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Bibliothèques - La loi sur le livre doit être assouplie

Daniel Marquis - Bibliothécaire professionnel  18 novembre 2010  Livres
Imaginons que du jour au lendemain, les bibliothèques du Québec, aussi bien municipales que collégiales ou scolaires, profitent d'une hausse de 20 % de leurs budgets. Imaginons également qu'elles puissent profiter d'une remise sur leurs achats en librairie et pour certaines séries, qu'elles puissent acheter directement du distributeur et économiser 40 %.

Du jour au lendemain, on augmenterait massivement le nombre de livres et de documents achetés par les bibliothèques et les lecteurs profiteraient d'un plus large choix en bibliothèque. Les économies réalisées permettraient à certaines bibliothèques d'être plus présentes dans le domaine du livre numérique, de la bande dessinée, du livre scientifique, du disque compact musical ou du DVD. On pourrait ainsi rétrécir l'écart que nous avons avec les autres bibliothèques canadiennes qui profitent d'un libre marché.

Abolir des dispositions

Malheureusement, il n'en est rien. Une loi adoptée il y a 31 ans par l'Assemblée nationale du Québec empêche les bibliothèques de profiter de leur pouvoir d'achat et d'exiger des remises des librairies ou d'acheter, dans certains cas, directement chez les distributeurs. Les arguments justifiant l'adoption de la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre en 1979 étaient valables à l'époque.

Elle a assuré, au cours des trente dernières années, la création d'un réseau complet de librairies générales et spécialisées dans toutes les régions du Québec. Elle a contribué à l'établissement d'un cadre rigoureux qui facilite le développement d'un secteur important des industries culturelles: le livre, un acteur important de notre identité culturelle.

Trente ans plus tard, l'industrie du livre a les reins solides et il est temps d'assouplir cette loi. Il va de soi que les bibliothèques doivent acheter de libraires ou de distributeurs agréés de leur région administrative et il n'est pas question ici d'acheter chez Walmart ou Costco. Ce sont plutôt certaines dispositions du Règlement sur l'acquisition de livres par certaines personnes dans les librairies agréées qui doivent être abolies, notamment les articles interdisant les remises ou l'achat directement chez les distributeurs pour certaines séries.

Contribution des lecteurs

N'oublions pas que les lecteurs des bibliothèques municipales, les élèves ou leurs parents, sont également des contribuables qui assurent le financement des bibliothèques par quatre différentes taxation: des impôts sur leur salaire, une taxe scolaire, une taxe municipale et une taxe fédérale de vente. En plus des bibliothèques, leurs impôts prélevés à la source et les taxes payées maintiennent des programmes de subvention aux auteurs, aux éditeurs, aux salons du livre et même à l'agrégateur, qui permet la commercialisation des livres numériques québécois à travers l'ensemble des librairies en ligne.

Les lecteurs contribuent déjà largement à l'industrie du livre par leurs impôts et leurs taxes et les budgets des bibliothèques, notamment ceux des cégeps sont insuffisants. Il est juste et raisonnable de permettre aux bibliothèques de profiter de leur pouvoir d'achat pour négocier de meilleurs prix à la librairie de leur choix ou directement chez le distributeur. D'autres dispositions de la loi et des règlements sont obsolètes, notamment en regard du livre numérique, qui devrait pouvoir être acheté directement chez l'éditeur ou d'un intermédiaire autorisé en lots et non d'un libraire local.

J'en appelle donc à la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, pour qu'elle amorce une révision majeure du Règlement, surtout dans le contexte où l'État doit couper 5 milliards de dollars dans ses programmes pour atteindre l'équilibre budgétaire. En permettant aux bibliothèques de négocier une remise raisonnable sur leurs achats de livres dans les librairies et les grossistes agréés, la ministre permettra au réseau d'investir massivement dans d'autres secteurs essentiels que sont les ressources numériques (périodiques, encyclopédies, livres) et d'acheter encore plus de livres d'auteurs québécois sans ajouter de budgets supplémentaires.

 
 
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  • clanglois - Inscrit
    18 novembre 2010 09 h 02
    Oui il faut assouplir la loi
    Je viens de lire l'article de M. Marquis et c'est bien vrai qu'on manque de ressources ici à Mascouche. On m'a donné le mandat de m'occuper de la bibliothèque de l'école, je suis enseignante à temps partiel au primaire, et on pourrait acheter beacoup plus de livres si on pouvait avoir une réduction de 20% sur nos achats à la librairie. Si je prends notre dernier achat de 20 exemplaires de trois romans de la série Victorine à la Courte échelle, le libraire a simplement fait suivre les deux caisse de livres du distributeur et il empoche 40% ... c'est bien raisonnable qu'il nous donne 20% de rabais car faire passer deux caisse de son entrepot à notre école il y a pas beaucoup de travail. Avec l'argent économisé on pourrait renouveler notre encyclopédie Larousse des années 1970 et acheter plus de livres d'auteurs québécois. Alors oui, le gouvernement a pas d'argent à ajouter mais au moins qu'il assouplisse sa loi. L'argument que les parents de mes élèves payent des taxes scolaires, municipales et des impôt est bien vrai et en retour on peut bien avoir une remise ...
    Chantale Langlois Mascouche
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  • Philippe Lavigueur - Inscrit
    18 novembre 2010 10 h 39
    Assouplissons la loi pour mieux faire vivre la lecture
    Les livre est un vecteur important de transmission de la culture. Nous ne dirons jamais trop combien la lecture est importante. Elle maintient les acquis d'alphabétisation, stimule la créativité, le transfert des idées et des savoirs. C'est notamment par les bibliothèques que tous les citoyens du Québec, riches ou pauvres, possèdent une vitrine sur ce monde. Si nous voulons faire lire notre population, enrichissons l'offre et stimulons l'animation autour de la lecture. Prenons-en les moyens comme le font le reste du Canada et nos voisins américains : investissons dans nos bibliothèques et favorisons la lecture. Certaines clauses de la loi actuelle défavorisent cet enrichissement culturel en maintenant des prix artificiellement élevés pour les Bibliothèques. Il en résulte un appauvrissement de l'offre publique de lecture généralisée. Il n'y a qu'à regarder l'indigence de nos bibliothèques scolaires pour s'en convaincre!
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  • l poisson - Inscrit
    18 novembre 2010 10 h 47
    Faisons braire les libraires et fermons les bibliothèques
    Pour tout bon politicien il n'y a qu'un pas entre:
    -vanter l'économie du savoir
    et
    -faire l'économie du savoir.

