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Le mensonge national des Québécois

Jean Larose   1 mai 2010  Livres

À retenir

    • Du sens dans ses rapports avec l'origine, le temps, l'histoire, l'étymologie, la morale, la culture, la littérature, l'éducation, la nationalité, l'immigration, «l'affaire Camus», etc.
    • Renaud Camus
    • P.O.L.
    • Paris, 2002, 400 pages
Une enseignante de français au secondaire me raconte l'enfer où elle travaille: «C'est pas qu'ils font des devoirs bourrés de fautes. Ils ne les font pas, tout simplement. Avoir zéro, redoubler, ils s'en fichent.» Un élève, qu'elle avait réprimandé durement, s'est jeté tête première contre un mur, pour se blesser et pouvoir ensuite l'accuser de l'avoir frappé. «Ma crisse, m'a t'avoir!»
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  • Geoffroi - Abonné
    1 mai 2010 00 h 43
    La langue française et autres mensonges
    Clotaire a raison : nous sommes des sado-maso.

    J'ajouterais que nous sommes des colonisés jusqu'au trognon - même les péquistes ne se doutent pas comment ils sont "louisianisés".

    Ceux qui dirigent le pays : les partis politiques, les hauts fonctionnaires, les capitalistes accapareurs, les syndicats d'affaires, les publicitaires et médias manipulateurs ont créé une confortable et hypocrite société corporatiste de dépendants. Et la peste brune relève la tête, ici comme ailleurs. Marx écrivait que le capitalisme finirait par détruire la beauté du monde. Il avait peut-être raison.

    Heureusement que nous avons les drogues légales ou illégales et une pléiade d'humoristes, comme Labeaume, pour nous divertir.

    Restons optimistes. On peut discuter : la démocratie c'est cause toujours. Il finira bien par en sortir quelque chose.
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  • Andre Vallee - Abonné
    1 mai 2010 04 h 24
    Les ”éducateux”
    Les éducateurs ”à la mode”, ”in”, mais ”in j'sé pâ quoais”, veulent former des ignorants qui ”baragouinent” deux langues, et à les entendre on ne sait pas s'ils essaient de parler ou s'ils rotent, et prétentieux en plus.
    Pas tous, quand même, mais c'est contagieux.
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  • Jacques Bouliane - Abonné
    1 mai 2010 09 h 38
    Et ensuite ?
    Tout à fait d'accord avec le diagnostic. Et maintenant, quel est le traitement ?
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  • Stéphane Martineau - Abonné
    1 mai 2010 11 h 10
    Constat malheureusement trop vrai
    Le Québec a mal à sa langue c'est évident. Et, ce mal est lié à son mal être généralisé (qui suis-je ? où vais-je ?), à sa méfiance populiste envers tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à de l'intellectualisme. à son incapacité à assumer son histoire autrement qu'en négatif (je pense aux belles analyses de Fernand Dumont). Bref, le Québec n'est pas une terre fertile pour la langue de Molière. L'état catastrophique du système éducatif québécois le démontre bien. L'idéal éducatif du Rapport Parent a été abandonné. Notre école s'est balkanisée : écoles privées et programmes d'élites dans certaines écoles publiques d'un côté et le reste de l'autre. Le «reste» c'est l'école ordinaire où les classes ordinaires sont devenues trop souvent des classes pour élèves en difficulté. Pour ce qui est des futurs enseignants, en matière de recrutement : quand notre société se donnera-t-elle des exigences à la hauteur de l'importance de ce métier ? Mais cela aurait un coût pour les universités d'abord (moins d'étudiants dans des programmes notoirement «vaches à lait») et pour le Québec (pour attirer des étudiants de haut niveau, il faut une profession reconnue socialement, intéressante payante...). Cela coûterait cher ...Or,l'argent, on ne souhaite pas le prendre où il est. Soumis au chantage néo-libéral, notre État aime mieux subventionner les utlra riches (grandes entreprises au premier chef).
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  • Alain Contant - Abonné
    1 mai 2010 14 h 08
    Et Renaud Camus?
    Difficile d'ajouter quoi que ce soit au diagnostic de monsieur Larose. Dans les années soixante, on croyait que relever l'éducation allait tout améliorer. Ceux qui s'opposaient à cette campagne disaient que tout le monde n'était pas fait pour devenir médecin ou avocat, et qu'il faudrait toujours des manoeuvres et des balayeurs. J'ai entendu ça dans ma famille.

