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Essais québécois - Dignement, jusqu'à la fin

Louis Cornellier   14 janvier 2012  Livres

À retenir

    Mourir comment?
    Le débat sur l'euthanasie
    Collectif
    Médiaspaul
    Montréal, 2011, 160 pages
La Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, dont les audiences se sont tenues de septembre 2010 à mars 2011, devrait déposer son rapport et ses recommandations le mois prochain. Ce dépôt est attendu parce que la question intéresse beaucoup les Québécois depuis quelques années. Selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir dont les résultats ont été publiés dans nos pages le 28 septembre 2010, 71 % des Québécois seraient d'accord avec la légalisation de l'euthanasie, alors que 13 % seraient contre et que 16 % suspendent leur jugement. Preuve de cet intérêt pour la question, 270 citoyens et regroupements ont déposé des mémoires devant la Commission.
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  • Democrite101 - Inscrit
    14 janvier 2012 08 h 29
    «Terminus, tout le monde descends !»

    On meurt assez souvent comme on a vécu, ou plutôt on a sur la mort la même conception qu'on avait de la vie.

    De mon point de vue très personnel, ma mort n'a aucun intérêt. Tant que je respire elle n'existe pas, et quand la respiration me saura trop difficile, je l'arrêterai moi-même. Encore là, la mort n'existe pas pour une conscience encore toute portée à gérer sa vie, fut-elle à ses derniers souffles.

    Les religions qui nient la mort (résurrection, réincarnation), en fait, ne savent pas vivre. Si elles savaient vivre (plaisirs sains et joies nobles), elles n'inventeraient pas une vie éternelle, comme un rachat de la première si mal vécue.

    Il faut lire l'excellent «La mort» du scientifique Richard Béliveau. Les chances de mourir sont très élevées ... à lire son livre. Mais quel belle synthèse que son ouvrage sur la mort.

    Tant qu'on jouit, la mort n'est pas. Alors, jouissons !

    «Puisque la mort est inévitable, oublions-la. » Stendhal

    «La mort, spectre masqué, n'a rien sous sa visière». Victor Hugo. En clair, il n'y a rien...

    «Au regard de l'individu, la mort s'oppose à la vie; mais au contraire, dans une vue de l'ensemble des vivants, elle est condition de la vie» Valéry

    En fait, c'est la mort des autres, connus ou aimés, qui est la plus terrible. Le deuil qui n'en finit jamais.



    Jacques Légaré
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  • Bernard Terreault - Abonné
    14 janvier 2012 08 h 41
    Différence
    Tous les suicides, assistés ou non, ne sont pas équivalents. N'y aurait-il pas lieu de prendre en compte au moins ces aspects : l'âge, la situation familiale, la situation sociale. Le suicide d'un jeune parent c'est une tragédie que toute la société doit pleurer et se demander s'il n'y avait pas moyen de l'éviter ; le suicide conscient, réfléchi, d'une personne âgée, diminuée irrémédiablement par la maladie (Pauline Julien) est est une autre.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    14 janvier 2012 09 h 01
    Pauvreté de vue
    Pauvreté en honnêteté. Manque en dignité. Fort en biais. Faible en ouverture aux autres et en respect des autres. Petit devant le libre-choix, devant la liberté et la consciences des autres. Faible en compassion pour les soignants qui veulent sortir des impasses actuels. Centré non sur les soignés mais sur les soignants.

    Tellement de personnes et de groupes pensent autrement. J'ai tout vu, lu ou entendu ce qui s'est dit à la CSSS/QMDignité.

    Tellement de personnes québécoises, très majoritaires, demandent une fin de vie avec plus de dignité et avec plus de sérénité, pour tous, dans un système INCLUSIFS de soins approriés et PERSONNALISÉS de fin de vie. Avec primauté pour la personne en fin de vie.

    Je reviens sur le sujet plus tard, ce matin.
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  • Roland Berger - Abonné
    14 janvier 2012 12 h 46
    Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité
    Je sais, je suis hors propos. Je me demande seulement s'il n'y aurait pas lieu de créer une commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité portant sur la mort linguistique et culturelle du peuple québécois. Les dépendantistes pourraient y faire valoir leurs arguments (?) sur leur projet d'avenir pour le Québec. Ça serait drôlement intéressant à entendre.
    Roland Berger
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  • Yvon Bureau - Abonné
    14 janvier 2012 13 h 28
    Rassurant
    Certains s’inquiètent, veulent inquiéter, faire peur et prédire le pire. Heureusement, les Québécoises et les Québécois et les Commissaires ont cessé d’avoir peur et veulent des réponses argumentées.

    Des réponses sérieuses. Les meilleures proviennent des expériences de la Belgique et de la Hollande. Et aussi de l’expérience de l’Oregon. De grands chercheurs ont apporté des réponses solides quant à l’euthanasie sous conditions.

