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De Gutenberg au papyrus

Christian Rioux   23 octobre 2009  Livres
Je suis toujours étonné par notre vulnérabilité aux modes. Un savant fou se lève brandissant une nouvelle invention dans sa main droite; il suffit qu'il prononce quatre fois le mot «modernité» pour que la cohorte des dévots médiatiques se mette à genoux et se prosterne aussitôt devant ce qui sera sacré du titre pompeux de «nouvelle technologie». C'est ainsi que la semaine dernière, deux mois avant Noël, la presse française, québécoise et américaine nous annonçait d'un élan commun rien de moins que la disparition du livre et son remplacement par une machine à «pitons», sorte d'écran plat et palot baptisé Kindle. Enfin, ont soupiré certains, la «technologie» allait enfin régler son compte à Gutenberg. Et les autres d'entonner le De Profundis.
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  • Marc Beaudet
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 06h43
    Nostalgie quand tu nous tient
    Monsieur Rioux,
    Je trouve vos exemples legerement trop simplistes. En fait, peut etre devrions nous seulement redefir le mot livre. Ce mot a evolue, c'est tout.
    Le fait de derouler l'ecran d'ordinateur vous rappelle les rouleaux, facile analogie, le livre electronique compare au micro onde, vous pouvez trouver mieux comme analogie.
    Vous etes entoures de gens qui posssedent des livres ou revues en papier, je voyage autour du monde et suis entoure de gens avec ces nouveaux livres electroniques et qui prennent un reel plaisir a lire leur ecran, et moi le dinosaure trimbalant mes huits kilos de papier, tandis qu'eux ont dans leur memoire, des centaines de bouquins.
    Je lis strictement le devoir via internet. Via ce media, j'ai acces a presque tous les journaux et revues du monde. Quel miracle. Vous passez cela sous silence. Parlez aux expatries afin de polir votre opinion.
    Petite precision, tant qu'a preciser le mot technologie, il ne faudrait pas sous entendre que Gutemberg a invente l'imprimerie alors que ce sont les chinois, bien des siecles avant.
    Mais bon, je suis comme vous un nostalgique et aussi romantique, j'ai grandi avec le papier et prefere l'encre aux electrons.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 08h18
    Merci.
    Je lis et relis votre article et je m'aperçois de l'esprit réactionnaire de vos propos. Jadis, vous pourriez le demander à nombre d'experts, les livres n'existaient pas vraiment. À tel point qu'on écrivait sur les textes que s'en est devenu des palimpsestes. Voyons la définition en un quart de clic dans Wikipedia : « Le palimpseste (du grec ancien palímpsêstos, « gratté de nouveau ») est un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau. Cette méthode fut utilisée au Moyen Âge surtout entre le VIIe siècle et le XIIe siècle, par des copistes qui, le parchemin coûtant cher, réutilisaient d'anciens manuscrits pour y copier de nouveaux textes. Pour cela, les vieux manuscrits étaient préalablement désencrés ou effacés grâce à de la pierre ponce. À cause de cette méthode, plusieurs écrits ont été momentanément ou irrémédiablement perdus : textes juridiques tombés en désuétude, mais aussi textes de penseurs grecs pré-chrétiens, ou textes d'écriture gothique. On arrive toutefois à retrouver l'ancien texte dans certains palimpsestes grâce aux techniques modernes de restauration de documents (chimie, imagerie aux rayons ultraviolets, rayonnement synchrotron). »
