vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 13h55
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Essais québécois - Des apôtres d'Hitler au Québec

Louis Cornellier   10 avril 2010  Livres
Affiche électorale d’Adrien Arcand en 1949
Photo : Lux
Affiche électorale d’Adrien Arcand en 1949

À retenir

    • Adrien Arcand, führer canadien
    • Jean-François Nadeau
    • Lux
    • Montréal, 2010, 408 pages
À la lecture d'Adrien Arcand, führer canadien, une question se pose: fallait-il consacrer un ouvrage aussi important à un tel dérangé du chapeau? Dans leur classique Histoire du Québec contemporain. Le Québec depuis 1930, Linteau, Durocher, Robert et Ricard règlent la question en deux paragraphes et qualifient de «marginal» le discours d'Arcand. L'historien Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du Devoir, a soupesé les enjeux de son projet avant de se lancer. Devait-il laisser le phénomène Arcand, qui «n'a jamais fait l'objet d'une étude globale», sous la poussière? Était-il pertinent de déterrer le souvenir «d'un homme pathologiquement haineux»?

Revenir en détail sur cette affaire comportait le danger «d'en trop grossir l'importan-ce», mais ne pas le faire n'allait pas sans risque. «À force de minimiser la place du fascisme canadien dans l'histoire canadienne, écrit Nadeau, on a fini par se faire croire bêtement qu'il devait être tenu éternellement pour insignifiant.» Or, comme on ne saurait tenir l'ignorance pour libératrice, Nadeau, avec raison, a choisi d'aller de l'avant. Le passé qu'il met en lumière n'est pas beau, sauf pour les têtes brûlées qu'excite la croix gammée, mais doit être connu. Nous avons eu, nous aussi, nos monstres.

«Long comme un jour sans pain, presque frêle, le port de tête martial, Adrien Arcand a la parole facile et le verbe haut, résume Nadeau avec un art de la description consommé. Ses traits anguleux accentuent une sorte de charisme énigmatique et quelque peu contradictoire.» Cet homme jovial, en effet, deviendra «une sorte de livre vivant de la haine»; ce catholique conservateur communiera au paganisme hitlérien.

Né en 1899 à Montréal, Arcand est le fils d'un syndicaliste progressiste. Dans les années 1920, il suit un peu les traces de son père en tenant la chronique ouvrière dans La Patrie et en tentant, plus tard, de fonder un syndicat catholique à La Presse, où il est journaliste aux faits divers et critique musical. Cette dernière audace entraînera son congédiement en 1929, une injustice qui le marquera à vie.

De l'humour à la haine


Pour se venger de son ancien patron, Arcand lance un journal satirique, Le Goglu, qui frappe sur les élites de la province en usant de la caricature et, parfois, du joual. Rapidement, l'humour vire au pamphlet et flirte avec la tentation fasciste d'un chef providentiel. Camilien Houde, maire de Montréal, séduit Arcand, qui déploie un discours antimoderne en chantant les vertus de la campagne et en dénonçant la ville, le cinéma, les mesures sociales et le désordre capitaliste.

En 1930, la crise des écoles juives (Taschereau propose la création d'un réseau scolaire public juif séparé) fait éclater au grand jour le violent antisémitisme d'Arcand. L'homme a trouvé son combat. Il renie Houde et se lance à fond de train dans la haine des Juifs, accusés par lui de monopoliser la finance et d'être communistes! Arcand, temporairement financé par les conservateurs fédéraux de Richard Bennett, se dit favorable à la création de ghettos pour les Juifs et, à partir de 1932, se réclame ouvertement d'Hitler.