    Des réponses crédibles. Là où l’aide médicale active à mourir, balisée et contrôlée, est dépénalisée, il y a en même temps augmentation des soins palliatifs. Aucun de ces pays cités ne veut retourner en arrière en pénalisant de nouveau cette aide à mourir.

    Des réponses sécuritaires. Ces deux pays européens démontrent la sécurité lors de l’euthanasie sous conditions grâce à un système d’évaluation et de contrôle réguliers. Aucun médecin n’a et n’aura le droit d’aider activement un mourant à mourir sans sa demande expresse et sans respect d’un cadre strict et sécuritaire préétabli. La déclaration de 2009 de l’honorable ex-juge en chef J-L Baudouin seconde cette sécurité.

    Des réponses respectueuses. Le libre-choix soutient le respect de chaque finissant de la vie. Il respecte aussi la liberté de conscience de tout médecin quant à cette aide active à mourir. La primauté de la personne mourante est affirmée haut et court, permettant un mourir personnalisé, en cohérence avec ses valeurs, sa dignité et sa liberté, solidement incarnée dans une relation médecin-mourant des plus intenses et vraies.

    Des réponses inclusives. L’important, c’est de permettre à chaque mourant de terminer sa vie comme il le veut, se respectant et étant respecté jusqu’à la fin. Comme en Belgique et en Hollande, nous voulons un système de soins appropriés et personnalisés de fin de vie, pour tous.

    Suite...
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  • Yvon Bureau - Abonné
    14 janvier 2012 15 h 24
    Moins de suicides : espoir (suite)
    Une réponse d’espoir. Grâce à la possibilité de cette aide médicale active à mourir, très nombreux seront les finissants de la vie à ne pas utiliser le suicide comme moyen de mettre fin à leur vie. Que d’impacts nombreux et positifs en découleront pour la famille, les professionnels et toute la société québécoise !

    S’il y a un mémoire qui a déçu à la CSSS/QMD, c’est celui de l'Association québécoise de prévention du suicide (AQPS). Pas «de position ferme dans le débat». Pendant ce temps, le Collège des médecins, les Fédérations des médecins spécialistes et des médecins généralistes du Québec, le Barreau du Québec, la Chambre des notaires, l’Office des personnes handicapées, l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux, le Conseil pour la protection des malades et le Regroupement provincial des comités des usagers prenaient position, très souvent favorables au libre-choix. Comme bien d’autres personnes et organismes, et j’en suis fortement, je me serais attendu à ce que l’AQPS demande au plus tôt et vigoureusement de cesser de parler au Québec de «suicide assisté». Au Québec, le mourant en train de mourir ne demande pas à son médecin de l’aide au suicide; il lui demande une aide active de compassion pour terminer sa vie.

    Comment ne pas se rappeler ce grand cri du cœur d’un grand œuvrant en prévention du suicide de la Côte-Nord, monsieur André Pelletier. http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo-

    Tellement de suicides n’ont pas eu lieu et n’auront pas lieu chez les personnes âgées et très âgées en fin de vie, grâce à cette possibilité d’une aide médicale active à mourir, si nécessaire et si choisi librement.

    J’en profite pour souligner néanmoins l’excellent travail de l’AQPS et de ses nombreux bénévoles.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    14 janvier 2012 17 h 48
    Mes excuses à M. Cornellier
    Pour mon premier commentaire. Pour le ton et le choix des mots qui ne furent pas à la hauteur. Mes excuses, Louis.
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  • FERNAND - Inscrit
    15 janvier 2012 09 h 49
    Allons-nous vraiment au fond des choses.
    J'ai vécu l'expérience du suicide d'un de mes enfants et bien sûr votre article, monsieur Cornellier, m'intéresse.
    S'enlever la vie ou se faire enlever la vie (par l'euthanasie) sont des gestes, à mon avis, de grand désespoir où il n'y a pas ou il n'y a plus d'alternative possible.
    Après dix ans d’absence de cet fille de 36ans, mon questionnement va plus maintenant vers la situation généralisée du suicide dans notre pays.
    En effet le Québec semble avoir cette propension plus accentuée vers ce geste irrémédiable. Je n'ai pas de chiffres officiels, mais il appert que, comme par exemple, dans les Laurentides le taux des suicides seraient plus élevé qu'ailleurs.
    Est-ce que cette commission s'est penchée sur ce phénomène du taux de suicides d'une région à l'autre. Et pourquoi ce phénomène.
    Pourquoi par exemple qu'il y a des pays qui sont presque exempts de suicides pendant qu'au Québec la situation est grave.
    Est-il possible que le taux de suicides suive la même courbe que les demandes d'euthanasie d'une région à l'autre.
    Il me semble que nous devrions nous pencher sérieusement sur les motifs profonds d'une telle situation dans notre société avant d'implanter ou non l'euthanasie au Québec.
    En d'autres mots j'ai le sentiment que nous sautons une étape.
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  • cpoulin - Inscrit
    15 janvier 2012 12 h 23
    Sur le même sujet
    À noter ce texte sur même sujet dans la chronique de Louis Cornellier. À souligner en passant ceci : « Selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir dont les résultats ont été publiés dans nos pages le 28 septembre 2010, 71 % des Québécois seraient d'accord avec la légalisation de l'euthanasie, alors que 13 % seraient contre et que 16 % suspendent leur jugement. Preuve de cet intérêt pour la question, 270 citoyens et regroupements ont déposé des mémoires devant la Commission ». Un excellent article à lire qui ajoute à la réflexion sur cette question essentielle abordée par Madame Bombardier. Et qui donne de la hauteur de vue sur des questions d'intérêt social trop rarement traités par les médias. Claude Poulin Québec
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  • Notsag - Abonné
    15 janvier 2012 16 h 30
    Un côté de la médaille
    Je ne perdrai surement pas mon temps à lire ce livre. Je veux voir les deux côtés de la médaille. Je vais donc attendre la publication du rapport de la commission.

