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Joual en stock

Odile Tremblay   24 octobre 2009  Livres
Ça barde autour de Colocs en stock, traduction en joual du Coke en stock d'Hergé sous les bons soins du sociologue de Québec Yves Laberge (courageux? Inconscient?) avec le sceau de Casterman.

On peut tout reprocher à cet album: d'avoir usé de régionalismes, d'archaïsmes, d'avoir nivelé le joual à toutes les couches sociales. Comble du ridicule, un tas d'étrangers aux profils exotiques, du délicieux petit monstre Abdallah au sinistre Rastapopoulos, en passant par le général Alcazar et la Castafiore, joualisent de concert. C'est l'essence même du projet qui cause problème. Que diable allaient faire sociologue et éditeur officiel d'Hergé dans cette galère?

Remarquez, si on prend l'affaire avec un brin d'humour, quelques perles sortent de la coquille. Rigolos, les jurons du capitaine Haddock en québécois pure laine: «Escoumins!», «Picbois!», «Bonhomme-sept-heures!», «Mouche-à-chevreuil!», «Ouaouaron!», «Atocas!», «Coquerelle!», «Carcajou!», «Maskinongés à la graisse de bines!». Qui dit mieux? On en inventera d'autres, promis, lors des longues veillées hivernales, entre deux reels et trois rigodons...

Aucun sacre, toutefois, dans Colocs en stock. Ni ostie, ni tabarknak! Décision judicieuse, remarquez, mais chacun s'autocensure en la matière. Même le sociologue derrière ce projet.

Quelques bons gags au milieu des incongruités en bouquet! Mais basta! Du balai! Car le détachement n'est pas de mise, ni la franche rigolade. On a trop mal à notre joual pour respirer par le nez. Alors, quand Tintin demande «Quosséça? Quossé qu'y a? Quelle sorte de patente que c'est?», le rouge nous monte aux joues. Névralgique, le sujet...

De fait, soyons honnête. Si Yves Laberge avait servi Tintin en joual à une sauce plus urbaine, plus moderne, il n'aurait pu s'en tirer mieux. Sa cause était perdue d'avance. Trop délicat, trop insultant, ce terrain-là. Quand il n'est pas porté comme une tare un peu honteuse, le joual se transforme en étendard nationaliste, récupéré à des fins partisanes, pas toujours honorables. Ce joual qui nous habite et nous déchire...

Jusqu'ici, les tentatives de codifier notre patois (osons l'appeler ainsi) n'ont jamais été très convaincantes. Trop différents selon les milieux et les régions, les mots, mis à part les jolis, comme «enfarger», «enfirwaper», à arborer comme une fleur au chapeau. Le joual fleurit pourtant, sous mutations diverses. Suffit d'écouter les vox pop aux informations pour constater sa belle vigueur, avec syntaxe à l'avenant.

La publication de Colocs en stock ne pouvait susciter que des réactions enflammées. Qui touche au joual reçoit l'élastique en pleine poire. Une levée de c¶urs et de boucliers. Les lettres aux lecteurs s'indignent. Elles ont raison, mais combien émotives, transpirant la douleur d'une appartenance mal digérée, pas trop montrable.

Au Québec, on parle tout croche, mais on écrit en français et les petits Québécois peuvent lire Tintin dans le texte, voire en profiter pour se farcir quelques mots nouveaux. Alors, une traduction... C'est qu'il nous reste un bout de fierté. N'allez pas nous l'enlever en plus. Non mais!

Vous me direz que le joual s'écrit parfois. Oui, mais avant tout pour le théâtre, afin que des comédiens se mettent (avec raison) le texte parlé en bouche. D'ailleurs, Michel Tremblay, en lâchant dans l'arène en 1968 ses géniales Belles-s¶urs, avait suscité un débat de société carabiné, à peine éteint. Au cours des décennies, tant le frère Untel que Georges Dor, qui ont dénoncé de leur côté l'enfermement du joual, se sont fait taxer d'élitisme, par les tenants d'un parler national distinct. Ce dernier fût-il avant tout du français appauvri et incompréhensible par l'ensemble de la francophonie.

