jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 00h38
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Essais - Les têtes de la musique

Christophe Huss   3 juillet 2010  Livres
Livre<br />
Livre

À retenir

    De la note au cerveau

    • Daniel J. Levitin
    • Éditions de l'Homme
    • Montréal, 2010, 269 pages

    ***

    L'Homme musical


    • Thomas Dommange
    • Les Solitaires intempestifs
    • Paris, 2010, 309 pages

    ***

    La musique et le discours


    • Jean-Jacques Nattiez
    • Fides
    • Montréal, 2010, 49 pages

    ***

    La musique, les images et les mots

    • Jean-Jacques Nattiez
    • Fides
    • Montréal, 2010, 274 pages
Pour ceux qui ont envie à la fois de se prendre la tête et de comprendre ce qui s'y passe, De la note au cerveau, sous-titré L'influence de la musique sur notre comportement, est une savante analyse de Daniel J. Levitin, musicien et «neuroscientifique», sur les réactions engendrées par la musique et les sons. Levitin prend appui sur des exemples en provenance de tous les genres de musique. Une prédisposition à s'intéresser et à comprendre les choses scientifiques est recommandée. Pour le commentateur, il est impossible de recouper et de vérifier tant d'informations. «Lorsque son cortex gauche a commencé à se détériorer, le compositeur Ravel a perdu le sens de la hauteur tonale, mais pas celui du timbre. C'est ce handicap qui lui a inspiré le Boléro...», lit-on à la page 131. C'est le genre d'affirmations péremptoires — quand on en juge par les compositions qui suivent, dont les deux Concertos pour piano — qui peut rendre sourcilleux.

Ravel a composé le Boléro en 1928 et sa maladie neurologique l'a invalidé en 1933. Ou bien Daniel Levitin tire des conclusions un peu hâtives ou bien il possède des informations privilégiées. Que croire, alors, du reste? Sur ce même sujet de la musique et du cerveau, j'en reste très volontiers au plus abordable Musicophilia d'Oliver Sacks, paru au Seuil en 2009. À titre d'exemple, sur le sujet précité, Sacks, neurologue et professeur à New York, écrit: «On peut se demander si ce compositeur était déjà dément quand il écrivit son Boléro.» Une position plus prudente.

Thomas Dommange, philosophe, directeur de programme au Collège international de philosophie, qui vit et enseigne à Montréal, scrute et interprète les mots et annotations expressives dans les partitions de Schumann. Des extrapolations et des concepts, il y en a beaucoup dans son ouvrage L'Homme musical, un des apports les plus inattendus à l'année Schumann. Là aussi, un prérequis: la connaissance de la langue allemande. L'auteur explique les indications, que l'on comprend in fine. Mais, afin de ne pas exclure nombre de lecteurs, il faudrait en donner une traduction littérale immédiate, dès l'énoncé en allemand, pour ensuite l'éclairer et la cerner par les nuances nourries par la réflexion. Dans son second chapitre — le plus ardu — Dommange convoque d'excellentes sources, Georges Leroux (son ouvrage sur Gould) et Olivers Sacks, gages de sérieux et de bonnes lectures. Mais attention: il subsiste quelques erreurs. Par exemple, la Fantaisie en ut est l'opus 17, pas l'opus 16.

Les idées valent de l'or


La Musique et le Discours de Jean-Jacques Nattiez est le texte d'une conférence. Voici l'archétype du projet qui légitime la forme de l'«audio book», tant la réflexion de Nattiez gagnerait à s'illustrer de la contextualisation sonore dont elle se nourrit. Un tel produit justifierait la dépense. Les malins économes, adeptes de la tête bien pleine, iront sur iTune U, l'«université ouverte». On y trouve dix-huit conférences (en anglais) sur la musique données à l'Université McGill... en vidéo et gratuitement!

Nattiez nous vient surtout avec un ouvrage plus cossu: La Musique, les Images et les Mots, réflexion érudite sur les liens entre la musique, la littérature et les arts visuels, entreprise salutaire lorsqu'on pense à quel point les disciplines artistiques sont souvent cloisonnées et affaire de spécialistes à oeillères. La seconde partie, sur l'opéra, est brillante, notamment le chapitre sur la Tétralogie de Wagner. Le prérequis, ici, est tout de même une culture artistique en béton. Suivre les rapprochements entre musique et arts visuels (par exemple Boulez et Klee) est ardu lorsque les reproductions de tableaux cités se limitent aux hommages d'Yves Gaucher à Webern.

Le poids des mots sans le choc des photos: une démarche lourdement revendiquée dans tous ces ouvrages qui ne ratisseront pas très large hors des cercles universitaires.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012