vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 14h10
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Nelly, son corps, ses livres

Danielle Laurin   17 septembre 2011  Livres
Nelly Arcan, photographiée en 2004<br />
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Nelly Arcan, photographiée en 2004

À retenir

    Burqa de chair
    • Nelly Arcan
    • Seuil
    • Paris, 2011; 168 pages
On nous demande de juger par nous-mêmes. De lire la nouvelle La honte, de Nelly Arcan, disponible sur le site Internet qui lui est consacré et publiée dans son ouvrage posthume Burqa de chair, avec l'entrevue qu'a accordée l'écrivaine à Guy A. Lepage sur le plateau de Tout le monde en parle à l'automne 2007, deux ans avant son suicide.

On nous demande de prendre position. La honte, l'humiliation ressentie par l'auteure de Putain était-elle justifiée ou non? L'animateur a-t-il été vraiment si méchant avec elle ce soir-là? Méritait-il d'être diabolisé dans un texte aussi dur à son endroit?

Sous-entendu: l'écrivaine ne s'est-elle pas jetée elle-même dans la gueule du loup, avec son décolleté plongeant, ses seins siliconés, sa moue de biche égarée, sa beauté plastique? Ne s'est-elle pas humiliée elle-même?

Faites le test de la réalité. Voyez comme elle se débat, mal, écrasée par son image de Barbie, pour dénoncer l'esclavage des femmes obsédées par leur beauté et l'hypersexualisation des petites filles. Comment a-t-elle pu s'imaginer qu'on la prendrait au sérieux?

Et blablabla.

Le problème, c'est que même morte l'image de Nelly Arcan continue de prendre le dessus sur son oeuvre. Le problème, c'est qu'on passe à côté de l'essentiel, il me semble.

Bien sûr qu'on comprend l'animateur de Tout le monde en parle d'être dans tous ses états. Même s'il n'est pas identifié par son nom dans La honte. Et bien sûr que le texte semble démesuré dans son propos par rapport à ce qui nous est montré.

Ce qui ne veut pas dire qu'on ne ressente pas un malaise profond en regardant l'entrevue. Nelly Arcan, seule femme sur le plateau, entourée de gars qui zieutent son décolleté, font des blagues de taverne et semblent se foutre complètement de son discours. De ses livres.

On nous demande de comparer un show de télé et une nouvelle. Il est là, le problème. Nelly Arcan n'est pas allée en personne sur un autre plateau de télé pour dénoncer le sort qu'on lui a fait subir. Elle n'a pas écrit un article de journal, une chronique. Elle n'a pas rédigé un témoignage pour rendre compte de ce qui s'était passé, de ce qu'elle avait ressenti. Nelly Arcan a écrit une nouvelle.

Nous ne sommes pas dans la réalité, nous sommes dans l'écriture. Nous ne sommes pas au tribunal de la vérité, nous sommes dans la vérité de l'écriture. Dans la liberté de l'écriture.

Nelly Arcan est partie de la réalité, d'un événement vécu, de ce qu'elle a ressenti à ce moment-là, sans aucun doute. C'est son droit. C'est ce qu'elle a toujours fait. Depuis Putain. Ce qu'elle a fait dans Folle. Ce qu'elle a fait ensuite dans À ciel ouvert, aussi, même s'il ne s'agit plus d'autofiction, mais d'un roman de facture plus classique, où le je est absent. Même Paradis clef en main, qui regorge d'imagination, de situations improbables, traite du sujet terre-à-terre et douloureux du suicide, son obsession.

Si Isabelle Fortier n'avait été qu'une pute (ou une ex-pute) au corps refait obsédée par la beauté, par la peur du vieillissement, par le regard de l'autre, obsédée par la folie et par le désir de mourir, je veux dire si elle n'avait pas été capable de trouver les mots pour exprimer ce qu'elle avait dans le ventre, pas été capable de fouiller ses tripes, de se regarder aller, de mettre le doigt sur ses propres contradictions, de se donner la liberté d'écrire là-dessus, elle ne serait jamais devenue Nelly Arcan.

Si Putain n'avait été qu'une confession, un témoignage salace, scandaleux, s'il n'y avait pas eu l'écriture derrière, le souffle de l'écriture, on aurait parlé de Nelly Arcan comme d'une pute (ou d'une ex-pute) au corps de rêve qui veut se montrer, se faire valoir, tout simplement.

C'est ce qu'elle craignait par-dessus tout, d'ailleurs. Tout en en jouant. D'où la réticence à la lire chez certains, certaines. Même Nancy Huston, qui signe la préface de Burqa de chair, en convient: elle l'a sous-estimée, mésestimée, a attendu qu'elle soit morte pour la lire. Pour découvrir l'écrivaine.