Colocs en stock a le mérite de relancer le débat sur le joual. Un débat qui n'en finit plus de faire du surplace. L'État regarde ailleurs. Et personne ne sait sur quel pied danser.

Car entre les tenants d'un idiome largement autonome et ceux d'un français universel avec variantes, les vraies rixes sont surtout souterraines...

Parlons-nous «québécois» ou français au Québec? On l'ignore, mais mon petit doigt m'assure que, si on était devenu un État souverain, le québécois dit standard aurait été élu langue nationale sans qu'on sache très bien ce que le terme recouvre et sans que la majorité des gens aient été consultés sur la question. C'est la peau de banane que le PQ, souvent mieux inspiré, a le plus mal gérée.

Au long des décennies, bien des enseignants, dans leurs cours de français — le sentiment nationaliste n'y est pas étranger —, ont négligé la quête d'excellence. Après tout, ce n'est pas vraiment notre langue, se sont dit plusieurs profs, nageant eux-mêmes dans le flou. Erreur! Il fallait donner aux enfants toutes les armes d'ouverture au monde. Le Parti québécois, si longtemps en poste en des années cruciales pour l'éducation publique, a contribué à ce laxisme en privilégiant par la bande à coups de programmes expérimentaux un joual identitaire, sans le relier assez au tronc commun.

Il n'est pas normal que le Québec, près de 50 ans après la Révolution tranquille, n'ait pas amélioré davantage la qualité du français. Pas normal qu'un peuple qui enfante tant d'artistes soit aussi retardé en manière linguistique. Pas normal que des Québécois ignorent quelle est leur vraie langue. Pas normal que tous ne puissent pas avoir accès à plusieurs niveaux de langage.

Alors, on parcourt Colocs en stock avec un malaise. Sans le percevoir comme un exercice de style plus ou moins loufoque ou raté, mais comme une preuve supplémentaire que le joual est une pomme de discorde mal digérée. Faute d'en analyser les enjeux sur une vraie tribune publique.


otremblay(a)ledevoir.com
 
 
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  • Lapirog
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 05h46
    Faut-il avoir honte de sa langue populaire?
    Les Étatsuniens ont développés avec le temps, leur langue populaire appelé SLANG qu'ils utilisent surtout dans le cinéma sans pourtant se faire ostraciser par les élites culturelles de leur pays et c'est très bien ainsi, même remarque pour les langues créoles comme en Haiti si chère aux intellos de ce pays. Pouquoi est on si frileux au Québec quand il s'agit de notre langue populaire ,celle du peuple, Michel Tremblay lui a pourtant donné ses lettres de noblesse dans des pièces de théâtre acclamées dans le monde entier.Complexe d'infériorité indécrottable.What's the problem Basta!

  • J. Maurice Arbour
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 07h34
    Une guerre sans fin
    Je constate avec Paul Roux qu'on trouve le joual partout: dans les spectacles d'humour, les téléromans, au théâtre, dans la publicité, au cinéma, dans la chanson, dans les émissions de variétés, même dans les émissions d'affaires publiques et dans la presse écrite. Selon lui, le joual du Frère Untel est moins fringant, mais il n'est toujours pas retourné à l'écurie. Je dis que c'est inquiétant et dangereux de savoir que le joual fringue encore en toute liberté parce qu'il pourrait blesser des enfants pour la vie.Le joual a ses pontifes, ses évêques et ses fidèles qui ne questionnent plus sa pertinence sociale. Le français correct, kossa donne?Faudrait-il donc suivre George Dor quand il pense, dans Anna braillé ène shot que ce "qu'il nous faudrait, c'est une loi 101 pour la langue parlée!". Doit-on au contraire dénoncer Dor pour avoir failli à l'obligation de vivre en harmonie avec son époque?Je dis à tous les écrapoutis qui n'ont pas la fierté de leur langue de sortir de leur bled, de voyager un peu et d'arrêter de penser que le monde gravite autour de leur nombril car il y a un gros prix à payer en voulant se distinguer par le maintien d'une langue abâtardie par l'analphabétisme et le mépris de l'effort. Je dis à tous les écrapoutis, à tous ces chantres du joual qui peuvent utiliser deux langues, l'une qui est élégante et propre pour leur voyage à Paris et l'autre pour le petit peuple qu'ils fréquentent dans les studios de télévision, les salles de spectacle et les galas de l'humour, ne commettez pas l'erreur de croire que vous travailler à la libération des Québécois en les enfermant dans un univers décrépi et fermé sur lui-même

