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Politique - La fin de l'oligarchie?

Louis-Gilles Francoeur   12 février 2011  Livres
Hervé Kempf est journaliste au quotidien Le Monde<br />
Photo : Source Radio-Canada
Hervé Kempf est journaliste au quotidien Le Monde

À retenir

    L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie
    • Hervé Kempf
    • Éditions du Seuil
    • Paris, 2011, 183 pages
Quand on ferme le dernier livre d'Hervé Kempf, journaliste à l'environnement au quotidien Le Monde, L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie, on a l'impression d'avoir parcouru en filigranes le dossier des gaz de schiste!

L'oligarchie, voilà un concept que les politologues boudent depuis trop longtemps, explique Kempf dans ce livre-choc disponible depuis cette semaine. Les politologues, dit-il, se limitent plutôt aujourd'hui à l'opposition entre dictatures et démocratie, ce qui sert merveilleusement une oligarchie drapée dans une démocratie vidée de son sens à bien des égards.

«Ce vide conceptuel, écrit Kempf, est un piège redoutable. Car qui oserait prétendre que nous sommes en dictature? Mais si l'on ne sait pas penser la politique autrement que comme une alternative entre dictature et démocratie, si par ailleurs on reconnaît que l'on n'est pas en dictature, la conclusion logique est d'admettre... que nous sommes en démocratie. Et pourtant, elle ne va pas bien, cette démocratie. Il y a évidemment quelque chose qui cloche et que l'on ne sait pas définir. C'est ce piège que jouent les oligarques» pour asseoir leur «pouvoir invisible» sur la société et trafiquer littéralement la démocratie en la résumant à un simulacre formel, à un spectacle électoral soigneusement régi par des professionnels dont ils tirent les ficelles.

Dans cette perversion de la démocratie, que tous perçoivent intuitivement sans la nommer, avance Kempf, «la politique réelle est définie en privé dans la négociation entre les gouvernements élus et les élites qui représentent de manière écrasante les intérêts des milieux d'affaires».

Le milliardaire Warren Buffet, au troisième rang des hommes les plus riches de la planète, déclarait en 2006 à un journaliste: «Il y a une lutte des classes, tout à fait. Mais c'est ma classe, la classe des riches, qui mène la guerre et nous la gagnons.»

Ses semblables, poursuit Kempf, se sont donné des institutions comme la Trilatérale et le groupe Bilderberg, dont les médias, censés être les chiens de garde de la démocratie, valorisent plutôt les assises annuelles, comme le sommet annuel de Davos.

À l'époque des Grecs, rappelle cet auteur qui en est à son huitième livre, l'oligarchie était encore un véritable choix politique avec la royauté et la démocratie. L'oligarchie se voulait alors un regroupement de sages au service de la communauté. Mais aujourd'hui, dit-il, c'est le pouvoir de l'argent qui sert de passeport pour entrer dans le cercle des grands milliardaires, les nouveaux oligarques.

Selon Kempf, les membres de cette nouvelle caste dirigeante ont troqué leur culture nationale au profit de celle de la mondialisation, un système de valeur auquel les États démocratiques achèvent de se soumettre, abdiquant la recherche de l'intérêt général au profit de la règle du profit. Sa prépondérance est désormais codifiée dans des ententes économiques comme l'ALENA ou celle que négocient présentement l'Europe et le Canada, qui permettrait de privatiser jusqu'aux services publics.

À la Maison-Blanche comme à l'Élysée, poursuit Hervé Kempf, le jeu des portes tournantes permet aux politiques, fonctionnaires ou élus, qui servent la grande oligarchie, d'y obtenir la part que leur fonction met à leur portée. Les chefs de cabinet, d'anciens ministres et même d'anciens premiers ministres deviennent les lobbyistes, les représentants ou les gestionnaires des grandes entreprises qu'ils ont un jour encadrées ou fait semblant d'encadrer.

Hervé Kempf pose en fin de compte une question embarrassante: pourquoi les peuples tolèrent-ils ces pouvoirs occultes qui ont transformé la démocratie en simulacre?

