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Le monde malade du tourisme

Louis Cornellier   6 février 2010  Livres
Photo : Agence Reuters Miguel A. Baez

À retenir

    • Manuel de l'antitourisme
    • Rodolphe Christin
    • Écosociété
    • Montréal, 2010, 108 pages
Les professionnels aisés en raffolent. Le public de La Poule aux oeufs d'or et du Banquier aussi. Tous, quand on leur demande de quoi ils rêvent, répondent: de voyages! Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que le tourisme soit devenu, devant même l'agroalimentaire, l'armement et la pétrochimie, la première activité économique mondiale. Faut-il s'en réjouir? Ce n'est pas sûr du tout.

Dans un attendu Manuel de l'antitourisme, le sociologue et anthropologue français Rodolphe Christin, qui se définit lui-même comme un «voyageur dans l'âme», qualifie le touriste de «marginal destructeur». Le tourisme, écrit-il, n'est pratiqué que par 3,5 % de la population mondiale et, en ce sens, «est le luxe d'une minorité dont l'impact concerne une majorité, parce que cette minorité tente d'aller partout et que partout on cherche à attirer son pouvoir d'achat». S'il fallait, d'ailleurs, que cette activité se démocratise vraiment à l'échelle de la planète, le monde ne pourrait la supporter, tant il est vrai que le développement qu'elle engendre s'accompagne de multiples «massacres des sites à des fins d'aménagement» (le tsunami en Asie du Sud-Est ne fut pas si dévastateur pour rien) et d'une intense pollution. Tel est le paradoxe: «le touriste déclare son amour à cette planète qu'il visite dans ses moindres recoins et, ce faisant, il contribue à l'épuiser impitoyablement».

Qui, pourtant, ose critiquer ce culte du voyage? Quand il m'arrive de le faire — je dois ici avouer au lecteur que je suis de ces énergumènes qui s'opposent radicalement à la messe touristique —, mes envolées sont accueillies comme des bizarreries de contradicteur de mauvaise foi. Pourtant, lance Christin, «quand le déploiement touristique exige qu'on se pâme systématiquement devant lui, et chaque fois obtient ce qu'il veut, il convient d'émettre une critique, de faire un peu de bruit, de tousser par politesse devant la porte avant de cogner sur la machine, tant elle nivelle le monde au nom du développement».

C'est un peu contre lui-même que Christin livre cette critique. C'est tout à son honneur. Le sociologue, en effet, aime le voyage, qu'il s'efforce de distinguer du tourisme. Il évoque «l'imaginaire du voyage initiatique, transformateur de soi et découvreur d'univers», lie l'art du voyage à une «intensification de la vie» et le qualifie de véritable «clé de l'enfance de la vie». Or, est-il obligé de constater, le voyageur en quête de «l'ailleurs authentique» ne peut maintenant échapper à ses semblables, qui «sont partout, lui renvoyant sa propre image, même au bout du monde».

Le sport du magasinage

Pour sauver la face, le voyageur qui se veut éthique se décrète «pas comme les autres». Il affecte de mépriser le touriste (c'est pas moi, c'est lui), justifie parfois ses voyages en s'en faisant un raconteur professionnel dans des «carnets», un genre qui pullule, ou joue les aristos de la découverte en courant les sites vierges, qui deviennent ainsi, comme les autres, victimes de la «mondophagie touristique». «Pareil snobisme n'est que superficiel et vain», est forcé de conclure Christin. «Désormais, ajoute-t-il, il y a parfois du voyage dans nos tourismes et toujours du tourisme dans nos voyages.» Dans Le Devoir du 12 décembre 2009, par exemple, Diane Précourt illustrait, statistiques à l'appui, que «le sport universel des touristes» est... le magasinage! Et dire que c'est cela qu'on propose de plus en plus, dans nos écoles, comme activité culturelle de luxe!