Son fascisme, toutefois, est un amalgame bâtard de con-servatisme canadien-français, de catholicisme, de corporatisme et, surtout, d'antisémitisme. Il s'inspire surtout du fascisme impérial anglais, un modèle qui fascine aussi Ribbentrop, futur ministre des Affaires étrangères d'Hitler, qui fréquente le Canada et le Québec anglophones de 1910 à 1914. Arcand, contrairement à plusieurs personnalités québécoises tentées par le fascisme dans les années 1930 (notamment Pierre Dansereau,

André Laurendeau, Lionel Groulx, Paul Bouchard, Michel Chartrand et Jean Marchand), est un ardent fédéraliste, affirme qu'«un Québec indépendant serait à la merci des Juifs» et prône l'idéal monarchique britannique. Les mouvements qu'il dirigera feront «un usage constant de la langue anglaise», nous apprend Nadeau dans cette instructive visite guidée du fascisme à la canadienne-française.

Jusqu'en 1940, le führer en herbe, qui bosse désormais à L'Illustration nouvelle, un journal financé par Eugène Berthiaume, ennemi juré de son beau-frère qui contrôle La Presse, fera dans l'activisme politique en fondant des partis fascistes (le Parti national socialiste chrétien deviendra le Parti de l'Unité nationale du Canada, à la suite d'une alliance avec les fascistes canadiens-anglais) et en produisant à tour de bras de la littérature haineuse, même sur cassettes, pour rejoindre le public populaire qui constitue l'essentiel de ses troupes.

Obtient-il du succès? Malgré les prétentions mégalomanes du chef, Nadeau en doute. Ses recherches le portent plutôt à conclure à la relative marginalité du discours d'Arcand. Ce dernier, en effet, est rapidement condamné par l'Église officielle (même si certains membres du bas clergé adhèrent à ses thèses), peine à financer ses feuilles délirantes et «ne jouira jamais d'un pouvoir suffisant pour attirer à lui un très vaste spectre de l'opinion publique». Ces cons-tats offrent un peu de réconfort quant au Québec de nos grands-parents.

En 1940, Arcand est interné à Petawawa, victime de la Loi des mesures de guerre. Il n'en sortira qu'en 1945, détenteur du «record d'internement en temps de guerre parmi la fratrie de fascistes du monde anglo-saxon». Il contestera, ensuite, son emprisonnement, avec l'appui de Pierre Elliott Trudeau, jeune étudiant en droit opposé à la Loi des mesures de guerre!

Après-guerre

Le führer canadien sort-il assagi de cette expérience? Pas le moins du monde, illustre Nadeau dans la section la plus surprenante et la plus originale de son ouvrage. Toujours aussi enragé, le fasciste appuie officiellement l'Union nationale de Duplessis, qui le récompense bien, mais ne change rien au fond de sa pensée. Il s'oppose à la création de l'État d'Israël — il voudrait déporter massivement les Juifs à Madagascar —, traite des Noirs comme d'un «problème», se prononce contre la théorie de l'évolution, l'avortement et la liberté de presse. Négationniste militant, il nie tous les crimes du régime hitlérien et qualifie d'«imposture» l'extermination des Juifs. Le triste Ernst Zündel puisera chez lui les matériaux de son propre délire. Sur la scène québécoise, Arcand méprise le FLQ, dont un des membres, Jacques Lanctôt, est le fils d'un de ses fidèles lieutenants, qu'il décrit comme «une marionnette aux mains de pouvoirs étrangers». Le fascisme pancanadien, d'inspiration britannique, restera son idéal, jusqu'à sa mort en 1967.

Pour réaliser cette biographie détaillée, solidement étayée et rédigée avec allant, Nadeau a dû faire preuve d'une abnégation qui l'honore. Bourgault, sujet de sa première grande biographie, c'était, d'une certaine manière, sa famille. Avec Robert Rumilly, l'homme de Duplessis (Lux, 2009), l'historien explorait déjà les noirceurs de notre histoire intellectuelle. Avec cet Adrien Arcand, führer canadien, il nous entraîne dans l'horreur et l'indignité, dans la pensée venimeuse d'un homme qui fait honte au passé québécois. Le fallait-il? Oui, pour rappeler que le Québec ne fut pas totalement étranger à cet égarement mondial et que la vigilance à cet égard, aujourd'hui encore, continue de s'imposer.