Sa réponse est cruelle: «Si les gens ne se rebellent pas, écrit-il, c'est aussi parce qu'ils ne le veulent pas.» Le système survit, résiste, dit-il, «parce qu'il a réussi à créer l'adhésion des gens à ce qui est», notamment grâce au modèle de richesse que la plupart poursuivent, basé sur la consommation, un portrait qu'il a tracé dans Ces riches qui détruisent la planète (Seuil 2007).

Le véritable frein à ce mouvement, prédit Kempf, pourrait bien venir de l'épuisement des ressources planétaires et de l'augmentation des prix dans tous les domaines, un phénomène causé par cette surconsommation à la base de la puissance économique des nouveaux oligarques. L'élastique des écosystèmes aura alors atteint sa limite.

Hervé Kempf ne propose aucune solution quant à la manière de remettre nos sociétés sur les rails, optant pour laisser le public débattre désormais des conditions du retour à la démocratie.
 
 
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  • Philippe Giroul - Abonné
    12 février 2011 08 h 46
    Hervé Kempf en tournée québécoise du 1er au 11 mai
    Pour apprendre à se rebeller... , venez écouter Hervé Kempf qui sera en tournée québécoise du 1er au 11 mai.
    3 professeurs retraités organisent sa tournée .
    Déjà 3 conférences sont déjà prévues :
    2 mai - Région de Québec
    4 mai - Trois-Rivières
    5 mai - Montréal

    Il y a encore de la place pour l'accueillir dans toutes les régions du Québec

    Pour réservation visiter le site : http://jyp.byethost22.com/kempf/index.php
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    12 février 2011 20 h 15
    Viser le capitalisme et l'injustice où il faut!
    Il est joyeux que Kempf tente de nous sortir, ne serait-ce qu'en la nommant, de cette position bien popperienne, sinon hollywoodienne, qui se réduit à opposer très binairement tyrannie et démocratie...

    Ceci dit dans le contexte des gaz de schiste, la lecture de «L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie» ne peut faire que grands biens! Je me promets cette lecture dans les prochains jours. Il faut absolument que Kempf soit des nôtres dans cette bataille contre les gaz de schiste pour dégourdir le vocabulaire anti-capitaliste et alternatif: en plus de la tournée, une contribution spéciale, voire extraordinaire, au Devoir peut-être?

    M. Francoeur, c'est encore un plaisir de vous lire! Merci de nous tenir au courant!

    P.S.: Petite correction à l'article toutefois. «Comment les riches détruisent la planète» est le titre exact du livre de Kempf paru chez Seuil en 2007.
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  • Paul Racicot - Inscrit
    13 février 2011 14 h 08
    Ces propos de Hervé Kempf ...
    ...rappelent ceux tenus par Jean Ziegler dans «Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent», publié en... 2002. Kempf est sans doute plus «direct» et confrontant.

    Le Politique devrait réguler et orienter le Capital et non pas s'y soumettre. Mais il semble pourtant que nous préférions occuper nos fins de semaine à consommer et à nous divertir plutôt qu'à secouer «nos» bergers... Bêêêêê !

