Polar - L'inspecteur Bosch de retour dans un bon cru de Michael Connelly
Harry Bosch, désormais célèbre inspecteur au LAPD, reprend du service une fois encore alors que la nouvelle année s'amorce. Entre deux suicidées dont il assume seul l'ouverture de l'enquête (son comparse est au match de basket), un coup de fil d'un collègue le ramène à la réalité dans ce qu'elle a de plus horrible. Sur les hauteurs de Laurel Canyon, un chien a rapporté à son maître, un ancien médecin, un joli «nonoss», vieux de plusieurs années. Ne faisant ni une ni deux, Hieronymus se pointe sur Wonderland Avenue pour y retrouver ses collègues et constater de visu de quoi il retourne. Parce que si les soi-disant trouvailles d'os humains sont légion dans cette Babylone moderne, peu d'entre elles se révèlent fondées.
Pourtant, il s'agit bien d'un humérus humain ayant appartenu jadis à un jeune enfant. À la brunante, en compagnie du chien Calamity qui porte plutôt bien son patronyme ainsi que de son maître, Bosch part à la recherche du squelette d'origine qu'il retrouve bientôt, enterré à la va-vite dans une petite clairière presque à flanc de montagne. Dès le lendemain, à l'aube, toute une équipe d'archéologues et de spécialistes de tout acabit se met à gratter le sol afin de faire jaillir des entrailles de la terre les restes humains qu'elle cache. Sauf certains membres qui ont dû faire le bonheur de quelque animal, l'essentiel est retracé et transporté au labo où le médecin légiste rétablit de biens sombres faits. L'enfant, âgé d'une dizaine d'années, a été toute sa vie durant et à répétition battu et maltraité. Multiples fêlures, cassures... et opération, même, au crâne. Force est de constater que la petite chose a bien mal vécu ses quelques années ici-bas.
Entre deux crises existentielles et un doute profond sur la nécessité de son sale boulot de flic, Harry rencontre une jolie admiratrice, recrue au LAPD, qui lui rappelle que son métier «change les choses». Et pour laquelle il éprouve plus qu'une attirance, tant et si bien qu'on découvre la géographie des cicatrices de ce vieux loup marqué par l'armée et le Vietnam. Regain de passion chez Bosch pour son métier et sa collègue donc, voire peut-être un semblant de nouvelle vie sentimentale. Qui sait?
Cette nouvelle enquête est rondement menée et regorge de rebondissements. Elle s'engouffre dans quelques tangentes labyrinthiques qui amènent Harry au-delà des habituelles histoires de meurtres, de carnages et d'horreur auxquelles Connelly a habitué le lecteur au fil des ans et des romans, ouvrant la voie à une réflexion plus sentie sur ce que l'humanité a de plus vil et de plus lâche: la violence envers les enfants, innocentes victimes sans défense des pires travers de l'homme.
Les amateurs de cet auteur de best-sellers se régaleront d'une pseudo-entrevue entre Connelly et son personnage publiée, dans le cadre des activités de promotion de ce nouveau roman, sur le site officiel de l'auteur (http://www.michaelconnelly.com/BoschQA/boschqa.html). Au cours de cette Conversation Piece enregistrée dans un cybercafé de L.A. le 1er avril dernier (ils ne manquent pas d'humour, ces deux-là!), chacun se dévoile un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, parlant enquête, littérature, relations conjugales et tutti quanti. La vie quoi! Sans oublier aussi cette enquête en particulier.
Meilleur que les précédents romans de l'auteur à succès, Wonderland Avenue (le titre original, City of Bones, convenait tout de même mieux) laisse entrevoir le pire pour Harry. D'autant que Connelly a quitté L.A. pour ramener ses pénates en Floride et consacre le plus clair de son temps à la rédaction d'un roman d'un tout autre genre, essentiellement très autobiographique. Et dans lequel un homme récemment installé dans une nouvelle ville hérite du numéro de téléphone d'une vieille dame dont quelques connaissances s'inquiètent et appellent aux nouvelles. Sortie prévue en octobre en anglais; traduction espérée dans les mois suivants. Mais Harry reviendra-t-il une fois encore pour un autre tour de manège ou Connelly l'enfermera-t-il définitivement au fond d'un tiroir verrouillé? L'auteur retournera-t-il à ses brèves amours avec des personnages féminins, question d'enterrer définitivement les restes de Bosch? Seul le maître qui tire les ficelles le sait, peut-être. D'ici là, savourez un peu ce dernier cru: comme la tête de Danton, il en vaut la peine.
