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Essais québécois - La mauvaise croisade de Michel Brûlé

Louis Cornellier   2 mai 2009  Livres
L’éditeur Michel Brûlé, pourtant fier polyglotte, n’a que faire de la science linguistique et de la prudence interprétative qu’elle impose.
L’éditeur Michel Brûlé, pourtant fier polyglotte, n’a que faire de la science linguistique et de la prudence interprétative qu’elle impose.
On peut très bien considérer que la langue anglaise prend trop de place, dans le monde en général et au Québec en particulier, et néanmoins ressentir un malaise à la lecture d'Anglaid (comme dans anglais = laid), le récent pamphlet de Michel Brûlé. C'est que cet ouvrage constitue moins un plaidoyer en faveur du Québec français et de la diversité linguistique dans le monde qu'un réquisitoire débridé contre la culture anglo-saxonne.

Richard Martineau a qualifié ce pamphlet de raciste. On voudrait bien donner tort au chroniqueur, puisque ce qu'on connaît de l'éditeur des Intouchables ne nous porte pas à cette conclusion, mais il faut reconnaître que Brûlé, cette fois-ci, ne s'aide pas. À la limite, affirmer «que les Anglais et les États-Unis [sic] sont les peuples les plus bornés et les plus ethnocentriques qui furent» peut passer, mais qualifier de sous-hommes les habitants des pays anglophones, principalement les États-Uniens, les Anglais et les Canadiens, sous prétexte qu'ils mangent des hamburgers et des hot-dogs (j'en mange aussi!), est inacceptable, même sous le couvert d'un prétendu humour. De plus, quand Brûlé lance que «l'anglais n'est pas une belle langue» et que «les États-Uniens et les Canadiens anglais le parlent comme un chien qui jappe, et les Britanniques, comme un serpent qui siffle», il est difficile de ne pas conclure au moins à un ressentiment teinté d'une forme de racisme.

L'erreur de Michel Brûlé n'est pas de nous inviter à faire de la résistance face à l'anglais. S'il ne s'agissait que de cela, qui est parfaitement légitime, son combat, dans une logique de préservation de la diversité linguistique et des identités nationales, mériterait d'être salué. Son erreur consiste plutôt à déprécier une langue et ses locuteurs pour valoriser la langue française et les autres, comme si ces dernières n'avaient de valeur que parce qu'elles constituent des antidotes au crétinisme intrinsèque de la langue anglaise.

Or si, au Québec, il convient de défendre le statut du français comme seule langue d'usage public nécessaire et suffisante, ce n'est pas parce que l'anglais serait porteur de toutes les tares — soutenir une telle position confinerait au racisme —, mais parce que le français est notre langue, vaut en lui-même et parce que négliger de défendre, pour reprendre l'expression de Christian Dufour, sa claire prédominance au Québec nous condamnerait à un statut de citoyens de deuxième zone. On peut, en d'autres termes, aimer les cultures britannique et états-unienne, mais refuser de s'y fondre.

«C'est justement parce que les langues constituent des systèmes indépendants de la réalité extralinguistique qu'il est si difficile de définir la nature exacte de la relation entre langue, pensée et réalité», explique la linguiste Marina Yaguello dans son Catalogue des idées reçues sur la langue (Le Seuil, 1988). «La langue se moque de savoir si les pommes de terre, dans la réalité, se comptent ou ne se comptent pas: le mot Kartoffel, dénombrable en allemand, est devenu indénombrable en russe, où il a été emprunté (on est obligé de dire "manger de la pomme de terre").»

Michel Brûlé, lui, pourtant fier polyglotte, n'a que faire de la science linguistique et de la prudence interprétative qu'elle impose. Il se targue d'avoir fait «une observation majeure», c'est-à-dire d'avoir «découvert qu'une des composantes les plus importantes de la langue anglaise était mauvaise». Selon lui, en effet, le fait que le «je» anglais, le «I», soit toujours en majuscule expliquerait le « je» hypertrophié des anglophones et leur mépris des autres. Brûlé, d'ailleurs, écrit toujours «pierre ELLIOTT trudeau» en mettant en majuscules la part anglaise de l'ex-premier ministre du Canada, pour mettre en évidence sa perfidie. Le premier ministre du Québec, lui, doit se contenter d'être désigné comme «John James Charest». Le «I» anglais comme fondement de l'impérialisme et de l'ethnocentrisme des locuteurs de cette langue: voilà l'extravagante et désolante thèse que nous sert Brûlé.

