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Essais québécois - Contre la hausse des droits de scolarité

Louis Cornellier   17 décembre 2011  Livres

À retenir

    Universités inc.
    Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l'économie du savoir
    Éric Martin et Maxime Ouellet
    Lux
    Montréal, 2011, 156 pages
Le débat concernant la pertinence d'une hausse des droits de scolarité offre un solide démenti à ceux qui affirment que la distinction gauche-droite est dépassée. Le discours selon lequel il convient d'augmenter ces droits parce que les étudiants seront les principaux bénéficiaires de leur formation reprend l'idée générale de la droite, qui conçoit la société comme un regroupement plus ou moins fortuit d'individus en quête de leur intérêt personnel. À l'opposé, le discours selon lequel il convient de geler ou de réduire ces droits parce que l'éducation est une responsabilité collective dont tous sont les bénéficiaires — former plus de professionnels rend la société meilleure, même pour ceux qui ne sont pas professionnels — s'inscrit dans une logique de gauche, animée par cet idéal de la solidarité qui consiste, selon la formule d'André Comte-Sponville, à «être égoïstes ensemble». Il n'y a pas, dans ce débat, de solution «technique» ou de «gros bon sens». Il y a un choix idéologique.

En s'en prenant, dans Universités inc., à l'argumentation favorable à une hausse des droits de scolarité (rappelons ici que le terme «frais», dans ce contexte, est considéré comme une impropriété par le Multidictionnaire de la langue française), Éric Martin et Maxime Ouellet ne disent pas autre chose. «Cette rhétorique, écrivent-ils, vise à inverser la conception historique de l'éducation: on ne considère plus que la formation des individus relève de la responsabilité de la société, mais qu'il s'agit plutôt d'un investissement individuel au service de l'accumulation de richesse personnelle et de la croissance économique des entreprises.» On peut, ajoutent-ils, choisir cette voie, mais il faut savoir que, ce faisant, on choisit de mettre l'«université au service de l'économie», en la détournant de sa mission fondamentale qui devrait être de «former des êtres humains capables de vivre ensemble».

Certains les qualifieront de rêveurs et d'idéalistes. Martin et Ouellet, pourtant, respectivement doctorant et docteur en science politique, ont fait leurs devoirs et présentent une argumentation solide, basée autant sur des données statistiques que sur des valeurs. En huit chapitres, ils dégonflent autant de mythes destinés à justifier une augmentation des droits de scolarité.

Du sous-financement?


Il est faux d'affirmer, expliquent-ils, que les universités québécoises sont sous-financées. La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) manipule les chiffres pour en arriver à ce constat. «En combinant ce que le gouvernement, les étudiants et le privé investissent dans les universités, écrivent les chercheurs, on obtient un total de 29 242 $ par étudiant au Québec, contre 26 383 $ en Ontario et 28 735 $ dans le reste du Canada.»

Le problème, c'est que «la recherche accapare une portion de plus en plus grande des fonds», laissant l'enseignement dans une situation de sous-financement. En affirmant que la solution réside dans une augmentation des droits de scolarité, on veut donc faire payer aux étudiants les coûts de l'enseignement, délaissé par le financement public et par les professeurs au profit de la recherche qui profite d'abord aux entreprises privées.

Or cette augmentation des droits de scolarité a bel et bien des conséquences négatives. D'abord, elle réduit l'accès à l'université. Omar Aktouf, qui signe un texte dans ce livre, a raison de dénoncer le double discours des économistes de droite qui affirment que l'augmentation des droits n'a pas d'effet sur l'accessibilité, mais qui «sont capables, du même souffle, d'affirmer que la hausse des tarifs de l'électricité ou de l'eau réduirait tout aussi automatiquement la consommation de ces ressources et nous les ferait économiser».

Ensuite, l'augmentation des droits s'accompagne d'une augmentation de l'endettement étudiant, qui profite essentiellement aux banques et qui a pour effet de domestiquer les diplômés dans une logique de droite. «Il s'agit, explique Noam Chomsky, d'une technique servant à piéger les gens. Si, pour aller à l'université, vous devez contracter une dette importante, vous serez docile.» Vous en êtes réduit, en d'autres termes, à courir après les emplois payants, au détriment de l'utilité sociale.

