Salon du livre de Paris - Écologistes et écolo-sceptiques se tiennent tête
Photo : Agence France-Presse Pierre Verdy
Le Salon du livre de Paris a accueilli un flot de visiteurs, ce week-end, à la porte de Versailles.
Paris — Les grosses pointures ont défilé tout le week-end au Salon du livre de Paris, au Parc des expositions de la porte de Versailles. Entre les séances de signature de Lionel Jospin ou de l'écrivain américain Paul Auster, écologistes et écolo-sceptiques français continuaient de s'affronter sur l'attitude à adopter devant les changements climatiques. Alors que l'astrophysicien québécois Hubert Reeves, invité de l'émission écologiste CO2 mon amour, animée par Denis Cheissoux sur les ondes de France Inter, réitérait qu'il fallait agir vite pour limiter les dégâts du réchauffement, des écolos sceptiques du clan de Claude Allègre, dont Vincent Courtillot, qui a succédé au précédent à la direction de l'Institut de physique du globe de Paris, s'activaient à répandre le discours contraire.
À la une du magazine Le Monde, on présentait une «enquête sur les écolo-sceptiques», où «une phalange de climato-sceptiques, de rationalistes, de scientistes, défend coût que coûte la grandeur de l'idée de progrès». Dans le lot donc, Vincent Courtillot, auteur du livre Nouveau Voyage au centre de la Terre, et Claude Allègre, qui a quant à lui écrit L'Imposture climatique.
Pour sa part, le paléoanthropologue Yves Coppens, qui signait également des livres au Salon samedi, affirmait au Devoir s'être rallié aux conclusions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), selon lesquelles les bouleversements climatiques observés ces dernières années sont effectivement le fait de l'activité humaine.
À ce sujet, Hubert Reeves précisait d'ailleurs au Devoir que les conclusions du GIEC incluaient une marge d'erreur de 10 %, qui ne justifie pas que l'on passe outre pour autant. Le doute est une posture tout à fait souhaitable, plus particulièrement en sciences, ajoute-t-il. Mais dans les cas où le feu ravage la maison, précise-t-il en substance, il faut agir en dépit de la marge d'erreur possible.
Yves Coppens, quant à lui, affirme que l'humanité n'est pas en péril, pas plus que la planète. Le plus inquiétant est lié aux migrations humaines occasionnées par la hausse du niveau de la mer. Il va jusqu'à dire que la simple présence de chefs d'État, au sommet de Copenhague, bien que l'on n'y soit pas arrivé à une solution commune, est l'indicateur d'une prise de conscience salutaire dans le monde. Impossible de remédier à la situation, dans la mesure où le réchauffement est déjà enclenché, relève-t-il, mais il est cependant encore temps de limiter les dégâts.
En fait, Yves Coppens répète depuis plusieurs années que les changements climatiques sont «banals» dans l'histoire de la vie. La naissance même de l'homme, explique-t-il, est liée à une aridité accrue survenue sur la ligne de l'équateur. Pour faire face à une sécheresse impliquant une raréfaction des arbres, l'homme serait alors passé d'une alimentation végétarienne à omnivore, et son corps se serait modifié pour lui permettre notamment de chasser sur de plus longues distances. Or, ces modifications se sont déroulées sur des millions d'années.
Affirmant lui-même être de nature optimiste, Yves Coppens ne s'inquiète pas non plus de la montée notable du discours écolo-sceptique dans les médias français.
Selon lui, entre les alarmistes et les indifférents, un équilibre devrait se trouver de lui-même, dans la mesure où la prise de conscience du public et des décideurs se maintient.
***
Caroline Montpetit est l’invitée de la Délégation du Québec à Paris
À la une du magazine Le Monde, on présentait une «enquête sur les écolo-sceptiques», où «une phalange de climato-sceptiques, de rationalistes, de scientistes, défend coût que coûte la grandeur de l'idée de progrès». Dans le lot donc, Vincent Courtillot, auteur du livre Nouveau Voyage au centre de la Terre, et Claude Allègre, qui a quant à lui écrit L'Imposture climatique.
Pour sa part, le paléoanthropologue Yves Coppens, qui signait également des livres au Salon samedi, affirmait au Devoir s'être rallié aux conclusions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), selon lesquelles les bouleversements climatiques observés ces dernières années sont effectivement le fait de l'activité humaine.
À ce sujet, Hubert Reeves précisait d'ailleurs au Devoir que les conclusions du GIEC incluaient une marge d'erreur de 10 %, qui ne justifie pas que l'on passe outre pour autant. Le doute est une posture tout à fait souhaitable, plus particulièrement en sciences, ajoute-t-il. Mais dans les cas où le feu ravage la maison, précise-t-il en substance, il faut agir en dépit de la marge d'erreur possible.
Yves Coppens, quant à lui, affirme que l'humanité n'est pas en péril, pas plus que la planète. Le plus inquiétant est lié aux migrations humaines occasionnées par la hausse du niveau de la mer. Il va jusqu'à dire que la simple présence de chefs d'État, au sommet de Copenhague, bien que l'on n'y soit pas arrivé à une solution commune, est l'indicateur d'une prise de conscience salutaire dans le monde. Impossible de remédier à la situation, dans la mesure où le réchauffement est déjà enclenché, relève-t-il, mais il est cependant encore temps de limiter les dégâts.
En fait, Yves Coppens répète depuis plusieurs années que les changements climatiques sont «banals» dans l'histoire de la vie. La naissance même de l'homme, explique-t-il, est liée à une aridité accrue survenue sur la ligne de l'équateur. Pour faire face à une sécheresse impliquant une raréfaction des arbres, l'homme serait alors passé d'une alimentation végétarienne à omnivore, et son corps se serait modifié pour lui permettre notamment de chasser sur de plus longues distances. Or, ces modifications se sont déroulées sur des millions d'années.
Affirmant lui-même être de nature optimiste, Yves Coppens ne s'inquiète pas non plus de la montée notable du discours écolo-sceptique dans les médias français.
Selon lui, entre les alarmistes et les indifférents, un équilibre devrait se trouver de lui-même, dans la mesure où la prise de conscience du public et des décideurs se maintient.
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Caroline Montpetit est l’invitée de la Délégation du Québec à Paris
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