Comment le pamphlétaire, qui se dit «russophile impénitent» et ne manque pas de nous faire savoir qu'il «parle couramment le russe», explique-t-il alors l'impérialisme russe, un pays dont la langue fait un emploi facultatif du pronom sujet? Les Japonais, reconnaît Brûlé, «ont été de terribles impérialistes à l'égard des Coréens et ont tout fait pour éliminer la langue coréenne». Pourtant, il précise qu'il a «toujours eu envie d'apprendre le japonais, une langue magnifique, afin de mieux comprendre ce peuple distingué, courtois et raffiné» qui n'a «rien à voir avec les États-Unis, quoi.» Ce principe du deux poids, deux mesures illustre clairement l'antiaméricanisme primaire qui anime le pamphlétaire. Parti en croisade pour la diversité linguistique, il s'égare en un combat douteux contre la nature de la langue anglaise qui pervertit ses locuteurs! Or, si nier l'impérialisme anglo-saxon serait ridicule, lui attribuer presque le monopole du mal ne l'est pas moins, surtout si, pour ce faire, on doit se livrer à des élucubrations linguistiques.

D'ailleurs, en matière d'élucubrations en tous genres, l'auteur d'Anglaid est prodigue. Ainsi, selon lui, les États-Unis auraient comploté les scandales du SRAS, de la grippe aviaire et du lait contaminé pour nuire à la Chine; la CIA aurait assassiné Jimi Hendrix, Jim Morrison et Janis Joplin pour écraser le mouvement hippie; et, évidemment, cela affirmé sans démonstration, les attaques du World Trade Center seraient le fait des États-Unis eux-mêmes. Le philosophe Charles Taylor, dans ces pages, est qualifié de «salaud» et l'homme d'affaires Paul Desmarais est comparé à Duvalier.

Les Québécois colonisés qui communient à l'autel du tout-à-l'anglais ont certes besoin d'être ramenés à l'ordre et de se faire expliquer que leur soumission constitue un reniement à eux-mêmes. La langue anglaise n'est ni laide ni maléfique, mais elle n'est pas notre langue et n'a pas à le devenir, sauf comme langue seconde pour ceux qui le veulent. Si l'espagnol — que Brûlé souhaite voir devenir la nouvelle langue internationale — brillait un jour par une semblable omniprésence, il conviendrait d'avoir la même attitude envers lui.

***

louisco@sympatico.ca

***

Anglaid

Une langue irrémédiablement vouée à l'impérialisme et à l'ethnocentrisme

Michel Brûlé

Michel Brûlé éditeur

Montréal, 2009, 176 pages
 
 
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  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 06h42
    N'y a-t-il pas de plus intéressantes façons de perdre son temps?
    Très souvent, on ne perd pas son temps en lisant les textes de Louis Corneiller, mais cette fois on ressent une frustration immense. Pourquoi fallait-il nous entretenir de ce bouquin qui représente le comble de la déraison?

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 08h43
    Hélas.
    « le français est notre langue », ce n'est pas vrai. C'est une des origines principales de la langue québécoise mais ce n'est pas du français ni par les mots traduits de l'anglais, ni par la syntaxe héritée le plus souvent de l'anglais (2 exemples : « je ne prends pas de risque » en français se dit « je ne prends pas de chance » en québécois de l'anglais « I'm not taking the chance »; « On va se promener » en français se dit en québécois, « on prend une marche » (We take a walk.) Je parle évidement du parler québécois tel qu'il est utilisé par les québécois et les médias non du parler académique des universités. Ce parler non seulement de la rue mais aussi du folklore québécois.
    Le pauvre éditeur qui n'arrive pas à être auteur. Il est évident que lorsque l'on rencontre de tels hurluberlus, on change vite de trottoir. Inutile et perte de temps que tout cela. Il lui manque le fait de se faire plaisir. Les préjugés sont dangereux et la bêtise encore plus.

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 14h44
    Du grand Voltaire!
    Nous parlons tous de nos jours la langue de Voltaire lequel, bien que très anglophile pour un Français de toujours, n'a pas moins quafifié l'anglais de langue BARBARE...!!! Qui oserait traiter ce très grand maître de raciste?