***

Adrien Arcand, führer canadien
Jean-François Nadeau
Lux
Montréal, 2010, 408 pages
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Gabriel RACLE - Inscrit
    10 avril 2010 07 h 13
    Une idéologie rampante
    Comme je l’ai indiqué le 1er avril dans mes commentaires portant sur l’article de Jean-Frédéric Légaré-Tremblay « Adrien Arcand, un fasciste bien de chez nous », en faisant état du livre consacré à Mein Kampf d’Adolphe Hitler par Antoine Vitkine, les idées nazies sont toujours d’actualité. Le livre d’Hitler est toujours largement diffusé dans de nombreux pays du monde, y compris au Canada.
    En consacrant un ouvrage, fouillé et précis, à Adrien Arcand Jean-François Nadeau, a fait œuvre utile, non seulement parce qu’il a ouvert une page d’histoire, mais parce qu’en même temps et indirectement, il fait une mise en garde. Ce qui s’est produit un jour peut, hélas, se reproduire, ici ou ailleurs. Et cette contribution historique peut faciliter la lecture de ce qui se passe ou s’est passé dans certains pays, proches ou lointains.
    Par ailleurs, les événements actuels entourant la pédophilie de membres de l’Église catholique romaine et les tentatives que l’on découvre un peu plus chaque jour, faites par les autorités en place, pour cacher ces révélations, montrent que le silence est une erreur stratégique, quand en plus il n’est pas un acte coupable devant la justice. Il vaut mieux savoir ce qui s’est passé, plutôt que de le taire.
    On ne peut que souscrire pleinement à la conclusion que l’auteur tire à la fin de son article : « la vigilance à cet égard, aujourd'hui encore, continue de s'imposer ». Avec la mondialisation des communications, des idées se répandent à la vitesse de la lumière et des récepteurs mal avertis peuvent toujours être tentés de penser que certaines apportent la vérité et la solution à tous les maux de la société. « Un homme averti en vaut deux », dit le proverbe.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Dubreuil - Inscrit
    10 avril 2010 07 h 57
    Faire honte aux Québécois avec le marginal à Adrien Arcand
    Comme c'est subtil! Faire honte aux Québécois. Après la peur de l'armée comme en 1970, 1942, 1918, 1837... la honte. Pour bien nous enfoncer dans la tête qu'être Québécois, c'est un malaise, et jamais une dignité. Chers élites et autres éteignoirs québécois, jusques à quand notre peuple qui est aussi le vôtre devra-t-il supporter vos commentaires négatifs? Quand bénéficierons-nous de chefs normaux qui nous aiment et nous aident à grandir?
    Jacques Dubreuil, Sherbrooke, Estrie, Qc
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • jacques noel - Inscrit
    10 avril 2010 08 h 33
    Ribbentrop
    .Ribbentrop a travaillé à la construction du Pont de Québec. Faudrait le faire savoir à Harper. Ca pourrait aider pour sa restoration (Harper laisse rouiller la 8e merveille du monde)

    .Le père d'Adrien Arcand venait de Deschambault. Est-ce qu'il était parent avec les trois célèbres frangins, natifs de Deschambault?

    .Pierre Dansereau est le grand gourou des jeunes écolos, on dit que c'est même lui qui a inventé le nom! Bizarre qu'on ne l'a jamais interrogé sur son passé fasciste?

    .Dire que Zundel s'était présenté contre Trudeau à la chefferie du Parti Libéral en 1968! Le Parti qui, depuis 40 ans n'a cessé d'associer les séparatistes aux fascistes!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Gaudette - Inscrit
    10 avril 2010 08 h 54
    Notre histoire fait "dur"
    Oui, on aura comme voulu occulter l'existence même de ce Arcand dans nos livres d'histoire. Très peu de nos historiens en parlent, un peu par honte, je crois...

