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Littérature étrangère - L'abondance des traductions

Christian Desmeules   28 août 2010  Livres
Du grand écrivain américain Raymond Carver on nous promet cet automne Débutants, version originale de Parlez-moi d'amour - qui aurait été amputée de plus de 50% par son éditeur de l'époque!<br />
Photo : Bob Adelman
Du grand écrivain américain Raymond Carver on nous promet cet automne Débutants, version originale de Parlez-moi d'amour - qui aurait été amputée de plus de 50% par son éditeur de l'époque!
Comme tous les ans à pareille date, il faut s'attendre à connaître, du côté des traductions, une petite avalanche. Valeurs établies et découvertes se conjuguent pour nous offrir une rentrée littéraire placée sous le signe de l'abondance.

À commencer par Don Delillo (Americana, Outremonde, Mao II) qui, à 74 ans, poursuit son portrait de la société américaine contemporaine avec Point omega (Actes Sud), un 15e titre. Court roman sur fond de guerre en Irak. Écrivain britannique majeur, Will Self devrait attirer lui aussi l'attention avec Le Livre de Dave (éd. de l'Olivier), qui s'annonce comme une satire déjantée et percutante de la vie moderne. Autre grand abonné des rentrées littéraires, Philip Roth nous revient avec Indignation (Gallimard), un 29e titre en forme de roman d'apprentissage, qui prend pour toile de fond l'Amérique au début des années 50 et la guerre de Corée.

Bret Easton Ellis est aussi au rendez-vous, même si en traduction française le titre de son dernier roman perd la référence à Elvis Costello — on s'en remettra. Suite(s) impériale(s) (Robert Laffont) revisite 25 ans plus tard les personnages cokés et désabusés de Moins que zéro, son premier roman, paru en 1985. J. M. Coetzee revient pour sa part avec une nouvelle méditation sur la condition humaine dans L'Été de la vie (Seuil), où l'auteur sud-africain nobélisé se livre à une sorte d'autofiction posthume. On nous annonce aussi un roman noir légèrement «psychédélique» de Thomas Pynchon, Vice caché (Seuil).

Ken Follett (Les Piliers de la terre) entreprend, avec La Chute des géants (Robert Laffont), une nouvelle fresque romanesque en plusieurs tomes qui se situe quelque part entre la saga historique, le roman d'espionnage, l'histoire d'amour et la lutte des classes. Tout ça au XXe siècle. Avec La Malédiction des colombes (Albin Michel), l'écrivaine Louise Erdrich, figure emblématique de la «Native American Renaissance», consolide une oeuvre de premier ordre. «Un chef-d'oeuvre éblouissant», selon l'écrivain Philip Roth. Hanif Kureishi nous donne des nouvelles avec Le Déclin de l'Occident (Christian Bourgois), tandis que Barbara Kingslover explore Un autre monde (Rivages). Un roman ambitieux où elle nous entraîne dans un voyage épique, de Mexico jusqu'aux États-Unis d'Edgar Hoover en plein maccarthysme.

Carver, l'original

La publication des oeuvres de David Foster Wallace se poursuit avec La Fille aux cheveux étranges (Au Diable Vauvert), alors que Monica Ali nous sert En cuisine (Belfond).

Édité chez Flammarion depuis la mort de Christian Bourgois, son éditeur en France pendant une bonne vingtaine d'années, Jim Harrison nous revient avec des nouvelles dans Les Jeux de la nuit (Flammarion). Traduit de l'anglais, Soufi, mon amour (Phébus), de la romancière turque Elif Shafak, immense succès de librairie des deux côtés du Bosphore, devrait s'attirer quelques lecteurs chez nous. En librairie depuis quelques jours, L'Indésirable (Alto), de l'Anglaise Sarah Waters, devrait lui aussi faire son chemin chez les lecteurs curieux. L'éditeur de Québec nous offre aussi en traduction cet automne Le Soldat de verre, du Canadien Steven Galloway.

Aux Allusifs, Le Week-end en Bourgogne rassemble six nouvelles de Mavis Gallant écrites entre 1954 et 1971 et publiées dans The New Yorker au début des années 1980.