  • Luc Archambault
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 17h54
    L'anglaide et superbe majesté majuscule du JE impérialiste
    M. Cornellier,

    Vous avez raison, Michel Brûlé, si l'on se fie à votre compte-rendu de lecture, se range du côté des francophobes, au sens langagier du terme. Et, personnellement, j'estime que la francophobie doit pouvoir trouver son pendant anglophobe, toujours au sens langagier. Ce qui est à distinguer du racisme, ou du moins ce qui en serait une variante qui n'est pas tant raciale que langagière. Pour le reste, il semble que M. Brûlé ne soit pas tant raciste qu'anti-impérialiste. Nuance ! L'antiétatsunianisme a bon dos... quand il s'agit plutôt de l'anti-impérialisme. Quoique, dans le cas de Michel Brûlé, il faudrait juger sur pièce s'il n'ajoute pas à l'anti-impérialisme quelques touches de manifestations de racisme, pour peu que l'anglophonie forme une race du reste. Que dire de toutes celles et ceux qui se mettent à l'anglais, forment-t-ils dès lors une race par dessus les races ?

    Quant à l'hypertrophie du JE anglophone, vous omettez de dire à propos des Russes ou des Japonais que la pareille dans leur cas montre bien a contrario ce que tente de démontrer M. Brûlé. Tout impérialistes qu'ils soient, ils sont des amateurs au regard de l'Empire britannique où le Soleil s'est un jour levé pour ne plus jamais se coucher, l'Empire étatsunien n'en serait que le prolongement contemporain. Et leur assidu empressement à se poser en maîtres du monde trouverait dans ce JE hypertrophié l'un des indicateurs de la superbe qui les a fait se justifier de le devenir, qui les fait se conforter de l'être, et s'encourager de le demeurer.

    Et oui, pour un francophone, l'anglais est une langue laide, gauche, grossière ( si peu raffinée ). Ce qui n'en fait pas pour autant je vous l'accorde un principe permettant de justifier le racisme antiétatsunien ou antibritannique, mais qui permet hors cela de conforter un anti-impérialisme qui a bel et bien lieu d'être à bon droit. Quant au « phonéisme », quant la détestation d'une langue, faudrait voir où cela nous mène. Si cela permet de ralentir le tout à l'anglais, ne serait-ce que ralentir l'anglicisation du monde, si cela permet d'encourager la diversité « phonéique » et culturelle, peut-être que la détestation de l'anglais pourrait être un pendant utile à sa survalorisation qui à terme annonce la disparition de toute autre langue occidentale, à commencer par le français.

    Cela n'excuse rien, mais quand on voit le monde anglophone s'en prendre à la France, à la langue française, à l'esprit français avec un tel sans gêne, une telle hargne, comme on a pu le voir après le refus de la France de suivre le matamore mal embouché de Bush, il me semble que l'on pourrait voir dans cette réplique qu'un bien normal retour d'ascenseur qui n'est que le miroir d'une francophobie qui participe au succès de l'impérialisme culturel anglophone. On ne peut nier la suffisance et le « complexe de supériorité » anglophone, la superbe majesté majuscule du « I » me semble en témoigner, comme bien d'autres indicateurs. Ils ne font pas foi de tout... ils indiquent une... tendance... La pareille francophone ne se justifie pas pour autant, mais peut-être qu'elle participerait à la constitution d'un arsenal diversifié permettant de répliquer valablement à l'anglophilie atavique qui nous afflige, tout racisme exclu.

    Une chose est sûre, M. Brûlé n'a pas froid aux yeux puisqu'il ne doit pas ignorer que notre peur maladive d'être accusés d'ethnocentriste, de nationalisme fermé sur le monde, voire de racisme, ne manquera pas de nous faire tomber à bras raccourci sur tout ce qui pourrait de près et de loin justifier de telles accusations, même si elles ne tiennent pas compte des distinctions à faire. Vous en faites, mais il me semble que vous ne considérez pas tout ce qui doit l'être. Vous me semblez abonder dans ce tordage de bras cependant par la faiblesse de votre réplique en ce qui concerne la pareille russe ou japonaise. Être anglophobe, au sens langagier du terme ne nous ferme pas au monde. Le prétendre montre bien à quel point l'anglophonie se prend pour le monde tout entier.

    L'attraction de la beauté est un moteur indéniable de l'avancement humain. La laideur un répulsif. Pour peu que l'on soit du côté de la diversité culturelle, le fait de considérer laide la langue anglaise me semble être un moteur utile pour contrer l'avancée du rouleau compresseur anglophile. L'Anglophilie langagière y trouverait un rempart utile alors qu'elle nous assiège avec tant de succès, ses assauts sont quotidiens, voire horodatés.