    Quand on ignore le mot juste, la pensée flotte dans un brouillard approximatif et le vocabulaire reste au niveau du t'sé veux dire, y'nque à voir, on voit ben, genre pas rap, flou et débile, souvent rendu incompréhensible .Pierre Foglia écrit: « Les langues meurent d'abord d'être mal enseignées, mal transmises, à l'école, à la maison, dans la littérature, dans toujours plus de chansons à la con... Les langues meurent de ne plus servir à lire, à écrire, à penser, à contester, à philosopher, à créer, à respirer, à vivre. ». À mon avis, les Québécois sont tellement isolés en Amérique qu'ils n'ont pas besoin de s'isoler du reste du monde, des pays de la francophonie plus particulièrement, en parlant une langue défaite d'un peuple à la dérive.

  • Christiane Noiseux
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 08h55
    "Le joual identitaire"
    Bravo pour cet article qui a le mérite de décrire parfaitement notre patois national.

    Malheureusement la situation me semble irréversible. Tout dans notre environnement quotidien alimente la dégradation de la langue française au Québec: publicité,émissions télévisées, radio... Que dire des films québécois où les "sacres" et le joual sont omniprésents. Même les critiques de cinéma laissent passer !

    Un patois de plus en plus répandu à l'étranger ...le touriste québécois qui ne l'a pas adopté étonne: "vous n'êtes pas québécois" " vous n'avez pas l'accent.." Faut-il s'excuser d'avoir conservé un vocabulaire et une articulation convenables?

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    samedi 24 octobre 2009 13h21
    Une chronique courageuse
    On vit sur un malentendu au Québec : celui de penser que le débat sur notre langue ne doit pas remettre en question le joual. Vos questions sont courageuses et nécessaires. Félicitations !

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter,net

  • Gilles Delisle
    Abonné
    dimanche 25 octobre 2009 06h57
    Opinion très juste de M. Arbour.
    M. Arbour a une opinion très juste de la fierté québécoise qui gravite depuis quelques années dans le giron du parler "joual" et souvent vulgaire. Malgré le fait, que cette "joualisation" s'est confortablement établie à partir des raisons sociales alambiquées, des émissions de télévision, des animateurs-radios, des livres québécois et même dans nos institutions scolaires, les Québécois devraient se faire remarquer sur la scène internationale en parlant une langue française correcte, sans toutefois y perdre leur accent.

  • François Perrier
    Inscrit
    dimanche 25 octobre 2009 14h27
    Ne blamons pas la masse des Québécois mais nos "zélites"
    De François Perrier le 25 octobre 2009. Se réfère au texte de Mme Odile Tremblay.

    Le PQ et les intellectuels gravitant autour, cautionnent le JOUAL et l'analphabétisme, dans l'entretien d'une médiocrité généralisée au Québec pour promouvoir le statu quo débilitant pour protéger les acquis de la classe sociale des privilégiés.

    L'accusation ici est double : (a) nos politicailleux péquisses alors qu'au pouvoir, imposaient le joual dans nos écoles publiques pour affaiblir les facultés intellectuelles et morales de la masse des Québécois ce qui les rend plus malléables, plus vulnérables aux avatars de l'anti-libéralisme, favorisant ainsi l'hégémonie du conservatisme économique scabreux sur la société québécoise. Un cconservatisme qui jouit surtout et avant tout à leur classe de bien nantis. (B) quant à nos zintellectuels-du-moindre- effort sur plusieurs générations que leur conférait leur empoigne exclusive sur une société nationale close, ils sont pris au piège de leur propre indolence et ne savent plus maintenant que penser et s'exprimer en joual. Ils sont donc incapables d'interaction ou de rivalité intellectuelle avec la francophonie internationale.

