Le Devoir des écrivains - Bilan d'une riche rencontre
- Mardi dernier notre site Web a présenté en direct la préparation de l’édition spéciale du Devoir des écrivains. Pour revivre cette journée: www.ledevoir.com/le-devoir-des-ecrivains-couverture-en-direct
Pour une deuxième année, Le Devoir des écrivains a permis une riche rencontre entre les journalistes d'un jour et les professionnels de l'information, le tout pour le grand bonheur des lecteurs du lendemain. À travers quelques commentaires formulés par des écrivains et des lecteurs, retour sur cette journée folle.
Nourriture de l'âme
Je garde toujours Le Devoir du jour pour le lire le lendemain matin avec mon premier café, dans le silence de la maison, compte tenu qu'il arrive trop tard dans ma ville le jour de sa parution. C'est un rituel apaisant: pas de photos sanglantes à la une, pas d'articles racoleurs sur les infidélités de monsieur Chose avec madame Unetelle. Je trouve que ça part bien la journée.
Ce matin-là, Le Devoir m'a vraiment transporté ailleurs avec tout son contenu rédigé par des écrivains. Non pas que les journalistes du journal ne sont pas à la hauteur, bien au contraire, mais le regard que vos reporters d'un jour portent sur l'actualité est présenté dans un style différent, plus près du coeur que de la raison. Mais avec pourtant autant d'acuité et d'à-propos que vos réguliers. Une nourriture de l'âme.
Mais là où je me suis vraiment demandé si je rêvais encore, c'est en voyant Paul Bloas et Rimbaud invités à la une du cahier Économie! Il n'y a que Le Devoir pour nous rendre la lecture de l'analyse de l'actualité économique, d'ordinaire aride, aussi agréable.
Et il n'y a que Le Devoir pour nous faire semblable cadeau. Merci!
Réjean Langlois
Sept-Îles
Que du bonheur!
Avec mon type de processus créatif, il était hautement improbable que je parvienne à macérer le sujet de mon article en quelques heures jusqu'à ce qu'un objet littéraire apparaisse. Trop peu de temps. Trop de mouvement humain autour de moi pour faire le vide nécessaire à l'opération... Je suis donc arrivée au Devoir avec l'intention de plonger en immersion journalistique. Et j'ai été gracieusement servie. Stéphane Baillargeon, le gentleman-journaliste avec qui j'étais jumelée, s'est révélé d'une délicatesse et d'une écoute exemplaires. Il a su me guider par ses conseils judicieux. Assez rapidement, le stress initial s'est transformé en enthousiasme confiant. En somme, que du bonheur. Pur.
Karoline Georges
Écrivaine
Maudit karma
Il y a deux journées dans l'année où l'écrivain attend avec une féroce impatience l'arrivée de son journal, celle où il croit qu'on parlera dans le journal en question de sa plus récente publication, et celle où il sait sans l'ombre d'un doute que le lecteur pourra s'y délecter de sa plume incendiaire, et ce sont ces journées, précisément, que son camelot choisit pour se casser une jambe ou se pousser au Costa Rica. Voilà ce que je me disais en ce matin du 16 novembre quand, dès l'aube, je cherchais désespérément mon exemplaire du Devoir sur mon balcon. Après quelques instants de réflexion, j'ai pensé que les presses avaient pu, par la faute de mon impitoyable karma, tomber en panne durant la nuit, auquel cas j'aurais une quarantaine d'écrivains en colère sur le dos. L'idée m'a également effleurée que les locaux du Devoir avaient pu être rasés par le feu, ainsi que quelqu'un en avait évoqué la possibilité à notre réunion de production de la veille, en guise de représailles contre la publication d'une caricature du Charlie Hebdo. Après une course au dépanneur, j'ai toutefois dû me rendre à l'évidence: le malheur n'avait pas frappé, seul mon karma était en cause, et je n'aurais pas à subir l'ire d'une bande d'écrivains déchaînés. J'ai enfin respiré.
Andrée A. Michaud
Écrivaine
Dents de bébé
Moi, j'avais le bonheur de travailler avec Isabelle à Québec, qui a joué le jeu jusqu'au bout, refusant même d'écrire trois mots. Je me faisais les dents en journalisme, les dents de bébé, bien sûr, les petites, celles qui, un jour, tombent d'elles-mêmes. N'empêche. J'ai bien aimé.
Jean Provencher
Écrivain
Leçon d'humilité
— Nous sommes des écrivains de l'urgence, du quotidien, me lance A., un journaliste.
— Sans doute, rétorqué-je, la bouche pleine, dubitative.
Un buffet suit la conférence de presse à laquelle je viens d'assister. Je me sustente, histoire de prendre des forces pour composer mon article.
Au pas de course, je regagne la salle de rédaction, en compagnie de la journaliste avec qui je suis jumelée. Fébrile, je m'installe à mon poste de travail. Fière de ma première version, je la présente à ma tutrice. D'un coup d'oeil expérimenté, elle m'indique qu'il faut retravailler mon texte, enlever tel mot, permuter tel paragraphe ou ajouter telle information. Y arriverai-je avant l'heure de tombée?