    La langue anglaise est-elle en soi laide ? Qui peut le dire ? Une chose est sûre elle peut apparaitre telle à maints locuteurs de langues plus subtiles et sophistiquées. Quel est le problème ? Pourquoi refuser de tabler sur ce sentiment pour conforter les autres locuteurs de langues autres dans leur désir de ne pas disparaître, alors que tant d'autres militent en faveur de l'utilisation à outrance et tous azimuts, sans nécessité véritable, de cette langue supposée universelle, jusqu'en France, bien inconsciente et insouciante me semble-t-il. Peur d'être déclassé, séduction du plus fort, paresse intellectuelle, sentiment de confort et d'indifférence que procure la voie de la facilité et de la commodité, etc.

    Cela dit, je suis avec vous s'il est question de ne pas faire déborder cette notion vers l'anglophobie autre que langagière. JE pense que cela est possible. Notre langue, l'esprit de notre langue française, notre esprit humain tout court le permettent. En ce sens l'équation qu'il ne faut pas induire cependant, c'est celle qui voudrait que l'esprit pauvre d'une langue soit l'image obligée d'un esprit pauvre de ses locuteurs. Ce que je ne me permets pas de conclure en constatant le pauvre esprit de la langue anglaise.

    Cela m'épate néanmoins. Comment l'esprit humain peut malgré tout s'exprimer subtilement avec une langue si pauvre ? Cela m'échappe, mais ne doute pas une seconde que ce soit possible. J'en veux pour preuve notre propre usage de la langue française. Cette langue française appauvrie que nous utilisons communément au Québec ne fait pas de nous des idiots. Du moins pas forcément. Forcément, l'esprit humain parvient à s'exprimer subtilement sans pour autant employer une langue de pareille nature. Cela doit se passer sans doute dans les silences, dans le sous-texte, dans le non-dit, voire le mal dit. Mais n'empêche... rien n'interdit de parfaire notre Connaissance et d'apprendre à utiliser tout ce que permet la langue française. Nous nous y employons tous les jours. L'anglais pourrait sans doute faire de même, du reste il le fait, l'emploi de plusieurs « francismes » le prouve. Se pourrait-il que s'invente une langue anglaise plus subtile... un jour ? Pourquoi pas ! On peut rêver de ça comme d'une diversité culturelle et politique qui sonnera la fin de l'affreux et laid impérialisme culturel et politique qu'il soit britannique, étatsunien, russe, japonais ou... chinois...

    Au plaisir, Luc A.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    dimanche 3 mai 2009 08h19
    Voltaire?????
    "To Lady H-y.

    By Mr. De Voltaire

    "H-y would you know the passion
    You have kindled in my breast,
    Trifling is the inclination
    That by words can be expre'd.
    In my silence see the lover,
    True love is by silence known;
    In my eyes you'll best discover
    All the power of your own."

    Voltaire était anglophile. Son voyage en Angleterre et ses Lettres philosophiques (ou initialement Les Lettres anglaises, 1734) en témoignent avec ses emprunts (entre autres choses) ou ses amitiés avec Lord Hervey. L'anglais a représenté pou Voltaire le modèle du mécénat aristocratique. Georges II lui offrit une pension et le Voltaire national français non québécois a vite accru sa fortune. C'est ce qu'on apprend dans les meilleures universités. Il a découvert en apprenant l'anglais la tolérance, Newton et Shakespeare. C'est dans « La pucelle » au chant 19 où il écrit : « Barbare anglais, percez mon sein timide.» Il n'est aucunement question de langue dans ce cas d'espèces mais de littérature. Voltaire raciste à l'égard des anglais alors qu'il admirait les institutions anglaises???? Là aussi il y a erreur de diagnostique. Heureusement qu'il ne s'agit pas de grippe.

  • Pierre Poulin
    Abonné
    dimanche 3 mai 2009 08h57
    Solitude
    Lorsque j'écris des sottises, il y a toujours quelqu'un de mon entourage pour relire mon texte et en décourager la publication. Je constate que cet homme est bien seul... ou furieusement mal entouré !

  • philippe de neuville
    Inscrit
    dimanche 3 mai 2009 09h54
    A Bernard Brun:
    Faut pas non plus trop extrapoler! Ce n'est pas parce qu'il y a quelques dissemblances entre le français de France & celui du Québec que celui-ci n'est pas pour autant du français.