    Ce joual HABITE nos zélites autant que la majorité dans la nation. Le joual les hante, les consume et nous domine tous ! Nous sommes tous estropiés par notre joual national. Comme les animaux malades de la peste, tous sommes soudoyés par le fléau joual, y compris nos zélites. Par exemple, l'ex ministre Legault de l'éducation jouale, s'exprimant dans un "frança ben ordinaire," trébuchant par deux fois sur le mot "bilinguisme" puis renonçant tout simplement à le prononcer correctement. On se demande ensuite pourquoi nos jeunes éructent le joual.

    NB : ceux qui s'étonnent que je n'attaque pas le PLQ au pouvoir présentement, doivent comprendre que même les francophones parmi eux sont des traîtres canadiAns et fédérastes, et veulent la disparition de la langue française au Québec. Les péquissses n'ont pas cette excuse là !

    Entendons nous bien : nos zélites ne promeuvent pas le joual par conviction, mais bien parce qu'ils en sont captives et impuissantes devant lui. Constatant qu'elles ont le joual dans l'esprit, comme partie intrinsèque d'eux-mêmes, comme une tare indélébile à leur être, nos zélites avaient deux choix. Ou reprende l'apprentissage du français comme langue étrangère à leur existence joualisante, OU promouvoir ce patois infecte comme langue (sic!) nationale.


    Nos zélites se sont alors inventé "une défense et une promotion de la langue française de bon aloi du Québec" - quant ils ne veulent en réalité qu'asseoir l'emprise de leur patois joual qu'ils promeuvent comme patois national." Au pays des aveugles, le borgne est roi ! La langue française universelle est alors dénoncé comme "colonisatrice" en ce qu'elle empêcherait cette pseudo langue française de bon aloi du Québec de s'épanouir. Quand en réalité il s'agit de leur propre patois joual, lequel ne peut souffrir d'être exposé à l'oeil scrutateur de la communauté internationale, idiome dénoncé comme imposteur puis ridiculisé!! À travers le monde occidental, la parole "tabarnacos" est devenue synonyme de "québécois" et provoque railleries et ridicule.

    Vous savez, quand les étrangers font l'éloge de nos zartistes et nos zintellectuels jouaux, c'est le bouffon en eux qu'ils saluent, l'être curieux, estropié, le petit monstre/le grand blessé qui survit de son talent inné malgré ses plaies jouales, certainement pas/pas celui qui ajouterait à l'avancement de la culture et de l'humanité. Invariablement ces étrangers qui cautionnent notre joual national, ont leur État indépendant bien à eux et c'est à partir de cette position relativement sécuritaire par rapport à la "mondialisation" des cultures nationales (i.e., leur réduction à une seule et unique culture mondiale blafardo-american") qu'ils applaudissent la "nouveauté" du joual comme expression d'une culture nationale arriérée à la haïtienne. .
    Encore une fois, entendons-nous bien. Nos zélites jouales ont bel et bien quelques talents et sont méritoires. La monstruosité de leur promotion du joual repose dans le fait que la jeunesse québécoise à laquelle ils enseignent le joual dans nos écoles et le promeuve dans la rue s'en font les chantres sur nos scènes, sur nos écrans - grands et petits - ne sont EUX pas tous de "petits génies" capables à la rigueur d'intellectualiser sur deux ou plusieurs registres !!! Ils n'ont alors que leur joual infâme pour exprimer leur quotidien élitiste ainsi que leurs aspirations plus poussées. D'où l'horreur qu'inspirent nos zélites qui promeuvent ce joual. Elles ont créé depuis les années 1980 des générations de zombies intellectuels

    Le PQ et ses zintellectuels - dont un grand nombre d'enseignants - nient à la nation la faculté de s'exprimer sur d'autres registres linguistiques plus élevés que le patois joual. La nation québéco/canadienne-française, ainsi que sa jeunesse, héritières de la plus mélodieuse langue au monde, sûrement la plus riche dans sa capacité à exprimer la condition humaine - ne devraient-elles donc pas avoir le choix de s'exprimer (1) en français langue universelle, (2) en français québécois de bon aloi, et (3) en joual - si tel était vraiment leur désir?! Il n'est pas question "d'accent" ici - à la rigueur il pourrait y avoir 8 millions d'accents français chez nous - puisque tel est le nombre de parlant français au Québec-Canada. NON - Il s'agit de la capacité de la nation de verbaliser sa volonté - et le PQ ne veut pas le lui permettre !