Plus le voyageur entre en contact avec l'ailleurs, moins cet ailleurs en est un. Partout, sous l'effet de cette «consommation de la planète à des fins de divertissement», les espaces deviennent balisés, standardisés. Soumises au développement touristique qui prend la forme d'un «management du monde», les identités qu'on chante sont laminées et folklorisées. «C'est étonnant, remarque Christin, comme la quête touristique du terroir et de ses produits a lieu au moment où il devient de plus en plus difficile pour les "autochtones" de vivre dudit terroir.» Un semblable paradoxe caractérise le comportement des amants de la nature qui se déplacent en voiture vers les lieux convoités. «Ce faisant, explique le sociologue, ils contribuent à éloigner le plaisir de l'air pur et du calme de leur quotidien, pollué par les voitures qu'ils conduisent pour avaler les distances qui les éloignent de... l'air pur et du calme.»

La nécessité du voyage

La prégnance contemporaine de cette «nécessité vitale de partir interroge la qualité de notre vie quotidienne», note justement Christin. Cette dernière, en effet, du point de vue du touriste, doit être bien plate et pleine de manques pour qu'on en vienne à considérer n'importe quel ailleurs comme la vraie vie, comme l'envers désiré de cette non-vie qu'on ne supporte qu'en attendant les quelques semaines annuelles de libération. «Que faire de nos existences pour que ce que nous allons chercher ailleurs soit trouvable ici, dans le voyage de la vie qui nous a été donnée à la naissance?», lance Christin dans un troublant appel.

Le sociologue, en fin de parcours, tente de sauver l'esprit du voyage en proposant quelques pistes à emprunter pour une exploration discrète du monde. Lui-même, par exemple, selon ce que m'en rapporte son éditeur, avoue voyager de plus en plus, mais de moins en moins loin, c'est-à-dire qu'il ne prend plus l'avion. Il oublie de dire, toutefois, qu'on peut passionnément aimer le monde et sa diversité et les découvrir, les explorer autrement. Par la littérature, la philosophie, les arts, le cinéma, la musique, le journalisme, qui sont les voies royales de la rencontre de l'Autre et qui se vivent pleinement au quotidien, sans effets pervers.

Polémique mais non sans une certaine délicatesse, ce Manuel de l'antitourisme sera une épreuve pour les voyageurs sûrs de leur fait. C'est pour ça qu'il est nécessaire.

***

Manuel de l'antitourisme
Rodolphe Christin
Écosociété
Montréal, 2010, 108 pages
 
 
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  • belisarius37
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 23h47
    3,5 % de la population
    Trop vrai. Comme le dit Paul Theroux - enfin a peu pres - Tourism is a visit by the mobile rich upon the immobile poor.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    samedi 6 février 2010 07h51
    Votre article est très intéressant.
    Il faudrait se demander si les gens font des voyages notamment pour la fierté de pouvoir en parler. En coulisse, il y a les promoteurs du monde du tourisme et l'argent qu'on peut faire. Nous sommes loin de la culture et de l'ouverture au monde. Même que dans certains pays, les touristes ne font que suivre les chemins tout tracés qui leur sont destinés.

    Le tourisme mord, sans trop se donner la peine, à ce qu'on lui donne et c'est souvent pas grand chose. Vous parlez de magasinage, ils veulent tous en avoir pour leur argent. Le tourisme est un marché pour les amateurs de voyages et les promoteurs ne font que répondre à ce besoin. Tandis que le voyage sur mesure est surtout pour ceux qui s'en donnent la peine ou qui veulent bien payer le prix. Il y a aussi ceux qui cherchent ailleurs tout ce qui leur ressemble.

  • Normand Chaput
    Abonné
    samedi 6 février 2010 09h27
    la meilleure école
    le tourisme apporte la paix, un meilleure compréhension du monde et un certaine richesse. Je pense au Vietnam qui en vingt ans est passé d'un enfer à un paradis. Le pays n'a pas tellement changé c'est nous qui avons changé de perception en y allant. Et aucun journaliste ni aucune encyclopédie n'y peut rien. Formater le tourisme n'est pas une mauvaise idée en soi. Pensons à Cuba qui parque ses touristes à Varadero ce qui leur laisse la paix (relative) ailleurs. Le tourisme apporte de la richesse mais celle-ci est mal distribuée et va en grande partie dans les mêmes poches internationales que sont les propriétaires d'hôtels, les grossistes et leurs petits amis les politiciens. Est-ce la faute au touriste?

