L'agence qui ne voulait rien savoir
L'autre soir, au Yer-mad, un jeune poète draguait une fille en lui racontant une histoire sur Réjean Ducharme. Il avait reconnu l'écrivain, oui, c'était bien lui, assis à côté de lui, le nez dans sa bière, au bar, et l'écrivain l'avait aussi reconnu, en un sens: il lui avait filé 60 dollars en lui disant: «Toi, t'as quelque chose...» Et moi, assis plus loin, à quelques pieds du site historique où Patrick Straram avait trôné sur son vieux strapontin de cinéma, je prenais des notes sur ma rencontre avec le mystérieux JCT dans un resto qui, lui, est du pur Michel Tremblay, et je tendais l'oreille, ému. On aime savoir que les vieux trucs fonctionnent toujours. Que le secret est en lui-même cher à notre coeur et que ni une culture médiatique en forme de divulgation systématique, ni le fait que tout un chacun se trimballe dans le milieu littéraire avec sa propre version de la rencontre du troisième type ducharmienne ne suffisent à complètement l'épuiser. Et quand on fraie avec un autre genre de personnes, c'est pareil avec la CIA. Mais Réjean est une légende urbaine. Et la CIA, une légende mondiale.
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