Une écrivaine d'abord

Nelly Arcan était une écrivaine. La honte est une nouvelle. L'auteure parle d'elle à la troisième personne. Elle fait d'elle-même un personnage. Ce qui n'empêche pas le fond de vérité. Au contraire.

Elle écrit, en parlant de Nelly, son personnage: «En dehors de ses livres, elle ne valait rien. Elle n'était sûre de rien. La signification ne prenait sa pleine valeur que sur le papier.»

Là où le texte est vraiment fort, c'est qu'il parvient à nous faire éprouver en vrai ce qu'éprouve son personnage qui, justement, ne s'est pas montré à la hauteur dans la vie, n'a pas su trouver les mots. D'où la honte, l'humiliation, tout ça. La détestation de soi-même. Et le désir de mourir, encore.

Elle ne se pose pas en victime. Elle se remet elle-même en question. Constamment. Elle doute tout le temps. Elle cherche. Elle cherche des réponses qu'elle ne trouve pas. Et ça la tue.

Elle ne s'épargne pas. Elle n'est pas dans la logique des bons et des méchants. Elle ne se prend pas pour une sainte, loin de là. Elle se montre entêtée dans son processus de mortification, d'autodestruction.

Il faut lire La honte comme faisant partie d'un tout dans Burqa de chair. Qui propose un ensemble de textes. Dont un autre inédit: «La robe». Il s'agit d'un début de roman. Dont on aurait tant aimé lire la suite. On pense à la force explosive de Putain en le lisant. Quelle charge, quelle intensité, quelle gravité!

La vie est un scandale

Dès les premières phrases on est happé: «La vie est un scandale, c'est ce que je me dis tout le temps. Être foutue là sans préavis, sans permission, sans même avoir consenti au corps chargé de me traîner jusqu'à la mort, voilà qui est scandaleux.»

Et tout de suite, elle parle de la honte. Dès le deuxième paragraphe: «Et la honte qui grandit avec l'âge, l'âge comme l'eau au moulin ou celle qui coule sous les ponts, la honte qui s'élargit à mesure que mes amis se tiennent loin de moi, que mes père et mère s'effacent de ma vie et vivent, qui sait, avec cette même honte [...]».

Le texte intitulé La honte n'est en fait qu'un élément de plus dans un vaste ensemble relié par un noyau dur. Partout dans Burqa de chair, cette burqa de chair dont Nelly Arcan parlait dans son roman À ciel ouvert comme d'une deuxième peau dont se recouvrent les femmes occidentales qui «enterrent leur corps sous l'acharnement esthétique», partout il est question de cette obsession de la beauté. Cette obsession dont elle confie qu'elle lui empoisonne la vie. Dont elle a honte.

Il y a des passages très forts sur le rapport à la mère, aussi. La mère réelle, ou non, là n'est pas la question. La figure de la mère, disons. La mère, cette larve, dans Putain, cette femme contre qui on ne peut que se révolter et qu'on ne cesse de juger, reçoit, ici et là dans Burqa de chair, davantage de compassion. Ma mère, mon miroir, dit-on. «Juger sa mère, c'est se tirer à bout portant», écrit Nelly Arcan.

Il est question de l'enfance, beaucoup. De l'adolescence. Du corps qui change, qu'on apprend à détester. D'anorexie. Et bien sûr, de putasserie.

Il y a des répétitions, des exagérations, sans doute. Il y a un parcours plein d'allers-retours. Il y a un fil rouge qui tient tout ensemble malgré tout. Il y a des phrases qui font mal. Comme celle-ci: «Les morts ont toujours le dernier mot».

On devrait peut-être s'arrêter ici.

Pas avant d'avoir dit ceci: il faut lire Burqa de chair comme faisant partie d'un tout dans l'oeuvre de Nelly Arcan. Une oeuvre paradoxale. Pleine de contradictions. Exacerbée. Justement. C'est là sa force.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    17 septembre 2011 07 h 12
    Une écrivaine et deux vieux ados
    Dans vingt ans, on lira encore Nelly Arcan, l'écrivaine, et on aura oublié les deux mononc' de ce «show de chaises».

    Pierre Desrosiers
    Val David
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mohamed Lotfi - Inscrit
    17 septembre 2011 07 h 19
    ''S'élever au dessus des hommes debout''
    La grandeur de Nelly Arcan est de faire de la grande littérature avec un moment de médiocrité télévisuelle. Sa grandeur est d'opposer la lucidité à l'aveuglement déguisé en émission de variété. La littérature se nourrit de tout, du beau, du moins beau et du médiocre.