    Mais il s'agit ici de quelque chose de plus grave, de plus subtil, de plus difficile à critiquer, rectitude politique oblige. Une certaine «médiocritude» s'installe, et pas seulement au Québec, mais dans tout l'Occident. Sa cause?
    En apparence le rock and roll, le blue jeans, la McBouffe, la pîpeulisation hollywoodienne, tout ce qui attire pas sa rapidité, sa facilité, son tapage, sa vacuité. On a peur de se dire élitiste, c'est à dire de préférer ce qu'il y a de meilleur à ce qu'il y a de plus médiocre, populaire, ou selon l'ancien usage, vulgaire. Sauf au hockey, bien sûr.

    J'ai émis une hypothèse il y a bien longtemps: au Québec, les élites ont laissé faire, tout en encourageant leur progéniture à se dépasser, et à rafler les bonnes «jobs» le moment venu. Qui déniche les meilleures places dans les professions libérales? Un nombre remarquable d'enfants d'immigrants, dont le français est incommensurablement supérieur à celui des beaucoup de ti-counes de Rosemont ou de Sainte-Foy, incapables de formuler une pensée.

    Le Québec se louisianise t-il? Lorsqu'un peuple utilise une langue de trois cent mots, il démontre qu'il a perdu toute capacité de penser. Car penser réclame plus que trois cent mots. C'est un avocat haïtien qui m'a dit ça il y a bien trente ans. Il parlait d'expérience. Je n'ai pas oser lui demander de développer son affirmation.

    Et Renaud Camus? Très bonne plume, mais accusé d'antisémitisme. En France, ça pardonne rarement...
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    1 mai 2010 14 h 43
    Quel est le traitement ?
    Et maintenant, quel est le traitement ?

    On attend vos suggestions, M Bouliane.

    Les blogues, c'est fait pour apporter des idées ...
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  • Frédéric Chiasson - Abonné
    1 mai 2010 15 h 31
    La grammaire selon les jeunes
    Cet article fait état de réalités rarement écrites dans un journal et ça fait du bien de voir enfin des faits que me rapportent plusieurs amis travaillant en éducation. Heureusement, je n'enseigne pas au secondaire. Mais je peux confirmer que non seulement plusieurs jeunes ne savent pas écrire à l'université, mais que ceux-ci pensent malheureusement savoir mieux écrire que leur professeur !

    À la fin d'un examen que je supervisais, j'ai eu la belle surprise de voir un ou une élève corriger mon questionnaire. Il ou elle s'exclamait sur la copie, écrivant que c'était honteux que j'écrive « Veuillez m'analyser », affirmant que le « m' » était une grave faute de français ! Pourtant, la vérification dans divers manuels de grammaire me confirmait bien cette évidence : « Veuillez m'analyser » est parfaitement correct et veut dire « Veuillez analyser pour moi », le « m' » jouant le rôle d'un complément d'objet second.

    Que disait Socrate ? Que l'une des pires choses qui existe sont les gens qui ne savent pas mais pensent savoir ?

    Vivement la hausse des exigences dans toutes les écoles !
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  • Hubert Larocque - Abonné
    1 mai 2010 16 h 00
    Les conséquences du fédéralisme

    Les conséquences du fédéralisme (1 mai 2010)

