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    Le testament spirituel d'Hubert Reeves

    5 mars 2011 |Louis Cornellier | Livres
    L’astrophysicien Hubert Reeves<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’astrophysicien Hubert Reeves
    L'Univers expliqué à mes petits-enfants
    Hubert Reeves
    Le Seuil
    Paris, 2011, 144 pages
    Les talents de vulgarisateur de l'astrophysicien Hubert Reeves font l'unanimité. Grâce à eux, nous parvenons un peu mieux, aujourd'hui, à imaginer ce qu'a pu être le Big Bang et nous pouvons concevoir que nous sommes des poussières d'étoiles. Il reste que, dans les domaines de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, une compréhension claire n'est pas à la portée de tous.

    Grand pédagogue, Reeves le sait bien. C'est la raison pour laquelle, dans L'Univers expliqué à mes petits-enfants, il reprend patiemment ses explications, en répondant aux questions d'une de ses petites-filles de 14 ans. «Notre Univers, reconnaît-il, reste encore profondément mystérieux...» Aussi, pour ne pas laisser ceux qui viendront après lui seuls devant cette énigme du Tout, Reeves livre ici une sorte de «testament spirituel» du scientifique.

    Il explique ainsi comment on mesure la distance entre la Lune, le Soleil et nous, de quoi sont faites les étoiles et pourquoi nous en sommes des poussières, comment se déploie le mouvement des galaxies (avec l'exemple du pudding aux raisins), quel est l'âge de l'Univers et exemplifie avec brio le concept de «propriété émergente» (avec les cas de l'eau et de la langue). «En nous parlant de l'Univers, explique-t-il à sa petite-fille qui lui demande à quoi sert tout cela, la science nous parle de nous-mêmes. [...] Elle nous raconte notre propre histoire.»

    Parce qu'il sait, aussi, que ses contemporains ont souvent tendance à confondre théories scientifiques et vérité, Reeves réserve à sa petite-fille une introduction à la méthode scientifique. Cette dernière, explique-t-il, consiste à «chercher dans la nature des réponses aux questions sur la nature». Quand la science trouve des réponses, elle ne dit pas «c'est ainsi», mais bien «c'est vraisemblablement ainsi» ou «il y a probablement du vrai là-dedans». C'est donc fort de cette leçon de prudence que Reeves avance que «le scénario du Big Bang reste, pour l'instant, dans ses grandes lignes, la meilleure narration du passé du cosmos».

    Comme nous tous, la petite-fille du scientifique voudrait bien savoir pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Le grand-père, qui a passé l'âge de jouer au plus fin, lègue à sa descendance le sens de la modestie devant le mystère. «Je suis souvent tenté de penser, médite-t-il, que ces questions du projet de l'Univers sont hors de portée de notre compréhension. Elles échappent à l'activité de notre cerveau.» Pourtant, on le sait bien, ce dernier y revient sans cesse. Reeves a donc raison d'insister: parler de science n'exclut pas la poésie.

    ***

    Collaborateur du Devoir












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