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Littérature canadienne - Le Paris de Gail Scott

Christian Desmeules   27 novembre 2010  Livres
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À retenir

    • My Paris
    • Gail Scott
    • Traduit de l'anglais (Canada) par Julie Mazzieri
    • Héliotrope
    • Montréal, 2010, 244 pages
Depuis un «studio remporté dans loterie littéraire», la narratrice de My Paris, le roman éclaté de Gail Scott, écrivaine et traductrice anglo-montréalaise, rêve la nuit de posséder une ville qui semble lui échapper chaque jour. Le livre, paru en anglais en 1999, se présente comme une sorte de faux carnet au style syncopé, semi-télégraphique, compte rendu impressionniste d'un séjour de plusieurs mois dans la capitale française.

Miroir brisé, objet littéraire difficile à saisir, My Paris finit par exercer une certaine fascination. Assise dans un «café de rêve», promenée dans un bar, étonnée de se trouver parmi des «gens qui s'expriment comme s'ils croyaient au son de leur voix», la narratrice flâneuse entraîne son regard à débusquer dans ce décor les miettes d'époques révolues. On y poursuit le fantôme de Gertrude Stein, celui de Proust ou de Walter Benjamin — Le Livre des passages étant d'ailleurs le livre de chevet de la narratrice et une inspiration certaine pour Gail Scott.

Les déambulations et les passages à vide alternent avec sa paranoïa légère d'étrangère désoeuvrée et sans visa («Des f»), qui se croit trahie par un accent imparfait et son goût pour les nuques pâles des jolies jeunes femmes. Sur fond de siège de Sarajevo, derrière le vernis quasi magique d'une ville qui semble conférer à toutes choses un supplément d'âme (croit-elle!), ses sens de spectatrice demeurent en éveil: «Dévorant badauds du regard. Chaîne de cheville en or qui passe devant tronc d'arbre au coeur de poisson. Longue jupe fleurie de gitane. Anneau rouge sur joli bras galbé. Tendu pour mendier.»

Il existe aussi, bien entendu, derrière les apparences, d'autres Paris que celui-là.

***

Collaborateur du Devoir

***

My Paris
Gail Scott
Traduit de l'anglais (Canada) par Julie Mazzieri
Héliotrope
Montréal, 2010, 244 pages
 
 
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