    ;-)
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  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    13 février 2011 15 h 35
    Question de nuance!
    Il y a tout de même une nuance à faire entre le capitalisme de bon aloi, qui serait en effet sanctionné, très encadré et fortement réglementé par un véritable régime démocratique assurant la prédominance de l'intérêt public, et l'anarcho-capitalisme actuel des libertariens, ces ultra-droitistes mondialistes si occultés au Canada, qui ont contaminé le type de mondialisation sauvage que nous subissons tous impuissants.
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  • France Marcotte - Abonnée
    14 février 2011 07 h 39
    Les rois du cocon
    Nommer ou non les choses. On voit l'importance que cela peut avoir et les politicologues se rendent coupables de se taire (ou d'être aveugles). La chose une fois nommée, c'est le début du changement, comme quand un accro à quelque chose a enfin reconnu son problème.
    Mais, "pourquoi les peuples tolèrent-ils ces pouvoirs occultes qui ont transformé la démocratie en simulacre"?, demande l'auteur.
    Le système survit, résiste, «parce qu'il a réussi à créer l'adhésion des gens à ce qui est», notamment grâce au modèle de richesse que la plupart poursuivent, basé sur la consommation, répond-il.
    Et c'est la crise des ressources de la planète, et seulement elle, qui pourrait éventuellement sonner la fin de la récréation.
    Le modèle de richesse que la plupart poursuive...comme des petits Warrren Buffet miniatures qui ne seront jamais les maîtres que de leur cocon.
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  • France Marcotte - Abonnée
    14 février 2011 10 h 33
    La culpabilité paralyse
    J'y pense...Les populations sont apparemment complices des oligarches mais complices de quelque chose qui n'était judicieusement pas nommé.
    Maintenant que "ça" a un nom, le socle sur lequel reposait cette "chose" n'est-il pas fortement ébranlé?
    Pas très utile d'accabler les gens d'avance en les pointant du doigt "cruellement".
    On pourrait d'abord constater ce qui survient aussitôt qu'une chose aussi grave porte son nom...si on s'entend pour dorénavant la nommer.
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  • celljack - Inscrit
    14 février 2011 11 h 01
    Solution proposée
    Il y a une solution à ce problème: la transparence du gouvernement.

    Soyons réalistes, les décisions politiques au Québec, comme dans d'autres pays, ne sont pas qu'issues de l'assemblée sous l'attention du public, mais aussi du restaurant, du lobby, du golf, du bureau. C'est là qu'agit l'oligarchie. Mais qu'est-ce que serait ce pouvoir sans confidentialité ni secret?

    La solution pour l'avancement de la démocratie, pour assurer la transparence des dossiers et de l'information, est qu'un politicien se présente aux élections en proposant volontairement de rester sous les caméras et les micros en tout temps lors de ses fonctions officielles.

    Il faut que la plus haute fonction diffuse en temps réel un flux audio-vidéo de tout ce qui se passe dans le bureau, en présence de lobbyistes, lors des dîners d'affaires, au golf, dans les corridors… en somme, en toute circonstance pouvant laisser présager une décision politique. Il faut que ce flux d'information soit diffusé sans filtre et gratuitement.

    De la folie?
    Pensez-y deux fois.
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  • MICHEL AGNAIEFF - Inscrit
    14 février 2011 11 h 28
    Thèse similaire
    Une thèse similaire a été développée par David Rothkopf dans son ouvrage intitulé ''Superclass'' (Penguin 2008)
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  • Geoffroi - Abonné
    14 février 2011 12 h 47
    Gesca-Radio-Canada, Canada !/?*
    Pourquoi Gesca et Radio-Canada ne s'intéressent pas à cette question fondamentale ?

    "Je ne comprend pas"

