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Lauréat du prix Médicis 2009 - La presse française salue le talent de Dany Laferrière

Isabelle Paré   6 novembre 2009  Livres
La presse francophone continuait hier de tomber sous le charme de l'écrivain québécois Dany Laferrière, lauréat du prix Médicis 2009, certains quotidiens n'hésitant pas à qualifier son roman de «chef-d'oeuvre sobre et bouleversant».

Hier matin, le quotidien suisse Le Temps louait l'à-propos du choix du prix Médicis, s'empressant d'ajouter que la même lucidité n'avait pas éclairé le jury du prix Renaudot, attribué quelques jours plus tôt à Frédéric Beigbeder, un autre poulain de la maison Grasset. «Si la première distinction a pu susciter le doute dans les esprits, celle décernée à l'écrivain d'origine haïtienne et établi depuis longtemps à Montréal est un fait dont il faut se réjouir. Parce qu'il est ici question d'un ouvrage d'envergure, ambitieux et bouleversant», souligne le journal genevois.

Dans sa dernière oeuvre, Dany Laferrière «efface les sourires pour faire place à une gravité sourde, portée par un style élégant et limpide», lit-on encore.

Dans un billet fort louangeur, Le Temps poursuit son apologie assimilant L'Énigme du retour à un «chef-d'oeuvre sobre et bouleversant», marqué par une construction étonnante et ambitieuse. «Cette forme étonnante a été reconnue par les jurés du Médicis, traditionnellement à l'affût de voix littéraires originelles», écrit le journal, qui avait publié un long portrait de Laferrière au mois d'octobre.

Le Soir de Bruxelles voit plutôt dans le style particulier du dernier des couronnés du Médicis «une langue où les mots sont français, mais le rythme anglo-saxon. Et rock». Il était temps, ajoute pour sa part le quotidien La Croix, «qu'un jury littéraire récompensât le talent de cet écrivain magnifique qui a déjà publié une vingtaine de livres».

Charles Dantzig, son éditeur chez Grasset, la maison qui réussit un doublé en obtenant le Renaudot avec Un Roman français de Beigbeder, a vanté quant à lui «la grande élégance de forme», de Laferrière. Reste à voir maintenant si l'écrivain né à Haïti réussira un doublé, lui qui est toujours en lice pour le prix Femina, dont le lauréat sera dévoilé lundi prochain.

Éternel débonnaire, Dany Laferrière a lui-même joint Le Devoir hier pour prendre des nouvelles de «la maison», en dépit de la tornade médiatique qui s'acharne sur lui en France. Il s'avouait très sceptique quant à ses chances de remporter le Femina. «Le Femina? Non. C'était déjà arrivé avec Makine, qui l'a eu avec le Goncourt. J'aurais peut-être des chances. Ça peut arriver. En tout cas, ça pourrait avoir plus d'éclat!»
 
 
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