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Essais québécois - Santé: le privé n'est pas la solution

Louis Cornellier   31 décembre 2011  Livres

À retenir

    Médecine publique, médecine privée
    Un choix de société
    Sous la direction de Fernando Alvarez
    CHU Sainte-Justine
    Montréal, 2011, 128 pages
Le 12 décembre dernier, le propagandiste néolibéral Éric Duhaime commentait l'état du système de santé québécois à l'émission de Mario Dumont, à V. Il disait, en substance, que ça allait mal, que le vieillissement de la population allait empirer les choses, que le maintien du monopole public rendait la situation intenable et que seule une contribution plus importante du privé, avec son «argent frais», nous permettrait de nous en sortir.
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  • Michel Cromp - Abonné
    31 décembre 2011 10 h 29
    À quand un système de santé véritablement public!
    Bien que nous ne puissions qu'applaudir cette contribution au débat, il est triste de constater que la question du statut des médecins a l'intérieur du système de santé soit encore une fois occultée!

    L'offre de services en santé restera bancale tant et aussi longtemps que perdurera cet accommodement compromettant de 1971, où les medecins sous la menace, ont obtenu la possibilité de facturer à l'acte et de préserver leur statut de travailleur autonome.

    20,000 médecins autonomes, cela fait beaucoup de petites PME pour gérer l'offre médicale d'un seul système de santé!

    Depuis ce moment, tous les ministres de la santé ont dû se compromettre à coup de bonbons monétaires incitatifs et de propositions de patentes structurelles (GMF et consorts...) pour tenter de se rapprocher un tant soit peu de la proposition originelle d'organisation des services de santé. Le résultat est navrant, l'organisation n'est pas plus efficace et le poste budgétaire de la rémunération des médecins est en croissance exponentielle.

    À quand la mise en place du plan original du système de santé. À quand les médecins salariés à l'intérieur d'un système de santé vraiment public!
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  • Darwin666 - Inscrit
    31 décembre 2011 10 h 44
    N'ayons pas peur des mots!
    «Propagandiste néolibéral»
    «valet de Chambre de commerce»
    «supercherie intellectuelle»
    «liberté égoïste des nantis»

    C'est rafraîchissant de lire des descriptions aussi précises!
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  • Roland Berger - Abonné
    31 décembre 2011 10 h 52
    Nous en sommes là
    Bien oui, nous en sommes là. Une partie grandissante de la population québécoise s'est laissée convaincre que l'augmentation de la richesse collective passe inévitablement par l'enrichissement des riches. Legault n'est pas populaire pour rien.
    Roland Berger
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  • Maco - Abonné
    31 décembre 2011 11 h 43
    Grotesque!
    Comment pouvons-nous en arriver là? De grotesque discours sur le privé plus efficace que le public! Comment sommes-nous si imbéciles collectivement pour qu'un tel discours puisse avoir des adeptes?
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  • camelot - Inscrit
    31 décembre 2011 13 h 59
    Le jupon dépasse
    On comprend vite la position de monsieur Alvarez : Il travaille au CHUM !
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  • parade21 - Abonné
    31 décembre 2011 14 h 38
    La santé au centre d’un rapport de force.
    Curieux tout de même. Des livres sérieux, bien documentés, et des intellectuels tout aussi sérieux, qui appuient leurs opinions sur des arguments solides, n’arrivent pas à faire fléchir ce mouvement de privatisation des services de santé, mais aussi celui des services publics au sens large. Il y a manifestement l’exercice d’un rapport de force qui pousse vers une privatisation accrue des services publics. Il suffisait d’y penser. Ce rapport de force est actuellement à l’avantage, en apparence du moins, des promoteurs de la privatisation. Les politiciens au pouvoir, tant à Québec qu’à Ottawa, sont des fervents partisans de cette privatisation des services publics. Et ils sont soutenus par de grandes gueules, très habiles à communiquer leurs idées, qui font la propagande de la privatisation. Les grands médias privés leur offre une tribune de choix. Soutenus par des ministres des finances qui se font les apôtres de la réduction des impôts des plus riches et par un gouvernement qui fait l’apologie de la réduction de la taille de l’État par le moyen de la réingénierie. Concurrence fiscale oblige. Pas assez d’argent dans les coffres de l’État et pas assez de fonctionnaires pour donner des services de qualité. CQFD! La solution se trouve dans le secteur privé. Nous ne sommes pas loin du coup monté.

