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Romans québécois - Valeurs sûres et découvertes

Danielle Laurin   28 août 2010  Livres
Jean-Claude Germain poursuit son exploration de la bohème montréalaise dans La femme nue mettait la nuit en valeur (Hurtubise).<br />
Photo : Évasion
Jean-Claude Germain poursuit son exploration de la bohème montréalaise dans La femme nue mettait la nuit en valeur (Hurtubise).
Excitante, cette rentrée. Des auteurs majeurs: Yann Martel, Michael Delisle, Ying Chen, Louis Hamelin, Jean-François Beauchemin, Suzanne Jacob, David Homel... et, bien sûr, Michel Tremblay, fidèle au poste.

Plusieurs nouvelles plumes, aussi. Plusieurs surprises, notamment du côté de la cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette, qui se lance dans l'aventure romanesque.

En librairie... ou presque

Le très cruel et très réussi Tiroir no 24 (Boréal), de Michael Delisle, est déjà en librairie. De même que le quatrième roman de Luc Mercure, au titre qui intrigue: La Faute de Roy Dupuis (Leméac). Aussi disponible: Mère-grand (Leméac), deuxième livre de Tassia Trifiatis.

C'est cette semaine qu'arrive sur les rayons Béatrice et Virgile (XYZ), la très attendue version française du dernier-né de Yann Martel portant sur l'Holocauste. Suivra Espèces (Boréal), de Ying Chen, où une femme portée disparue revit dans la peau d'un chat.

D'ici la fin du mois, on trouvera aussi le sixième roman de Daniel dÄ, Paul et Claudel (Hurtubise), qui propose «un voyage dans la tête d'un misanthrope nouveau genre». Dans La Trajectoire (Septentrion), Stéphane Libertad, né en France et installé au Québec depuis 2006, s'interroge sous le mode de la fiction sur la différence culturelle entre son lieu d'origine et son lieu d'adoption.

Septembre

Septembre est à nos portes avec une cuvée qui promet. Vingt ans et des poussières après La Rage, notre collègue Louis Hamelin se penche sur la Crise d'octobre dans un roman fouillé qu'il a mis des années à peaufiner: La Constellation du lynx (Boréal).

Mais d'abord, l'auteure du Cercle parfait, Pascale Quiviger, propose un thriller poétique, Pages à brûler (Boréal). Et l'auteur de La Fabrication de l'aube, Jean-François Beauchemin, revisite son enfance dans Le temps qui m'est donné (Québec Amérique).

Bertrand Gervais scrute la crise masculine de la cinquantaine dans Comme dans un film des frères Coen (XYZ); Pierre Yergeau s'interroge sur les mécanismes de la création, avec l'américanité en trame de fond, dans Conséquences lyriques (Québec Amérique).

Un livre en particulier suscite notre curiosité: En route et pas de sentiment (Hurtubise), de Michel Gosselin. L'auteur s'inspire du journal qu'il a tenu lorsqu'il a partagé, sur une base presque quotidienne, les deux dernières années de la vie d'Anne Hébert.

On découvrira aussi le nouvel opus minimaliste d'Aki Shimazaki, Tonbo (Leméac). Puis, les nouveautés d'Hélène Vachon (Alto), de Jean-Pierre Issenhuth (Fides), d'André Girard (Québec Amérique), de Nicolas Bertrand (Septentrion), de Sofia Benyahia et Mathyas Lefebure (Leméac).

Après le prometteur Raphaëlle en miettes, Diane Labrecque signe Je mourrai pas zombie (Hurtubise). Anne Bonhomme revient avec Échecs et Maths, Nathaly Dufour avec Sous la toge 2, et Ghislaine Meunier-Tardif avec Coup de soleil (Stanké).

Parmi les autres romanciers qui en sont à leur deuxième livre, on remarque Claudine Douville, avec Une histoire de cowboy, et Michel Jean, avec Une vie à aimer (Libre Expression). Aux Herbes rouges, Michel Lefebvre fera paraître Le Double et son notaire.

Octobre

En octobre, Karine Glorieux poursuit l'aventure de Mademoiselle Tic Tac (Québec Amérique); Émilie Andrewes publie Les Cages humaines, situé à Hong Kong, et Mô Singh propose une novella irrévérencieuse, Mon cul, le Commandant et Munch (XYZ). Le comédien Jean-François Casabonne signe quant à lui un court roman qu'il qualifie de «romanceau», L'Homme errata (Fides).

Autres titres à surveiller: Le Traversier (Triptyque), où Maxime Lejeune s'immisce dans l'univers du troisième âge; Une vie inutile (Héliotrope), de Simon Paquet, «un roman sombre où l'on rit quand même beaucoup». Et puis: De chair et de bronze (VLB), de Rachel Laverdure, finaliste pour le Grand Prix de la relève Archambault 2009 avec Gloriole à vendre, prix révisé.

