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Roman québécois - Les fils de la cordonnière

Diane Précourt   31 mai 2003  Livres
Après ses trois romans historiques sur la vie de Victoire du Sault, une femme de caractère au parcours inusité dans le Québec de la seconde moitié du XIXe siècle, ce sont les fils de cette cordonnière, Oscar et Marius Dufresne, que Pauline Gill place au centre de son dernier livre.

Basé en partie sur des faits connus, Les Fils de la cordonnière raconte le parcours des deux frères dont le travail professionnel et l'oeuvre philanthropique ont contribué à bâtir la cité de Maisonneuve, aujourd'hui un quartier de l'est de Montréal.

L'un, manufacturier de chaussures prospère, et l'autre, ingénieur-architecte, évoluent dans un contexte encore marqué par le pouvoir dominant du clergé catholique et de la bourgeoisie anglaise, au début du XXe siècle, dans une société canadienne-française qui cherche à s'affirmer.

Dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, certains édifices portent encore la marque des plans élaborés par Marius Dufresne: le bain public, le marché, l'hôtel de ville, la caserne de pompiers et le château Dufresne, l'ancienne résidence des frères au coin de la rue Sherbrooke et du boulevard Pie-IX. Sans compter que son entreprise de construction fut notamment chargée de l'érection des piliers des ponts Jacques-Cartier et Papineau.

Le fameux secret

Bien que ses personnages principaux ne présentent pas l'intensité ni la force d'une Victoire du Sault, le roman se lit comme un récit historique de la période entre 1908 et 1918 dans l'est de la métropole, parsemé de quelques histoires d'amour et d'intrigues familiales propres à l'époque. Y compris le fameux «secret», que l'on devine aisément dès le début de la lecture, surtout si l'on a suivi la saga depuis ses débuts avec La Jeunesse de la cordonnière. Cela dit, il n'est pas nécessaire d'avoir lu les trois premiers livres pour s'y retrouver dans Les Fils de la cordonnière.

Aussi, pour qui s'intéresse aux péripéties du journal que vous tenez entre les mains, le livre offre quelques passages intéressants sur le quotidien aujourd'hui installé rue de Bleury. Ceci, par exemple: «Le 21 septembre 1911, Wilfrid Laurier est défait et Robert Laird Borden obtient la majorité des votes, avec un appui massif de l'Ontario. Henri Bourassa, de la fenêtre de son bureau, rue Saint-Jacques, s'écrie devant la foule rassemblée en fin de soirée: "Je le dis ce soir, Le Devoir sera indépendant du gouvernement conservateur comme il l'était du gouvernement libéral. Indépendants nous fûmes, indépendants nous sommes, indépendants nous resterons."» Les slogans promotionnels n'ont rien inventé...

Pauline Gill, ex-enseignante qui se consacre maintenant à l'écriture, signe ici son sixième roman.






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