    M. Larose, qui se fait trop rare, cerne bien la condition du Québec. Répondre "non" à l'indépendance entraîne des conséquences incalculables pour le destin de notre peuple, mais aussi dans tous les aspects de notre vie collective et individuelle. Aveuglement, médiocrité, démission, intérêts à courte vue, dégénéresce de la langue et de la pensée, adulation des charlatans, falsification des valeurs, négation des évidences (le français progresserait à Montréal). On occulte la honte de soi par une auto-félicitation systématique. On se compare sans cesse au Canada à qui on est coupable de ne pas s'identifier. On approuve la désobéissance de McGill qui devient l'exemple même d'une excellence absolue. La survie économique du Québec dépend de l'Alberta que nous avons l'ingratitude de critiquer. Le respect des "droits de la personne" nous commande de disparaître comme peuple devant le voile et la burqa. Mieux, les sur-colonisés qui siègent dans les officines des "droits-de-la-personne" décochent des amendes à ceux qui ne s'inclinent pas assez bas. On élit à pleines urnes un parti qui compte ouvertement sur le vote de Westmount et des étrangers pour nous trahir et nous pousser vers la Louisiane. On qualifie d'exaltés et d'extrémistes ceux qui prennent la juste mesure des choses.
    On se plaint de la qualité du français alors que l'on appuie un régime qui ôte aux Québec toute raison de bien parler sa langue, de diriger ses affaires, de développer son héritage et qui détruit toute possibilité de relèvement moral.
    Nos petits bourgeois collaborateurs qui ont les faveurs d'Ottawa, dans les médias, dans les chaires universitaires, dans nombre de postes lucratifs, touchent le salaire de leur trahison en falsifiant notre histoire, en entretenant un flou civique et politique qui brouille notre identité et décourage toute tentative d'un authentique relèvement national. Ils envoient leur enfants dans des écoles internationales, tapissent leurs murs d'un rayon de Pléiades et, quand ils en ont assez de l'insupportable climat qu'ils entretiennent, ils vont à Paris s'enivrer de cette culture française qu'ils détruisent sciemment chez eux.
    L'important n'est pas de lire Larose et d'y acquiescer mollement. Si l'on pouvait penser québécois dans tous les détails, s'interdire d'instinct les honteux compromis qui entachent notre vie politique et ne jamais prendre de décisions à aucun niveau qui aillent à l'encontre de notre bien de peuple, comme nous serions près de la dignité, de la santé nationale, de l'indépendance. De Maistre disait de Voltaire: "Le plus méprisable des hommes après ceux qui l'approuvent". Nous ne pensons pas cela de Voltaire mais comment ne pas le penser de ceux qui travaillent et votent contre notre peuple par leur complicité avec le régime politique qui entretient et précipite notre déclin et notre disparition dans un métissage sans nom.
    Hubert Larocque
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  • paul levesque - Inscrit
    1 mai 2010 16 h 15
    Triste réalité!
    Monsieur,

    Bravo, vous venez d'écrire le plus beau papier du weekend! C'est une triste réalité, mais vous avez eu le courage de l'écrire. Au Québec, ce n'est pas facile de se dire les vraies choses et d'oser parler de nos faiblesses.
    Je décris la même chose régulièrement et je vous assure que ce n'est pas la meilleure façon de se faire des amis.
    Cela dit, la stratégie de la tête dans le sable ne sera pas perenne. Non seulement le Québec fait face à un mur économique et financier mais il fait aussi face à un mur culturel et identitaire. A qui la faute?
    A toutes celles et ceux qui rejettent la faute sur les autres: les riches, les anglais, les néo-libéraux!
    La faute en fait revient aux québécois eux mêmes qui se disent fiers sans jamais tenter de hausser les standards et de faire les efforts qui feront la différence. Prétendre que l'on puisse bien écrire sans bien parler relève du sophisme. On nous a appris à être "fiers d'être québécois" mais on a oublié de nous dire pourquoi! On a oublié de nous dire qui nous sommes et en quoi nos valeurs de société sont semblables ou différentes aux autres.
    Certains pretendent que la séparation sera la seule solution. J'ai du mal à voir comment une société qui a plein contrôle de son système d'éducation et qui le laisse dépérir de la sorte puisse soudainement, comme par la pensée magique, se trouver des élans le lendemain d'un oui. Au contraire, j'ai l'impression qu'un plan pour le futur doit impérativement être écrit avant l'action politique. Or, avez vous vu le début du commencement d'un plan quelque part? Un plan qui décrirait notre histoire, nos valeurs, nos appartenances et qui élaborerait une culture de l'excellence dans les champs qui nous tiennent à coeur.
    On pourrait blâmer les politiques et leur manque de courage. Ce serait alors un autre raccourci facile. Ce sont les québécois, tous ensemble, les fautifs. Complaisance et manque d'ambition seraient plus juste.
    Deux petits exemples pour terminer. La plupart des québécois francophones refusent en milieu de travail le clavier français parce que plus compliqué(qwerty adapté). Or, vous serez d'accord avec moi; le français sans accent, ce n'est pas du français. Vous voulez mettre une loi pour les y obliger. D'accord, mais vous vous rendez compte du problème? Nos films doivent en grande partie être traduit pour passer à l'étranger, vous trouvez cela normal? On voudrait que nous soyons fiers de cela? Blâmons les Français puisque c'est toujours la faute des autres!
    Les Danois et autres petits peuples ont compris que seul un nouveau comportement, mettre la barre plus haut pour soi-même ainsi que pour la collectivité, pourra assurer le futur que nous recherchons tous.