    Ainsi, et à l'appui de ma thèse - à qui sert l'analphabétisme (le joual poussé à son extrême) qui afflige un million de Québécois - sinon au PQ - pour mieux asservir tout une nation ? Inconcevable autant dans la 7e puissance économique mondiale canadiAn que dans la 16e que serait le Québec à sa séparation - si ce n'est que pour garder les Québécois emprisonnés au Québec par un patois inconnu ailleurs sur la planète, et (b) qui affaiblis et rendus dociles dans l'incapacité de lire ou d'écrire, chez 1 Québécois sur 7. Ce pourcentage est effarant et inconnu ailleurs dans le monde industrialisé. On constate le flou pervers des statistiques de l'OCDE dont se gaussent nos zélites, quand malgré cette frêle couche alphabétisée - elles peuvent affirmer que le Canada-Québec est une des région les plus instruite de la planète.

    JAMAIS un quelconque projet national n'a été réalisé dans la médiocrité, une trop grande facilité linguistique, un moindre effort verbal, le laisser-aller intellectuel généralisé - dont suinte l'idéologie tabarnaco-péquisse. Jamais un grand projet de libération nationale à été réalisée dans la médiocrité généralisée - surtout quand il s'agit d'une langue, (non pas un dialecte ou un patois) qui doit servir de courroie unificatrice entre la nation "de souche française" qui se voudrait nation rassembleuse de toutes ses composantes immigrantes, anglos, plus amérindiennes, et ensuite assimilatrice. OUI, autant de la minorité officielle anglos, que des groupes ethniques qui immigrent sur le territoire du Québec. Et voilà pourquoi le joual fait que des groupes ethniques préféreraient mourir dans une guerre civile plutôt que de se conjuguer à "nous" pour former un nouvel État joual. Voilà étalé toute la perversité du complot joual péquisse. On soutire à la nation le moyen nécessaire à l'expression de sa volonté de liberté, tout en promouvant une souveraineté devenue impossible, en reconduisant son règne sur une nation blessée à mort.

    Sept millions de Québécois - 8 millions de francophones et/ou francophiles - si on compte la Diaspora, sont tenus en otages et prisonniers du joual de leurs zélites politiques et intellectuelles, DÉVOYÉES.

    Aller donc exprimer une volonté forte à partir d'un joual débilitant, d'un patois primaire aux quelques 500 mots dont la moitié des sacres, un patois lequel n'inspire que le mépris des autres groupes ethniques à l'endroit de notre communauté nationale québécoise. Mépris qui se manifeste même chez les plus démunis parmi les nouveaux arrivés. On dit qu'émigrer est l'acte le plus traumatisant qu'un individu puisse poser dans sa vie - et on comprend alors qu'il ne veuille pas refaire cette vie en joual, parmi une bande de "loosers" québécois, tabarnacos et falardeux!

    Le plus choquant dans cette horreur du joual, est que rien "nous" contraint - certainement pas la pauvreté ! - à baragouiner en joual ! Ou encore qu'un avatar de l'histoire nous aurait fait hériter d'une langue amochée - de seconde zone - ou parlée par peu de gens, ce qui serait effectivement un handicap à qui doit prendre les bouchées doubles pour se refaire une vie. NON - nous avons hérité de la langue française que même ses détracteurs concèdent qu'elle est la plus belle - un joyau de l'Humanité. C'est pourtant cette langue-là que nos zélites péquissent s'emploient à profaner !


    Il ne s'agit donc que d'une volonté perverse et manifeste du PQ de maintenir sa propre nation de souche française dans une médiocrité programmée, médiocrité qui paralyse l'expression d'une volonté forte de libération, laquelle absence coïncide avec la volonté du PQ de ne régner sur nous - plutôt que de nous libérer du joug anglo. C'est là que toute l'ampleur de la déchéance du PQ prend sa pleine charge d'horreur.

