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Les Gros Casques et José Acquelin

Louis Hamelin   10 octobre 2009  Livres

À retenir

    • L'infini est moins triste que l'éternité
    • José Acquelin
    • Les Herbes rouges
    • Montréal, 2009, 112 pages
« Il n'y a que la gratuité de l'art / pour mimer la frivolité des univers ». C'est de José Acquelin, un poète qu'il faut se dépêcher de lire avant que quelqu'un n'ait l'idée de lui réclamer, à lui aussi, des messages éco-humanitaires déguisés en vers à deux sous. L'univers est peut-être frivole, mais la gratuité de l'art, elle, est paradoxalement une idée de poids, aux antipodes de la légèreté. Ça veut dire qu'elle n'a aucune chance de traverser les couches stratosphériques et de s'élever jusqu'au Verbe du nouvel Évangile selon Guy-Guy-Guy... bref, Ti-Guy trismégiste. Le gaz coûte trop cher. Adieu mots ailés de l'aède, donc. Voici ceux, réactés, du mécène-clown et de ses commis aux écritures.
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  • André Loiselet
    Abonné
    samedi 10 octobre 2009 02h00
    Erreur sur la personne
    Laliberté ne connait pas beaucoup de poètes.
    José Acquelin est un de nos meilleur poète après Saint-Denis Garneau, autre métaphysicien du spasme intérieur et de la bulle salvatrice. Autre amoureux du mot très significatif, de la transcendance lucide. Du mot qui devient phare aidant à décrypter l'univers de soi et le cosmos de l'autre. José est déjà voyageur et aventurier.
    Yann Martel est un excellent romancier dont la "poésie" n'a pas réussi à remuer, chez moi, l'ombre de la moindre émotion.
    Cela augure mal pour la goutte d'eau qui aura plutôt fait déborder le vase de ma patience.
    Acquelin est déjà un classique du subtil. Yann habite un monde commercial qui le lui rend bien, très sécurisant, stérile et boy scout à point mais surtout pas poétique.
    José Acquelin aurait pu dire: "L'éternité est moins triste que l'infini" Il en connait un bout, aller retour.

    Merci à ce clin d'oeil de louis Hamelin.
    Et excellents extraits.

  • Gilberto
    Abonné
    lundi 12 octobre 2009 08h16
    Acquelin et le cirque...
    Votre article fait le point avec des arabesques très bien senties. Un autre article souligne la contradiction entre la poésie, la vraie, et le cirque médiatique. Claude Vaillancourt, dans le numéro de septembre 2009 de la revue RELATIONS, signe un article intitulé "Dans l'étau de l'industrie culturelle". Je le cite: "Devant de pareils blitz promotionnels, les seules oeuvres vraiment rassembleuses, connues de tous, deviennent celles de la production industrielle qui occulte et marginalise les autres types de création artistique. Devant les succès monstres de Céline Dion, de Tout le monde en parle, des romans de Marie Laberge, des spectacles du Cirque du soleil, que valent la finesse d'un recueil de poèmes de José Acquelin, vendu à quelques centaines d'exemplaires, une chorégraphie imaginative de rubberbandance..."

    Comme le dit Acquelin dans la phrase que vous citez: "je jouis de ne pas être de ce monde / enfin celui auquel on a longtemps / essayé de me convertir en vain..." Je vais le relire souvent, mais je ne sens aucunement le besoin de réécouter Yann Martel...

    André Jacob

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