    Voyez même la technologie (au sens simple du terme non celui de Platon ou Heidegger ou Jünger) aide à retrouver les vieux textes. Imaginons le bon Marcel Proust et sa « Recherche » perdus dans des papiers réécrits et sur-écrits, ben la technique moderne nous aidera donc à le retrouver. Les grecs savaient que le contenu avait plus d'importance que le contenant ainsi que toute la tradition occidentale (voyez Eco justmen). Ils auraient été fabuleusement heureux de posséder notre technologie puisqu'ils ne connaissaient ni Internet ni l'ordinateur. Il n'y a que dans l'Église catholique qu'on « ordinait ». N'oublions pas que même Platon critiquait le livre par opposition à la mémoire.
    Voyons Platon et son Mythe de Theuth dans son magnifique et fort intéressant dialogue Phèdre ( 274e-275) :
    « SOCRATE
    J'ai donc ouï dire qu'il existait près de Naucratis, en Égypte, un des antiques dieux de ce pays, et qu'à ce dieu les Égyptiens consacrèrent l'oiseau qu'ils appelaient ibis. Ce dieu se nommait Theuth. C'est lui qui le premier inventa la science des nombres, le calcul, la géométrie, l'astronomie, le trictrac, les dés, et enfin l'écriture (grammata). Le roi Thamous régnait alors sur toute la contrée ; il habitait la grande ville de la Haute-Égypte que les Grecs appellent Thèbes l'égyptienne, comme ils nomment Ammon le dieu-roi Thamous. Theuth vint donc trouver ce roi pour lui montrer les arts qu'il avait inventés, et il lui dit qu'il fallait les répandre parmi les Égyptiens. Le roi lui demanda de quelle utilité serait chacun des arts. Le dieu le renseigna ; et, selon qu'il les jugeait être un bien ou un mal, le roi approuvait ou blâmait. On dit que Thamous fit à Theuth beaucoup d'observations pour et contre chaque art. Il serait trop long de les exposer. Mais, quand on en vint à l'écriture : « Roi, lui dit Theuth, cette science rendra les Égyptiens plus savants et facilitera l'art de se souvenir, car j'ai trouvé un remède (pharmakon) pour soulager la science (sophia) et la mémoire. » Et le roi répondit : - Très ingénieux Theuth, tel homme est capable de créer les arts, et tel autre est à même de juger quel lot d'utilité ou de nocivité ils conféreront à ceux qui en feront usage. Et c'est ainsi que toi, père de l'écriture (patêr ôn grammatôn), tu lui attribues, par bienveillance, tout le contraire de ce qu'elle peut apporter.
    [275] Elle ne peut produire dans les âmes, en effet, que l'oubli de ce qu'elles savent en leur faisant négliger la mémoire. Parce qu'ils auront foi dans l'écriture, c'est par le dehors, par des empreintes étrangères, et non plus du dedans et du fond d'eux-mêmes, que les hommes chercheront à se ressouvenir. Tu as trouvé le remède (pharmakon), non point pour enrichir la mémoire, mais pour conserver les souvenirs qu'elle a. Tu donnes à tes disciples la présomption qu'ils ont la science, non la science elle-même. Quand ils auront, en effet, beaucoup appris sans maître, ils s'imagineront devenus très savants, et ils ne seront pour la plupart que des ignorants de commerce incommode, des savants imaginaires (doxosophoi) au lieu de vrais savants. »
    Édifiant non? Derrida en a fait de belles réflexions à ce propos. Pour Platon et Socrate l'essentiel est la vérité du discours pas l'auteur, ni le lieu ni le support du texte. Avec l'ordinateur nous obtenons tout même l'oeuvre entière de Proust ou de Baudelaire que je peux consulter ou lire debout, couché, assis (dans un bus ou un bar ou n'importe où), en marchant sans que les feuilles ne soient perturbées par le vent ou quoique ce soit. Je peux même imprimer illico presto un passage et l'offrir à ma charmante voisine. Je ne peux le faire avec un livre, hélas. Pour un intellectuel, l'Internet, Kindle et le livre sont complémentaires. Vive le progrès sinon nous serions encore dans les grottes sans livres avec pour seule défense des arcs, des flèches et des gourdins. Ça fait penser votre propos à ceux que l'on entendait il fut un temps concernant les femmes qui fumaient et que l'on considérait comme des putes. Étrange rapport à la modernité??