    Nelly fait de la littérature, c'est pourquoi elle ne nomme pas l'animateur. Elle parle plutôt de ''L'homme debout''. Guy-A Lepage ne devrait pas le prendre trop personnel et Stéphane Laporte n'a pas à se sentir obligé de le défendre. Il fait partie lui-même de ces ''hommes debout fabricants de l'image qui génère souvent beaucoup de médiocrité. Qu'ils assument leur rôle. Nelly assume le sien.

    En écrivant ''La honte'', elle tenait à se dissocier d'un exercice de médiocrité auquel elle a elle-même participé, d'où toute sa honte. Elle s'est accrochée après la littérature, ce qu'elle sait faire le mieux, pour s'élever au dessus des ''hommes debout''.

    Il n'est pas donné à tout le monde de traverser une marée de merde sans en être touché. S'en sortir indemne. Il est encore moins donné à tout le monde de savoir aussi bien se laver d'une telle merde..

    Vive la littérature.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marie Labelle - Abonné
    17 septembre 2011 08 h 02
    Bouleversante Nelly Arcan

    On nous demande de juger par nous-mêmes.

    Nous sommes en face d'une oeuvre forte, intelligente, incisive qui va droit au coeur. Il vaut mieux, comme vous le démontrez ici, chère Madame Laurin, ressentir... plutôt que de juger.

    Merci pour votre excellent article.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mélanie Robert - Abonnée
    17 septembre 2011 10 h 13
    Les femmes, la littérature et la télé
    Faut-il que les femmes portent des cols roulés pour être écoutées ? Nous ne sommes plus en 1950 il me semble.
    Une autre question qu'il faut se poser, c'est comment on parle de littérature à la télé. Nulle part dans cette entrevue, on a parlé de son livre.
    Un grand auteure qui s'est retrouvée dans un show de chaises débiles. Triste pour l'auteure, triste pour le public québécois, triste pour la littérature québécoise...
    Nelly Arcan avait besoin d'un critique littéraire ce soir-là...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Paul Dawson - Inscrit
    17 septembre 2011 11 h 30
    Ses livres, pipole!

    Ce cirque débile m'inspire un nom: Réjean Ducharme.

    Que N.A., femme d'un talent exceptionnel à écrire des livres, doive, pour vivre de sa plume, se soumettre à un cirque juvénil télévisuel, à un animateur au talent modeste, donne la nausée.

    Hostile et vulgaire, vous-êtes, pipole!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • f.georges - Inscrit
    17 septembre 2011 13 h 03
    Merci pour votre excellent article.
    Nelly Arcand touchante dans sa fragilité, stupéfiante par sa lucidité décapante,son analyse dérangente de notre condition souffrante.Une grande écrivaine .
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Eveline Boulanger - Inscrite
    17 septembre 2011 17 h 54
    Merci pour votre article.
    Merci de nous faire découvrir Nelly Arcan et de nous donner le goût de la lire davantage!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Denis Marseille - Inscrit
    17 septembre 2011 18 h 07
    Nelly Arcand!
    Son suicide est l'apothéose de sa carrière pour bien des intello qui voudrait tant zigouiller Guy A. Lepage. Victime de sa propre victimisation, elle joue sur deux tableaux en parallèle et bouscule les sentiments de quelques émotifs qui voient en elle la martyre tant désirée de la reluquante vision de l'homme primitif.