Une chimère

L'augmentation de l'aide financière qu'on fait miroiter aux étudiants n'est qu'une chimère. «La bonification du programme de prêts et bourses ne couvrira pas tout le monde», constatent Martin et Ouellet, et laissera les étudiants issus des classes moyennes sur le carreau. Le principe de la modulation des droits par discipline (faire payer plus les étudiants en médecine que les étudiants en littérature, par exemple) n'est pas plus équitable. D'abord, le principe de l'impôt sur le revenu est plus simple et plus juste. Avec ce système, ceux qui gagneront plus paieront plus. En Ontario, le principe de la modulation a été mis en place (médecine, dentisterie, droit), avec une conséquence prévisible: les étudiants provenant des classes riches ou pauvres (avec aide financière) ont continué de s'inscrire dans ces programmes dans les mêmes proportions qu'avant (ou plus), mais la proportion d'étudiants provenant des classes moyennes a régressé.

Martin et Ouellet détruisent d'autres mythes: l'augmentation des droits de scolarité, démontrent-ils, n'améliorera pas la qualité des diplômes, le recours aux dons privés entraînera une perte d'autonomie pour les universités et la commercialisation de la recherche ne leur bénéficiera pas, mais fera le bonheur des entreprises privées, qui sous-traitent déjà ainsi à peu de frais leur département de recherche et développement.

La société québécoise assistera-t-elle passivement à ce détournement du rôle des universités, réalisé principalement au détriment des étudiants des classes moyennes? Martin et Ouellet, appuyés en fin d'ouvrage par les Guy Rocher, Lise Payette, Omar Aktouf et Victor-Lévy Beaulieu, nous fournissent les outils pour combattre cet assaut contre la justice sociale.

***

louisco@sympatico.ca
 
 
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  • Jean Nicolas - Abonné
    17 décembre 2011 06 h 18
    Le vrai problème est démasqué
    Peu importe l'idéologie de gauche ou de droite, les auteurs ont le grand mérite de démasquer le vrai problème qui se cache derrière la hausse des droits de scolarité: le sous financement de l'enseignement;
    En 30 ans de carrière j'ai vu , porgressivement, la recherche devenir omni présente et à la base de totues les préoccupations. L'enseignement lui est essentiellement devenu une question de clientèle et non de qualité.
    La recherche est importante et j'en suis, mais le déséquilibre est devenu trop grand.
    Si les universités voient leur financement augmenter elles devraient être obligées de le consacrer entièrement à l'augmentation de la qualité de la formation avec des mesures qui devront être vérifiées par une gence indépendante.
    Jean Nicolas
    professuer émérite
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  • Maco - Abonné
    17 décembre 2011 07 h 41
    Bravo
    Bravo, bravo.
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  • André Doré - Abonné
    17 décembre 2011 07 h 51
    La réponse à la question qui tue...
    Question qui tue:
    "La société québécoise assistera-t-elle passivement à ce détournement du rôle des universités, réalisé principalement au détriment des étudiants des classes moyennes?"
    Réponse:
    OUI...!!!

    Les Québécois (40%) ne connaissent pas Bernard Drainville, Françoise David, Christine St-Pierre ou Yves Bolduc. À 70%, ils ne connaissent ni Nicolas Girard (PQ) ni Pierre Moreau (LIB). Comment voulez-vous qu'ils s'intéressent aux droits de scolarité pour essayer d'y comprendre quelque chose?
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  • michel lebel - Inscrit
    17 décembre 2011 07 h 52
    Quelle université?
    Un grand débat que celui-ci! Une phrase m'a fait sursauter: " La mission fondamentale de l'université est de former des hommes capables de vivre ensemble". Non! Ceci est la mission de l'école, primaire et secondaire. C'est une grave erreur de confondre les niveaux d'enseignement. Cette confusion a notamment pour effet pratique de réduire la qualité de l'enseignement au niveau universitaire. En d'autres termes, il y a des étudiants qui ne sont pas à leur place à l'université. Accéder à l'université peut être facile, en sortir avec un dipôme reconnu est une autre chose.