  • Robert Henri
    Inscrit
    vendredi 23 octobre 2009 08h40
    Gutenberg n'a pas inventé l'imprimerie.
    Il a tout de même inventé la typographie, les caractères mobiles. Ce qui ne me semble pas si mal...

  • Jean-Luc Gouin
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 11h39
    Et de surcroît, nul besoin de recharge-piles ni de prise de courant
    Consécutivement à cette « nouvelle », m'était venue l'idée de rédiger une repartie, je dois bien le dire, en tous points semblable à la vôtre.

    Alors je vous remercie, M. Rioux, de m'avoir de la sorte épargné ce nouveau labeur, que le temps qui m'était imparti rendait par ailleurs difficilement réalisable.

    Quant à M. Beaudet, je m'explique mal que l'habitude de traîner ses huit kilogrammes de papier reliés ne l'ait toujours pas incité à parfaire sa connaissance des règles de grammaire ainsi que de la syntaxe. Ni à le disposer à se munir d'un clavier informatique québécois (ou français, bien sûr) qui lui permettrait de ne pas transformer en permanence sa (?) langue en un sabir d'où est systématiquement exclu tout signe diacritique - composante toute aussi consubstantielle à une langue française (entre autres idiomes) intelligible, intelligente et raffinée que les lettres de l'alphabet et les signes de ponctuation.

    Cela dit, le soussigné accorde en général plusieurs heures par jour au clavier, à l'écran cathodique et aux aires cybernéennes. Et ce, depuis plus de vingt ans (l'acquisition de mon premier « Mac » remonte à 1987, bien qu'il fallut attendre encore quelque temps, on le sait, avant de s'offrir, de manière générale, l'accès à la grande Toile numérique). Reste que je ne saurais en aucune manière me passer du livre-papier.

    Enfin, je tiens à vous signaler, M. Rioux, que j'apprécie le plus souvent vos interventions dans les pages du « Devoir ». Même si le directeur de la bibliothèque du cégep de Sorel-Tracy (l'unique institution post-secondaire à moins de soixante kilomètres à la ronde), un certain Jean-Marie Riopel, me disait récemment qu'il s'agit là, et je cite, d'« un journal extrêmement tendancieux » (au timbre de sa voix, le vocable « extrêmement » semblait se voir constitué tout à la fois de capitales, d'italiques, de caractères gras et du soulignement. Double). C'est ce qui explique sans doute que « La Presse » demeurât l'unique quotidien (québécois !) disponible sur les lieux de cette vénérable institution.

    Il est vrai qu'on ne saurait se tromper - des André Pratte aux Alain Dubuc, à Montréal, aux Pierre Jury en Gatineau - avec la ligne éditoriale hautement objective et en aucune manière « orientée » des journaux du cartel Gesca de la famille Paul Desmarais.

    Ah ! Heureusement que l'information, le sens critique ainsi que l'accès aux sources variées des opinions prédominent - n'est-ce pas, Mme Michelle Courchesne ? - dans le merveilleux monde québécois de l'Éducation.


    JLG
    À titre de « reconnaissance », M. Rioux, voici quelque chose qui tombe sans doute dans vos cordes outre-atlantiennnes : http://lequebecetlafrancite.blogs.nouvelobs.com/
    archive/2008/03/09/
    lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-francaise.html

  • Pascal Barrette
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 13h12
    Vive le Papier!
    D'accord avec vous Monsieur Rioux. J'ajoute même un argument en faveur du bon vieux papier, sa pérennité. Un archiviste de l'Université d'Ottawa révélait récemment que son organisation reçoit maintenant des documents du début de l'ère informatique que les archivistes ne sont plus capables de décoder, la technologie leur ayant donné vie étant maintenant, pour ainsi dire, lettre morte.

    Autre exemple en technique de production d'images, j'essaie ici d'être le plus «générique» possible. J'ai découvert récemment pas loin de chez moi un institut artistique qui produit ses oeuvres en film super 8 et 16mm, The Independant Filmmakers Co-Operative of Ottawa ( http://www.ifco.ca/ ). Je vais lui faire don d'une ciné-caméra Super 8 mm sonore, «vieille» de 30 ans qui, sujet à confirmation, serait aux yeux du technicien de l'Institut, encore très utile. Le film aurait toujours des vertus encore inégalées par la vidéo.