    Il y a quelques téléromans qui ont évoqué le passé fasciste québécois : Le temps d'une paix et Nos étés.

    Il y eut jadis des villages au Québec où l'on interdisait la présence des Juifs.
    Le fascisme au Québec est un fruit du catholicisme malsain qu'a connu le Québec... Comme l'Espagne avec Franco, ou Hitler, le catho, avec l'Allemagne... Ou en Italie avec Mussolini, dans les mêmes années qu'au Québec...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Gaudette - Inscrit
    10 avril 2010 09 h 38
    A Jacques Dubreuil : Vous dites "marginal" ???!!!???
    Comme vous, j'aimerais bien avoir dans notre histoire des leaders inspirants capables de nous faire grandir...

    Mais il y en a à peu près pas. Peut-être René Lévesque...

    Vous parlez de honte avec ce marginal. Moi, je ne crois pas que ce Arcand soit si marginal que cela. Tous les chefs fascistes européens ont eu à un moment ou l'autre de leur règne l'appui du clergé.
    Or je suis convaincu que le clergé d'ici pouvait très bien vivre avec le fascisme, en autant que cette idéologie leur était soumise, comme toute chose d.ailleurs avec ce malsain clergé...

    Et si le fascisme pouvait avoir l'appui du clergé, l'idéologie fasciste ne pouvait être marginale en pays catholique, ce que le Québec a été...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    10 avril 2010 11 h 28
    Le fascisme et le clergé
    Le fascisme, par définition, constituait un capitalisme d'exception. En réaction contre le communisme. Ce fut le cas en Espagne avec Franco, au Portugal avec Salazar, en Italie avec Mussolini et en Allemagne avec Hitler. Ce n'est pas par hasard que les financiers étatsuniens, allemands, hollandais et britanniques, entre autres, ont soutenu financièrement les nazis. Face à la popularité croissante du communisme auprès des masses populaires, les capitalistes considéraient le nazisme comme un rempart.
    Par ailleurs, l'idéologie communiste qui prônait l'athéisme était une menace pour l'Église. Pas étonnant que le clergé partout dans le monde, y compris au Québec, flirtait avec le fascisme. Jusqu'à ce qu'on apprenne les horreurs du régime nazi.

    Contrairement à ce que soutient Michel Gaudette qui semble avoir des comptes à régler avec l'Église, les dirigeants fascistes n'étaient pas soumis au clergé : ils avaient tout simplement peur du communisme.

    Dans les églises d'avant-guerre, on priait pour le salut de Franco, de Salazar et de Mussolini. Michel Gaudette soutient que le clergé était malsain à tous égards. Un peu de nuances, s.v.p. Avant la venue de l'État-Providence, c'est l'Église qui assurait les services de santé, d'éducation et de soutien aux démunis. L'Église n'a pas seulement produit des pédophiles.

    Marc Tremblay, politicologue
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Rousseau - Inscrit
    10 avril 2010 11 h 39
    Pas de panique!
    Voyons donc! Arcand représentait une frange très marginale de la société d'alors et il est tout à fait normal qu'à un moment donné quelqu'un d'ici ait sombré dans la fange fasciste, comme partout ailleurs (surtout en Allemagne!). C'est certainement d'intérêt historique mais il faut quand même garder en mémoire qu'il n'a influencé que très peu de personnes ici et qu'il n'a réellement jamais connu le succès. La société d'alors n'est pas tombé dans le panneau et il a même été incarcéré durant la guerre. Alors il ne représente certainement pas un courant important de la pensée de l'époque et il a abusé de la liberté de s'exprimer pour répandre ses insanités. C'est tout à l'honneur du Québec et du Canada d'alors.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Gaudette - Inscrit
    10 avril 2010 14 h 21
    A Marc Tremblay
    Pour préciser ma pensée, il faut dire que la pensée cléricale (romaine) et la pensée fasciste procèdent de la même mentalité, c'est-à-dire une mentalité hiérarchisée, autoritaire et anti-individualiste.