    Je suis hanté - cuistre et petit-cul que je suis - par une table ronde au Salon du livre de Montréal à l'automne de 1997, entre sommités (sic !) nationale dont Lise Bissonnette, ex-directrice du Devoir et grande avocate d'une langue française de qualité rehaussée - devenue muette depuis son entrée grassement rémunérée dans le cercle des collaborateurs du PQ, ainsi que Josée Legault grand défenseur de la langue française et pourfendeuse d'Anglos, jusqu'à ce qu'elle soit frappée de mutisme par son désir de devenir ministrable au PQ - pour ne nommer que ceux-là, pour instruire le point que je veux faire - ET Andrée Ferretti, militante pseudo indépendantiste de la première heure et persona non grata au PQ, laquelle avait alors lancé une accusation que j'entendais pour la toute première fois, à savoir "que le PQ promeut le joual dans l'enseignement scolaire." Choqué, j'avais alors attendu - EN VAIN - un démenti formel par les autres membres du panel - quand au contraire cette affirmation n'obtint qu'un murmure de confirmation. Comme si il s'agissait d'une évidence connue de tous - sauf moi. Depuis, j'ai tenté en vain d'obtenir une infirmation, ou de provoquer une négation ou même une explication qui tempérerait cette affirmation - sans jamais l'obtenir. Grasses-dures nos zélites et nos politicailleux se complaisent dans la médiocrité qu'est le joual - et complices entre elles, toutes se taisent !!!!

    L'enseignement d'un joual débilitant dans nos écoles appelle au laisser-aller et à la soumission. Quand sous la guise d'un français de bon aloi, le PQ promeut délibérément l'enseignement d'un patois joual, il AVIVE chez les composantes de sa propre nation de souche française, L'INCAPACITÉ d'exprimer ses volontés, d'en délibérer entre elles dans un processus vigoureux et démocratique. Qu'il s'agisse du bon vouloir d'affronter la vie de tous les jours ou de décisions ayant une porté d'envergure nationale. Le tout pour rendre "ce bon peuple" (le mot "peuple" ayant longtempss été synonyme de "ignorant") toujours plus inféodé à ses zélites dans l'inaction.

    Le PQ reconfédéraliste a besoin d'une nation faible et désorientée pour se hisser et se maintenir au pouvoir. Ainsi il en va de même pour nos intellectuels jouaux qui ont besoin d'une nation également jouale pour accompagner leur propre incapacité à s'exprimer dans un français correct et alors justifier leur choix forcé de la médiocrité, comme mode de vie. Il est plus difficile de comprendre l'acharnement de la plupart de nos zintellectuels à se vautrer dans le joual et à le promouvoir : selon moi, ils sont OBNUBILÉS par le joual appris sur les genoux de leur mère et qui les a marquées à jamais du sceau d'une enfance bondieusarde et soumise dont ils n'arrivent pas à se défaire.

    LA PROMOTION DU JOUAL par un Ministère de l'enseignement joual.

    Ceci est vrai aussi pour les intellectuels qui gravitent autour du parti. Le joual est préconisé pour faire planer le doute et une fausse honte de nous-mêmes laquelle brise toute fierté et freine toutes ardeurs souverainistes et volonté de s'émanciper et se prendre en main. Et ceci est ok pour le PQ n'ayant aucunement l'intention de réaliser une quelconque souveraineté.

    De quelle logique s'inspire l'enseignement systématique du joual dans nos écoles, dans l'abandon de la langue française universelle, pourtant jugée une des plus grandes réalisations de l'Humanité? La possible amélioration du joual enseignant est mentionné quelque part dans le texte, mais soyez assurés que ça restera lettre morte.