Il y aura aussi L'Oubli, après nous, de Jérôme Élie (Pleine Lune); Éros en thérapie, de Claude Le Bouthillier (XYZ); Blue tango, de Simone Piuze (Triptyque). Et, par Réal La Rochelle, un court roman inspiré du séjour montréalais, dans les années 1940, du musicien américain Leonard Bernstein, mort il y a 20 ans: Lenny Bernstein au parc Lafontaine (Triptyque).

L'auteure de Mon Afrique, Lucie Pagé, explore sous forme de fable les thèmes du racisme, de la justice sociale, de l'homophobie et du fossé entre les générations dans Encore un pont à traverser (Libre Expression). La Montréalaise d'origine algérienne Nassira Belloula traite de son côté du sort des enfants de la rue à Alger, dans La Revanche de May (Pleine Lune).

Novembre

Comme chaque année à l'approche du Salon du livre de Montréal, Michel Tremblay lancera un nouveau roman. Dans Le Passage obligé (Leméac), quatrième volet de la Diaspora des Desrosiers, la jeune Nana poursuit la lecture du cahier de Josaphat-le-Violon, où des révélations l'attendent.

Nouvelles


Suzanne Jacob, deux fois lauréate du prix du Gouverneur général et lauréate du prix Athanase-David pour l'ensemble de son oeuvre, publie Un dé en bois de chêne (Boréal). Un recueil de nouvelles dans lequel elle aborde les thèmes de la rupture, des relations amoureuses, des rapports mère-fille. On attend aussi les recueils de Pascal Millet (XYZ) et Vincent Thibault (Septentrion). De même que ceux de Marie-Claude Malenfant, David Dorais et Maria Rosa Rojo (L'Instant même). Une nouvelle venue se joint à eux, Hélène Ferland (Sémaphore).

Premiers romans


Signe de santé: il y a une bonne vingtaine de nouveaux auteurs de fiction qui émergent au Québec. La réalisatrice du film Le Ring, Anaïs Barbeau-Lavalette, s'amène avec un roman polyphonique qui donne la parole aux laissés-pour-compte du quartier Hochelaga: Je voudrais qu'on m'efface (Hurtubise). Le journaliste Nicolas Langelier lance un objet littéraire qu'on dit inclassable, Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles (Boréal). Et le dramaturge Gilbert Turp, auteur de l'essai La Culture en soi, signe un roman initiatique, Ne t'arrête pas (Leméac).

À surveiller: Éparpillé (Les Malins), du comédien et scénariste Benoît Roberge; J'ai percé un trou dans ma tête (Héliotrope), de la poète et artiste visuelle Cynthia Girad.

Autres découvertes: les livres de Gilles Vilmont (La courte échelle), Suzanne Leblanc (La peuplade), Sandra Gordon (Leméac), Pierre-Marc Drouin (Québec Amérique), Lucie Ledoux (Triptyque). Et ceux de William S. Messier, Valérie Carreau, Jimmy Lalande (Marchand de feuilles).

Deux nouveaux auteurs font leur apparition aux Éditions Le Quartanier: Perrine Leblanc, avec L'Homme blanc, qui nous transporte dans les prisons de Staline en Sibérie orientale, et Patrick Roy, auteur d'un mémoire de maîtrise sur Alain Bashung, qui signe, avec La Ballade de Nicolas Jones, un «western métaphysique où les duels avec soi conduisent à enjamber le garde-fou des ponts».

À noter: c'est Louise Lacasse, née à Alma en janvier 1956 et Montrélaise d'adoption, qui reçoit cette année le prix Robert-Cliche du premier roman, avec Éteignez, il n'y a plus personne (VLB). Le même éditeur publie La Chambre, de Simon Lambert.

Récits en tous genres


Claude Jasmin signe un récit consacré à son père, Papamadi (VLB), Jean-Claude Germain poursuit son exploration de la bohème montréalaise dans La femme nue mettait la nuit en valeur (Hurtubise) et Nicole Houde erre dans le quartier Rosemont avec Bancs publics (Pleine lune).

L'auteure du Ciel de Bay City, Catherine Mavrikakis, offre une sélection de ses textes de réflexion mis en ligne ces dernières années; Jean O'Neil propose une sorte d'almanach personnel avec Bisous (Libre Expression).

Deux survivants du séisme de janvier dernier en Haïti témoignent: l'éditeur Rodney Saint-Éloi, dans Haïti, Kenbe la! (Michel Lafon), préfacé par Yasmina Khadra, et l'ingénieur Marc Perreault, dans Sous les décombres de l'hôtel Montana (Intouchables). On lira aussi Eva et Ruda (Éditions du Passage), un récit à deux voix sur l'Holocauste, sous la plume d'Eva et Rudolph Roden.
Jean-Claude Germain poursuit son exploration de la boh&egrave;me montr&eacute;alaise dans La femme nue mettait la nuit en valeur (Hurtubise).<br />
Lem&eacute;ac publie un nouvel opus minimaliste de Aki Shimazaki, Tonbo. <br />
Louis Hamelin se penche sur la Crise d&#39;octobre dans La Constellation du lynx (Bor&eacute;al). <br />
 
 
 
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