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Ils ont dit d'elle...

26 septembre 2009  Livres
« Je suis en colère contre toi, contre nous tous aussi, parce que tu nous avais tous prévenus depuis longtemps. On savait tous que ça allait se passer. C'était écrit dans le ciel, dans tes livres, dans tes lettres, dans ton dossier médical. [...]

Déjà dans tes années de queues, comme tu dirais, tu te détruisais un peu plus chaque jour. Sexe mondain, drogue mondaine, boisson mondaine, tous paravents pour tuer l'angoisse du monde en attendant qu'elle te rende la pareille, inexorablement. [...] Je te souhaite d'être enfin heureuse. Je t'embrasse pour toujours. »

- Nicolas Ritoux, journaliste et ancien copain d'Isabelle Fortier, alias Nelly Arcan,

Lettre à Isabelle, postée hier sur son blogue.

***

« Ce que je voyais avant tout dans ses romans — je l'avais vu aussi dans ses yeux la fois où j'avais partagé un repas avec elle —, c'est une immense tristesse, tristesse qui devenait, dans Folle, une sorte de passion du néant, comme l'écrivait Gilles Marcotte. Elle avait aussi un prodigieux sens de la métaphore. Comment oublier cette image si forte qu'elle utilisait pour décrire la dictature des apparences en Occident et le recours à la chirurgie esthétique: la burka de la chair. À ce propos, on lui reprochait ses contradictions. Comme si les écrivains n'y avaient pas droit. Ils sont justement pétris de contradictions, les créateurs. Et ils en souffrent parfois, comme Nelly Arcan, jusqu'à en mourir. »

- Pierre Cayouette, journaliste, sur son blogue de L'Actualité.

***

« Il y a de ses phrases que je n'oublierai jamais. Elle avait une façon unique de voir le monde qui l'entourait. Et une fragilité qui faisait d'elle un petit chat sauvage très difficile à apprivoiser. Le plus beau cadeau qu'elle m'a fait est de m'avoir donné accès à l'autre Nelly. »

Claudia Larochelle, journaliste de ruefrontenac.com, amie de Nelly Arcan.

***

« On va se souvenir de Nelly Arcan comme d'une femme intelligente, très soucieuse de certains aspects qui gèrent nos vies. Elle avait une fascination autour de la beauté, de la jeunesse éternelle, autour de la mort. C'est une grande écrivaine qu'on perd. C'est quelqu'un qui avait une façon de regarder le monde dans lequel on vit [...] de manière très lucide, très dure, sans artifices et ça même s'il y avait le paradoxe de la beauté. [...] Elle était dans ses écrits telle qu'elle était dans la vie. Il n'y avait pas de faux-semblant dans Nelly Arcan. »

Michel Vézina, des Éditions Coups de tête, qui publient le dernier roman de Nelly Arcan.

***

« Dans ces milieux-là on aime les confidences, mais ce qu'elle confiait c'était une douleur terrible. Et même si on la présentait comme quelqu'un qui s'en est sorti et que ça n'avait pas laissé de traces, on voit bien que cette jeune femme-là était habitée par la douleur et qu'elle était fragile. [...] En écriture on invente des personnages et on leur fait vivre des choses, on leur donne des possibilités qu'on ne se donne pas à soi-même, écrire ça libère, on écrit toujours sur soi, de toutes les façons, mais dans ce cas-là ça n'aura pas été suffisant parce que son mal de l'âme était trop fort. »

Denise Bombardier, auteure et journaliste, en entrevue à La Presse canadienne.
 
 
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