    Sommes nous une démocratie en dégénérescence ?
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  • Olivier Boisvert - Inscrit
    14 février 2011 13 h 23
    La démocratie représentative n'est pas une démocratie
    On a toujours écarté la possibilité d'instaurer une démocratie plus directe, plus participative uniquement sur la base de l'argument classique concernant la taille de nos sociétés. Or, pourquoi ne pas utiliser la technologie actuelle pour autres choses que le développement ininterrompue de gadgets et concevoir des mécanismes de participation qui favoriseraient l'initiative citoyenne? Pourquoi abandonner avant même d'essayer?
    La contestation politique, nous l'avons oublié je crois, n'est pas seulement une manifestation ex-post d'un mécontentement vis-à-vis d'une loi détestable, mais l'affirmation de la possibilité et de la capacité d'en poser une autre. Ce que Kempf dit peu ou prou, c'est que l'oligarchie représentative est aussi basée sur le postulat selon lequel le peuple n'est pas apte à s'auto-gouverner mais qu'il est tout de même (contradiction flagrante) en mesure d'élire les meilleurs. Les meilleurs quoi? experts de l'universel? ce titre n'existe pas. L'ontologie platonicienne d'un individu-substance a égaré la philosophie depuis trop longtemps. La pensée héritée a occulté pendant 25 siècles la dimension sociale-historique et l'idée que les individus sont largement fabriqués par les institutions sociales et politiques. Ce qui explique la clôture actuelle et les aberrations sur la fin de l'histoire.
    Les plus cyniques d'entre nous continuent de prétendre que la population n'est pas intéressée à participer, trop occupée qu'elle est à suivre religieusement toutes les séries télé abrutissantes qui peuplent le petit écran? Ils ne comprennent pas que les citoyens d'aujourd'hui sont dressés pour évoluer docilement en tant que votant libre. Une autre éducation pourrait fabriquée des citoyens désireux de participer activement au projet démocratique!
    Ceux qui gouvernement sont ceux qui sont les plus doués pour accéder au pouvoir et non pas ceux qui sont les plus capables d'administrer et de piloter une nation. Il faut li
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  • Olivier Boisvert - Inscrit
    14 février 2011 13 h 40
    Castoriadis
    Il faut lire Castoriadis, que Kempf cite d'ailleurs, pour approfondir ces notions et aller beaucoup plus loin dans les conditions de possibilité d'une véritable démocratie.
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  • MJ - Inscrite
    14 février 2011 13 h 47
    Une chanson (1975) de Renaud toujours actuelle
    La Révolution de l’Hexagone selon le chanteur Renaud - Hymne à la liberté, à l’égalité et à la fraternité perdues:
    http://www.youtube.com/watch?v=2RQHsn2ilfA
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  • Marc L - Abonné
    15 février 2011 05 h 48
    Et où situer les "lucides" selon vous ?
    Il y a quelque chose de choquant à entendre ceux qui se prétendent "lucides", comme Lucien Bouchard, le sauveur de l'industrie gazière. Ces gens arrivent à imposer leur religion de la sacro-sainte économie et plusieurs se convertissent. Pourtant, nous devrions nous demander si ces gens une réelle vision à long terme, ou s'ils ne sont pas simplement les serviteurs de l'oligarchie. Nous aussi comme consommateur et contribuable, nous devrions nous poser la question et nous demander si nous nous transformons en robots au service de l'oligarchie ?

    Lorsque bêtement nous achetons des véhicules utilitaires sport pour faire l'épicerie ou pour aller travailler dans un bureau, lorsque nous planifions nos vacances annuelles dans le sud et que nous réclamons des baisses de dépenses des gouvernements, histoires de faire baisser nos impôts, sans penser que peut-être nos impôts sont simplement mal dépensés, nous faisons le jeu de l'oligarchie. Cette oligarchie profite de notre complaisance à tous !
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  • François Ricard - Abonné
    15 février 2011 08 h 52
    Le scrutin secret, base de toute démocratie
    Le scrutin secret est à la base même de la démocratie.
    Pourtant ce principe fondamental n'est pas respecté en l'enceinte la plus importante de notre système de gouvernement: l'Assemblée nationale.
    Nos élus votent par cul levé au vu et su de tous, surtout de leur chef de parti qui leur impose le respect intégral de la ligne de ce parti.
    C'est ainsi que l'on fait de notre premier ministre un véritable dictateur pour la durée de son mandat. Il a un pouvoir de vie ou de mort sur chacun de ses députés et ministres.
    Démocratisons notre Assemblée nationale. Permettons à nos élus de voter librement selon leur conscience et selon les attentes de leurs commettants et non selon une ligne de parti qui rappelle le fonctionnement de la mafia.
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  • francosi - Abonné
    15 février 2011 09 h 15
    "ceux qui savent ne disent rien..."
    Ceux qui ne savent rien disent n'importe quoi...
    il y a une difficulté de passer des paroles aux actes parce que fondamentalement on en sait très peu; on devine, on présume la bêtise voire le vol organisé mais on ne peux condamner sans fait avérés et on se rendort tranquillement en se berçant d'espoir. Il faut savoir choisir ses batailles. Et on trouve dans le quotidien amplement de batailles bien anodines mais aussi bien réelles. On se contente de fixer l'arbre qui nous cache la forêt..
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  • Nathalie Chaput - Abonné
    16 février 2011 08 h 20
    Dernière conférence de Hervé Kempf à Montréal
    Vous pouvez accéder à la dernière conférence de M. Kempf sur le site de http://webtv.coop en tapant son nom dans le moteur de recherche ou en entrant :

    http://webtv.coop/mediadetails.php?key=e3d2d9f17eb
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  • Daniel Derome - Inscrit
    16 février 2011 09 h 51
    Combien de fois va-t-on redécouvrir la roue?
    C’est l’essence du paradigme politique depuis Platon.
    Pour que l’élite puisse gouverner, il faut que le peuple accepte de se laisser gouverner.
    Et le meilleur moyen est l’idéologie.