    Les universités réflètent les valeurs de la société et c'est ainsi que nos universités sont devenus essentiellement utiltaires et conformistes. On y débat peu, on la fréquente pour passer les examens etpuis après avoir un job payant! Ce qui n'est pas fou, mais qui est loin de la recherche de la vérité... L'université du Moyen-Âge est très loin derrière nous!

    Quant aux droits de scolarité à augmenter, ils traduisent la mentalité ambiante dominante. Une université doit-elle se situer à contre-courant? Telle est la question! Mais l'université n'est plus contestataire, elle vit dans et du statu quo. Peu d'étudiants remettent en cause son modèle utilitaire. Peu carburent à la notion de justice sociale, notion pour le moins complexe en pratique. La justice sociale fait partie d'un ensemble, et la question universitaire et des droits de scolarité ne peut en être isolée. Voilà pourquoi que je suis plutôt en faveur d'une augmentation de ces droits. À moins que notre société décide de se convertir au socialisme, ce qui ne me semble pas pour demain!

    MIchel Lebel
    Ancien professeur d'université
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  • Stéphane Martineau - Abonné
    17 décembre 2011 08 h 56
    Bravo
    Il faut toujours saluer les discours qui vont à l'encontre de la doxa économique.
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  • Democrite101 - Inscrit
    17 décembre 2011 10 h 26
    La droite corrompt sa jeunesse. À quand la ciguë pour elle ?...


    Si on suit la logique droitiste de Michel Lebel, l'université qui n'a plus le but de former le «vivre ensemble» aurait celui de «s'enrichir un contre tous».

    Au lieu d'être professeur à l'université, il aurait dû fonder un fast food pour s'enrichir encore plus que prof d'université aux conditions de travail déjà fort belles.

    Une société n'est pas un marché, mais un marché existe dans la société. Sinon, c'est le pied qui commandera au cerveau. Il sentira vite mauvais...

    Félicitations à monsieur Cornellier pour nous donner l'heure juste.

    Les Grecs anciens, les plus brillants de l'Histoire, méprisaient Ploutos. Solon créa la démocratie en rejetant à la fois ploutocratie et aristocratie. La civilisation contemporaine s'abêtit à l'oublier.

    Jacques Légaré
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  • Bernatchez Jean - Inscrit
    17 décembre 2011 10 h 33
    À l'UQAR, de l'animation autour du contenu de ce livre
    Des étudiants organisent à l'UQAR (atrium du campus de Rimouski) le 18 janvier 2012 à 11h30 une activité autour du contenu de ce livre. J'y exposerai notamment mon point de vue sur la question, qui rejoint pour l'essentiel l'argumentaire proposé par Martin et Ouellet.
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  • Lanthier - Inscrit
    17 décembre 2011 11 h 05
    Socrate, reviens !, titrait Le Point
    "Les émotions démocratiques" (Climats). Tel est le titre d'un très récent livre de la philosophe américaine Martha Nussbaum.
    Une grande réflexion sur ce que devrait être l'Éducation.
    http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/martha-nus
    Lanthier
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  • Kris13104 - Inscrit
    17 décembre 2011 11 h 23
    financement de la recherche
    Dans bien des pays, les universités reconnues pour leur qualité ont développé une coopération avec le monde de l'entreprise afin de permettre le financement de la recherche fondamentale dont celui-ci a besoin pour assurer son développement. Ce serait peut-être une solution.
    Par ailleurs, l'enseignement en général, et supérieur en particulier, sert sa société parce qu'elle permet l'identification des talents et des intelligences dont son progrès futur a besoin. Or, ces valeurs transcendent les classes sociales et des frais universitaires trop élevés en priveront le futur.
    Cela mérite réflexion...
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  • Michel Richard - Inscrit
    17 décembre 2011 11 h 52
    J'ai une question

    Une université reste-t-elle libre d'exiger moins que le montant fixé par la gouvernement ? En somme, ce que le gouvernement fixe, est-ce que c'est le maximum que les universités peuvent charger ?