    Autre exemple. Qui n'a pas expérimenté la perte de fichiers photo, soit par désuétude des logiciels, soit par mal traitement des supports, soit par erreur mécanique ou simplement, par erreur humaine? Un livre imprimé ne s'efface pas par égratignure ou par erreur. De plus, comme vous pour l'écrit, pour revoir une vieille photo, je mets moins de temps à la trouver dans mes boites de diapos et négatifs qu'en naviguant péniblement dans la multitude délirante des cd-dvd-r-wr-disques-durs-(y-en-a-t'il des mous?)-ah-oui-floppies-internes-externes-clefs-usb-cartes-flash I-flash II-sd-sdhd-micro-sd-et-autres-bidules-lancés-à-tout-bout-de-champ. Ouf, fallait que ça sorte!

    Je suis à peu près certains que dans 30 ans la version électronique actuelle du Devoir n'existera plus, à moins de retranscriptions fastidieuses, répétées et coûteuses en raison des «modernisations» et «mises à niveau» de ses logiciels de traitement de données.

    Le Papier est mort! Vive le Papier!

    Pascal Barrette
    Ottawa

  • Sylvain Lafrenière
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 13h24
    Pour vous r'assurer
    Bonjour M. Rioux,

    Depuis l'année dernière, j'ai lu plus de 40 livres avec mon "gadget" et je puis vous assurer que les oeuvres d'Hugo, Balzac, Proust et les autres étaient rigoureusement identiques à celles de l'édition papier. De plus, la typographie était d'excellente qualité. Gutenberg peut reposer en paix.

    Pour ce qui est du danger de voir mon couteux "gadget" tout fracassé par terre. Depuis un an et demi, je l'utilise dans le transport en commun sans problème. Naturellement, les accidents peuvent toujours arriver, mais qui pense à ça lorsqu'il prend son véhicule de plus de 20000 dollars pour aller au boulot?

    Selon moi, vous devriez être très reconnaissant envers ce nouveau type d'appareil, car c'est grâce à lui si j'ai décidé de me réabonner au Devoir. Je ne le lisais plus depuis plusieurs années. Maintenant, je suis sûr de recevoir ma copie électronique.

    Cordialement

    Sylvain Lafrenière

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 14h49
    et les gens lisent plus qu'avant
    L'ordi a amené la démocratisation de la lecture. Il y a une génération, il fallait acheter le livre ou le journal qui était un objet industriel complexe (papier, typographie, distribution). Finalement on y regardait par deux fois avant d'acheter un livre et son coût en rebutait plus d'un. Aujourd'hui, tous les jeunes de quinze ans savent lire et écrire; peut-être mal mais bon, c'est toujours mieux qu'avant. Mon seul espoir est qu'il n'y ait pas un groupe extrémiste écologique qui n'essaie pas d'interdire le livre comme on fait pour les poêles à bois et les vaches!

  • Guy Archambault
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 14h57
    On vous asticote ...
    J'ai bien aimé vos images, votre nostalgie. Vous êtes fidèle à vous-même, à vos valeurs parfois un peu passéistes et vous y tenez. Avec style. Bravo! Vous êtes constant et ça me permet de vous reconnaître. Comment et pourquoi vous le reprocher ? Je ne le saurais.

    Guy Archambault

  • Sylvio Le Blanc
    Abonné
    vendredi 23 octobre 2009 21h11
    Je dis «chapeau»!
    Chronique superbe!