    Personnellement, j'aime mieux voir cinquante touristes qui débarquent d'un autobus climatisé et qui photographient une personne en costume du pays qui est payée pour ce faire que d'avoir les cinquante personnes aller photographier un mariage en cours comme s'ils étaient à Disneyworld.

  • Godefroy
    Abonné
    samedi 6 février 2010 09h43
    La terre est fragile
    Le tourisme crée des emplois dans beaucoup de pays développés ou en voie de développement. C'est un aspect positif mais...la terre est fragile et le capitalisme dévorant.

  • Claude Kamps
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 09h56
    Quand on voyage pour avoir plus de confort que chez soi...
    Quand on voyage pour avoir plus de confort que chez soi... On fait fausse route !
    Le tourisme écologique cela existe, loger chez l'habitant ou au moins prendre les transport en commun du lieu plutôt que les autobus touristiques qui sont en fait une coquille douillette duquel on regarde les pauvres gens qui habitent ici..

    Quand je dit que je veux aller dans des endroits ou je peux au moins un jour sur deux me mêler à de la population locale ou visiter des lieux qui font grandir mes connaissances du monde, la plupart des gens me disent, je vais la pour me reposer sur la plage...( et boire et manger 5 étoiles à volonté )...

    Lire le journal du coin ( au moins les photos et grands titres ), fumer des cigarettes si on fume de la place, prendre un café à une terrasse et connaitre un peu la langue pour pouvoir découvrir plus que le vernis touristique des agences est la base du voyage qui vous apprend quelque chose...

    Surtout voyager en dehors des dates de vacance de tout le monde, qui en fait son les meilleurs saisons pour avoir un prix abordable...

  • Ivan Jobin
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 11h32
    Les Tourisks
    Je n’ai jamais compris les raisons valables de ces «tourisks» prêt à se faire plumer, pour quelques jours de rêve dont ils auront la nostalgie le restant de l’année. Le vrai tourisme se fait en mission humanitaire où les gens vivent sur une longue période la réalité des pays visités.

  • Patrick Charrier
    Abonné
    samedi 6 février 2010 12h25
    Le touriste n'est pas un voyageur
    Prendre le train ou le bus, observer les gares, les gens, les paysages, les animaux dans les champs (combien sommes-nous à reconnaître les différentes races bovines?), ne pas aller forcément loin, mais comprendre ce que l'on voit...cela se nomme voyager. Le touriste, lui, ne voyage pas. Il paie pour rester immobile avec ses semblables qui photographient les autochtones, pour acheter des cochonneries que l'on trouve partout, comparer les chambres d'hôtel que l'on trouve partout, détruire les paysages en utilisant les stations de ski que l'on trouve partout ou les plages bordées d'édifices hideux qui s'étendent de la mer Rouge à la Floride...Le touriste reste immobile dans un monde qui se transforme pour être partout semblable.

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 15h09
    C'est pas noir et blanc!
    C'est facile pour les gens du nord de critiquer les touristes et leur empreinte dans des pays moins développés alors que leurs pays sont développés. Mais pour les gens d'ici, en Bolivie, ils voient le tourisme comme une manière de se sortir de la pauvreté sans saccager son environnement. La Bolivie est un des pays les plus pauvres d'Amérique et il y a peu de touristes qui viennent ici, sauf peut-être les endroits plus près du Pérou comme Copacabana.