    SVP, si vous savez la réponse, donnez une source ou une référence. Je chercherai moi même en attendant.

    J'ai l'impression que la réponse est "oui" et que les universités peuvent exiger ce qu'elles veulent, sujet seulement à un maximum. Si c'est bien le cas, me semble qu'on escamote une grosse partie du débat. Mais déterminons d'abord les faits.
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    17 décembre 2011 13 h 01
    Ant-sociale.
    Vous dites que: qu'il convient de geler ou de réduire ces droits parce que l'éducation est une responsabilité collective dont tous sont les bénéficiaires. Ce qui me fait dire idéalement ceci serait vraie à la condition que les professionnels diplômes ne viennent pas une fois sortis des universités, exploiter les plus démunis de la société. C'est pourquoi je dit que cette énoncée est anti-sociale surtout dans une société qui se vente d'être juste envers ces gens démunis. C'est pourquoi le terme "Utilisateur payeur" a un sens dans une société comme la nôtre.
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  • tohi1938 - Inscrit
    17 décembre 2011 14 h 15
    Si les universités coûtent cher, c'est parce que trop de monde la fréquentent qui ne devraient y être!
    Alors, effectivement, il n'y a pas, loin de là de sous-financement, il y a un total égarement par rapport à la clientèle, et, il va sans dire aux prétendus gestionnaires qui ne font que dilapider à leur profit des fonds destinés à l'avancement et à la diffusion de la connaissance.
    En outre, comme l'université fait peur, il y a l'aplatventrisme collectif qui consiste à croire que l''université est pauvre.
    Foutaise, évidemment.
    Il est faux de dire que la recherche a pris le dessus sur l'enseignement, mais il est vrai que d'admettre à l'université Dieu et son père fait en sorte que sa raison d'être, à savoir l'excellence, est oubliée en fonction des modes et du clientélisme.
    L'exemple qui vient immédiatement à l'esprit est la lutte à un prétendu élitisme universitaire alors que sans élitisme intellectuel il n'y a pas d'université et encore moins d'universitaires. Prétendre, comme le veulent les ahuri(e)s des pseudo communications en mal d'université dite citoyenne, que tout un chacun y a accès est la condamnation à mort de l'université.
    La preuve?
    Depuis quelques temps la marotte à la mode en provenance des facultés d'éducation (sic), c'est la pédagogie universitaire, et les troubles d'apprentissage à l'université! Mais du même souffle on forme, enfin on prétend les enseignants du secondaire sans même un bacc dans la discipline de leur choix!
    C'est comme si les 13 années préalables (primaire, secondaire et CEGEP) n'avaient servi à rien.
    Or pour avoir accès à l'université ne faut-il pas connaître un minimum de choses et avoir acquis toutes les habiletés préalables?
    Quant au mythe sur la recherche universitaire et sa dépendance au privé, il faut bien n'avoir jamais mis les pieds dans une université en tant que prof pour énoncer de telles âneries.
    Conclusion: oui à la gratuité (qui existe en sciences au niveau gradué) mais du même souffle non à la multitude d'insignifiants étudiants en disciplines molles qui ne
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  • Minotaur - Inscrit
    17 décembre 2011 14 h 22
    C'est tellement vrai
    Pour faire la promotion de votre idée je ne miserais pas sur la démonisation de la droite. Il y a des gens de droite qui sont pour le financement de l'éducation et beaucoup de gens de gauches plus âgées qui ne veulent pas payer pour la génération suivante. Selon les sondages l'éducation est moins importante pour les québécois que pour les canadiens.

    Tant qu'à moi l'éducation est une mission fondamentale de l'état bien avant la santé.