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    dimanche 3 mai 2009 11h06
    @Brun Bernard
    Voltaire traite bel et bien l'anglais de langue barbare quelque part dans sa correspondance qui est si volumineuse qu'elle n'a toujours pas fait l'objet d'une publication intégrale en français, du moins dans une édition abordable, à ce que je sache. Il semblerait toutefois qu'elle e soit en cédérom à cette adresse : http://www.voltaire-integral.com/.

    Pour ma part, je ne me rappelle plus exactement dans quel passage de quel livre j'avais lu la citation de son jugement qui se référait au théâtre de nul autre que William Shakespeare. C'est sans doute la raison pour laquelle je suis sûr et certain que Voltaire, aussi anglophile était-il, regardait de haut la langue anglaise. Et pour cause, car souvenez-vous, son époque représente l'âge d'or du français qui jouait alors le rôle international de l'anglais aujourd'hui. Époque pour notre très grand malheur à tous, révolue à tout jamais par la faute d'institutions inférieures à celles d'Angleterre où la monarchie n'était déjà plus que constitutionnelle et symbolique, le pouvoir étant échu au parlement. Voilà d'ailleurs toute la source de l'anglophilie de Voltaire qui n'en ridiculisait pas moins la langue anglaise.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    dimanche 3 mai 2009 13h08
    À Monsieur Philippe de Neuville
    Prenons l'exemple d'un professeur en France qui dirige des travaux de français et qui demanderait à ses élèves de faire une dissertation sur l'amour. Un des élèves, tout en considérant que le Québec et le québécois n'ont jamais eu lieu, se mettrait à écrire : « je suis tombé en amour »; « suis en amour ». Un autre dirait : « je suis amoureux » ou « je suis tombé amoureux de... » ou « j'éprouve de l'amour pour » etc. Le prof corrigera le premier élève pour sa faute de syntaxe car on ne dit pas en français « je suis en amour » (I fall in love or I'm in love). Ne reconnaissant pas la syntaxe française et ne connaissant pas l'anglais, le prof mettra une mauvaise note ou corrigera. Le québécois met des mots français dans une syntaxe anglaise pour dire que c'est du français. Mais le prof français de France ne pourra pas dire la même chose et sil connaît l'anglais il dira à l'élève que le français ne peut en aucun cas être de l'anglais mal parlé. Le créole québécoise n'est pas la langue française loin de là. Ce n'est pas si grave que ça si on est honnête. Les surréalistes s'amusaient à traduire des phrases anglaises en français mais la syntaxe faisait le comique de la chose. On peut faire du bruit qui ressemble au français comme certains comiques s'amusent à faire des sonorités russes pour faire croire que c'est du russe, c'est à peu près ça mon point de vue. Plus j'entends du québécois mieux j'acquiers la syntaxe française. Plus je lis du français plus je m'aperçois que le québécois n'est pas une langue mais un créole d'origine française. Dans ce sens M Brulé aurait dire que le québécois est laid par rapport au français. Pour moi, le québécois c'es bau et joyeux mais ce n'est pas du français ou de l'anglais telles qu'ont devraient le savoir vous et moi. Toutes langues même les créoles, c'est beau et fort riche. Alors?

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    dimanche 3 mai 2009 13h31
    Précision pour monsieur de neuville
    Monsieur Brun n'a aucune leçon à donner dans aucune langue. Si vous avez lu de temps à autre ses élucubrations, vous aurez pu constater qu'il n'excelle pas en cette matière.

    Par contre, il a une sérieux complexe d'infériorité. Ayant préparé son doctorat dans la mère patrie, il s'est aperçu qu'il avait été mal éduqué en français ici. Dieu soit loué, nos cousins ont fait de lui un véritable académicien, prêt à remplacer à pied levé Maurice Druon.

    Ne vous amusez pas trop aux propos de monsieur Brun, il raconte toujours la même chose. Pour lui, le Québécois dans toutes ses dimensions est un taré, seul détenteur de toutes les bêtises et médiocrités.


    ....

