À voir à la télévision le samedi 28 avril -
Fabien Deglise
Elle carbure souvent à la fiction, mais parfois la bande dessinée rencontre aussi la réalité. Et ça met un peu à l’envers.
Les bédéistes Joe Sacco, Ted Rall, Marjane Satrapi ou Patrick Chapatte en ont fait la démonstration de manière éloquente ces dernières années, ce que rappelle aujourd’hui le documentaire La BD s’en va-t-en guerre.
Sur pellicule, l’angoisse de la guerre et les drames humains se concentrent dans les cases élaborées par ces bédéistes-reporters qui n’hésitent pas à apporter leur crayon et leur carnet de notes dans des zones sous tension afin de témoigner par l’image des combats militaires et de leurs conséquences sur le quotidien des civils.
«Le dessin est formidable pour transmettre le choc et le traumatisme d’une situation», résume le bédéiste Patrick Chapatte qui, pour le quotidien suisse Le Temps, a alimenté pendant plusieurs jours une bande dessinée sur la vie à Gaza, une semaine après l’offensive israélienne en 2008.
En plus d’une heure, les images de conflits se succèdent, entrecoupées d’illustrations et de rencontres bien calmes avec une belle brochette de ces créateurs atypiques qui cherchent à conjuguer art et information sur le dos de la guerre: à Sarajevo, théâtre du nécessaire The Fixer de Sacco, en Afghanistan, qui a fait naître le Kaboul Disco de Nicolas Wild, ou encore en Palestine, qui semble inspirer particulièrement les souffleurs de bulles qui aiment mettre en scène la petite histoire (celle d’un oncle disparu, d’un travailleur arrêté par un mur, d’un enfant orphelin) pour raconter la grande.
La balade est fascinante. Elle permet aussi de renouer avec le Persepolis de Marjane Satrapi, avec le Maus d’Art Spiegelman ou encore avec le Hadashi No Gen (Gen aux pieds nus) de l’illustrateur japonais Keiji Nakazawa qui, de 1973 à 1985, a mis en cases ses souvenirs personnels d’Hiroshima au moment de la bombe dans ce manga sans compromisL.
La BD s’en va-t-en guerre
Artv, 21h