    Pour les fasciste, c,était plus facile de professer de telles idées en terre catholique puisque l'exemple venait de haut avec la hiérarchie catholique. Ces idées n'ont jamais pu être érigé en système en terre protestante (Angleterre, Pays-Bas, pays scandinaves, USA, Canada)

    Vous expliquez un peu en vous servant des systèmes politiques. Cela m'apparait maigre et incomplet. Vous devez aussi expliquer au niveau de la pensée, de la mentalité qui motivent les acteurs politiques...

    Je n'apprécie pas votre remarque à l'effet de régler mes comptes avec le clergé catho... Oui, je déteste le mensonge et la méchanceté...
    Alors où est le problème ???!!!????

    Et les églises ne possèdent pas le monopole de faire le bien....
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sylvain Auclair - Abonné
    10 avril 2010 14 h 50
    Arcand n'était pas Québécois...
    ... il était Canadien et vénérait l'Empire britannique. Si on le dit Québécois, les Canadiens-Anglais vont encore dire que nous sommes des fascistes et qu'ils sont des démocrates!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • michel lebel - Inscrit
    10 avril 2010 15 h 57
    Notre passé...
    Je serais porté à croire qu'Arcand eut une influence marginale. Par contre, il ne faut pas oublier que les Canadiens français étaient largement hostiles à la conscription, que le sentiment anti-juif était aussi répandu et et que Pétain avait ici beaucoup de supporters(comme en France). Notre passé(39-45) ne fut peut-être pas aussi glorieux qu'on peut le croire. J'ai toujours pensé que notre isolement come peuple et notre "histoire" avec les Anglais y sont pour beaucoup. Merci à Nadeau pour ce livre.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    10 avril 2010 18 h 30
    Auclair
    Toute personne qui vie au Québec et qui a la citoyeneté Canadienne peu importe sa langue et ses aspirations politiiques est un Québécois.
    Toute personne qui a la cotoyeneté canadienne et qui a comme langue maternel le français, est un canadien français. Ce qui fait que tous les québécois qui ont comme langue maternelle le français sont des canadiens français.

    Le terme québécois ne détermine en rien la langue parlé par l'individu ou ses aspiration politique.
    Je sais les séparatistes comme vous tentez de vous approprer ce terme mais il faut s'y objecter et faire l'éducation des gens car l'ignorance amène le genre d'erreur que vous avez faites
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    10 avril 2010 18 h 49
    Tant qu`à se rappeler Arcand
    Jean-Louis Roux et Pierre-Elliott Trudeau étaient des sympatisants de Mussolini, Pétain et Hitler au début de la deuxième guerre mondiale alors que des jeunes canadiens se battaient en Europe. Pierre-Elliott aura disparu en Angleterre pour éviter la déportation d`un autre appelé Camilien Houde, maire de Montréal, qui s`opposait à la conscription. Il a aussi voté la Loi des mesures de guerre en 1970 et mis en prison 500 francophones, sans Habeas Corpus, ni compensation. Dès lors on peut facilement comprendre leurs sympathies dominantes. Le clergé du temps était de la même croyance et anti--Sémite.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • René Girard - Abonné
    11 avril 2010 11 h 59
    L'arbre qui cache la forêt.
    Arcand n'était pas seul à agir dans ce terreau fertile.

    Des rapports acheminés au Secrétariat d'État américain par le consul américain posté à Québec, Rollin R. Winslow, font état de l'arrestation de jeunes d'à peine vingt ans qui auraient distribué de la propagande nazie pour le compte de la Garde de Fer, une organisation subversive dirigée par nulle autre que Lionel Groulx, Philippe Hamel, René Chaloult, Oscar Drouin et Paul Gouin, entre autres, tous d'éminents nationalistes qui se sont empressés, avec l'aide d'André Laurendeau, de masquer leur allégeance fasciste, sans toutefois la renier, après la défaite aux mains des Alliés, en insistant sur la crise de la conscription de 1942. La Garde de Fer était financée par des organisations étrangères dont un certain Eugène Deloncle, un partisan de l'ordre nazi en France du temps de l'occupation.