    Paul L
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  • Normande Poirier - Abonnée
    1 mai 2010 17 h 18
    Trop vrai hélas!
    Quiconque a des contacts avec le milieu de l’éducation, que ce soit comme enseignant ou étudiant, à l’université ou ailleurs, ne peut que confirmer le propos alarmiste de cette chronique. Au Québec, malgré une certaine élite qui manifeste sa maîtrise de la langue dans des sites de commentaires comme celui-ci, ou par des interventions dans les tribunes radiophoniques de la première chaîne, le français correct est en perte de vitesse. Je suis une amante inconditionnelle de la langue française; ses subtilités, sa précision, ses difficultés, son raffinement m’enchantent et c’est avec une grande inquiétude que je vois se profiler l’avenir de la langue au Québec.

    Les gens de ma génération apprenaient le français à l’école. Tous les jours, nous avions des cours de grammaire, des dictées, nous apprenions à décortiquer des textes. Tout cela exigeait beaucoup d’effort, de réflexion, de travail. La plupart de ceux qui ont connu ce régime finissaient par écrire à peu près sans faute. Aujourd’hui, dans notre société de divertissement, il semble que la maîtrise de la langue nécessite un apprentissage trop rigoureux pour l’imposer aux enfants. Sans parler des enseignants dont la connaissance de la langue est approximative.

    La situation est affligeante. Je suis bien incapable de proposer un remède. Certains pensent que l’indépendance du Québec aurait réglé le problème de la langue au Québec. Je n’en suis pas si sûre, car même en France on déplore l’ignorance et l’indigence de pensée des jeunes.
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  • Andre Vallee - Abonné
    1 mai 2010 20 h 19
    Être fiers
    Comment demander à nos jeunes d'être fiers alors que nous appelons sagesse notre frousse, et principes nos tocades.
    Emparons-nous de notre pays et nos jeunes seront fiers de nous et de ce qu'ils sont, des Québécois.
    Après, nous tisserons des liens, librement, avec tous nos voisins.
    Si les Américains avaient à choisir une province et l'annexer, ils prendraient le Québec, plein de richesses qui ne demandent qu'à être exploitées, en commençant par nos écoles.
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  • André Loiseau - Abonné
    1 mai 2010 22 h 21
    Excellents courriels
    Les lettres publiées ici possèdent une qualité littéraire et une pensée critique dont nous pouvons nous enorgueillir. Leurs rédacteurs doivent tous avoir l'âge d'avoir profité de l'enseignement ayant cours à une autre époque. Qui donc aurait jeté le bébé avec l'eau du bain?
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  • Frédéric Chiasson - Abonné
    2 mai 2010 03 h 14
    Faute de français dans mon commentaire...
    Il manque un «nt» dans l'avant-dernier paragraphe de mon commentaire, dans «l'une des pires choses qui existe[nt]». Encore une fois selon Socrate (ou Platon), l'important est de savoir quand on ne sait pas...
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  • Georges Paquet - Abonné
    2 mai 2010 06 h 25
    La solution: arrêter de penser comme Hubert Larocque et bien d'autres que les solutions viendraient de l'État.
    La notion de responsabilités individuelles aurait dû et devrait toujours accompagner la notion de droits individuels. Le problème, c'est la pensée magique, trop souvent entretenue pour des motifs politiques surtout, que l'État trouvera pour nous la réponse à tous les défis et à tous les obstacles qui se trouvent immanquablement sur la route de chacun.