    D'autre part il y a plusieurs multinationales qui reluquent le pays à cause de ses richesses, comme le lithium et les forêts amazoniennes. Les peuples originaires veulent donc développer le tourisme pour éviter le saccage de leurs terres et, en même temps, pour avoir une vie un peu meilleure. Oui, ils savent que les touristes laissent leur empreinte mais ils essaient de développer le tourisme selon leurs propres priorités et leurs propres conditions. Ils ont donc créé plusieurs « eco-albergues » où on peut vivre une expérience fascinante tout en étant confortable et en vivant selon les normes des hôtes: il y a Tomarapi dans le parc national Sajama dans l'Altiplano ou encore San Miguel del Bala, près de Rurrenabaque, dans les terres basses et chaudes de l'Amazone. Ce sont des communautés autochtones qui ont investi et bâti ces endroits (et plusieurs autres) pour profiter d'un peu de développement sans avoir à sacrifier leur mode de vie.

    Donc, le tourisme? oui, dépendant de comment il est fait et à qui il profite.

  • André Julien
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 22h41
    Voir de visu versus via les peintures, photos et films.
    Rien ne remplace ces délices que sont l'odeur, l'atmosphère, la vue des beautés du monde. L'humain est nomade, il est aussi mortel et le voyage lui fait vivre plusieurs vies dans la sienne. L'enrichissement de l'humain passe
    par l'acquisition de connaissances des ailleurs non pas par ce que les autres découvrent mais par ce que lui découvre. Les personnes n'ayant pas cette curiosité des autres peuples et civilisations sont reconnaissables par leur fanatisme pour leur petit coin de pays refusant tout ce qui est en dehors de leur très, très petit milieu. Les ghettos pauvres n'ont pas besoin des touristes-paons mais des gens se mettant à la roue pour les aider.

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 07h45
    Ce ne sont pas les touristes, les sportif ou les amateurs de cinéma qu'il faut blâmer, mais les promoteurs qui en ont fait des industries.
    L'industrie du cinéma a fait dévier la cote d'appréciation de la qualité des films vers le niveau du box-office.

    L'industrie du sport a fait des sportifs des consommateurs, et continue d'adapter les règlements des sports pour en faire des spectacles de plus en plus excitants.

    L'industrie du tourisme vend des destinations à la tonne. Des excursions guidées et téléguidés. Vous n'aurezplus rien à découvrir, on l'a déjà tout découvert pour vous. Assoyez-vous et regardez. Il faut remplir ces hôtels et faire voler ces avions.

    Il y a dans tout cela du "fast-food" et du consommez-jetez. C'est d'abord la frénésie du profit pour toutes ces industries.

    Heureusement, il reste que l'on peut toujours s'organiser soi-même de petites ou de plus longues excursions au-delà ou en-deçà des frontières.

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 07h48
    Une petite remarque.
    Il me semble que l'expresion "dépendant de comment il est fait" pourrait avantageusement être remplacée par "selon la façon dont il est pratiqué".

    Je souhaiterais qu'en tout temps, Le Devoir puisse donner l'exemple.

  • Christophe Horguelin
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 09h50
    J'ai acheté le livre
    J'ai acheté le livre et commencé de le lire. J'étais et demeure sympathique au point de vue de l'auteur, mais on n'y apprend pas grand chose (à ce point de ma lecture, j'entends), et le ton est prêchi-prêcha. Le seul point valable me semble être la critique que fait l'auteur du "tourisme responsable", par lequel nous (y compris plusieurs lecteurs du Devoir, à ce que je vois) nous dédouanons de la catastrophe que nous engendrons. "C'est pas moi, c'est l'industrie." Sans toi, il n'y aurait pas d'industrie!

  • Christophe Horguelin
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 09h54
    La Vie moderne (sagesse du jeune Léo Ferré)
    Y a des gens qui font exotique
    Qui pour bouffer à l'as de pique
    S'en iraient même jusqu'à Pékin
    Moi, sans visa ni prospectus
    Avec un carnet d'autobus
    J' vois des tas d' gens et j' vais pas loin

  • Yves Lever
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 12h30
    L'émotion d'être là
    Pendant des décennies, j'ai lu, j'ai entendu parler, j'ai vu dans des films...