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    dimanche 3 mai 2009 16h10
    Voltaire - quelques références critiques
    Dans une lettre à l'Académie française, du 25 août 1776, dont l'annonce de la traduction française par Letourneur, des "Oeuvre de Shakespeare", donna naissance, Voltaire se fait très précis et cinglant à l'endroit d'une certaine dame Montague qui ose dénoncer cette traduction, porter Shakespeare aux nues et déprécier en comparaison les plus grandes tragédies françaises: «Je suis persuadé, madame, que cet académicien a pénétré le vrai sens, c'est-à-dire le sens barbare d'un comédien (Shakespeare) du XVIe siècle, homme sans éducation, sans lettres, qui enchérit encore sur la barbarie de son temps, et qui certainement n'écrivait pas comme Addison et Pope. Mais qu'importe? Que gagnerez-vous en disant que, du temps d'Élisabeth, "course" ne signifiait pas "course"? Cela prouverait-il que des farces monstreuses (comme on les a si bien nommées) doivent être jouées à Paris et à Versailles, au lieu de nos chefs-d'oeuvre immortels, comme l'a osé prétendre M. Letourneur?»

    Dans la "Lettre de M. de Voltaire à l'Académie française", en dédicace de «IRÈNE, TRAGÉDIE EN CINQ ACTES», 1778, Voltaire porte un jugement clair et net sur Shakespeare et sa langue, symbole même de l'anglais fixé à son apogée, en réponse à cette "apologie de Shakespeare" publiée par la dame, de Montague qui, et je cite Voltaire, "préfère Shakespeare aux auteurs d'Iphigénie et d'Athalie, de Polyeucte et de Cinna. Elle a fait un livre entier pour lui assurer cette supériorité; (...) Elle met Shakespeare au-dessus de tout, en faveur de ces morceaux qui sont en effet naturels et énergiques, quoique défigurés presque toujours par une familiarité basse". Et Voltaire, de conclure plus loin: «...tout le monde sent que Shakespeare est un sauvage avec des étincelles de génie qui brillent dans une nuit horrible. Réf.: http://www.voltaire-integral.com/Html/07/07IRENE.h

  • Brun Bernard
    Inscrit
    dimanche 3 mai 2009 17h10
    L'anglais n'est pas barbare.
    Cela ne dit aucunement d'après vos sources et les miennes (les miennes sont stupides n'est-ce pas) que "la langue anglaise est barbare". Jamais. Vous confondez encore les termes et la syntaxe française même chez Voltaire. Vous négligez aussi le côté "presifleur" du sieur Voltaire qui aimait beaucoup les anglais.
    L'autre question est celle de comprendre pourquoi vous n'aimez pas les gens? Pourquoi les haïr tant que ça? Jalousie, complexe d'infériorité? Pour ce que vous dites à notre ami commun M De Neuville est d'un stupide à mourir de rire tellement vous visez mal. Continuez donc dans votre noirceur si méritée. N'est pas Voltaire qui veut.
    Le barbare est celui qui prend l'autre pour autre que soit. C'est une grossière erreur en littérature et dans le domaine de l'humanisme.
    J'attends donc avec impatience la référence de la fameuse phrase de Voltaire disant que "la LANGUE anglaise" est barbare come le dit notre brûlé de service linguistique cette fin de semaine(week-end). Car si vous le suivez, vous êtes de mauvaise foi ou alors vous n'y connaissez en rien quant aux langues et leurs beautés.

  • Luc Archambault
    Abonné
    dimanche 3 mai 2009 17h31
    @ M. Brun
    Vous dites :

    « Pour moi, le québécois c'es bau et joyeux mais ce n'est pas du français ou de l'anglais telles qu'ont devraient le savoir vous et moi. Toutes langues même les créoles, c'est beau et fort riche. Alors? »

    Alors... si la langue québécoise est laide, pourquoi l'anglaid ne le serait-il pas ? Et, la question n'est pas qu'il le soit en soi. La question est que d'aucuns le perçoivent comme tel, dont semble-t-il Voltaire qui le disait pour contrer la surenchère qui plaçait l'oeuvre anglaise de Shakespeare au dessus des grands classiques français... Brûlé ne ferait en somme que suivre son exemple...

    La question est... Cette perception a-t-elle ou pas droit de Cité ou doit-elle être tabou ? Au point d'être accusés de racisme, juste pour ça. Car tel Voltaire, on peut considérer comme pauvre au laide une langue, l'anglaid en l'occurrence, sans pour autant faire de ses locuteurs des idiots. On peut être anglophile et anglophobe linguistiquement parlant. L'un n'exclut pas l'autre et vice versa.

    En effet, une langue pauvre ne fait pas d'office un esprit pauvre. L'esprit c'est autre chose, d'autant si on est polyglotte. En ce cas, celui-là parlant l'anglaid n'est certes pas idiots en soi parce qu'il le parle, l'écrit ou le lit puisqu'il parle par ailleurs par exemple le français en toutes connaissances de causes.

