Lettres - Inoubliable Muhlstock
Même s'il est décédé depuis bientôt dix ans (2001), la publication de la deuxième édition de Peintres juifs de Montréal: témoins de leur époque (1930-1948), aux éditions de l'Homme et signée par Esther Trépanier nous remet en mémoire le souvenir d'un personnage unique en son genre.
Émigré de Galicie (Pologne) en 1911 à l'âge de sept ans, le jeune Muhlstock, pauvre comme Job dans les années 1930-1940, s'intéresse aux chômeurs et aux défavorisés de Montréal. D'où plusieurs célèbres peintures, dont ce fusain sur papier, Portrait d'un chômeur, en 1935, W. Fredette en 1943, Jos Lavallée en 1931. Le même album soigneusement édité nous rappelle des peintures déjà admirées, aussi sobres qu'émouvantes, de vieilles maisons, pauvres logements, sombres sous-sols, chambres vides, ruelles parfois éclairées d'arbres. Toujours la même sensibilité, la même variance dans les couleurs et les encadrements de paysages qui nous font nous ressouvenir de l'immense tendresse d'un peintre-dessinateur hors pair. Si humble. Si humain. Si spiritualiste dans ses propos.
Et dire que plusieurs d'entre nous auront été éveillés à ce peintre qui évite bars et «chapelles» par nul autre que Saint-Denys Garneau. Dès janvier 1936 dans La Relève (éd. Giselle Huot, Oeuvres en prose, 1995, p. 96-100), notre poète-peintre attire l'attention de nos compatriotes sur cet artiste immigrant «d'une rare sincérité».
Nous nous devons d'être reconnaissants envers madame Trépanier et ses collaborateurs de nous avoir rappelé dans Peintres juifs de Montréal, grâce au choix judicieux d'illustrations et de commentaires, certains traits plus attachants de Muhlstock, lui qui nous disait quelques mois avant sa mort, dans son atelier, rue Sainte-Famille, Montréal: «Je vivrai aussi longtemps que vous ne m'oublierez pas.» Inoubliable Louis!
***
Benoît Lacroix - Montréal, le 31 mai 2010
Émigré de Galicie (Pologne) en 1911 à l'âge de sept ans, le jeune Muhlstock, pauvre comme Job dans les années 1930-1940, s'intéresse aux chômeurs et aux défavorisés de Montréal. D'où plusieurs célèbres peintures, dont ce fusain sur papier, Portrait d'un chômeur, en 1935, W. Fredette en 1943, Jos Lavallée en 1931. Le même album soigneusement édité nous rappelle des peintures déjà admirées, aussi sobres qu'émouvantes, de vieilles maisons, pauvres logements, sombres sous-sols, chambres vides, ruelles parfois éclairées d'arbres. Toujours la même sensibilité, la même variance dans les couleurs et les encadrements de paysages qui nous font nous ressouvenir de l'immense tendresse d'un peintre-dessinateur hors pair. Si humble. Si humain. Si spiritualiste dans ses propos.
Et dire que plusieurs d'entre nous auront été éveillés à ce peintre qui évite bars et «chapelles» par nul autre que Saint-Denys Garneau. Dès janvier 1936 dans La Relève (éd. Giselle Huot, Oeuvres en prose, 1995, p. 96-100), notre poète-peintre attire l'attention de nos compatriotes sur cet artiste immigrant «d'une rare sincérité».
Nous nous devons d'être reconnaissants envers madame Trépanier et ses collaborateurs de nous avoir rappelé dans Peintres juifs de Montréal, grâce au choix judicieux d'illustrations et de commentaires, certains traits plus attachants de Muhlstock, lui qui nous disait quelques mois avant sa mort, dans son atelier, rue Sainte-Famille, Montréal: «Je vivrai aussi longtemps que vous ne m'oublierez pas.» Inoubliable Louis!
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Benoît Lacroix - Montréal, le 31 mai 2010
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