    Vous faites bien de montrer les chiffres et les montants que les universités reçoivent. J'ai fait une technique puis un bac en ingénierie. Au CEGEP on avait accès à tout les laboratoires et équipements tandis qu'au bac on nous laissait utiliser que du matériel médiocre. Au cegep on était 30 par classe alors qu'au bac on était 60. Partout on entend que les études universitaires coûtent plus cher que le cegep, que l'ingénierie coûte plus cher à former que d'autres disciplines.
    Dans les faits, les budgets sont alloués à la recherche en maîtrise ou au doctorat. Le montant est redivisé par le nombre d'élèves totaux incluant le bac. C'est une grosse fraude médiatique!!

    De plus à montréal il se fait plus de recherche qu'à Toronto, il se fait plus de recherche qu’ailleurs au Canada. Et pourtant en retire-t'on les fruits? Est-ce que notre économie s'en porte mieux? NON!! Dans les cours d'entrepreneuriat et innovation on apprend que les québécois fondent moitié moins d'entreprises que les canadiens. Que parmi les entrepreneurs, ceux qui succède le mieux à démarrer leur entreprises technologique on une maitrise ou un doctorat.

    Ici on dirait que la recherche est une pure vue de l'esprit. On dirait qu'il est mal vu d'orienter la recherche vers des résultats bassement économique.

    Le résultat de la recherche québécoise: la formation en souffre et notre économie n'en profite pas.

    Ça prendrait un coup de barre à la recherche, quitter le fondamental et aller vers le pragmatisme, former les u
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  • michel lebel - Inscrit
    17 décembre 2011 15 h 17
    @Jacques Légaré
    Je vois bien que vous n'avez rien compris à mon texte. La socialisation est un objectif important de tout système d'enseignement. Cette socialisation se fait essentiellement aux échelons primaire et secondaire. Une évidence! L'université, c'est autre chose et a d'autres objectifs, et est réservée en pratique à une minorité, contrairement aux niveaux précédents. Autre évidence!
    Quant au fast food, j'apprécie peu et je ne me suis jamais vu "gérant" d'une Belle Province, même si je ne déteste pas leurs frites! Chacun son métier et son ou ses diplômes, et il n'y a pas de sot métier! Et je n'apprécie jamais la qualité des gens selon leur diplôme!
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  • tohi1938 - Inscrit
    17 décembre 2011 15 h 30
    Si les universités coûtent cher (2) suite
    font que passer le temps.
    Il faut également se pencher sur la tâche des professeurs qui bénéficient de tellement de dégagements pour n'importe quoi qu'ils n'enseignent en moyenne que 2,3 cours par année. ( deux cours = deux fois 45 heures pour une année). C'est bien évidemment la porte ouverte aux chargés de cours qui perpétuent leurs contrats avec des examens bidons qui leur valent d'être bien évalués par les étudiants et donc de faciliter les renouvellements de contrats.
    Peut-être plus préoccupant est le fait d'agir comme consultants sous couvert de compagnies à numéro et de ce fait de monnayer leurs recherche sans que personne n'y voit rien à redire. Les profs de sciences comptables font des déclarations d'impôts, le profs de droit ont leur clientèle privée, les ingénieurs fabriquent des plans et devis etc sans que l'université qui les paie bien n'en retire aucun avantage.
    Même chose pour les laboratoires de recherche qui facturent deux fois, ou qui émettent des fausses factures.
    Il y a aussi les liens familiaux avec les firmes de génie-conseil, et les transferts de contrats en sous-traitance, et ainsi de suite.
    Autrement dit, si le vérificateur général se penchait sur la rémunération réelle des professeurs d'université, il aurait autant de surprises qu'en enquêtant sur la collusion ou la corruption dans les travaux municipaux, et en supprimant les cadres inutiles qui assurent entre autres les liaisons "universités-milieu", l'État ferait de sérieuses économies.
    Même chose pour les succursales en régions, où les cours sont donnés par des chargés de cours, ou alors à grands frais, puisqu'il faut couvrir le transport, et l'hébergement en cas de cous du soir, ce qui est la norme.
    François Legault avait eu une idée merveilleuse avec les contrats de performance de universités pour mesurer le "retour" sur l'investissement.
    Malheureusement, ses collègues du PQ y ont mis fin.
    Souhaitons qu' il trouve là à faire de tr
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  • Democrite101 - Inscrit
    17 décembre 2011 16 h 10
    La Babel universitaire mérite un tsunami culturel

    À monsieur Lebel: sans rancune cher ami, je voulais vous taquiner. L'université à tous, et pas cher. À tous qui veulent bosser fort pour apprendre.