    Le racisme ne réside pas là. Le racisme consiste à généraliser un comportement ou une caractéristique physique à l'ensemble d'une race, d'un groupe racial. Il y a un racisme positif et un racisme négatif et délétère. D'aucuns pourront par exemple avoir un préjugé favorable aux personnes venant d'ailleurs, pour la qualité de ce que procure le choc culturel assumé par tels voyagement. D'autres pourront être séduit par la beauté de certaines races... Et bien sûr l'inverse est vrai.

    Qualifier la langue laide de laide, l'anglaid de laid, n'est pas raciste, ou pire serait question de « phonéisme ». Le dénigrement d'une langue. En soit il faudrait le répudier lui aussi ce dénigrement. Encore que... il pourrait être admis dans le contexte de la surenchère lié à son ascendant outrageant et délétère à l'égard de la diversité « phonéique » qui est encore la nôtre mais qui risque de disparaître si on n'y prend garde. Comme l'a fait Voltaire. Ce qui ne faisait pas de lui un raciste, son anglophilie le prouve.

    Quant à moi, l'invention de l'anglaid me ravit. Et, je ne suis pas pour autant raciste, ni antiétatsunien. M. Brûlé l'est-il lui par ailleurs, ça, c'est une autre histoire.

    Et, si l'on veut brûler Brûlé pour l'ANGLAID, il faudra un autodafé pour brûler aussi au moins quelques lettres de Voltaire. S'il faut extraire quelques outrances racistes de l'ouvrage. si tant est, je ne me réfère qu'à ce qu'on en dit, qu'on le fasse, quand à l'oeuvre entier il faudra faire comme le Chinois et repasser... ( Blague raciste )

  • Yvon Montoya
    Abonné
    dimanche 3 mai 2009 17h40
    Bel article.
    Pourquoi autant de préjugés qui font en sorte que cela permet de se foutre des québécois qui ne pensent pas du tout comme cette non-pensée lepeniste de M Brülé? Notre époque enfle de raciste de plus en plus. On rétrograde. Toutes les langues sont belles même celles qui n'existent pas encore.

  • jacques noel
    Inscrit
    dimanche 3 mai 2009 20h28
    @ ti-Brun
    En Angleterre, un subway (métro) est un underground, et un underground (un sousterrain) un subway. Va donc dire aux Ricains qu'ils ne parlent pas anglais! S'en chrissent...
    La langue est d'abord et avant tout une question de nombre. Dès 4 grandes langues que les Européens ont laissé en Amérique, y a juste la nôtre qui est 10 fois moins parlée qu'en Europe. Le nombre, le nombre et le nombre comme disait Toybee. Ou Rémi dans Le Déclin...

    La prochaine fois où tu auras envie de cracher encore une fois sur la tribu, "Take a walk on the wild side"...

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 4 mai 2009 10h44
    À Noël et Archambault.
    « Pour moi, le québécois c'est beau et joyeux mais ce n'est pas du français ou de l'anglais telles qu'on devrait le savoir vous et moi. Toutes langues même les créoles, c'est beau et fort riche. Alors? » J'ai jamais dit que c'était laid monsieur Archambault?????

    Vous vous dites : « Alors... si la langue québécoise est laide, pourquoi l'anglaid ne le serait-il pas?» Ça rien à voir on ne parle pas de la même chose. Voltaire n'aimait pas Shakespeare mais aimait la langue anglaise. Ce dramaturge à la forte écriture qu'était Shakespeare, avait un vocabulaire de milliers de mots alors que le pauvre Racine n'avait qu'un vocabulaire extrêmement limité. C'est connu des spécialistes de la littérature.

