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Polar - Cette cause qui est la leur...

Michel Bélair   17 octobre 2009  Livres

À retenir

    • Vendetta
    • R. J. Ellory
    • Traduit de l'américain par Fabrice Pointeau
    • Éditions Sonatines
    • Paris, 2009, 652 pages
Avec son premier roman publié en français chez Sonatine, Seul le silence (voir Le Devoir du 11 octobre 2008, page F 2), Roger Jon Ellory a tout de suite attiré l'attention des amateurs du genre... et gagné du même coup le prix du roman noir du Nouvel Observateur. Cette sombre histoire d'un tueur en série découpant les petites filles en morceaux dans une Géorgie rappelant le Sud de John Steinbeck et de Tennessee Williams avait même amené Michael Connelly à crier au génie! Vendetta, qui sort tout juste chez le même éditeur, devrait convaincre les plus exigeants de l'immense talent du romancier américain au passé trouble — il a fait de la prison avant de jouer de la guitare dans un groupe rock et de devenir photographe...

Ici, la trame est toute simple: la fille du gouverneur de la Louisiane est enlevée et Ernesto Perez, l'homme qui la détient après avoir dépecé son garde du corps, promet au FBI de la libérer à condition que l'on fasse venir à La Nouvelle-Orléans un avocat new-yorkais, Ray Hartman, pour écouter sa confession. Le Bureau n'a pas vraiment le choix et se voit forcé d'obtempérer. Perez racontera alors avec force détails — devant un Hartman qui mettra beaucoup de temps à comprendre ce qu'il fait là — l'histoire des grandes familles de la mafia américaine des 50 dernières années.

L'ouvrage est fascinant. Au départ, on accrochera peut-être sur la langue fleurie avec laquelle s'exprime le vieux mafioso autodidacte. Mais le lecteur sera vite séduit par l'ampleur, la « ferveur philosophique » que Perez met à enfiler les horreurs tout en dissertant sur le bien et le mal ou sur les conflits moraux qui hantent l'homme d'aujourd'hui confronté aux valeurs pourrissantes d'une société décadente. Comme chez James Lee Burke, la ville de La Nouvelle-Orléans joue encore une fois un rôle très concret dans cette histoire de pouvoirs, de trahisons diverses et de violences assumées; comme par hasard... Le tout ficelé dans une écriture de haut vol et dans un style qui ne vous laissera aucun répit.

En prime, à la toute fin, on vous prévient, l'histoire vous éclatera au visage. Pas de panique toutefois puisque vous ne verrez jamais venir la finale en feu d'artifice qui vous fera saisir la dimension du talent de J. R. Ellory. En une phrase ou deux, cet homme peut vous amener au plus profond des ténèbres comme au sommet de l'extase.

On vous l'aura dit...






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