    Dans l’autre coin, il y les syndicats, que la droite au pouvoir tente d’affaiblir par différents projets de lois, la gauche et les indignés. Il y a aussi un discours de droite en circulation en Europe, aux États-unis, au Canada et au Québec qui tente d’affaiblir le soutien accordé aux groupes progressistes par la population.
    Résultats? Le retour aux bonnes vielles pratiques de collusion et de corruptions dans bien des secteurs d’activités sociales et publiques.
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  • Roland Berger - Abonné
    31 décembre 2011 14 h 59
    Reste l'école publique
    Déjà l'école privée, où la majorité des députés de l'Assemblée nationale envoient ou ont envoyé leurs enfants (Pauline Marois fait exception !), est déjà très largement subventionnée par l'État, c'est-à-dire par l'argent des contribuables. Reste à la droite de tuer l'école publique en la sous-finançant davantage. Les Ménards y songent sérieusement.
    Roland Berger
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  • awassos - Abonnée
    31 décembre 2011 15 h 00
    Quand le mensonge s'installe... comme un mirroir aux alouttes
    Les moyens de propagande du néo-libéralisme sont à la hauteur de leurs ressources financières.

    Par exemple l'Institut économique de Montréal, ne l'oubliez pas, est un organisme de bienfaisance au même titre que Centraide. Comme l'indique sur son site l'IEDM « Par ailleurs, l'IEDM n'accepte aucun financement gouvernemental » que des dons privés. -- Les compagnies qui donnent généreusement à l'IEDM ont, bien évidemment droit à des réductions d'impôt pour dons à des organismes de bienfaisance.

    L'an passé l'IEDM a payé un de ses administrateurs (à temps partiel ) plus de 200 000$ et a dépensé près de 1 million de dollars pour « éduquer » les pauvres innocents que nous sommes.

    Et camelot voit un jupon qui dépasse chez monsieur Alvarez, mais ne vois pas le roi nu, car il faut flatter le pouvoir...
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    1 janvier 2012 09 h 53
    Éric Duhaime, c'est une référence à V, à l'émission de Mario Dumont.
    Sauf le respect que je dois à monsieur Duhaime, quand je l'entends commenté la politique, l'économie, etc. Ça me fait tristement rire... Ce qui me fait moins rire, c'est de savoir l'influence vicieuse qu'il peut avoir auprès d'un public cible. Avec un Mario Dumont commentateur, qui n'est même pas neutre, choisissant ses invités en fonction de ses propres opinions à lui. Mario Dumont a invité une fois Françoise David commenté son livre, ça semblait un grand effort pour lui de laisser commenté madame David de son livre.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    1 janvier 2012 09 h 59
    Laissez planer le doute... Un gouvernement sert à quoi?
    Un véritable système de santé et d'éducation publics, ça tombe sous le sens. Les gens s'imaginent que si le système de santé et d'éducation étaient privés, il y aurait moins d'impôts à payer. Un peuple qui hésite à penser que la santé et l'éducation doivent être public me fait soupçonner qu'il y a un manque dans leur éducation. Un gouvernement, une société ça sert, non pas à diviser les citoyens pour régner sur eux, mais à leur apprendre qu'il faut être solidaire de certaines valeurs sociales. Sinon, c'est la jungle.
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  • Alain Hebert - Inscrit
    1 janvier 2012 12 h 37
    et ailleurs...
    Ca se passe comment dans les pays socio-démocrates du nord de l'Europe?
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  • Marc Fiset - Abonné
    1 janvier 2012 18 h 53
    Merci pour cette phrase qui en dit long sur ce que nous rapporte nos médias
    "Duhaime, qui semble n'être abonné qu'aux publications de l'Institut Fraser et de l'Institut économique de Montréal, aurait été obligé de ravaler son baratin de valet de Chambre de commerce."

    SVP au Devoir continuez de faire état des autres perspectives. Rien contre le privé la où il a sa place.

    Merci
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  • Yvon Bureau - Abonné
    2 janvier 2012 09 h 42
    Tribune pour APC
    Cette personne remarquée et remarquable devrait être sur toutes les tribunes. En abondance.

    Rarement, on entend parler d'équité. Concept à travailler lorsque l'on est en bouget limité. Peu s'y aventurent, la démagogie est si proche et veille !! Ce n'est pas le veillissement qui apporte problème, mais le «mourissement», notre façon de terminer nos vies via des maladies énormes et lourdes en tout. Tiens, un nouveau concept en ce 2e de l'An. Passer du «Tous les soins possibles pour que la personne ne meurt point» à «Seulement les soins que le mourant accepte pour mieux mourir, selon ses valeurs.

    Petit constat : ce ne sont pas les évidences qui mènent le monde, mais ce sont les intérêts. Hélas. Trois fois hélas !

