Bédé - Les incontournables de l'année 2009
Photo : La Pastèque
Illustration de Michel Rabagliati pour Paul à Québec
Il y a eu du drame. Il y a eu de l'introspection, du rire, des retours en arrière et beaucoup de sauts en avant. En 2009, l'univers de la bande dessinée, ici et ailleurs, s'est une nouvelle fois dévoilé dans sa complexe et parfois profonde diversité. Pour le bonheur des mangeurs de bulles en boîtes. Et si, pour finir l'année, on ne devait en retenir que 10...
1- Paul à Québec (La Pastèque), Michel Rabagliati
C'est l'événement littéraire de 2009, côté 9e art. Dans cette nouvelle aventure, Paul, qui poursuit son ancrage iconique dans la culture populaire québécoise, affronte ici la mort: celle d'un proche, celle qui unit les clans. Le propos n'est pas joyeux. Mais c'est encore avec la même poésie et la même finesse que Rabagliati nous transporte dans cette autre incursion au coeur de ce quotidien qui nous ressemble.
2- Dieu en personne (Delcourt), Marc-Antoine Mathieu
Tout bascule le jour du recensement: dans la foule, un homme s'avance à la table des fonctionnaires. Il n'a pas de papier. Il se présente: je suis Dieu. La suite est forcément rocambolesque, avec ses témoignages d'experts, ses réunions au sommet et son procès pour mettre au jour le vrai visage de l'inconnu. Un projet ambitieux soutenu par un découpage intelligent et une écriture efficace.
3- Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune (Futuropolis),
Rabaté
Ce n'est rien de plus que l'histoire d'un marchand de farces et attrapes qui est en dépression, et c'est déjà beaucoup. Oui, il y a des coussins péteurs, des étrons en plastique et des masques en latex. Mais il y a aussi, par la finesse d'un dessin et la précision d'un scénario, le récit d'une douce dérive du côté loufoque du quotidien. Sensible et subtil.
4- Harvey (La Pastèque), Hervé Bouchard et Janice Nadeau
L'ovni littéraire de 2009 est remarquable. Plus roman illustré que bande dessinée, Harvey nous transporte quelque part dans une rue Tremblay, au printemps et dans l'incroyable légèreté de l'enfance. Les voisins sont gentils, la vie est savoureuse, sans souci, jusqu'à ce que la Grande Faucheuse vienne imposer une recomposition de l'existence. Un drame exposé ici avec une plume assumée, franche et lucide.
5- L'Été 63 (Vents d'Ouest), Voro et Bourgne
Il a le coup de crayon talentueux, ce Voro et il le prouve une nouvelle fois avec cette séduisante et sensible autopsie des sentiments humains, à Paris et à la campagne, l'été de 1963. Les questionnements de l'adolescence n'y sont pas faciles. Ils sont aussi perturbés par la découverte d'une demi-soeur eurasienne et des non-dits du passé qui s'ensuivent.
6- Happy Sex (Delcourt), Zep
«Réservé aux adultes». L'avertissement sur la couverture est bien placé. Après avoir servi son goût de l'insolence aux enfants, par l'entremise de son personnage Titeuf, Zep a voulu, le temps de cet album spécial, s'adresser aux parents. Cela donne une série de planches hilarantes — pissantes, même — sur les relations qu'hommes et femmes peuvent entretenir parfois, une fois les enfants couchés.
7- Blessure d'amour propre (Dargaud), Martin Veyron
La mise en abîme est savoureuse. Un auteur de bande dessinée sur le déclin, accablé par son passé de bédéiste pornographe, cherche à s'en sortir. Mais ses années de jeunesse le rattrapent toujours. Résultat? Une oeuvre peut-être autobiographique où le point G des femmes va prendre une place trop grande dans la vie d'un artiste qui voulait pourtant s'en éloigner. Très marrant.
8- Coronado (Casterman), Loustal et Dennis Lehane
Un homme sort de prison. Son père vient le chercher, dans une voiture volée, avec de la coke dans la boîte à gants et une pute sur le siège arrière. Avec son légendaire coup de crayon, Loustal vient une fois de plus mettre des couleurs vives dans une histoire sombre: la nouvelle Avant Gwen du «polariste» Dennis Lehane. Coup de feu, trahison et déchéance humaine. Tout est là. Et paradoxalement, c'est beau.
9- Mon petit nombril (La Pastèque), Pascal Colpron
Du blogue au papier. En 84 pages, un jeune directeur artistique livre ici le journal de bord de sa vie de père. Planche par planche. Le résultat, lui, est bien sûr très égocentrique, mais il n'en demeure pas moins une balade amusante, délirante et parfois fine dans la paternité d'un trentenaire. Au temps de la technologie. Sympathique.