    Puis, quand j'ai pu voyager, j'ai connu l'émotion de me trouver dans ce théâtre où Paul de Tarse prêchait aux Éphésiens, celle de toucher aux pyramides, de gravir la Grande Muraille, d'entrer dans la Taj Mahal, de marcher dans des ruelles du Caire, d'admier les verrières de Chartres, etc. Il suffit d'un brin d'imagination pour recomposer en esprit la vie des temps passés.

    C'est du tourisme, mais cela offre des regards sur les autres civilisations, et cela fait vivre beaucoup d'émotions. Je le souhaite à bien du monde.

    Je ne fais jamais de magasinage.

  • France Marcotte
    Abonnée
    dimanche 7 février 2010 15h42
    La manière, le nombre et les moyens de se rendre
    Monsieur Lever. Vous nous dites que tout est dans la manière. Il doit bien y avoir encore moyen de faire du tourisme respectueux, de se fondre dans le paysage. Sans doute que les comportements de quelques uns finiront par pénaliser tout le monde. Mais il y a forcément l'effet du nombre. Vous tout seul dans les ruelles du Caire, c'est formidable. Des autobus qui déversent des dizaines d'étrangers en même temps, ce n'est plus du tourisme, c'est un débarquement.

  • Yvon Bureau
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 16h32
    Jeunesse et vieillesse , et les voyages
    Il m’arrive souvent de croire que les voyages forment la jeunesse
    et très souvent que le voyages déforment la vieillesse, surtout chez les âgés qui veulent consommer au maximum, avant de disparaître.

    On pourrait voyager par les écrans HD dans nos cinémas ou à la maison. Avec de grands connaisseurs de ces pays visités pour nous apprendre, faire vivre la différence.

    Serais prêt à donner quelques centaines de dollars pour un intensif d’une fin de semaine (12 heures), avec un de ces accompagnateurs grands connaisseurs de voyages, sur un pays précis.

    Tous les voyages de jeunesse ne font que nous aider à faire notre voyage intérieur, entre deux néants !

    Merci Louis de nous faire voyager littérairement !

  • Yves Lever
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 21h56
    Vieillesse et voyages
    Eh oui, comme dit ce monsieur Bureau, je suis de ces «âgés qui veulent consommer au maximum, avant de disparaître»...

    Qui peut être contre cela ?

    Et c'est absolument faux que les voyages déforment la vieillesse. Je pourrais citer des dizaines d'exemples.

    Je suis un de ces ti-cul pauvres de la Gaspésie, nés au début des années 1940, dans une grosse famille avec un père travailleur saisonnier, qui n'auraient jamais espéré même allé faire un tour en Europe quand ils avaient 15 ans. Mais avec quelques études, j'ai pu avoir une carrière intéressante comme prof de cégep.

    La série des Grands explorateurs, j'ai rien contre, mais rien ne vaut l'émotion de se se retrouver, par exemple, à Lhassa pendant trois jours, de marcher dans toutes les petites rues, de passer de longues minutes dans les temples (où il est interdit de photographier, mais qui s'en soucie?) . La télé et les beaux reportages en HD, c'est bien, mais rien à foutre !

    Les grands connaisseurs des pays, même en écrans HD, ne valent pas dix minutes passées à l'Acropole... Ils ne nous font toujours font voir que leur différence, leur perception de l'étranger et de l'étrange. Je n'ai rien contre, mais cela ne me satisfait pas.

    Et cela n'empêche jamais les voyages intérieurs. J'en use et abuse depuis cinquante ans...

  • Sylvain Deschênes
    Abonné
    samedi 13 février 2010 06h09
    consommer avant de disparaître
    Consommer au maximum avant de disparaître est un geste d'une infinie mesquinerie. Oui, je peux me permettre "d'être contre". En fait, j'ai bien hâte qu'on empêche littéralement les individus enrichis personnellement par nos choix collectifs de dilapider leurs biens de façon à défaire le bien des autres.

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