Littérature jeunesse - Que le meilleur vive !
À retenir
- HUNGER GAMES
- Suzanne Collins
- Pocket jeunesse, 379 pages
- À partir de 12 ans
Dans Hunger Games, le jeu de télé-réalité qui donne son titre au thriller de science-fiction pour adolescents de l'Américaine Suzanne Collins, quand un joueur est éliminé, il l'est pour vrai. Il ne reste plus qu'à l'enterrer.
Les règles du jeu y sont simples: 24 candidats sont jetés dans une immense arène naturelle, dans ce cas-ci une forêt, et doivent utiliser toutes les stratégies possibles pour rester en vie, puisque seul le dernier survivant gagnera la partie.
Ce jeu cruel, auquel toute la population est tenue d'assister par écran interposé, se déroule chaque année sur le territoire de Panem, le pays qui s'est érigé sur les ruines d'une Amérique du Nord post-apocalyptique. Le Capitole, où siège le gouvernement totalitaire du pays, a mis ce jeu sur pied en représailles à une tentative de soulèvement populaire. Désormais, afin que tous se souviennent que le pouvoir n'appartient pas au peuple, chacun des douze districts doit fournir deux « tributs », un garçon et une fille entre 12 et 18 ans, pour le représenter aux fameux Hunger Games. Les volontaires ne se bousculant pas au portillon, les candidatures sont choisies par un genre de loterie nationale, selon un complexe système de pointage défavorisant, évidemment, les districts et les individus les plus pauvres.
Un roman d'action
Cette entrée en matière met la table pour un roman d'action enlevant, et le lecteur n'est pas déçu tant le récit fourmille de scènes de combat, d'alliances, de trahisons, de surprises, d'émotion et de suspense. Les retournements et les rebondissements abondent, parfois au péril de la vraisemblance, mais on est emporté par le courant et, malgré quelques zones d'ombre dans le scénario, tout ce qu'on veut, c'est tourner la prochaine page pour savoir ce qui arrivera à Katniss, la participante de 16 ans à laquelle s'attache le récit.
La jeune fille, indépendante et déterminée, un modèle assez classique dans ce genre de littérature, est originaire du district 12, l'un des plus pauvres du pays. Dans son cas, ce n'est pas le hasard qui détermine sa participation au jeu, c'est un choix délibéré. Si l'adolescente se porte volontaire, ce n'est pas par envie suicidaire ou bravade inconsciente, c'est pour sauver sa fragile petite soeur de 12 ans, que le hasard de la loterie envoyait à l'abattoir. Il faut dire que la responsabilité de la famille incombe à Katniss depuis la mort de son père dans l'écroulement d'une mine de charbon. C'est elle qui subvient en grande partie aux besoins de sa mère dépressive et de sa petite soeur en braconnant dans les forêts qui s'étendent au-delà des frontières du district. C'est une archère redoutable. Ce talent, que la faim l'a forcée à développer, lui sera très précieux une fois descendue dans l'arène.
Sortie de son milieu un peu rustre, Katniss est emmenée au très moderne et flamboyant Capitole avec les autres candidats pour que les stylistes, entraîneurs et autres conseillers médiatiques la préparent au combat, qui se déroulera non seulement dans l'arène mais aussi devant un public qui suit le spectacle sur écran. Elle découvre alors un monde d'abondance, de rivalités et de faux-semblants qui contraste avec celui dont elle est issue et met en lumière de manière criante les injustices du monde dans lequel elle vit.
Bien qu'ils soient fort pertinents, les thèmes de la surmédiatisation et du voyeurisme télévisuel, tout comme ceux des inégalités sociales et de l'abus du pouvoir politique, abordés par l'auteure, auraient pu être plus habilement intégrés à l'action. Ils semblent parfois un brin plaqués, comme une bonne volonté légèrement encombrante, et disparaissent un peu dans la brume quand le récit prend de la vitesse. Remarquez, ce n'est pas un reproche. On ne demande pas forcément à la littérature d'être un traité de philosophie.
Montagnes russes
Suzanne Collins emmène ses lecteurs en montagnes russes dans le suspense et l'émotion, les faisant passer au fil des pages de l'angoisse à la compassion et de l'indignation à l'attendrissement. C'est déjà un bel exploit et, juste pour ça, la lecture en vaut largement la peine. Avis cependant à ceux qui ont tendance à développer des dépendances: les éditeurs se gardent bien de l'inscrire sur la jaquette, et c'est en tournant la dernière page qu'on l'apprend: Hunger Games est le premier tome d'une trilogie. Le prochain titre devrait paraître au début de l'été.
Pour les paresseux, eh bien, le film est en préparation. Même que la bande-annonce est déjà sur YouTube. On peut ainsi se faire une image mentale des personnages avant la lecture et être moins déçu quand on verra l'adaptation au grand écran.