    M Noël m'amuse à force de faire en sorte de transformer un créole en langue nationale incomprise des étudiants de français qui l'étudient de par le monde. Comme c'est plus facile pour un allemand à apprendre l'anglais pour cause de racines communes, il sera facile pour un québécois de faire la même chose avec le français. Du fait qu'il existe deux dictionnaires, un pour le français, l'autre pour le québécois, la réponse est de dire que les deux langues ne sont pas équivalentes. Ce sont les institutions québécoises qui font aussi la différence non seulement moi. Le créole c'est beau, moi j'aime bien et j'adore aussi l'argot français. Où est le problème? Mais on ne fait pas une nation moderne avec un parler qui vient du temps des dinosaures et qui n'a aucun rapport avec la modernité. Ce n'est pas compliqué. Voyez Madame Marois lorsqu'elle parle, soit elle se trouve sous antidépresseur ou elle est saoule. Même Sarkozy on demande de bien s'exprimer, alors?
    ma voisine qui n'est aps du Québec ni de France, elle aprle très bien lefrnçais masi elle comprend très mal la québécois. Pourtant si vous lisez les papeirs du banque ou administratifs, ça va mais si vous écoutez...On tombe de haut. C'est fait exprès pour pas que nous puissions mieux comprendre les mensonges de nos politiciens. C,est un état d'ignorance dans lequel on veut que nous restions et vous jouez leur jeu aux politiques. Moi je veux comprendre quand ils mettent des osties de mots à la mort moi le noeud. Basta.

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    lundi 4 mai 2009 10h47
    Voltaire et les langues
    Lisez l'article Langues dans le Dictionnaire philosophique de Voltaire. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y faisait pas beaucoup de cas de l'anglais, surtout quand on constate au surplus son opinion critique de la langue de Shakespeare, n'est-ce pas? De là à dire qu'il a déjà traité aucune langue de laide, il y a en effet une très grande marge. Il trouvait toutes les langues européennes de son époque imparfaites. Le français qui prédominait au 18e siècle trouvait seul grâce à ses yeux parce que tous les grands esprits et les cours l'avaient alors adopté. Mais esthétiquement parlant, la faveur de Voltaire allait sans partage à la langue grecque. N'oublions pas que Voltaire parlait italien, espagnol, grec et latin, et n'accordait pas tant d'importance à l'anglais. Voltaire a porté l'art de la conversation française à son zénith! Son génie s'est confondu avec celui de notre belle langue qui ne mérite pas le mauvais sort que l'Histoire lui a réservé depuis, sans doute à cause d'une suite d'erreurs géostratégiques épouvantables dont la défaite maritime à Trafalgar représente le chant du cygne. Napoléon perdait l'Atlantique Nord, tremplin de l'Empire britannique, et irait se perdre dans de vaines guerres continentales qui se déroulaient en vérité tout à fait en dehors de l'échiquier politique de cette époque.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 4 mai 2009 12h54
    Merci M. Pierre François Gagnon
    Merci car je savais que le cher Voltaire et son sacré caractère ne pouvait pas cracher sur la soupe. Oui, à cette époque les arsitos parlaient plusieurs langues sans toutefois généraliser. Merci pour votre recherche, ce fut un réel plaisir.
    Je vous mets une citation de Michel Serre tirée de sa dernière entrevue (interview en français):
    "Amusant. L'espace philosophique dans une société marchande peut-il se trouver en dehors de la culture, laquelle est aussi une «marchandise»?
    En effet, la culture est devenue, assez récemment, une marchandise. Il est possible que la vraie culture, si elle existe, serait en dehors de l'échange marchand, et je peux le démontrer.
    Si vous avez du pain, et si moi j'ai un euro, si je vous achète le pain, j'aurai le pain et vous aurez l'euro et vous voyez dans cet échange un équilibre, c'est-à-dire : A a un euro, B a un pain. Et dans l'autre cas B a le pain et A a l'euro. Donc, c'est un équilibre parfait. Mais, si vous avez un sonnet de Verlaine, ou le théorème de Pythagore, et que moi je n'ai rien, et si vous me les enseignez, à la fin de cet échange-là, j'aurai le sonnet et le théorème, mais vous les aurez gardés. Dans le premier cas, il y a un équilibre, c'est la marchandise, dans le second il y a un accroissement, c'est la culture."

  • Pierre Allard
    Inscrit
    mercredi 6 mai 2009 17h06
    GRRR ! Waf Waf !
    Il aurait suffi que je brise un lacet ce matin pour que je parte en guerre contre la thèse de Brulé qui me semble bien puérile. Je ne l'aurais pas fait pas amour de l'Amérique, dont je dis encore bien plus de mal - en attendant la regénérescence qui lui apportera peut-être Obama - mais parce que je crois que ce genre d'attaque fragilise le dossier contre l'Amérique, lequel doit être conduit impitoyablement, mais avec sérénité. Si je ne connaissais pas un peu Brulé de réputation, je croirais à une piège tendu par un agent provocateur.

    http://nouvellesociete.org/5042.html


    Pierre JC Allard

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