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    Un quatuor prisonnier de son passé

    11 décembre 2010 |Fabien Deglise | Livres
    Planche d’André St-Georges pour l’album Pour en finir avec novembre<br />
    Photo: Source Mécanique générale Planche d’André St-Georges pour l’album Pour en finir avec novembre
    Pour en finir avec novembre

    • Sylvain Lemay et André St-Georges
    • Mécanique générale
    • Montréal, 2010, 168 pages
    C'est l'idéalisme en mouvement dans l'espace et dans le temps. C'est aussi l'histoire du Québec d'octobre 1970 avec ses tensions sociales, sa jeunesse gauchement en ébullition, ses militaires en treillis et surtout ce groupe de quatre gars qui, dans une résidence de Hull, ont un projet un peu fou: former une cellule du Front de libération du Québec (FLQ) pour prendre part, eux aussi, aux opérations.

    Et puis, les esprits vont se calmer. Les destins de Luc, Marc, Jean et Mathieu — apôtres de cet intelligent récit en cases imaginé par Sylvain Lemay et André St-Georges — vont onduler, s'éloigner et trouver de nouveaux points de convergence, au fil des décennies à suivre. Avec toujours en trame de fond, un grand mystère, en forme d'angoisse, que les bédéistes promènent le long des 160 pages de Pour en finir avec novembre (Mécanique générale).

    L'oeuvre est intense, mais aussi terriblement efficace. Elle propose également un voyage dans le temps par des sauts entre les époques où l'on suit les tribulations d'un quatuor naïf et emporté par la complexité d'un mouvement social et d'une quête d'affirmation nationale dont ils ne sortiront pas tous indemnes. À commencer par Luc, accablé par les remarques désobligeantes d'une belle-mère aussi détestable qu'anglo et bourgeoise.

    Avec un scénario précis qui évite la linéarité pour distiller sa pertinence, un découpage rigoureux au service d'un coup de crayon assumé et maîtrisé, Lemay et St-Georges signent ici une première collaboration remarquée et une intrigue historico-politique débordante d'humanité. Et, au terme de l'aventure, on ne peut que souhaiter qu'en voulant en finir avec ce mois sombre, les créateurs cherchent finalement à partir autre chose ailleurs.












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