De Raymond Carver, on nous promet, avec Débutants (éd. de l'Olivier), la version originale de Parlez-moi d'amour — qui aurait été amputée de plus de 50 % par son éditeur de l'époque! À surveiller également chez le même éditeur: la parution des deuxième, troisième et quatrième volumes des oeuvres complètes du nouvelliste américain, intitulés respectivement Parlez-moi d'amour, Tais-toi, je t'en prie et Les Vitamines du bonheur.

Depuis la Finlande, on dit du bien de Purge, 3e roman de Sofi Oksanen qui paraît chez Stock. L'auteur suisse de langue allemande Pascal Mercier (Train de nuit pour Lisbonne) est de cette rentrée littéraire avec Léa (Maren Sell), tandis que le plus récent Prix Nobel de littérature, l'écrivaine allemande d'origine roumaine Herta Müller, publie La Bascule du souffle (Gallimard). La Huitième Vibration, de Carlo Lucarelli (Métailié), à la fois roman policier, récit de voyage, roman d'aventure et d'amour, semble prometteur. Orhan Pamuk sera de la partie avec Le Musée de l'innocence (Gallimard). Dans Sous un ciel qui s'écaille (Les Allusifs), l'écrivain serbe Goran Petrovic livre une critique et métaphore de la société serbe. Lauréat du Russian Booker Prize en 2008, Le Bibliothécaire est le premier titre traduit en français de Mikhaïl Elizarov (Calmann-Lévy). Dans Nouvel abécédaire russe (Les Allusifs), Katia Metelizza interroge, sur un mode à la fois ludique et critique, l'identité culturelle russe d'aujourd'hui. On nous promet aussi un second volume des Oeuvres romanesques complètes de Vladimir Nabokov dans la collection de la Pléiade.

Les bonnes nouvelles du monde hispanophone


Avec Anatomie d'un instant (Actes Sud), l'écrivain espagnol Javier Cercas (Les Soldats de Salamine) passe au filtre de la fiction le coup d'État raté du 23 février 1981, à Madrid, pendant lequel les 400 députés des Cortès espagnoles ont été tenus en otage. Pour sa part, le Salvadorien Horacio Castellanos Moya propose un 7e titre aux Allusifs, Effondrement, qui s'annonce comme un portrait au vitriol des classes possédantes de l'Amérique centrale. Aussi: Histoire de cheveux (Bourgois), de l'Argentin Alan Pauls, Nécropolis 1209 (Métailié), du Colombien Santiago Gamboa, de même qu'une anthologie de la nouvelle latino-américaine contemporaine (Les Bonnes Nouvelles de l'Amérique latine, chez Gallimard).

Et puis, nous aurons également la chance de pouvoir lire deux nouveaux titres de l'Argentin Rodrigo Fresán, figure plus que majeure des lettres latino-américaines d'aujourd'hui, avec Le Fond du ciel (Seuil) et Vies de saints (Passage du Nord-Ouest). Un extrait, rien que pour nous faire patienter: «Signe de croix exécuté, passeport tamponné, c'est au petit matin que le Chasseur de saints — le dernier de sa lignée — quitte le Vatican sous les fientes des pigeons de la place Saint-Pierre. Il n'a pas de temps à perdre, progresse parmi diverses aberrations de la nature: des bonnes soeurs, des Japonais, des canettes vides de boissons cancérigènes, des seringues contaminées, des stands d'ustensiles sacrés tenus par des sicaires. Sa mission: résoudre le mystère qui unit la ville errante de Canciones Tristes, Andy Wharol et le serial killer Sebastián Coriolis aux manuscrits de Qumrân, à J. R. Oppenheimer, à Marilyn Monroe et à Sélène, la gamine tortue ninja.» Bonnes lectures!

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Collaborateur du Devoir
Du grand &eacute;crivain am&eacute;ricain Raymond Carver on nous promet cet automne D&eacute;butants, version originale de Parlez-moi d&#39;amour - qui aurait &eacute;t&eacute; amput&eacute;e de plus de 50% par son &eacute;diteur de l&#39;&eacute;poque!<br />
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