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    Prix Gilles-Corbeil - L'oeuvre de VLB couronnée

    Le prix littéraire québécois le plus prestigieux est remis à l'auteur de Race de monde

    L’écrivain Victor-Lévy Beaulieu a été honoré hier soir, à Montréal, pour l’ensemble de son œuvre.<br />
    Photo: François Pesant - Le Devoir L’écrivain Victor-Lévy Beaulieu a été honoré hier soir, à Montréal, pour l’ensemble de son œuvre.
    Auteur de Don Quichotte de la démanche, de Monsieur Melville, de Race de monde et plus récemment de l'essai James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, l'écrivain Victor-Lévy Beaulieu a vu hier l'ensemble de son œuvre récompensée du prix Gilles-Corbeil. Ce prestigieux prix, remis tous les trois ans depuis 1990, est doté d'une bourse de 100 000 $.

    «Il n'y a jamais eu, au Québec, de projet d'écriture plus immense que celui de Victor-Lévy Beaulieu», a souligné hier à la remise du prix, à la Grande Bibliothèque, la présidente du jury, Lise Bissonnette. Depuis son premier roman en 1969, Mémoires d'outre-tonneau, Victor-Lévy Beaulieu a signé plus de soixante-quinze ouvrages. Romans, essais, mais aussi théâtre ou scénarios pour la télévision, comme Bouscotte et Montréal P.Q., qui le feront connaître du grand public. «Derrière le flot d'anecdotes, d'images, de controverses, d'exaspération ou d'admiration que suscite le monument appelé VLB, il y a d'abord et avant tout, depuis près de cinquante ans, un verbe qui creuse son lit, coulée d'une syntaxe à la fois exigeante et libre qui, à elle seule, peut faire battre en retraite les caporaux de la littérature industrielle qui présentent désormais le renoncement au style comme une sorte d'avant-garde,» a poursuivi Mme Bissonnette.

    Le père littéraire d'Abel Beauchemin a précisé à son tour au micro qu'«on écrit parce qu'on n'a pas le choix». Victor-Lévy Beaulieu a profité de l'occasion pour rappeler ses premiers émois littéraires, lui, est issu d'une famille de treize enfants, «dans un monde tricoté serré, du genre de celui que porte la mémoire profonde des choses» que rien ne destinait à l'écriture. Son débordement littéraire, il l'attribue au sentiment d'urgence que lui a laissé la poliomyélite, dont il a été atteint à 19 ans. «Je n'ai pas de mérite à avoir écrit autant: c'était simplement là, et ça ne demandait qu'à surgir. Il en est des écrivains comme des cours d'eau: il y a des ruisseaux, des rivières, des lacs, des fleuves et des océans», a-t-il poursuivi.

    L'écrivain-éditeur

    Fasciné notamment par l'oeuvre de Victor Hugo, Jack Kerouac, Herman Melville, Léon Tolstoï et James Joyce, Victor-Lévy Beaulieu estime qu'en «dévorant les autres, on se les approprie, on élargit le champ de sa conscience». La langue est une des forces de ses textes, une langue qu'il a louée, hier, dans son discours de réception: «Je n'ai jamais cessé de croire que la langue québécoise est d'une grande richesse, qu'elle a son propre génie, sa propre sonorité et sa propre musique, et qu'il est de la responsabilité de l'écrivain de bellement la faire chanter.»

    Hommage fut rendu aussi à l'éditeur. Victor-Lévy Beaulieu a touché d'abord à la direction littéraire aux Éditions du jour en 1969, avant de fonder tour à tour les Éditions de l'Aurore, les Éditions VLB, et finalement les Éditions Trois-Pistoles, où il accueille «les mots des autres» depuis 1995, et où devraient continuer de paraître, dès qu'il aura le temps de vraiment s'y atteler, la réédition de son oeuvre complète, ces «cinquante mille pages qui sont venues de ma main gauche et de mon stylo-feutre bleu depuis cinquante ans».

    Mais l'écriture n'est pas tout. En plus de s'occuper de ses nombreux animaux, Victor-Lévy Beaulieu a géré cette année la relance et la programmation artistique du Caveau-théâtre de Trois-Pistoles. L'auteur est aussi connu et reconnu pour ses harangues et son engagement politique parfois tous azimuts. Pamphlétaire, il écrit régulièrement dans les pages ouvertes des journaux. En 2008 et 2009, excédé par les partis en place, il se présente dans une sorte de grande boutade inspirée par Jacques Ferron — un de ses écrivains préférés —, candidat indépendant à Rivière-du-Loup.

    Un colloque «Politiques de Victor-Lévy Beaulieu», sur des aspects de son oeuvre, comme la question nationale ou la problématique postcoloniale, se tiendra par ailleurs le 18 novembre prochain à l'UQAM, organisé par la Société d'études beaulieusiennes.
     
     
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