    Ce n'est que foutaise... Du marketing de bas étage pour essayer de vendre un livre qui ne se vendrait pas.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Huguette Gagnon - Inscrite
    17 septembre 2011 18 h 41
    Nelly et la tempête médiatique
    Je suis un peu triste pour la famille de Nelly Aecan , triste aussi pour la mémoire de cette auteure hors du commun . Il y a d'abord ce texte , tout en sobriété " La Honte , et ces commentaires de Nancy Huston , qui sont loin d'être fracassants , mais qui dénoncent avec beaucoup de justesse l'ambiance malsaine qu 'il y avait ce soir là à TLMP . Il y avait aussi eu ce texte de Nelly Arcan " L'Image " , qui faisait suite à son passage à cette émission . À mon avis , n'eut été des nombreuses apparitions de Guy A Lepage dans les médias la semaine dernière, il y aurait pas eu cette tempête médiatique que l'on connaît . Sans vouloir condamner personne , je trouve que Guy A Lepage manque d'humilité , et je trouve que les propos tenus sur Nelly arcan et Nancy Huston sont maladroits . Je crois que ce soir là , on a raté sa chance de faire une entrevue intéressante avec une auteure qui avait des choses à dire . Je crois que les producteurs de TLMP devraient tout de même réfléchir à l'orientation que doit prendre cette émission .
    R.I.P. Nelly Arcan
    Merci pour votre article Mme Laurin et merci pour grande sensibilité !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • yolande laliberte - Inscrit
    17 septembre 2011 19 h 16
    Non, merci ,Nelly
    P as le moindre soupcon d'empathie dans cette production litteraire...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • maxime9232 - Abonné
    17 septembre 2011 21 h 41
    Merci
    Merci Mme Laurin de remettre les points sur les «I». Nelly Arcan, l'auteure la plus sous-estimée... dommage!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fruitloops - Inscrit
    18 septembre 2011 09 h 27
    Hypocrisie 1....
    J’ai eu l’occasion de voir Nelly Arcand dans un café de la rue St-Denis, dans un chandail moulé sur sa poitrine en plastique, surplombant son clavier de portable, et pestant (inspi-ration douloureuse, bug informatique, le regard curieux ou libidineux des clients mâles, le mal être général…) Un peu de tout ça sans doute.
    Et je me souviens de m’être dit que cette fille devait être invivable… pendant que mon entre-jambe essayait, dur comme fer, de me convaincre du contraire.
    Sans le réaliser, je venais de vivre un échantillon de sa vie, celle d’une fille assise sur une bombe anti personnelle prête à sauter à tout moment. Ce qui, pour la majorité des gens, de jongler entre désir, réalité, fantasme et bonheur, constitue un dilemme gérable, ne l’était pour cette fille (enfant, devrais-je dire). Puis bimbo dans la vie, jusqu’à TLMP.

    Concernant l’incontournable décolté de Nelly, n’importe lequel invité mâle qui se présen-terait su un plateau de télévision avec un phallus géant en plastique autour du cou aurait de la difficulté à parler d’autre chose, vous ne trouvez pas? Il n’y a que les gorilles, mâles ou femelles, dans un zoo qui peuvent se gratter les parties et continuer à communiquer ou rêvasser à autre chose. Chez les humains, la sexualité, fantasmée, réprimée, appliquée ou décrite, constituent pour la plupart l’essentiel de leur vie. Et si un des leurs porte-paroles s’explosent, s’immolent sur l’autel médiatique, et bien là c’est le jackpot : tu deviens éternelle. Comme Marilyn.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fruitloops - Inscrit
    18 septembre 2011 09 h 28
    Hypocrisie 2...
    Donc Nelly, c’était un peu tout ça, mais certainement pas une martyre. Les martyres n’ont pas le choix. Elle, elle l’avait. Elle a CHOISI d’écrire, de mutiler son corps, de marketer son mal de vivre, ficelé le tout avec du souffle (comme celui qu’on entend dans les chambres à coucher normalement), mais aussi une grande intensité (plutôt commune chez les psychiatrisés) et une grande ténacité à ne pas dévier du mur vers lequel sa névrose la propulsait à fond de train. Pour enfin trouver la paix. Là-dessus, je l’a reçois in-conditionnellement et je ressens une empathie infinie pour autant de douleur auto-infligée.

    NA n’était pas une romancière ni une écrivaine : elle tenait son journal, ou plutôt son auto-thérapie publiquement. Comme matière première, et comme produit fini. Elle utilisait sa féminité immature et le féminisme pour survivre, bien en selle sur sa bombe, sachant sans doute que ce n’était qu’une question de temps avant que la haine de son corps, et sa voix de fausset, l’emportent. Cette femme-fille-fillette était intoxiquée par son image, son sex-appeal et l’INÉVITABLE déclin. Incapable de trouve le bonheur ailleurs, elle a exercé un choix logique : celui de ne plus vivre.

    En ce qui concerne notre Guy A (et son page), il a été engagé pour déconner, faire rire, émouvoir, informer à titre d’humoriste, d’animateur, de critique social et politique. Dans cet ordre. Un hybride, quoi. Une formule commode qui permet de dire beaucoup de choses sans être constamment traîné devant les tribunaux. Une sorte de no-man’s land de l’incorrectness.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fruitloops - Inscrit
    18 septembre 2011 09 h 29
    Hypocrisie 3...
    Le pape a déjà reçu, dans son arène, une autre bimbo décolletée, à la voix nasillarde, une autre bombe sexuelle vieillissante. Mais celle-là est une productrice de niaiseries télé-sexuelles, et se sait assise sur une bombe de fric: Anne-Marie Losique. Celle-là sait jouer parfaitement la game.

    Guy A, et son ego, dérapent à l’occasion. Comme humoriste, c’est un must. Comme journaliste-critique social, c’est plus délicat. Mais ça passe toujours, c’est l’avantage de l’hybritude.

