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    Le diariste Jean-Pierre Guay est décédé

    4 janvier 2012 |Jean-François Nadeau | Livres
    Les différents tomes de son journal ont remué et piqué la curiosité du monde littéraire au Québec. Dans des milliers de pages, l'écrivain s'était employé, à compter du milieu des années 1970, à démonter la structure d'un milieu à l'aide d'une plume vive et avide de détails, tout en posant sur lui-même une réflexion grave et profonde. «Guay entrait dans son journal comme dans un cloître personnel dont il allait peu à peu définir les règles», a observé un critique du Devoir, Robert Chartrand. Jean-Pierre Guay a été libraire, critique, poète, romancier, libraire, président de l'Union des écrivains de 1982 à 1984. Il est mort à Québec le jour de Noël.

    Son éditeur, Les Herbes rouges, n'a appris la nouvelle de ce décès que près d'une semaine plus tard. Au fil du temps, explique l'éditeur François Hébert, Jean-Pierre Guay «s'était volontairement coupé du monde, il avait fait le vide autour de lui».

    Publié en 1974, son premier livre, un roman intitulé Mise en liberté, lui vaut le Prix du Cercle du livre de France. Poète, il est un des membres fondateurs de la revue Estuaire, et on lui doit plusieurs recueils.

    L'éditeur François Hébert dit avoir reçu de lui un recueil de poèmes qui devrait paraître sous peu. Il suppose l'existence de nombreux inédits. «On va continuer de toute façon à publier son oeuvre. Est-ce qu'il avait continué son Journal? J'ai des doutes. Il arrêtait par moments, pour des périodes de deux ou trois ans. Et comme il était très mal en point ces dernières années... Enfin, on verra.»

    Journaliste, Jean-Pierre Guay travaille d'abord à L'Action, puis il devient correspondant de Québec-Presse. En 1971, il est stagiaire au Figaro à Paris. De retour au Québec, il est pigiste pour Radio-Canada et publie des textes dans plusieurs quotidiens, dont Le Soleil et Le Devoir. On le voit s'activer au sein de plusieurs associations et oeuvrer à titre contractuel pour différents ministères du gouvernement québécois. Mais c'est dans son propre journal personnel que son talent se fait le plus valoir. «Dans chacun, expliquait François Tétreau au Devoir en 2004, il traite deux ou trois thèmes dominants et met en scène un certain nombre de personnages-clés», dans un registre tout à fait personnel, avec une écriture parfaitement maîtrisée.

    «Que la musique, quand j'en mettrai, ne fasse plus écran entre la réalité et moi mais pénètre mon âme comme il est permis de supposer que cela soit dans sa nature.» Selon Tétreau, on peut citer bien des pages de cette haute tenue.

    Depuis plusieurs années, ses propos décapants à l'égard du milieu littéraire avaient créé une sorte de vide autour de lui. Les médias s'occupaient très peu de ses livres, dont la valeur a pourtant été plus d'une fois soulignée. Jean-Pierre Guay avait depuis longtemps pris le parti d'habiter une certaine solitude et de la défendre, ne donnant plus guère de nouvelles même à des proches. Son décès a été constaté à l'hôpital de l'Enfant-Jésus à Québec le 25 décembre. Il avait 65 ans.












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