10- Pachyderme (Gallimard), Frederik Peeters
Esprits trop cartésiens, s'abstenir. Dans ce récit à l'esthétique impeccable, une femme va rejoindre son mari hospitalisé après un accident de la route. Et c'est certainement la seule chose cohérente dans cette histoire où les médecins dansent, les morts parlent et les espions circulent à travers la tuyauterie d'une maison. Nous sommes en Suisse romande en 1951. Peut-être.
1- Paul à Québec (La Pastèque), Michel Rabagliati
C'est l'événement littéraire de 2009, côté 9e art. Dans cette nouvelle aventure, Paul, qui poursuit son ancrage iconique dans la culture populaire québécoise, affronte ici la mort: celle d'un proche, celle qui unit les clans. Le propos n'est pas joyeux. Mais c'est encore avec la même poésie et la même finesse que Rabagliati nous transporte dans cette autre incursion au coeur de ce quotidien qui nous ressemble.
2- Dieu en personne (Delcourt), Marc-Antoine Mathieu
Tout bascule le jour du recensement: dans la foule, un homme s'avance à la table des fonctionnaires. Il n'a pas de papier. Il se présente: je suis Dieu. La suite est forcément rocambolesque, avec ses témoignages d'experts, ses réunions au sommet et son procès pour mettre au jour le vrai visage de l'inconnu. Un projet ambitieux soutenu par un découpage intelligent et une écriture efficace.
3- Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune (Futuropolis),
Rabaté
Ce n'est rien de plus que l'histoire d'un marchand de farces et attrapes qui est en dépression, et c'est déjà beaucoup. Oui, il y a des coussins péteurs, des étrons en plastique et des masques en latex. Mais il y a aussi, par la finesse d'un dessin et la précision d'un scénario, le récit d'une douce dérive du côté loufoque du quotidien. Sensible et subtil.
4- Harvey (La Pastèque), Hervé Bouchard et Janice Nadeau
L'ovni littéraire de 2009 est remarquable. Plus roman illustré que bande dessinée, Harvey nous transporte quelque part dans une rue Tremblay, au printemps et dans l'incroyable légèreté de l'enfance. Les voisins sont gentils, la vie est savoureuse, sans souci, jusqu'à ce que la Grande Faucheuse vienne imposer une recomposition de l'existence. Un drame exposé ici avec une plume assumée, franche et lucide.
5- L'Été 63 (Vents d'Ouest), Voro et Bourgne
Il a le coup de crayon talentueux, ce Voro et il le prouve une nouvelle fois avec cette séduisante et sensible autopsie des sentiments humains, à Paris et à la campagne, l'été de 1963. Les questionnements de l'adolescence n'y sont pas faciles. Ils sont aussi perturbés par la découverte d'une demi-soeur eurasienne et des non-dits du passé qui s'ensuivent.
6- Happy Sex (Delcourt), Zep
«Réservé aux adultes». L'avertissement sur la couverture est bien placé. Après avoir servi son goût de l'insolence aux enfants, par l'entremise de son personnage Titeuf, Zep a voulu, le temps de cet album spécial, s'adresser aux parents. Cela donne une série de planches hilarantes — pissantes, même — sur les relations qu'hommes et femmes peuvent entretenir parfois, une fois les enfants couchés.
7- Blessure d'amour propre (Dargaud), Martin Veyron
La mise en abîme est savoureuse. Un auteur de bande dessinée sur le déclin, accablé par son passé de bédéiste pornographe, cherche à s'en sortir. Mais ses années de jeunesse le rattrapent toujours. Résultat? Une oeuvre peut-être autobiographique où le point G des femmes va prendre une place trop grande dans la vie d'un artiste qui voulait pourtant s'en éloigner. Très marrant.
8- Coronado (Casterman), Loustal et Dennis Lehane
Un homme sort de prison. Son père vient le chercher, dans une voiture volée, avec de la coke dans la boîte à gants et une pute sur le siège arrière. Avec son légendaire coup de crayon, Loustal vient une fois de plus mettre des couleurs vives dans une histoire sombre: la nouvelle Avant Gwen du «polariste» Dennis Lehane. Coup de feu, trahison et déchéance humaine. Tout est là. Et paradoxalement, c'est beau.
9- Mon petit nombril (La Pastèque), Pascal Colpron
Du blogue au papier. En 84 pages, un jeune directeur artistique livre ici le journal de bord de sa vie de père. Planche par planche. Le résultat, lui, est bien sûr très égocentrique, mais il n'en demeure pas moins une balade amusante, délirante et parfois fine dans la paternité d'un trentenaire. Au temps de la technologie. Sympathique.
10- Pachyderme (Gallimard), Frederik Peeters
Esprits trop cartésiens, s'abstenir. Dans ce récit à l'esthétique impeccable, une femme va rejoindre son mari hospitalisé après un accident de la route. Et c'est certainement la seule chose cohérente dans cette histoire où les médecins dansent, les morts parlent et les espions circulent à travers la tuyauterie d'une maison. Nous sommes en Suisse romande en 1951. Peut-être.
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