    Félicitations à Tohi1938 pour ses informations si pertinentes. J'ai vu à l'université des profs super, et des poches... Qui serait capable de faire le tri ? Oui à un Cromwell de l'esprit qui secouerait ces minounes. Mais qui pourrait le faire efficacement et sans barbarie ?...

    Oui aux étudiants de classes défavorisées et avec bourses généreuses, mais ils devront bosser, bosser encore et bien bosser.

    L'université Laval vient d'accepter $300 000 pour une Chaire de théologie de la part de l'Église qui a des pédophiles cachés dans ses placards. La honte pour les enfants victimes. La théologie ? Niaiserie abyssale pour les crédules et les ignorants. C'est la honte pour l'intelligence du Québec.

    Oui à la gratuité, oui aussi aux Voltaire et aux Nietzsche qui secoueront ces perruques parasitaires, ces mauvais pédagogues, ces voleurs de travaux étudiants et ces vaniteux méprisants !

    Mais attention. J'en connais aussi d'admirables...

    Jacques Légaré, ph.d. En philosophie politique
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  • Jean Lapointe - Abonné
    17 décembre 2011 16 h 25
    La droite et l'intérêt personnel
    Vous dites que «Le discours selon lequel il convient d'augmenter ces droits parce que les étudiants seront les principaux bénéficiaires de leur formation reprend l'idée générale de la droite, qui conçoit la société comme un regroupement plus ou moins fortuit d'individus en quête de leur intérêt personnel.»

    Il est curieux que les tenants de ce discours ne semblent pas s'inquiéter de ce à quoi ça nous mènerait si de plus en plus les individus en venaient à ne rechercher que leur intérêt personnel.

    Est-ce que nous ne nous retrouverions pas inévitablement dans un monde invivable, dans un monde complètement anarchique, dans un monde dans lequel les gens finiraient pas s'entretuer?

    Et on peut se demander si la montée de l'extrême-droite qu'on observe dans plusieurs pays n'est pas le signe que c'est vers cela qu'on s' en irait si on n'y prenait pas garde?

    On voit alors que le débat sur les droits de scolarité n'est pas un débat de peu d'importance.

    Il ne suffit pas de se demander qui devrait payer pour les études supérieures. C'est l'avenir de nos sociétés qui est en cause.
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  • Roland Berger - Abonné
    17 décembre 2011 17 h 06
    La logique élastique de Michel Lebel
    Vous écrivez : « C'est une grave erreur de confondre les niveaux d'enseignement. Cette confusion a notamment pour effet pratique de réduire la qualité de l'enseignement au niveau universitaire. En d'autres termes, il y a des étudiants qui ne sont pas à leur place à l'université. » Et vous illustrez du même coup les sauts logiques qui alimentent généralement vos commentaires. Personne ne confond les niveaux d'enseignement. Comme il n'y a pas confusion, elle ne réduit en rien la qualité de l'enseignement universitaire. Et on comprend que les étudiants de la classe moyenne ne doivent pas encombrer les classes de l'université. Ils dérangent les parfaits professeurs qui y travaillent, actuels ou anciens.
    Roland Berger
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  • michel lebel - Inscrit
    17 décembre 2011 23 h 20
    @Roland Berger
    Je dis simplement que ce n'est pas parce qu'un cours se donne à l'université qu'il est nécessairement de niveau universitaire. Cela dépend à la fois de la qualité des étudiants et des professeurs. J'ajouterai ceci: si des étudiants du CÉGEP sont faibles, ceux-ci seront aussi faibles à l'université. Tout est inter-relié dans un système d'enseignement. Ceci me semble une vérite de La Palice! Comment expliquer que plusieurs étudiants ont de la difficulté avec le français à l'université? Oui, tout se tient, du primaire à l'université!
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  • Sylvain Fournier - Inscrit
    18 décembre 2011 11 h 41
    Gratuite... et au mérite!
    "En Ontario, le principe de la modulation a été mis en place (médecine, dentisterie, droit), avec une conséquence prévisible: les étudiants provenant des classes riches ou pauvres (avec aide financière) ont continué de s'inscrire dans ces programmes dans les mêmes proportions qu'avant (ou plus), mais la proportion d'étudiants provenant des classes moyennes a régressé."
    L'université devrait alors être gratuite, mais au mérite! Une "méritocratie" et non une aristocratie. Accepter les meilleurs étudiants, non ceux qui ont la capacité de payer...
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  • Marco - Inscrit
    19 décembre 2011 09 h 59
    Mauvaise foi que tout ça!...
    Notre vénérable journaliste tente à coup sûr, ici, de falsifier la réalité et de laisser croire du même coup que l’enrichissement individuel des étudiants inscrits à différents programmes universitaires n’est pas d’abord au cœur de leurs préoccupations….! Peut-on avoir quelques doutes?!!…

