdent à leurs catalogues, ils ont accès à la section numérique ; on peut dire qu’on a une demande quotidienne des citoyens et que les tablettes sont très populaires. »


    Une difficulté majeure se pose à l’heure actuelle : « Notre plus grande frustration et notre plus gros problème, c’est le choix de volumes, qui est plus que limité. On est rendu à la phase de négocier des lettres d’entente avec la chaîne du livre ; c’est en très bonne voie et c’est positif, mais il faut aussi dire que cette plate-forme-là a été développée, dans un premier temps, pour donner accès au livre québécois. »

     

    Du côté de BAnQ


    Le numérique est apparu avant même son ouverture chez BAnQ, qui, dès le départ, élargissait son offre par le biais de bases de données par abonnement : « On parle là des ouvrages de référence, tels des dictionnaires et des encyclopédies de toute nature, qui sont conformes à des collections encyclopédiques développées pour l’imprimé. En fait, depuis le début, il y a eu une volonté de rejoindre les Québécois sur tout le territoire, et le développement des collections et des services en ligne demeure toujours une priorité », laisse savoir Maryse Trudeau, directrice des acquisitions de la collection universelle de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).


    Elle abonde dans le sens de sa collègue des bibliothèques publiques relativement au fait que, dans certains cas, l’offre demeure très timide et limitée pour le livre numérique : « Les usagers arrivent parfois difficilement à comprendre qu’ils peuvent acheter des titres, par exemple, dans le site d’Archambault, et qu’ils ne sont pas capables de se les procurer en bibliothèque ; ce n’est pas par manque de vigilance de notre part, mais plutôt parce que les éditeurs et les distributeurs ne sont pas encore rendus là. »


    Fort heureusement, il y en a qui le sont, de telle sorte que BAnQ a mis en ligne le site de livres québécois pretnumérique.ca (4000 titres), en décembre dernier : « On disposait déjà de livres dans ce format depuis 2007 environ. Il existe maintenant un carré vert identifié « Livres numériques » sur la page d’accueil de notre site qui conduit vers une section où se trouve toute notre offre, qui atteint à peu près 70 000 livres, ce qui est encore très peu en comparaison avec nos collections imprimées. »

     

    Le passage d’un monde à l’autre


    Mme Trudeau envisage le développement du numérique de cette façon : « Chez nous, comme dans les grandes bibliothèques nord-américaines et québécoises aussi, on est dans une période de mutation. Pendant quelques années, on devra continuer à développer l’imprimé au même rythme, parce que ce n’est pas demain qu’il va disparaître, et, en parallèle, on devra intensifier celui du numérique. De plus en plus, du côté de la population plus jeune, on essaie de rejoindre les usagers où ils sont, plutôt que de les attirer vers nous ; c’est aussi la façon de servir les usagers qui est en mutation. »


    Cette démarche est entravée par des irritants : « Il y en a beaucoup pour les usagers, parce que la façon que les éditeurs et le marché ont trouvée pour sécuriser les titres, avec le Digital Reading Management (DRM), avec des verrous numériques, ne représente pas la recette simple pour eux ; on souhaite qu’un jour on puisse lire les titres sans les télécharger et y avoir accès avec une connexion WiFi, peu importe où on est. Le processus pour emprunter un livre la première fois demeure assez complexe, voire pour l’acheter. »


    Les bibliothèques de grande taille comme BAnQ, qui possède une offre numérique importante, affrontent un autre irritant : « On multiplie les plates-formes ; chaque fournisseur a développé la sienne. Idéalement, on n’en aurait qu’une seule, et c’est ce qui est visé avec pretnumerique.ca, où pour l’instant on ne retrouve que des auteurs québécois : toute l’offre de la bibliothèque pourrait se trouver là, peu importe où le titre aura été puisé. On voudrait tendre vers cette uniformité, mais, en attendant, il y a encore des ententes à conclure avec des fournisseurs particuliers pour élargir les choix. »

    ***

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