C'est alors que je comprends ce que A. a voulu me dire.
Faire du journalisme requiert une grande aisance dans l'art d'écrire; ce n'est pas la chasse gardée de l'écrivain. Belle leçon d'humilité.
Émeline Pierre
Écrivaine
Nourriture de l'âme
Je garde toujours Le Devoir du jour pour le lire le lendemain matin avec mon premier café, dans le silence de la maison, compte tenu qu'il arrive trop tard dans ma ville le jour de sa parution. C'est un rituel apaisant: pas de photos sanglantes à la une, pas d'articles racoleurs sur les infidélités de monsieur Chose avec madame Unetelle. Je trouve que ça part bien la journée.
Ce matin-là, Le Devoir m'a vraiment transporté ailleurs avec tout son contenu rédigé par des écrivains. Non pas que les journalistes du journal ne sont pas à la hauteur, bien au contraire, mais le regard que vos reporters d'un jour portent sur l'actualité est présenté dans un style différent, plus près du coeur que de la raison. Mais avec pourtant autant d'acuité et d'à-propos que vos réguliers. Une nourriture de l'âme.
Mais là où je me suis vraiment demandé si je rêvais encore, c'est en voyant Paul Bloas et Rimbaud invités à la une du cahier Économie! Il n'y a que Le Devoir pour nous rendre la lecture de l'analyse de l'actualité économique, d'ordinaire aride, aussi agréable.
Et il n'y a que Le Devoir pour nous faire semblable cadeau. Merci!
Réjean Langlois
Sept-Îles
Que du bonheur!
Avec mon type de processus créatif, il était hautement improbable que je parvienne à macérer le sujet de mon article en quelques heures jusqu'à ce qu'un objet littéraire apparaisse. Trop peu de temps. Trop de mouvement humain autour de moi pour faire le vide nécessaire à l'opération... Je suis donc arrivée au Devoir avec l'intention de plonger en immersion journalistique. Et j'ai été gracieusement servie. Stéphane Baillargeon, le gentleman-journaliste avec qui j'étais jumelée, s'est révélé d'une délicatesse et d'une écoute exemplaires. Il a su me guider par ses conseils judicieux. Assez rapidement, le stress initial s'est transformé en enthousiasme confiant. En somme, que du bonheur. Pur.
Karoline Georges
Écrivaine
Maudit karma
Il y a deux journées dans l'année où l'écrivain attend avec une féroce impatience l'arrivée de son journal, celle où il croit qu'on parlera dans le journal en question de sa plus récente publication, et celle où il sait sans l'ombre d'un doute que le lecteur pourra s'y délecter de sa plume incendiaire, et ce sont ces journées, précisément, que son camelot choisit pour se casser une jambe ou se pousser au Costa Rica. Voilà ce que je me disais en ce matin du 16 novembre quand, dès l'aube, je cherchais désespérément mon exemplaire du Devoir sur mon balcon. Après quelques instants de réflexion, j'ai pensé que les presses avaient pu, par la faute de mon impitoyable karma, tomber en panne durant la nuit, auquel cas j'aurais une quarantaine d'écrivains en colère sur le dos. L'idée m'a également effleurée que les locaux du Devoir avaient pu être rasés par le feu, ainsi que quelqu'un en avait évoqué la possibilité à notre réunion de production de la veille, en guise de représailles contre la publication d'une caricature du Charlie Hebdo. Après une course au dépanneur, j'ai toutefois dû me rendre à l'évidence: le malheur n'avait pas frappé, seul mon karma était en cause, et je n'aurais pas à subir l'ire d'une bande d'écrivains déchaînés. J'ai enfin respiré.
Andrée A. Michaud
Écrivaine
Dents de bébé
Moi, j'avais le bonheur de travailler avec Isabelle à Québec, qui a joué le jeu jusqu'au bout, refusant même d'écrire trois mots. Je me faisais les dents en journalisme, les dents de bébé, bien sûr, les petites, celles qui, un jour, tombent d'elles-mêmes. N'empêche. J'ai bien aimé.
Jean Provencher
Écrivain
Leçon d'humilité
— Nous sommes des écrivains de l'urgence, du quotidien, me lance A., un journaliste.
— Sans doute, rétorqué-je, la bouche pleine, dubitative.
Un buffet suit la conférence de presse à laquelle je viens d'assister. Je me sustente, histoire de prendre des forces pour composer mon article.
Au pas de course, je regagne la salle de rédaction, en compagnie de la journaliste avec qui je suis jumelée. Fébrile, je m'installe à mon poste de travail. Fière de ma première version, je la présente à ma tutrice. D'un coup d'oeil expérimenté, elle m'indique qu'il faut retravailler mon texte, enlever tel mot, permuter tel paragraphe ou ajouter telle information. Y arriverai-je avant l'heure de tombée?
C'est alors que je comprends ce que A. a voulu me dire.
Faire du journalisme requiert une grande aisance dans l'art d'écrire; ce n'est pas la chasse gardée de l'écrivain. Belle leçon d'humilité.
Émeline Pierre
Écrivaine