    Il ne s'agit donc pas d'une simple tentation épisodique des années '30, comme nous le signale Cornellier. Et les fédéralistes et les souverainistes se sont bien arrangés pour couvrir leurs connivences en inventant le mythe de la Révolution tranquille corrélé à celui de la Grande noirceur.

    Il ne faudrait pas oublier non plus l'Ordre de Jacques Cartier qui réunissait tout ce qu'il y avait de nationalistes fascistes, d'anti-britanniques et d'antisémites et que Jean-Charles Harvey dénonce de sa plume virulente dans une série d'articles de 1941 et 1942 à la une de son hebdomadaire surnomme "le Ku Klux Klan du Canada français". Dans un article du 20 décembre 1941, il rapporte les propos d’un membre de l'Ordre de Jacques Cartier qui dira : "Je soupire après le jour où l'ordre nouveau d'Hitler sera établi au Canada".

    En mettant le 'spot' sur Arcand on éclaire sans doute l'arbre qui cache une grosse grosse forêt.

    J'ai puisé ces renseignements dans l'ouvrage de G.-Raymond Laliberté, Une société secrète: l'Ordre de Jacques Cartier, HMH 1983. J'en reparlerai subséquemment, vous serez surpris de connaître les noms d'éminents personnages qui en ont fait partie. Une histoire palpitante.

    J'ai puisé à une autre source fiable : Esther Delisle, Mythes, mémoire et mensonges, éditions multimédia Robert Davies, 1998.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Denis Miron - Inscrit
    11 avril 2010 12 h 15
    Pouvons nous vraiment parler du fascisme au passé simple?
    Si à une certaine époque, le fascisme a été antisémite, je ne crois que ce soit cela qui le définit dans son essence. J’opterais plutôt pour ce que Mussolini, fondateur du mouvement, en dit lui-même : «L’État est absolu…Le fascisme est totalitaire. L’État fasciste est une volonté de puissance et de domination». Voilà son essence!
    Et maintenant, suite à cette définition de l’initiateur même, il est plus facile de voir comment cette idéologie se propage dans le temps jusqu’à notre époque même si ce terme est devenu synonyme de la plus haute forme de malédiction pour l’humanité.(plus de 60 millions de morts lors de la guerre 1939-45 et 6millions de Juifs dans les chambres à gaz)
    Où en sommes-nous aujourd’hui avec cette inavouable «volonté de puissance et de domination» qui définit le fascisme dans son essence? Y aurait-il quelqu’un pour nous dire que c’est de l’histoire ancienne ou bien maintenir que c’est uniquement une maladie du catholicisme? Pouvons-nous pour quelques instants, nous débarasser de nos œillères pour élargir notre champs de vision, et voir que c’est une maladie inhérente à l’exercice du pouvoir et qui transforme le mot «pouvoir» en synonyme «d’abus».
    Un fascisme avoué instaure un régime de parti unique. Un fascisme non-avoué, i.e. masqué par un bi-partisme à la solde d’une oligarchie, s’arrange pour instaurer une pensée unique, en monopolisant l’outil de propagande par excellence, i.e. les masses-médias qui sont pour les détenteurs de capitaux des armes de persuasion massive. qui ont pour mission d’imposer «le diktat de la loi du marché».Il y a présentement dans plusieurs pays, crise alimentaire, alors que les comptoirs d’alimentation sont pleins. Les gens n’ont pas d’argent pour acheter la nourriture, alors que leur agriculture a été mis à terre par le dumping des pays riches.(scandale) Ça pourrais-tu ressembler à ce que vit nos agriculteurs chez nous? Et c’est dans cette idéologie du «marché total» que progresse tranquilement cette volonté de puissance et de domination qu’est le fascisme-non-avoué en se renouvellant subtilement et en se donnant un air hypocrite de bienveillance.
    Pour Mussolini : «La guerre est à l’homme ce que la maternité est à la femme», ce qui fait du fascisme une idéologie de guerre dans son essence. Hittler n’hésitera pas à faire l’éloge de Mussolini comme étant son précurseur.
    Y aurait-il par pur hasard sinon en toute coïncidence un parallèle à faire avec l’époque actuel alors que nous sommes en guerre depuis 2001?
    La loi du marché, est-ce une machine de guerre, un produit dérivé d’l’industrie pétrolière?
    La loi du marché, est-ce une panne de vision ou une surdité qui produit d’l’exclusion?
    La loi du marché, est-ce une entreprise privée de morale qui nous prend pour valise?
    La loi du marché, est une bactérie mangeuse d’âmes aux enchères, une culture du mépris?
    La loi du marché, est un jeu de cache-cash, un secret de banquier, pour fraudeur à cravate?
    Est-ce la loi du marché des grands flux d’capitaux, capitaux étrangers aux droits fondamentaux?
    Est-ce la loi du marché de l’être humain jetable, aux poubelles de la rue, n’étant point consignable?