    Je m'interroge sur la publication de ce livre à quelques semaines de la publication du rapport de la Commission. La commission fera surement écho à leur mémoire. N'est-ce pas redondant?

    Est-ce qu'on sait que la Commission n'endossera pas leur position à 100%, et qu'on veut faire dès maintenant un contre-poids?
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  • Vivre dans la dignite - Inscrit
    16 janvier 2012 18 h 03
    Le Québec aurait-il un problème de vitalité?
    Au Centre de recherche Fernand-Seguin de l'hôpital Louis-H. LaFontaine, le médecin Hugues Cormier a coordonné une recherche sur l'un des plus gros problèmes de santé publique. Il affirme que le suicide regarde tout le monde et, surtout, les politiciens...Hugues Cormier parle du «taux de vitalité» .Selon lui: «Le Québec a un problème de vitalité. La province a un taux de suicide qui augmente, qui touche surtout les hommes, d'âge mûr ou âgés. » Et parallèlement au taux de suicide qui grimpe, il y a le taux de naissance qui dégringole. «Le taux de vitalité, c'est un indicateur de la vitalité de la société. La natalité, c'est un indice qui révèle que les gens font assez confiance en l'avenir pour mettre quelqu’un au monde. Tandis que dans l’autre cas, on n'a tellement pas confiance en l'avenir qu'on décide de quitter ce monde.» http://archives.vigile.net/9911/cormierjeunes.html
    Pourrait-on alors affirmer que les demandes d'euthanasie et de suicide assisté seraient un indice qui nous révèle que les québécois n'ont pas confiance en l'avenir des soins de santé au Québec? C'est peut-être la raison pour laquelle certains désirent précipiter leur mort par suicide assisté ou par euthanasie en quittant ce monde prématurément plutôt que se retrouver dans des soins de santé inaccessibles ou par peur de ne pas recevoir les soins appropriés?
    Pour mieux vous informer www.vivredignite.com
    Linda Couture, directrice de Vivre dans la Dignité.
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  • SNost - Abonné
    20 janvier 2012 18 h 56
    71% ? Ça fait peur!
    Les médecins se contentent habituellement de se braquer derrière leurs techniques documentées. Ils ne seront pas vraiment très à l'aise avec l'idée de donner sciemment la mort à quelqu'un, c'est évident : trop de zones d'incertitude, trop de conséquences irrémédiables en cas d'erreur. Et je ne serais absolument pas à l'aise de devoir me fier à un médecin qui peut m'enlever la vie en toute légalité. Ce sont des humains comme tout le monde, pas des machines.

    C'est pourquoi je suis des 29% qui hésitent.

    Il y a seulement une centaine de personnes de 65 ans et plus qui se suicident par année au Québec, beaucoup moins que les jeunes en proportion. Il doit bien y avoir quoi, 40 000 décès par année?

    Ceux qui disent qu'ils vont s'enlever la vie lorsqu'ils se considéreront trop faibles, etc., ce sont des balivernes. Ils vont faire les pissous, comme tout le monde, au moment ultime. Je n'ai encore vu personne agir de cette façon. Encore un beau principe de pseudo-philosophe qui n'a rien vécu et qui ne connaît rien aux opiacés de la médecine moderne

    Donc les vieux, cessez donc de parler d'euthanasie et allez prendre vos pilules, comme d'habitude. Si vous tenez tant à mourir, vous aurez toujours le loisir de vous suicider demain, ou la semaine prochaine, ou l'an prochain, ou dans dix ans, ou plus tard encore... Quoi qu'il en soit, je vous souhaite une bonne vie jusqu'au bout, ce qui vous rendra d'autant plus digne dans la mort.
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