    Merci Louis, pour cette belle analyse. Année heureuse 2012 !
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  • Jean_Yves - Abonné
    3 janvier 2012 13 h 10
    @ Alain Hebert, «et ailleurs...»
    Tout dépend de ce que vous considérez comme une dépense qui est publique et une qui est privée. Exemple, la part d'assurance-santé que paye nos trois paliers d'état a leur employés c'est une dépense publique ou privée? Ce n’est pas un détail puisque qu'on parle d'environ 25% de la main d'œuvre! Dans ces cas on a des assurances privées payées en grande partie par la cagnotte publique...

    Cela dit on a un aperçu ici de l'analyse qu'en fait l'OCDE.

    http://www.oecd.org/dataoecd/52/52/38976661.pdf

    Et ne pas perdre de vue la portion que la santé prend dans notre économie, 11.4% au Canada versus une moyenne de 9.6% du PIB dans les pays de l'OCDE.

    http://www.oecd.org/dataoecd/12/18/49084331.pdf
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  • Cédric Gagnon-Ducharme - Abonné
    3 janvier 2012 13 h 28
    À Camelot
    Oui, donc à la hauteur de ses convictions.
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  • saticharlie@gmail.com - Abonné
    3 janvier 2012 14 h 06
    Duhaime collabore à l'IEDM

    «Duhaime ne lit probablement que les brochures de l'Institut économique de Montréal (IEDM).

    Il s'agit d'un think tank, d'un organisme sans but lucratif qui se consacre à la recherche sur les avantages du libre-marché, en d'autres mots, un organisme qui permet à des grandes entreprises de bénéficier de crédits d'impôts tout en faisant la promotion d'idées qui leur sont favorables, mais évidemment défavorable pour la classe moyenne, les PME et les petits entrepreneurs.

    D'ailleurs, les idées de l'IEDM sont à sens uniques, on ne parle jamais d'un désinvestissement de l'état dans ce qui permet aux grandes entreprises d'accroitre leur mainmise. Par exemple de remettre en question le «Free Mining» ou d'élaborer des politiques environnementales et un cadre écologique global plutôt que des évaluation aux cas par cas. Ainsi, c'est l'IEDM qui a mis à jour le fameux « compteur de la dette du Québec», mais il n'a pas utiliser pour ce faire des données qui font consensus chez les économistes, ce qui en fait un véritable arsenal de peur... Toutefois, malgré l'urgence, on ne verra pas Duhaime expliquer comment la baisse des impôts au fédéral est préjudiciable pour les citoyens : d'abord on affame l'état qui coupe alors dans les transferts et dans les services, ensuite on permet trop facilement à l'argent de sortir du pays.

    Non, Duhaime ne nous expliquera pas une telle chose PARCE QUE C'EST UN ANCIEN COLLABORATEUR DE L'IEDM ET QU'IL JOUE CARRÉMENT AU QUÉBEC UN RÔLE INFILTRATEUR! En effet, il existe au États-Unis des organismes comme le «National Endowment for Democracy» ainsi que le «National Democratic Institut», des organismes financés par le congrès américain pour promouvoir la «démocratie», pour les intérêts américains.

    Ces institutions ont oeuvré à Panama, au Nicaragua, au Guatemala, etc. pour favoriser les intérêts US.

    Duhaime a travaillé pour elles... Il faut alors le présenter comme un lobbyiste US, aut
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  •  
  • Maxim Bernard - Inscrit
    3 janvier 2012 22 h 24
    Le public, ou comment aliéner nos libertés
    Quand allez-vous arrêter de vouloir mettre des bâtons dans les roues du secteur privé ?

    Si je choisis de fréquenter des cliniques et hôpitaux privés, de payer moi-même les frais, et de refuser de fréquenter un système public sous-financé, mal en point et même dangereux, ai-je le droit ?

    Parce que quand l'État interdit au secteur privé d'exister pour entretenir un monopole public, ce sont des libertés individuelles qu'on abandonne. On interdit à des gens d'y travailler et à d'autres, d'en bénéficier, même si tout ce monde-là y consente. Non mais quel drôle de pays, on interdit aux gens de pratiquer la médecine si ce n'est pas encadré par l'État !

    Remarquez, je n'ai pas grand-chose contre le secteur public. Si ce dernier pouvait offrir un système de santé de qualité et efficace, je ne m'y opposerais pas. Le secteur public a le droit d'exister, cependant, il faut éliminer les monopoles.

    J'entends des gens dire : «Le privé c'est dangereux, il attirerait les meilleurs médecins au détriment du public.» Si c'est le cas, ça signifie que le système public est de mauvaise qualité. Sinon, les médecins ne le fuiraient pas. Si on tient tant à notre système gratuit et universel, il faut l'améliorer.

    Vers quoi nous dirigeons-nous ? Vers un système digne des pires dictatures communistes, comme il y a en Corée du Nord, à Cuba ou au Venezuela ?
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