    Voyez, comment, en train d'analyser des questions sérieuses dans le domaine de l'enseignement, de l'éducation de la responsabilité des parents et des enseignants, dans un domaine ou le Québec a une responsabilité totale, unique, universelle, M. Larocque propose un référendum sur l'indépendance, comme solution à la démission élémentaire d'un trop grand nombre devant leurs responsabilités individuelles. Votez oui. L'État vous sauvera.
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  • Bernard Terreault - Abonné
    2 mai 2010 10 h 17
    Problème universel aux accents locaux
    Dans ma carrière universitaire aussi bien au Québec qu'aux États-Unis (8 ans) et en France (3 ans), j'ai pu constater cette désaffection progressive des jeunes générations pour la correction de la langue ; et plus que pour la correction, pour ce qu'on pourrait la "beauté" (la limpidité, l'élégance, la subtilité). Au Québec, cette dégradation est accentuée par le fait que la maîtrise du français n'est pas vue comme un outil de promotion économique et sociale, mais simplement comme une façon de "jaser entre nous québécois", c'est un peu notre yiddish (il n'y a qu'à entendre ces ordures de pubs du débile hirsute Sauvé à la télé). La langue des affaires sérieuses et, de plus en plus, de la culture globale, c'est l'anglais. Comment les langues nationales des petits pays d'Europe se comportent-elles ? Subissent-elles le même sort que notre français ou leurs statuts de seule langue officielle leur permettent-elles de résister ?
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 mai 2010 10 h 35
    S'auto-flageller, sans faute
    Je ne participerai pas à cette séance de mortification, et puis, il m'arrive de faire des fautes. Cet auteur, Renaud Camus, est français; la situation dont il parle et ses tinamis du désastre ne concernent pas que le Québec. Ce qui est particulier au Québec par contre, c'est sans doute de penser que parce que ça fait mal, c'est certainement tout vrai. Écrire sans faute s'apprend; la joie de vivre, c'est une grâce ou la récompense au bout des épreuves. Les Québécois ont-ils encore le goût de vivre? Si oui, tout est possible. À ce que je vois, l'amour de la langue ne s'accompagne pas nécessairement d'espoir. L'important n'est-il pas aussi que des idées germent et circulent? À ce compte, les jeunes Québécois ne sont pas dépourvus. Et on peut bien écrire sans faute mais hélas, ne rien dire. Ce n'est pas non plus ce dont le Québec a besoin.
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  • Marie-Josée David - Abonné
    4 mai 2010 21 h 51
    Le mensonge national des Québecois
    Il n'est pas de discours moins bien accueilli que celui de votre article, c'est un sujet très sensible et les Québécois n'aiment se faire rappeler à quel point leur langue est vilaine. Vous avez exprimé ma pensée et mes propos, mais rarement trouve-t-on écho à ce constat lucide et bien actuel. Peu de société ont un niveau de culture générale aussi bas que celui du Québec; il n'y a qu'ici qu'on trouve des universitaires ne sachant ni écrire ni parler leur langue correctement mais plusieurs considèrent cela sans importance. La langue maternelle d'une personne est l'épine dorsale de sa pensée, on pense avec les mots et les structures grammaticales que l'on connaît et pas autrement. Il faut bien se l'avouer, le Québec est toujours une longueur en retard sur les autres provinces et les autres pays. Enfin, le français d'ici n'est pas du français mais une sorte de créole nordique; on offre aux immigrants une langue scindée en deux, incohérente: celle des livres de grammaire et celle qui est parlée dans la rue et dans les salles de classes car il faut bien le dire, souvent les profs de français ne connaissent pas leur langue pour la truffer de ''quand qu'on.., on va n'en faire... et ça l'a pas d'importance...'', ça fait une intégration des immigrants bien difficile sinon impossible en français et j'admire ceux qui finissent un jour par baragouiner ce dialecte qui vous écorche l'oreille et ne vous sert à rien une fois sortis du patelin. De plus, avec une langue maternelle mal intégrée, il est très difficile d'apprendre une deuxième langue: comment expliquer que malgré l'omniprésence de l'anglais, les Québécois le parlent aussi mal et trop souvent, ne le parlent pas du tout. En plus de nos gouvernements sans plan directeur, les médias portent une grande part de responsabilité dans le mépris du français en servant au public seulement ce qu'il connaît déjà, en lui offrant un portrait de lui-même plein de complaisance, un humour au ras des pâquerettes, une télévision infantile et infantilisante. Oui, c'est bien vrai, le Québec déteste le français et c'est bien dommage car j'ai parfois l'impression que nous avons raté le train.
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  • mhglrnu@gmail.com - Abonné
    6 mai 2010 10 h 34
    Le mensonge national des "pêteux de broue"
    J'ai lu la majorité des articles.Tous ont une valeur certaine.Oui au Québec on massacre le Français après 200ans colonialisme,on sent sort pas si mal,Celui qui me rejoint et qui est le plus près de ma pense"LES CONSÉQUENCE DU FÉDÉRALISME,"
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  • Louise Chevrier - Abonné
    7 mai 2010 11 h 00
    La rigueur
    Bravo monsieur Larose d'exprimer enfin ce constat.