Pourtant, il s'agit bien d'un humérus humain ayant appartenu jadis à un jeune enfant. À la brunante, en compagnie du chien Calamity qui porte plutôt bien son patronyme ainsi que de son maître, Bosch part à la recherche du squelette d'origine qu'il retrouve bientôt, enterré à la va-vite dans une petite clairière presque à flanc de montagne. Dès le lendemain, à l'aube, toute une équipe d'archéologues et de spécialistes de tout acabit se met à gratter le sol afin de faire jaillir des entrailles de la terre les restes humains qu'elle cache. Sauf certains membres qui ont dû faire le bonheur de quelque animal, l'essentiel est retracé et transporté au labo où le médecin légiste rétablit de biens sombres faits. L'enfant, âgé d'une dizaine d'années, a été toute sa vie durant et à répétition battu et maltraité. Multiples fêlures, cassures... et opération, même, au crâne. Force est de constater que la petite chose a bien mal vécu ses quelques années ici-bas.
Entre deux crises existentielles et un doute profond sur la nécessité de son sale boulot de flic, Harry rencontre une jolie admiratrice, recrue au LAPD, qui lui rappelle que son métier «change les choses». Et pour laquelle il éprouve plus qu'une attirance, tant et si bien qu'on découvre la géographie des cicatrices de ce vieux loup marqué par l'armée et le Vietnam. Regain de passion chez Bosch pour son métier et sa collègue donc, voire peut-être un semblant de nouvelle vie sentimentale. Qui sait?
Cette nouvelle enquête est rondement menée et regorge de rebondissements. Elle s'engouffre dans quelques tangentes labyrinthiques qui amènent Harry au-delà des habituelles histoires de meurtres, de carnages et d'horreur auxquelles Connelly a habitué le lecteur au fil des ans et des romans, ouvrant la voie à une réflexion plus sentie sur ce que l'humanité a de plus vil et de plus lâche: la violence envers les enfants, innocentes victimes sans défense des pires travers de l'homme.
Les amateurs de cet auteur de best-sellers se régaleront d'une pseudo-entrevue entre Connelly et son personnage publiée, dans le cadre des activités de promotion de ce nouveau roman, sur le site officiel de l'auteur (http://www.michaelconnelly.com/BoschQA/boschqa.html). Au cours de cette Conversation Piece enregistrée dans un cybercafé de L.A. le 1er avril dernier (ils ne manquent pas d'humour, ces deux-là!), chacun se dévoile un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, parlant enquête, littérature, relations conjugales et tutti quanti. La vie quoi! Sans oublier aussi cette enquête en particulier.
Meilleur que les précédents romans de l'auteur à succès, Wonderland Avenue (le titre original, City of Bones, convenait tout de même mieux) laisse entrevoir le pire pour Harry. D'autant que Connelly a quitté L.A. pour ramener ses pénates en Floride et consacre le plus clair de son temps à la rédaction d'un roman d'un tout autre genre, essentiellement très autobiographique. Et dans lequel un homme récemment installé dans une nouvelle ville hérite du numéro de téléphone d'une vieille dame dont quelques connaissances s'inquiètent et appellent aux nouvelles. Sortie prévue en octobre en anglais; traduction espérée dans les mois suivants. Mais Harry reviendra-t-il une fois encore pour un autre tour de manège ou Connelly l'enfermera-t-il définitivement au fond d'un tiroir verrouillé? L'auteur retournera-t-il à ses brèves amours avec des personnages féminins, question d'enterrer définitivement les restes de Bosch? Seul le maître qui tire les ficelles le sait, peut-être. D'ici là, savourez un peu ce dernier cru: comme la tête de Danton, il en vaut la peine.
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