    CUISTRERIE PAR INDUCTION dans une "MÉDIOCRATIE" péquiste, qui nie la MÉRITOCRATIE. Toutes nos zélites, particulièrement celles rattachées au PQ, s'inscrivent de plus en plus dans une 'médiocratie du pas pire' de leur propre création, qu'ils ont tissé depuis la fin de la Révolution tranquille. Et ces zélites sont prisent à leur propre piège, car à mesure que la jeunesse péquisse montante s'affirme, la médiocrité ambiante s'amplifie, et DÉTEINT de façon exponentielle sur tout le Québec. Elles aussi souffrent donc d'une médiocrité rampante progressive. On n'a qu'à écouter nos zélites joualiser à la tv dans l'expression de leur charabia - pour prendre la mesure de notre déchéance linguistique comme nation.

    Notre nation de souche française est progressivement dénaturée et avachie par ses zélites, qui lui veulent tant de mal. Nos zélites de gauches étant internationalistes et antinationalistes, nos zélites de droite étant cosmopolites, citoyens du monde et patriotardes. La nation perd progressivement d'autres qualités et attributs sous l'empire de nos élites de pacotilles, au point d'en devenir nation rétrograde. Entre autres, la perte de l'esprit de solidarité, du courage, de la probité, de la volonté. Tout en versant dans la grande noirceur du tabarnacos joual. Aujourd'hui, l'assaut final de la médiocrité de ces mêmes zélites sous la bannière péquiste du PQ qui se présentent comme nos Sauveurs dans le joual institutionnel, la bonne entente-à-tout-pris, y compris la fierté àplatventriste dans le (sic) pluralisme se déguisant en pacifisme quand en réalité il s'agit de veulerie.

    Parce que le rayonnement et l'essort des Québécois de souche française si réelle pour certains, est souvent illusoire pour sa majorité. Ce n'est pas la nation entière qui se libère de la médiocrité induite par nos zélites péquisses - mais seulement les plus doués et les surdoués qui fréquentent SURTOUT les écoles privées subventionnées par la nation et sa classe moyenne - et les écoles internationales au curriculum enrichi - ce qui donne l'illusion d'un grand épanouissement national (encouragé en cela par des stats bidon de l'OCDE et de Statistiques Québec) quand la majorité d'entre "nous" francophones croupissons dans le joual, un savoir limité et ciblé, l'ignorance programmée et pseudo sursaut intellectuel dans une trop grande facilité.


    LES TABARNACOS à Cornellier, les CROSSEURS/CROSSÉS de FALARDEAU.
    Parce que même si on doit croire dur comme fer que l'accent québécois ne doit être pour rien dans l'usage de la très belle langue française universelle et que TOUT repose dans la qualité de l'argument et la justesse à l'exprimer (citer ici Boileau) - il n'en demeure pas moins que la façon de s'exprimer en français de la plupart de nos intellectuels, les bon comme les faux, est d'une inélégance pathétique et ceci doit les exaspérer et leur rend leur vie intellectuelle pénible face à leur contrepartie dans les élites mondiales.

    Si on peut prendre un exemple extrême pour illustrer le phénomème à savoir que nous sommes tous fils ou petit fils de fermiers et qu'alors personne d'entre nous ne peu pavaner ni pointer du doigt en ricannant, sans risquer de s'éclabousser - d'où l'intérêt à créer un chantier de la langue au Québec : lors de la mort de l'apatride Trudeau nous avons été bombardé à tapis pendant cinq jours de ses prononcements tant en anglais quand français et la répétition à tapis de ses prononcement ad nauseam nous a permis de constater que Trudeau n'était à l'aise qu'en anglais - pendant que ses prononcements en français étaient d'une banalité embarrassante et son verbiage ponctuté de oh et de ah d'hésitations, de hochement, de non-dits - quand ça n'était pas de mépris pour la langue française, des grossièreté et des doigts d'honneur. Si on se doit d'attribuer un quelconque intellect à Trudeau c'est dans le recul qui lui permettait la parole écrite. À savoir si comme le veut la légende Trudeau aurait décidé du jour au lendemains que dorénavant lui allait parler un "bon" français correspondant à sa position exalté de fils a papa - ce n'est pas parce que Trudeau fils d'un pompiste devenu millionnaire - à décidé qu'il parlerait correctement qu'il en a été ainsi. En d'autre mot on n'improvise pas plus en français qu'en amour.