  • Marc Beaudet
    Inscrit
    dimanche 25 octobre 2009 03h29
    RE> Et de surcroit, nul...
    Bonjour Mr Gouin,
    Pardon pour la ponctuation, ici dans ce petit village au Soudan, il n'y a malheureusement que de vieux claviers arabiques. Je fais mon possible vous savez. Et c'est vrai, toutes ces annees passees a l'exterieur du Quebec et de la francophonie, nous font malheureusement oublier (dans mon cas du moins(, les regles de base de notre magnifique langue. Mais il faut aussi porter attention au contenu quelques fois, vous pourriez intimider certaines personnes qui ne maitrisent pas parfaitement la langue, mais dont le propos est tres pertinent. Je rencontre ici dans ces pays des centaines de personnes qui n'ont jamais eu acces a un seul livre, papier ou autre, faute de moyens, mais ce qu'ils ont a nous apprendre merite d'etre grave a jamais.

  • Nicolas St-Gilles
    Inscrit
    dimanche 25 octobre 2009 21h36
    M. Beaudet, les signes diacritiques existent aussi dans le monde arabe...
    Je viens de passer plus d'un an au Maghreb, et je suis toujours parvenu à écrire un français correct. Quels que soient les claviers utilisés.

    Et puis au-delà du clavier matériel, on peut toujours associer celui-ci à un clavier numérique de notre choix. C'est pure formalité. Suffit de s'en donner la peine, si tant est que l'on soit investi d'un véritable respect de la langue française.

    Et puis enfin, qu'attendez-vous pour y voir sur votre propre portable...?

    Alors, de grâce, pour justifier ces errances trouvez donc autre chose que d'aborder la critique en la qualifiant de « nulle ».

  • Michel Handfield Societas Criticus
    Abonné
    dimanche 25 octobre 2009 22h15
    Les deux ont leur utilité
    Je lis certaines choses papier, comme Le Devoir en déjeunant, mais la vieille au soir j'en avais aussi fait un premier tour sur l'ordi. Sur mon ipod touch je télécharge Cyberpresse, Le Monde, The N-Y Times et The independant que je lis en métro. Quant aux livres, si je les lis papiers, je ne dédaigne pas aussi les versions pdf, surtout pour la recherche par mots clefs. C'est fort utile. Tous livres devrait être accompagné d'une version pdf à moins d'un index digne de ce nom à la fin. Surtout pour les essais bien entendu!

    Michel Handfield
    www.societascriticus.com

  • Marc-Andre Blain
    Abonné
    vendredi 27 novembre 2009 12h23
    Contre le progrès ?
    J'aime bien votre analogie entre le micro-onde et le livre électronique. Cependant, je ne partage pas votre appréciation de ces technologies (ou plutôt techniques). Je connais bien des personnes pour qui la cuisinière est tout à fait obsolète ! Par contre, ce sont des pros du micro-onde. Je n'avance pas qu'il est possible de tout faire en cuisine uniquement à l'aide du micro-onde, mais bien qu'une génération de jeunes utilise à profusion cette technologie pour se nourrir. Il en est de même pour les technologies informatiques. J'étudie au doctorat et je dois consulter de nombreux articles scientifiques, rédiger des textes hebdomadairement et lire les nouvelles quotidiennement... Sans les périodiques électroniques, les dictionnaires sur le web et les journaux en ligne... ma vie serait bien plus compliquée. Au confort dans ma petite banlieue, j'ai accès à un nombre incroyable de ressources. Je n'ai pas à me déplacer pour me rendre à Montréal, ce qui signifie aucune perte de temps reliée au transport et aucune émission de gaz carbonique. De plus, dans mon fureteur internet, je garde ouvert tous les textes que je consulte, les outils d'aide à la rédaction et mon accès au micro-blogue (i.e. facebook, twitter) pour être constamment renseignée sur les nouvelles d'actualité. Vous comprendrez que ma table de travail est bien ordonnée et que je ne me perds pas dans la paperasse.
    Non vraiment, je félicite l'arrivée des documents électroniques et j'encourage les éditeurs à poursuivre le processus de numérisation des œuvres littéraires. Si à vos yeux il ne s'agit pas d'une révolution, alors donnez-moi votre définition d'une révolution...

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