    La pauvreté de notre syntaxe et de notre vocabulaire n'est-elle pas le reflet du manque de rigueur constant qu'on observe partout et dans tous les milieux ? À commencer par notre premier ministre qui s'est permis de faire la leçon aux Français, mais qui n'accorde jamais correctement ses participes passés avec le verbe avoir.

    Le français au Québec a-t-il déjà été celui qu'on peut entendre, par
    exemple, dans cette remarquable entrevue de Gabrielle Roy, par Judith Jasmin, conservée dans les archives de Radio-Canada ?

    Le français du Québec, n'est-ce pas le français classique dans toute sa splendeur, auquel s'ajoutent nos riches québécismes, nos tournures originales, la langue de chez nous avec les accents de Vigneault; notre plus grand héritage culturel ("la langue du roi de France" comme disait un des personnages de Pierre Gauvreau dans le téléroman Cormoran...) ?

    Ce n'est pas en parlant un français approximatif, tout comme en dédaignant notre histoire et notre patrimoine, que nous bâtirons un pays ! La rigueur doit être de mise au pays du Québec!

    Louise Chevrier
    Chambly
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  • Claudie Steven - Abonnée
    15 mai 2010 12 h 10
    Merci pour ce regard juste
    Il me semble qu'il fut une époque où existait une vraie pensée de l'éducation et de la culture générale au coeur même du gouvernement... mais un article comme celui-là nous montre, nous fait cruellement réaliser à quel point cet esprit s'est amenuisé jusqu'à disparaître chez ceux qui nous gouvernent.
    J'endosse entièrement le constat de Jean Larose. Je loue la finesse de son analyse (dans sa forme et dans son fond, qui sont inséparables), mais aussi le courage de sa prise de parole, dans cette ère où règnent de façon pernicieuse le mépris de la pensée, voire l'interdit de la pensée et de la rigueur intellectuelle en soi, la réduction et la disqualification progressives de la langue et du langage comme système de représentation adéquat (et toujours à développer) pour approcher la réalité humaine. Force est d'admettre que ces moyens toujours en élaboration, toujours en cours d'approfondissement conviennent mal aux solutions et stratégies "rapides, simples, efficaces" de cette société du spectacle que décriait déjà Guy Debord en 1967.
    Merci, Jean Larose. Il en reste encore que des articles comme le vôtre font vivre, et j'en suis, malgré le poids de lucidité (au vrai sens du terme) qu'ils obligent à supporter.
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