    Nelly est un dommage collatéral, non pas de Lepage, mais de la vie et de SON jeu de cartes. Peut-être vais-je lire sa nouvelle posthume, j’ai déjà lu PUTAIN, mais peut-être finalement est-ce trop triste, et que ce matin j’en ai assez de tout ça.

    Il fait très beau …
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Democrite101 - Inscrit
    18 septembre 2011 10 h 19
    Deux femmes en or outragées par le conservatisme de Radio-Canada


    Voici la lettre que j'ai envoyée à Radio-Canada le 27 septembre 2010 pour protester contre «Tout le monde en parle».
    Sarah Bernardt, venue au Québec, et avait déjà fustigé notre gros conservatisme sexuel dont «Tout le monde en parle» a pris la relève.

    -----
    27 septembre 2010

    De «Tout le monde en parle», je tiens à dénoncer un travers commis 2 fois.

    Les co-animateurs ont été abjects envers ces deux femmes en essayant de les ridiculiser pour les vêtements qu'elles portaient, et plus largement pour le message qu'elles véhiculaient dans leur carrière (la libération des moeurs, l'une par l'écriture, l'autre par son projet de chaîne t.v. érotique).

    Leurs propos ridiculisants visaient à déstabiliser les deux femmes, perchés qu'ils étaient sur le plus débile des machismes et le plus arriéré des puritanismes. C'est d'autant plus étonnant que l'un deux a dû souffrir lui-même de l'homophobie et qu'il n'a aucune sympathie pour les femmes qui veulent achever la libération des moeurs et celle des femmes.

    Nous avons tous vu l'agression contre deux femmes libérées, les plus libérées sans doute du Québec car l'érotisme est encore sous le cadenas de la mentalité conservatrice arriérée.

    Ils ont manié le couteau de la dépréciation d'autrui, par leur authentique talent d'humoriste mais utilisé ici avec malveillance.

    Ils ont si bien réussi avec Nelly Arcand qui s'est suicidée. L'humiliation publique qu'elle a subie à «Tout le monde en parle» ne l'a guère aidée à surmonter le manque d'amour de soi qui causa sa mort.
    Anne-Marie Losique a mieux résisté, et nous lui rendons hommage.

    Je souhaite qu'ils s'excusent de ces deux coups de couteau à deux Québécoises féministes et libérées. Elles sont encore trop rares au Québec, et les hideux conservateurs doivent être dénoncés dans leur basse attaque qui méprise à la fois les femmes et l'érotisme.

    Que Radio-Canada s'abstienne de faire sur les ondes la job que Mgr
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • ysengrimus - Inscrit
    18 septembre 2011 12 h 26
    Nelly Arcand, suicidaire
    Nelly Arcand, suicidaire. Si je ne me reconfigure pas chirurgicalement, on ne va pas m'aimer. Si je me reconfigure chirurgicalement, ce ne sera plus vraiment moi qu'on aimera. Paradoxe insoluble pour une sortie abrupte de la vie. Mais lancinant paradoxe d'une époque aussi. Voici mon message à ses semblables qui survivent toujours:

    http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/31/un-narc

    Et surtout, vivez, je vous en supplie, vivez. Il y en simplement plus que marre que la femme se fasse souffrir ainsi pour atteindre des critères de beauté oppressifs et contraints.

    Paul Laurendeau
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Anne-Marie Gill - Abonné
    18 septembre 2011 23 h 53
    Nelly Arcand : une seule et même personne éprouvé
    Je ne crois pas qu'il faille séparer l'écrivain de la femme.

    Ce qui a fait la force de son oeuvre, ce n'est pas simplement ses capacités littéraires, mais ses choix de vie, sa vision du monde, sa vision des autres et bien sûr d'elle même. Elle ne niait pas ses contradictions, elle tentait avec beaucoup d'élan à toujours mieux les nommer, les assumer, voir de le résoudre. C'est tout cela qui a fait l'écrivain non banale qu'elle est devenue.C'est un être humain qui méritait beaucoup de respect et qui donnait de bons interviews...lorsque ces derniers étaient animés avec intelligence. Sa nouvelle décrivant son passage à toute le monde en parle n'est pas un exercice littéraire détachée de ce qu'était Nelly Arcand et de ce qu'elle a pu éprouver; cette nouvelle peut très bien vivre de façon autonome. Elle constitue quantà moi, une excellente leçon de choses et d'humilité pour les deux animateurs concernés.

    Bon moment pournous replonger dans son oeuvre!!!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
17 réactions
20 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012