    Les idéologies sont des systèmes de mensonges et de faux témoignages qui à force d’être martelés réussissent à convaincre que ce qui est néfaste pour nous est bon.
    C’est de la prestidigitation à grande échelle.
    On y croit sans y avoir vraiment réfléchi, par mimétisme, comme on croyait jadis au géocentrisme. En fait, la grande majorité est convaincue qu’il n’y a pas de meilleur système. Et ceux qui croient le contraire sont simplement des inadaptés.

    Il faut reconnaître que l’oligarchie est extrêmement puissante, comparée à nous. Elle est organisée, elle a des ressources infinies, elle a l’expérience, une tradition, la connaissance tacite de la domination. Bien sûr, nous avons aussi une connaissance tacite de la domination, mais du mauvais bout du bâton.

    Il faudrait se rendre à l'évidence, la révolution démocratique souhaitée commande une révolution paradigmatique.

    Est-ce que l’internet peut favoriser celle-ci, comme il a favorisé les soulèvements égyptien et tunisien? Peut-être, mais sûrement pas de la même manière.
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  • Jean de Cuir - Abonné
    16 février 2011 10 h 23
    Débattre?
    Merci pour ce résumé; excellent. Deux choses: la nécessité d'un débat et la question de la finalité d'une vie en commun au plan de telle société et du monde, compte tenu que nous sommes tous "prisonniers" de cette planète aux ressources limitées. Qui peut bien amorcer les débats si la mainmise sur les richesses ( production, consommation, capitalisation et abondance) est aux mains de quelques uns et que les élus deviennent inévitablement ( disent-ils) complices. Une question naïve : sait-on même ce que c'est que d'être "humain"? Là-dessus, pas d'entente : entre les cultures, les sociétés et les États. Ce qui signifie qu'il n' y a pas encore de morale commune incrustée dans les comportements. Le procès est long, il a commencé avec "notre " émergence de la lignée des hominidés. Que faire, sinon répandre tranquillement certaines idées quitte à ce qu'elles soient discutées et que petit à petit le chemin d'une humanité se dessine. Cependant, qu'en sera-t-il des ressources?
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  • François Ricard - Abonné
    16 février 2011 11 h 18
    Passons à l'action
    Il est possible de bonifier notre système démocratique. L'internet peut être un excellent outil pour propager de nouvelles idées propres à améliorer notre système.
    Le scrutin secret à l'Assemblée nationale
    Ceci permettrait de libérer nos élus d'avoir constamment à suivre la ligne de parti. Ils pourraient alors vraiment nous représenter plutôt qu'être des tampons dans la main d'un dictateur, le premier ministre ou chef de parti.

    Le financement des partis
    Pour qu'un parti appartienne véritablement aux membres, les contributions devraient être plafonnées à 100$.

    Une proportionnelle
    Pour assurer une représentation plus juste des différents courants der la société.

