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Essais québécois - La réforme Cadotte de l'école

Louis Cornellier   18 février 2012  Livres

À retenir

    Lettre aux enseignantEs
    L'école publique va mal!
    Les solutions dont on ne veut pas parler

    Robert Cadotte
    M éditeur
    Ville Mont-Royal, 2012, 288 pages
Psychologue, docteur en sciences de l'éducation et ancien commissaire scolaire, Robert Cadotte mène depuis plusieurs années un combat en faveur d'un système scolaire québécois plus juste. Dans une longue Lettre aux enseignantes qu'il vient de faire paraître, il actualise sa lutte avec l'enthousiasme qu'on lui connaît. «Quand on veut traiter une maladie, écrit-il, on cherche d'abord la cause. Et la cause des dysfonctionnements scolaires dans les milieux plus pauvres, ce ne sont ni les gènes de l'enfant, ni ceux des parents. C'est l'environnement créé par la pauvreté. Si la pauvreté est une maladie, c'est une maladie de la société, pas une maladie individuelle.»
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  • Regine Pierre Regine Pierre - Abonnée
    18 février 2012 07 h 22
    Rien de nouveau
    Robert Cadotte a toujours tenu les mêmes propos. Si son analyse sur les disparités sociales est juste, le problème c'est qu'en s'enfermant dans son idéologie, il n'a pas regardé l'école évoluer.

    Il n'est pas le seul malheureusement dans ce cas. Les babyboomers de l'éducation restent coller aux idéologies des années 1960: comstructivisme, constructivisme sociale, pédagogie active, pédagogie par projets, pédagogie Freinet, pédagogie Montessori, des idées qui ont servi de fondements à la grande réforme de 1979 dont la réforme 2000 n'a été que le prolongement.

    Le monde a changé et les enfants d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec ceux des années 1960. Surtout les modèles scientifiques ont changé. On est à l'ère du multimédia, de la mondialisation et de la littératie.

    Il serait temps que les journalistes cessent de faire la promotion des discours passéistes et appliquent la règle d'éthique fondamentale du journalisme: faire entendre différents points de vue, sans se considérer eux-mêmes comme des spécialistes de l'éducation.
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  • Stéphane Martineau - Abonné
    18 février 2012 08 h 18
    À lire
    Il est bon d'entendre ce que trop de gens ne veulent pas dire....Une lecture à faire !
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  • Yvon Bureau - Abonné
    18 février 2012 08 h 45
    Un enfant / Poème de Pierre L. Boucher
    Dans l'œil d'un enfant une vie chante
    soyez piano

    Par les mains d'un enfant des jours se dessinent
    soyez papier

    Dans un dessin d'enfant ses rêves naissent
    soyez sage-femme

    Sous les pieds d'un enfant le temps court
    soyez chemin

    Lorsque sur sa joue naît une larme
    soyez caresse

    et s'il devient oiseau
    soyez le vent
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    18 février 2012 12 h 07
    La nécessité de l'éducation populaire et démocratique.
    Le playdoyer de Robert Cadotte rejoint les revendications de l'ASSE : une éducation gratuite pour tous, si on veut éviter la reproduction des classes sociales à l'école. Il rejoint aussi les recherches de ECOBES au Saguenay qui a montré à maintes reprises le lien entre la pauvreté économique et la pauvreté académique.

    Il néglige toutefois la richesse de la philosophie pour enfants, comme discipline utile pour amener les enfants à penser par eux-mêmes et pour eux-mêmes.

    La philosophie pour enfants telle que mit de l'avant par Matthew Lipman et Ann-Margaret Sharp rejoint les buts de l'école populaire d'un Paolo Freire au Brésil, et la pédagogie de projets de «La maîtresse d'école», une alternative que Cadotte avait lui-même développé au Québec, au début des années quatre-vingt.
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  • Chambord - Inscrit
    19 février 2012 08 h 08
    La marotte des clivages
    L'éducation c'est comme comme de la culture des haricots; si elle ne fait pas ce qu'il faut en respectant la nature des choses, elle ne produit aucun fruit.

    Or la justice sociale, la démocratie aussi d'ailleurs, n'est rien sinon un hommage à la raison, "toute entière en chacun" (Descartes).

    De là, l'instruction publique ne peut consister à autre chose qu'à permettre à chacun d'épanouir sa raison. Aller polluer cette "mission" d'une perspective idéologique quelle quelle soit, c'est rétrécir la personne humaine et sa communauté aux petites idéologies mal définies de concepteurs mal formés.

    Il n'y a pas d'éducation de gauche ou de droite. Pure propagande que toute cela. La distribution juste des savoirs éducationnels ne relève pas du tout des contenus éducatifs, pas plus que l'arrosage approprié des haricots dépend de la composition de l'eau qu'on leur fait boire.
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  • Roland Berger - Abonné
    19 février 2012 12 h 07
    Une école de gauche ?
    Je comprends le désespoir de Cadotte. J'ai comme lui tenté de faire de l'école publique un outil d'égalisation des chances. Tenue en vase clos, un tel effort paraît défendable. Mais la réalité, c'est que jamais les gouvernements (iibéral, péquiste et peut-être bientôt caquiste) ne toléreront jamais que leur école publique cesse de sélectionner les encenseurs et valets des nantis qui les font élire. Un gouvernement de droite subventionnant une école publique de gauche ? Un non-sens. Même un gouvernement vraiment social-démocrate hésiterait, de peur de subir les foudres d'une élite formée des individus sélectionnés par l'école publique actuelle.
    De plus, il n'y a rien de plus politique que l'acte d'enseigner. Aussi dévoués qu'ils soient, les enseignants et enseignantes du primaire et du secondaire sont issus de la classe moyenne. Et parce qu'ils aspirent à grimper sur l'échelle sociale, inconsciemment, ils favorisent les élèves qui ont le moins besoin de leur soutien. Les dirigeants de l'ex-Centrale de l'enseignement du Québec ont bien tenté de fléchir cette orientation idéologique. En vain.
    Roland Berger
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  • Roland Berger - Abonné
    19 février 2012 12 h 36
    À Chambord
    Si, comme vous l'affirmez, il n'existait pas d'éducation de gauche ou de droite, le programme d'éthique et de culture religieuse, qui a autant dérangé la gauche que la droite, ne se serait pas retrouvé en Cour suprême grâce au soutien financier des cathos nantis. L'acte d'enseigner est foncièrement politique. C'est l'idéologie de l'enseignant ou de l'enseignante qui fait que celui-ci ou celle-ci favorise ou non les élèves qui ont le moins besoins de son action.
    Roland Berger
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  • Chambord - Inscrit
    19 février 2012 14 h 03
    La marotte des clivages 2
    Si l'idéologie de l'enseignant ou de l'enseignante l'incline à favoriser une "classe" plutôt qu'une autre, alors il n'est pas à sa place.

    Bien qu'il soit bien présent en pratique, mais je ne me situe pas sur ce terrain, non le clivage gauche droite n'a pas sa place en éducation. À l'école, on ne forme pas la société à l'image d'une idéologie, on forme de jeunes humains qui contribueront d'autant mieux à perfectionner la société qu'ils seront formés par des contenus universels.
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