Essais - Révoltes arabes: un regard littéraire
Pour Tahar Ben Jelloun, les intellectuels arabes ont pris «des risques qu'aucun intellectuel occidental n'a jamais pris»
Les révoltes qui ont ébranlé les pays arabes en janvier dernier, et qui se poursuivent depuis, étaient inattendues. Les dictatures, dans cette région du monde, semblaient installées à perpète, dirigées par des despotes qui ménageaient leurs complaisants alliés occidentaux. De loin, c'est-à-dire d'ici par exemple, on pouvait même avoir l'impression que les populations arabes s'accommodaient de cette situation et que leur culture ne leur permettait pas d'imaginer vivre autrement. Nous savons, maintenant, que nous nous trompions, mais nous peinons encore à comprendre les tenants et aboutissants de ce brusque changement.
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