    Par contre, mon admiration pour l'intellect de Louis Cornellier et sa superbe qualité de vulgarisateur et diffuseur de savoir étant intacte - on peut dès lors deviner que l'acharnement de Cornellier à promouvoir l'écoeuranterie qu'est son idéologie tabarnaco -- remonte à un traumatisme de jeunesse. L'imagination faisant le reste, on peut visualiser un Cornellier fraîchement diplômé et bardé d'un savoir étoffé, débarquant à Paris et avant même de pouvoir toucher un premier but et présenter les lettres d'un noble savoir - se faire dire par des Français pédants de "repasser quant il aura perdu "son putains d'accent." Ça doit aigrir et traumatiser un petit bonhomme de Québécois "en tabarnac" comme il dit, pour dédier son pamphlet à son épouse - "qu'il aimerait en tabarnac" sic !.


    On se doit quand même d'accabler de reproche le tabarnacos Cornellier, professeur de littérature (sic!) au niveau collégial qui élabore ce "Plaidoyer pour l'idéologie Tabarnaco." Cornellier tente d'élever le joual à la dignité de langue nationale tout en invoquant un français québécois "standard" de bon aloi. Sous le prétexte de défendre ce français de bon aloi, Cornellier préconise l'abandon de la langue française universelle, sous prétexte que le français nous reporte au joug du colonialisme et étouffe en nous le génie inné. Toute personne réfractaire à l'idée de sombrer dans un patois comme langue national se voit alors accusé de mépriser le bon peuple québécois.

    On ne pourra jamais dire assez de mal de l'idéologie tabarnacos. Quant au crosseur Falardeau j'ai pu constater de visu l'effet dévastateur de son joual sur ses crossés au CÉGEP de Hull PQ quelques 400 jeunes - pourtant une belle jeunesse prometteuse ÉRUCTER en joual en réponse aux INVECTIVES vraiment trop primaires de ce crosseur - pour constater que ce genre de travesti d'un projet national ne mènera jamais à l'indépendance mais à directement à une plus grande inféodation généralisée.

    Notre joual national tel que pratiqué, affecte autant la structure de la pauvre pensée toute croche nous étouffant, qui s'exprime ensuite dans une parole tronquée. Nos facultés mentales sont littéralement obscurcies par notre joual, facultés affaiblies par le processus en deux temps, qu'est celui de penser et de parler en même temps. En psychologie populaire ce syndrome joual est surnommé "l'impossibilité de mâcher de la gomme française et de marcher-en-joual-québécois - dans un même temps."

    Un jour très bientôt on va devoir faire subir un serment du test à tous nos enseignants - conditionnel à leur licenciement - les adjurant de renoncer non pas à la transsubstantiation - mais au joual, à ses oeuvres dégradantes et ses pompes maléfiques et capable de démontrer leur connaissances qui justifient leur retention comme enseignement.

    POURTANT la lutte au joual - pourrait devenir un grand projet national dans la joie la complicité et l'espérance de recouvrer une parole que nous avons tous perdus - étant tous des jouaux qui s'ignorent - un projet équivalant à plusieurs Baie James !!! L'enseignement d'un joual débilitant qui appelle au laisser-aller et à la soumission.

    Avant qu'on s'offusque, ajoutons qu'il s'agit "du joual que nos mères ont elles aussi appris sur les genoux de leur mère, qui elles l'avait appris sur les genoux de notre Mère l'Église" laquelle sentait le besoin de dominer des fidèles-ignorants, pour notre plus grand bien - l'essentiel étant après tout - le ciel !
    Le joual appris sur les genoux de nos mères qui elles l'ont apprise sur les genoux de leur mère qui elle l'ont appris de leur Mère l'Église. Et non, je ne me joint pas au (feu) raciste Mordecai Richler pour dénigrer nos mères - mais bien pour couvrir de mépris nos zélites de merde qui nous maintiennent dans la scabreux qu'est notre joual national. La langue anglaise et le Canada-anglais ne sont pour rien dans notre déchéance linguistique - ça n'est pas eux mais le PQ qui a décrété après la défaite référendaire de 1980, de gérer "sa" pseudo souveraineté dans le joual.
    François Perrier.
    francois.perrier@sympatico.ca

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