    Sommes-nous toujours en démocratie, sommes-nous toujours dans un état de droit alors que l’on vient de couper les subventions à 3 bureaux de la Commission des droits de la personne qui recevaient 75% des plaintes au pays (Toronto, Halifax, Vancouver)
    Je pourrais continuer encore longtemps comme cela, mais j’ai autre chose à faire.
    Conclusion : Le fascisme est encore très vivant. Il porte tout simplement un autre nom, dû à son inavouable passé.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yvon Bureau - Abonné
    11 avril 2010 15 h 22
    Musée du nazisme à Nuremberg
    Faut visiter ce Musée. 1919-1939. Histoire de la naissance et de la montée du nazisme.

    Pour ne pas répéter cette histoire; c'est à la portée de bien des pays!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sylvain Auclair - Abonné
    11 avril 2010 17 h 47
    A «Jamais un pays»
    À voir comment vous écrivez le français, vous n'êtes sûrement pas un Canadien français... Les catégories conditionnent la pensée, et je récuse les vôtres.

    À propos, à cette époque, seuls les habitants de la ville de Québec se disaient Québécois...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    12 avril 2010 22 h 14
    Auclair!
    Mettons quelque chose au clair.... pas de jeu de mot... je suis un bon vieux canadien français, mes ancêtre sont arrivés de France il y a plus de 350 ans.
    Pour ce qui est de la qualité du français, une partie est volontaire, une autre parce que sans importance pour moi. Après tout une langue ne définit pas qui nous sommes, mais c'est seulement un outil de communication.

    Nous avons beaucoup plus en commun avec les gens de l'Ontario ou du nord est des USA qu'avec les Suisse, Belge, Marocain ou Français. Pourtant l'on parlent tous français et eux en majorité l'anglais.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Marc Provencher - Inscrit
    13 avril 2010 06 h 58
    Petit oubli de rien du tout, citoyen Gaudette
    Le citoyen Gaudette écrit : « Ces idées n'ont jamais pu être érigé (sic) en système en terre protestante (Angleterre, Pays-Bas, pays scandinaves, USA, Canada) »

    Il oublie fort commodément l'Allemagne... et Quisling. Par ailleurs je note - mais je n'arrive pas encore à expliquer - que les pays de tradition protestante semblaient plus propice à la pensée raciale et aux théories biologiques (qui ne sont pas de tous les fascismes : voir par exemple le fascisme italien).
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Gaudette - Inscrit
    17 avril 2010 08 h 48
    Je n'ai pas oublié l'Allemagne, mais elle est aussi catholique...
    L'Allemagne étant une exception en terre protestante, quoique l'Allemagne du sud est catholique.

    Et à cause d'Hitler le catho, nous avons eu effectivement le fascisme en Allemagne...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
19 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012