Roman français - Desplechin ou le jeu de la folie
Marie Desplechin a été l'auteure remarquée de Sans moi, en 1998, un roman qui mettait en vue une génération confuse, violentée, souvent hagarde, à travers ses jeunes enfants et la drôle de gardienne, déjantée, toxicomane et accidentée de la vie, qui venait les garder. L'ouvrage a fait un tabac.
Elle revient en force dans Dragons, un nouveau roman sur les jeunes couples et la famille d'aujourd'hui. L'action se situe dans une île bretonne, durant deux jours, à la Toussaint, fête des morts et des revenants. Le couple qui vit là a invité des amis, accompagnés de leurs enfants. Par un chassé-croisé de pensées endiablées, Desplechin campe un univers qui bascule en un temps record.
Une sarabande de «dragons» semble s'être emparée de la raison commune. Hallucinations, hantises, possession, superstitions, Desplechin joue avec la folie de ses personnages, des êtres désorientés et envahis de fantasmes qu'ils ne peuvent plus contrôler. Les pulsions prennent le dessus, la douleur mentale les submerge en une errance intérieure et une souffrance impuissante qui semblent sans limites. Une cascade de faits provoque, tel un cancer, un vieillissement accéléré.
Le roman est troublant, exubérant, angoissé. Par une foule de détails et de perceptions fragmentaires, il convainc aisément que le royaume des songes, chez ces êtres en perte de sens, n'est plus qu'un territoire effondré, altéré, consternant de peine et de difficultés de vivre. L'écriture de Desplechin est juste et talentueuse. Son univers excédé et violent est celui des prisons qu'on se construit en prenant la réalité pour un nid, un refuge ou un havre, dans lequel on a pu croire bon de s'éviter les grands choix et les responsabilités.
Elle revient en force dans Dragons, un nouveau roman sur les jeunes couples et la famille d'aujourd'hui. L'action se situe dans une île bretonne, durant deux jours, à la Toussaint, fête des morts et des revenants. Le couple qui vit là a invité des amis, accompagnés de leurs enfants. Par un chassé-croisé de pensées endiablées, Desplechin campe un univers qui bascule en un temps record.
Une sarabande de «dragons» semble s'être emparée de la raison commune. Hallucinations, hantises, possession, superstitions, Desplechin joue avec la folie de ses personnages, des êtres désorientés et envahis de fantasmes qu'ils ne peuvent plus contrôler. Les pulsions prennent le dessus, la douleur mentale les submerge en une errance intérieure et une souffrance impuissante qui semblent sans limites. Une cascade de faits provoque, tel un cancer, un vieillissement accéléré.
Le roman est troublant, exubérant, angoissé. Par une foule de détails et de perceptions fragmentaires, il convainc aisément que le royaume des songes, chez ces êtres en perte de sens, n'est plus qu'un territoire effondré, altéré, consternant de peine et de difficultés de vivre. L'écriture de Desplechin est juste et talentueuse. Son univers excédé et violent est celui des prisons qu'on se construit en prenant la réalité pour un nid, un refuge ou un havre, dans lequel on a pu croire bon de s'éviter les grands choix et les responsabilités.
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