De Gutenberg au papyrus
Je suis toujours étonné par notre vulnérabilité aux modes. Un savant fou se lève brandissant une nouvelle invention dans sa main droite; il suffit qu'il prononce quatre fois le mot «modernité» pour que la cohorte des dévots médiatiques se mette à genoux et se prosterne aussitôt devant ce qui sera sacré du titre pompeux de «nouvelle technologie». C'est ainsi que la semaine dernière, deux mois avant Noël, la presse française, québécoise et américaine nous annonçait d'un élan commun rien de moins que la disparition du livre et son remplacement par une machine à «pitons», sorte d'écran plat et palot baptisé Kindle. Enfin, ont soupiré certains, la «technologie» allait enfin régler son compte à Gutenberg. Et les autres d'entonner le De Profundis.
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