    Le système démocratique que nous avons, d'inspiration britannique, n'a pas subi de changement ou d'amélioration depuis des siècles.
    Passons donc à l'action.
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  • Olivier Boisvert - Inscrit
    16 février 2011 13 h 58
    Renversement
    Je suis d'accord avec vous M. Derome. Mais il faudrait d'abord spécifier vers quel paradigme nous envisageons de nous orienter. Pour ma part, l'idée que je défends est qu'il faut encastrer de nouveau l'économie dans le politique mais pour cela, il faut impérativement en finir avec l'idée que le peuple ne peut pas réellement s'auto-gouverner de façon effective, réflexive et délibérée. Un univers de sens qui tourne autour d'un désir acquisitif sans fin et d'un enrichissement spirituel conduisant finalement à l'hétéronomie et au repli vers son monde intérieur est insoutenable.
    L'éducation ou la 'Paideia' grecque, qui ne s'articule pas seulement dans les écoles, mais dans les contacts avec les autres citoyens, et les prises de paroles et confrontation de points de vue dans des 'agoras' publics, manque cruellement. L'apathie des citoyens-nnes n'est pas déterminée biologiquement, elle est la conséquence du fait qu'on a tous l'impression d'assister à un spectacle préfabriqué (la politique) et que toutes les décisions importantes sont prises en huis clos et donc, finalement, les significations dominantes actuelles nous 'dressent' à tout donner dans notre vie professionnelles comme si c'était le seul champ de déploiement de nos capacités humaines: ce qui constitue une aberration!
    Il n'existe pas d'experts de la science politique. Les scandales de corruption qui prolifèrent, la pauvreté des projets de société qui sont proposés, le recours de plus en plus fréquent aux cours de justice, l'inflation des lois qui ne servent qu'à augmenter la sécurité au détriment de la liberté prouvent ce fait sans l'ombre d'un doute. Quand comprendrons-nous que la démocratie représentative produit une aristocratie non pas de meilleurs, mais de gens capables de remporter des élections. Qu'au lieu de monter aux barricades pour dénoncer un projet, nous pourrions formuler nous-mêmes des législations raisonnables et délibérées par les utilisateurs et
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  •  
  • Daniel Hémond - Inscrit
    17 février 2011 04 h 43
    Logique
    Dans la logique des choses et de notre survie...
    Il faudrait éliminer ceux qui détruisent notre habitat, notre environnement...
    Le pouvoir n'est autre chose que l'usurpation du libre choix.

    NON! C,est mon dernier mot

    Daniel à Florence
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  •  
  • Fabien Beaudet - Abonné
    17 février 2011 08 h 29
    @Godefroy - Pourquoi Gesca et Rad Can ne disent mot....
    L'économiste réputé de Gesca, Alain Dubuc, considère Kempf comme représentatif de beaucoup d'intellectuels français, des gens qui aiment parler et parler sans résultat. C'est en substance ce qu'il avait servi comme réponse à monsieur Kempf lors d'un débat (Second regard à la SRC en 2009 ou 2010) ou il avait lui-même (Dubuc) vidé ses arguments classiques n'allant visiblement nulle part. Ne sachant plus que dire il a sauté sur ce cliché. (Pas grandiose) Gesca est une publication oligarchique. Comme la majorité de nos publications, sauf celle-ci. Préservons là!
    Quant à la SRC, elle traite toujours ce type du sujet de manière indirecte. Ce média, bien que public, est néanmoins lié à l'appareil d'État, lui-même sous la proie des lobbys d'oligarques. Il n'y a pas de censure directe. Comme le dit Noam Chomski, tout se passe subtilement sans trop de heurts. C'est cette adhésion silencieuse dont parle Kempf.
    La jeunesse égyptienne devra se montrer vigilante. Quant à nous, notre choix de ne rien faire est le vote le plus significatif que nous offrons à cette "gouvernance" du secret. Cette oligarchie qui a totalement détourné nos institutions de représentation. Merci monsieur Francoeur!
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  •  
  • Odebel - Inscrite
    19 février 2011 08 h 05
    économie ET politique ou l'inverse?
    Toutes ces considérations sur l'oligarchie au sein d'une démocratie pas suffisamment transparente sont très intéressantes.

    Il ne faudrait pas oublier, me semble-t-il, qu'en cette ère de transformation et de recherche de nouvelles mentalités, de nouveaux comportements à privilégier, à souhaiter, celle du politique (ou de la politique) devrait devancer celle économique.

    Autrement dit, c'est en transformant le monde politique que l'économique se verra contraint de se transformer à son tour et non l'inverse qui crée, comme on le voit, un système oligarchique au sein d'une démocratie qui, du coup, ne l'est plus.
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  •  
  • Paul Lafrance - Inscrit
    20 février 2011 16 h 11
    L'oligarchie et le capitalisme
    Ça n'a quand même pas si mal fonctionné si on compare notre train de vie avec celui de nos ancêtres d'il y a à peine un siècle.
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