Cette alliance entre Internet, le cinéma et la littérature est de plus en plus fréquente. Fiction polymorphe, interpénétration des genres, oeuvre multi-plateforme? On ne sait plus comment appeler ça mais, une chose est sûre, le marché de la littérature jeunesse est en pleine mutation...
**
Collaboratrice du Devoir
Les règles du jeu y sont simples: 24 candidats sont jetés dans une immense arène naturelle, dans ce cas-ci une forêt, et doivent utiliser toutes les stratégies possibles pour rester en vie, puisque seul le dernier survivant gagnera la partie.
Ce jeu cruel, auquel toute la population est tenue d'assister par écran interposé, se déroule chaque année sur le territoire de Panem, le pays qui s'est érigé sur les ruines d'une Amérique du Nord post-apocalyptique. Le Capitole, où siège le gouvernement totalitaire du pays, a mis ce jeu sur pied en représailles à une tentative de soulèvement populaire. Désormais, afin que tous se souviennent que le pouvoir n'appartient pas au peuple, chacun des douze districts doit fournir deux « tributs », un garçon et une fille entre 12 et 18 ans, pour le représenter aux fameux Hunger Games. Les volontaires ne se bousculant pas au portillon, les candidatures sont choisies par un genre de loterie nationale, selon un complexe système de pointage défavorisant, évidemment, les districts et les individus les plus pauvres.
Un roman d'action
Cette entrée en matière met la table pour un roman d'action enlevant, et le lecteur n'est pas déçu tant le récit fourmille de scènes de combat, d'alliances, de trahisons, de surprises, d'émotion et de suspense. Les retournements et les rebondissements abondent, parfois au péril de la vraisemblance, mais on est emporté par le courant et, malgré quelques zones d'ombre dans le scénario, tout ce qu'on veut, c'est tourner la prochaine page pour savoir ce qui arrivera à Katniss, la participante de 16 ans à laquelle s'attache le récit.
La jeune fille, indépendante et déterminée, un modèle assez classique dans ce genre de littérature, est originaire du district 12, l'un des plus pauvres du pays. Dans son cas, ce n'est pas le hasard qui détermine sa participation au jeu, c'est un choix délibéré. Si l'adolescente se porte volontaire, ce n'est pas par envie suicidaire ou bravade inconsciente, c'est pour sauver sa fragile petite soeur de 12 ans, que le hasard de la loterie envoyait à l'abattoir. Il faut dire que la responsabilité de la famille incombe à Katniss depuis la mort de son père dans l'écroulement d'une mine de charbon. C'est elle qui subvient en grande partie aux besoins de sa mère dépressive et de sa petite soeur en braconnant dans les forêts qui s'étendent au-delà des frontières du district. C'est une archère redoutable. Ce talent, que la faim l'a forcée à développer, lui sera très précieux une fois descendue dans l'arène.
Sortie de son milieu un peu rustre, Katniss est emmenée au très moderne et flamboyant Capitole avec les autres candidats pour que les stylistes, entraîneurs et autres conseillers médiatiques la préparent au combat, qui se déroulera non seulement dans l'arène mais aussi devant un public qui suit le spectacle sur écran. Elle découvre alors un monde d'abondance, de rivalités et de faux-semblants qui contraste avec celui dont elle est issue et met en lumière de manière criante les injustices du monde dans lequel elle vit.
Bien qu'ils soient fort pertinents, les thèmes de la surmédiatisation et du voyeurisme télévisuel, tout comme ceux des inégalités sociales et de l'abus du pouvoir politique, abordés par l'auteure, auraient pu être plus habilement intégrés à l'action. Ils semblent parfois un brin plaqués, comme une bonne volonté légèrement encombrante, et disparaissent un peu dans la brume quand le récit prend de la vitesse. Remarquez, ce n'est pas un reproche. On ne demande pas forcément à la littérature d'être un traité de philosophie.
Montagnes russes
Suzanne Collins emmène ses lecteurs en montagnes russes dans le suspense et l'émotion, les faisant passer au fil des pages de l'angoisse à la compassion et de l'indignation à l'attendrissement. C'est déjà un bel exploit et, juste pour ça, la lecture en vaut largement la peine. Avis cependant à ceux qui ont tendance à développer des dépendances: les éditeurs se gardent bien de l'inscrire sur la jaquette, et c'est en tournant la dernière page qu'on l'apprend: Hunger Games est le premier tome d'une trilogie. Le prochain titre devrait paraître au début de l'été.
Pour les paresseux, eh bien, le film est en préparation. Même que la bande-annonce est déjà sur YouTube. On peut ainsi se faire une image mentale des personnages avant la lecture et être moins déçu quand on verra l'adaptation au grand écran.
Cette alliance entre Internet, le cinéma et la littérature est de plus en plus fréquente. Fiction polymorphe, interpénétration des genres, oeuvre multi-plateforme? On ne sait plus comment appeler ça mais, une chose est sûre, le marché de la littérature jeunesse est en pleine mutation...
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