    Rappelons et considérons seulement les demandes salariales éhontées des médecins spécialistes et généralistes (tout récemment) de même que celles des procureurs de la couronne, ceux et celles -là mêmes qui étaient prêts à faire la grève pour un quelconque rattrapage salarial, les revenus passablement élevés des dentistes, des avocats, des administrateurs… alors que les enseignants du secteur public, eux, sont sous payés si l’on considère les importantes responsabilités qu’ils/elles assument. Nous pouvons d’ores et déjà remarquer que les inscriptions à ce programmes sont en chute libre!! Ce qui tend à démontrer le très net désintérêt pour les professions non payantes et « non prestigieuses »!! Coïncidence?!…

    Ainsi, on voudrait nous faire croire qu’il est du devoir d’une société juste et saine d’esprit que de financer à même les impôts des contribuables une formation à moindre coûts et d’encourager cette injustice flagrante et ce déséquilibre institionnalisé qui fait en sorte que l’écart s’élargisse davantage entre les plus riches et le plus pauvres!!… Allons donc! Laissez-moi rire, même si c’est à brailler d’indécense!

    La formation d’une élite quelconque a un coût économique et social énorme pour une même société alors que les principaux représentants de cette élite devraient lui en être plus que jamais redevables!!… Ce qui est bien loin d’être le cas!

    Dans la foulée de la gratuité suit celle du peu d’efforts et du tout est dû!!...Est-ce d’une telle société dont on se réclame?!!…
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  • Bernard La Riviere - Abonné
    19 décembre 2011 16 h 04
    Ça finit mal
    Oui, est-ce une société de peu d'effort et de devoir que nous réclamons, une société où le bonheur est possible pour tous et pas seulement pour une élite ingrate? Oui.
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  • Marco - Inscrit
    19 décembre 2011 17 h 34
    Nivelage par le bas, dites-vous?!!...
    J'ajouterais ceci: . Dans le système que l’on connaît présentement, celui qui promouvoit et favorise tout à la fois le libre-choix et la libre-concurrence, alors le désir de pousuivre des études supérieures et d’en assumer la juste part des coûts ne relève-t-il pas d’abord et avant-tout d’une volonté individuelle avant que de devenir un choix collectif!!

    À moins que de réclamer un système économique qui se veut égalitaire pour tous et toutes, qui donne accès à la même formation supérieure et qui permet à ce que chacun travaille en retour, au même salaire, peu importe les compétences, le savoir-faire, les sacrifices et/ou les services rendus, (puisque, de toute façon, l’enrichissemnt collectif s’en trouve nettement avantagé et privilégié au détriment de l’enrichissement individuel!!) Moi, je veux bien… Mais alors, dites-moi, de cette façon, y trouverions-nous notre compte?!!..^_^
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