Lettres - Hommage à Gil Courtemanche
C'est le journaliste que j'admirais, davantage que l'écrivain, chez Gil Courtemanche. J'avais d'ailleurs rendez-vous avec lui tous les samedis matins. Je me suis abonnée au Devoir du samedi juste pour lire sa chronique, premier plaisir de mon week-end. J'aimais qu'il s'intéresse avec tant de passion à l'Afrique alors que personne ne s'y intéresse. J'aimais son empathie pour les déshérités, les exploités et les paumés de tout acabit. J'aimais sa fougue à gueuler, à dénoncer, à monter aux barricades. J'aimais (et ô combien j'admirais!!!) sa merveilleuse, sa fabuleuse capacité d'indignation.
Il y a quelques années, j'ai croisé Gil Courtemanche au Festival Frye. J'aurais voulu le remercier pour ses chroniques si instructives et si percutantes. Mais son regard m'a stoppé. Que peut-on dire à quelqu'un qui a un regard si profondément, si intensément malheureux?
Est-ce le prix qu'il faut payer pour être lucide, engagé et animé du désir de faire reculer l'Injustice? Est-ce que cette si belle qualité de Gil Courtemanche, celle de se révolter du malheur des autres, lui a coûté son propre bonheur?
Avec le décès de Gil Courtemanche, le Québec perd un grand chroniqueur. Pour bien mesurer la profondeur, la complexité, les contradictions et le talent de l'homme, courez lire son superbe texte sur le bonheur que Le Devoir a republié dans son édition de samedi.
Au revoir, Gil Courtemanche. Vous ne serez pas oublié.
***
Andrée Poulin, auteure - Gatineau, le 21 août 2011
Il y a quelques années, j'ai croisé Gil Courtemanche au Festival Frye. J'aurais voulu le remercier pour ses chroniques si instructives et si percutantes. Mais son regard m'a stoppé. Que peut-on dire à quelqu'un qui a un regard si profondément, si intensément malheureux?
Est-ce le prix qu'il faut payer pour être lucide, engagé et animé du désir de faire reculer l'Injustice? Est-ce que cette si belle qualité de Gil Courtemanche, celle de se révolter du malheur des autres, lui a coûté son propre bonheur?
Avec le décès de Gil Courtemanche, le Québec perd un grand chroniqueur. Pour bien mesurer la profondeur, la complexité, les contradictions et le talent de l'homme, courez lire son superbe texte sur le bonheur que Le Devoir a republié dans son édition de samedi.
Au revoir, Gil Courtemanche. Vous ne serez pas oublié.
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Andrée Poulin, auteure - Gatineau, le 21 août 2011