    Par exemple, M. Charest s'est pavané au récent anniversaire de la Grande Bibliothèque qui fracasse tous les records (et, jadis, quelques vitres).
    Aujourd'hui, ce service essentiel à la culture et à la vie québécoise est fermé le lundi...quel bel exemple du navire-amiral pour sa flottille.

    N'est-ce pas un peu court de justifier ainsi le retard des bibliothèques du Québec: ''les autres bibliothèques canadiennes (qui) profitent d'un libre marché'' ?

    Quel est donc ce gouvernement qui, en 1979, a ainsi par Loi et règlement graissé ouvertement la patte des libraires ? Une explication précise aurait été appréciée. Surtout avec l'actuel retour de la mode des enveloppes duplessistes.

    Écrire que le lecteur est un contribuable qui paie des taxes est un peu tautologique ( toto-logique pour les partisans de l'ortho-graffe 100 fotes).
    Pour économiser de l'impôt, le contribuable n'aurait donc qu'à se déclarer non-lecteur... beau sujet pour l'Institut économique (et démagogique) de Montréal.

    Comme les écoles, les hôpitaux et les trottoirs, les biblio ne rapportent rien et font toujours l'objet de critiques en plus de constamment coûter trop cher.
    Faisons entrer les Toyota du ministre Bolduc dans ces lieux de pertes de temps. Pour le retour du ''Palais du Livre'' à la Grande Bibliothèque. Perdons notre équilibre mental, mais sauvegardons l'équilibre budgétaire.

    Abaisser le coût d'acquisition des livres pour les biblio, rien de plus facile; on fait la tournée des marchés aux puces. Pas cher et pas de taxes.

    Mais comment rentabiliser un bibliothécaire professionnel ?
    Remplaçons ''professionnel'' par ''péripatéticien''.
    C'est la même chose me dit le vieux dictionnaire des synonymes de la biblio avec presque toutes ses pages.
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  • aldesh - Inscrit
    18 novembre 2010 11 h 11
    Trente ans plus tard, l'industrie du livre a les reins solides ????
    M. Marquis demande tout simplement la mort des librairies privés et des libraires. La profession de libraire ainsi que les librairies sont des espèces en voie de disparition. Il s’est fermé depuis deux ans 12 librairies dans la région de Montréal et aucune librairie nouvelle est apparu. Les revenus nets d’une librairie de neuf est de 2% par année (en France il est de 1%). Ce qui vous montre la fragilité et non pas la santé comme vous le prétendez d’un des acteurs importants du livre. Chez Renaud-Bray vous allez pouvoir acheter tout ceci : ACCESSOIRES DE CUISINE ,PRODUITS ALIMENTAIRES ,AGENDAS ET CALENDRIERS ,PAPETERIE ,CADEAUX ,ACCESSOIRES D'EXERCICES . C’est certain que Renaud-Bray veut se diversifier pour mieux rentabiliser ses points de vente parce que le livre n’est pas payant. J’ai quelque conseil à vous donner. Premièrement regroupez-vous en une association et allez acheter directement vos livres dans les pays concernés. Pourquoi passez par un libraire et le monopole de la distribution du livre au Québec qui fixe le prix de ces livres comme bon vent amène? Pourquoi ne pas attendre qu’Amazon ouvre son centre de distributions à Toronto ? Pourquoi vous négligez Costco et Wal-Mart, avec leur pouvoir d’achat ils obtiennent des meilleurs prix que les libraires ( 40%) et ce concentrent sur les meilleurs livres vendeurs? La première année de la Grande Bibliothèque à coûté environ 550$ millions au détriment de la bibliothécaire de mascouche et des autres. Elle attire 5,000 clients par jour. Si nous avions pris cet argent et rénovez et budgété les bibliothèques de la province nous n’aurions pas ce cri d’appel, mais 50,000 clients de plus servis par jour. Et c’est là que je trouve que les impôts et taxes des citoyens on été le plus mal servies. Le problème ce n’est pas le manque d’argent mais sa gestion et enlever au libraire le peu qui gagne n’est pas la solution comme le prétend M. Marquis.
    Alain Desh
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