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Essais québécois - Qui a peur du programme d'éthique et de culture religieuse ?

Louis Cornellier   14 mars 2009  Livres
On s'attendait, bien sûr, à ce que le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse (ECR), implanté dans les écoles québécoises en septembre 2008, suscite une certaine controverse. Les partisans de l'ancien programme d'enseignement religieux confes-sionnel et les athées militants se rejoignaient dans le mécontentement ressenti quant à cette nouvelle approche du fait religieux.

Aux premiers, on pouvait pourtant rappeler l'inefficacité de l'ancien cours, qui échouait à transmettre tant la foi que la culture religieuse, et son caractère peu rassembleur, voire discriminatoire. Aux seconds, qui souhaitaient voir le religieux disparaître du programme de l'école québécoise, on pouvait répliquer qu'il serait mal avisé de négliger ainsi un pan du réel qui a contribué, et qui contribue encore, à définir la culture occidentale et les autres et les inciter à se réjouir de l'abandon de la perspective confessionnelle. Sans suffire à convaincre les uns et les autres, ces arguments avaient au moins le mérite de justifier, aux yeux de la majorité, pouvait-on espérer, la pertinence du nouveau programme d'ECR.

Ce qu'on avait moins vu venir, cependant, c'est la contestation virulente émanant des rangs d'une certaine droite nationaliste et intellectuelle, au nom de la protection de l'identité nationale. Aux yeux de ces conservateurs à la québécoise, en effet, l'essai de Georges Leroux intitulé Éthique, culture religieuse, dialogue: arguments pour un programme (Fides, 2007) est devenu l'ennemi à abattre parce que, défendant le programme d'ECR au nom du respect du pluralisme, il mènerait à une «rupture avec l'identité nationale», selon la formule de Charles-Ph. Courtois.

Pour Mathieu Bock-Côté, par exemple, l'«éducation à la tolérance» et la «sensibilisation à la différence» qui sont au coeur du programme d'ECR annoncent «une véritable haine de soi qu'on inculquera à une jeunesse devenue étrangère à sa propre culture» (Le Devoir, 24 avril 2008). Leroux est pourtant clair à ce sujet: le programme reconnaît le catholicisme comme «la tradition religieuse de référence au Québec». À partir de là, dialogue. Où est le problème?

Conservatisme de combat

Dans L'État québécois et le carnaval de la décadence (L'intelligence conséquente, 2008), un pamphlet débridé animé par un conservatisme de combat, Carl Bergeron qualifie Leroux d'«idéologue pur jus» et lui attribue une «haine anti-occidentale» et le désir de détruire la famille, seule dépositaire légitime, selon le pamphlétaire, des valeurs à transmettre aux enfants. Bergeron affirme même que l'ouvrage de Leroux est «le produit d'une pensée totalitaire». Une telle extravagance ne mérite même pas la réplique.

Dans le numéro de février 2009 de L'Action nationale, Joëlle Quérin, doctorante en sociologie à l'UQAM, tente une critique plus raisonnée, mais pas nécessairement plus forte, des arguments de Leroux. Le philosophe, explique-t-elle, ferait fausse route en proposant «que le pluralisme de fait appelle une adhésion au pluralisme normatif». Faut-il comprendre que, selon elle, le pluralisme existe bel et bien, mais devrait être ignoré, voire combattu, par l'école? Quérin affirme même que «le pluralisme ne découle pas de la diversité», mais qu'il la produit. Faut-il comprendre qu'il s'agirait de ne pas tenir compte de la diversité pour la voir disparaître?

Quand Leroux avance l'argument historique selon lequel il importe de transmettre aux nouvelles générations le savoir moral et religieux qui a animé l'histoire du Québec, la sociologue réplique qu'il «procède à une réécriture de l'histoire» parce qu'il inclut dans ce savoir non seulement le christianisme, mais aussi les religions amérindiennes et le judaïsme. Qui, peut-on demander, réécrit l'histoire? Celui qui inclut tout le réel, dans le respect des proportions de ce qui le compose, ou celle qui suggère de faire l'impasse sur certains de ses éléments? Que propose, d'ailleurs, celle qui appelle «lavage de cerveau» la reconnaissance du pluralisme et le plaidoyer pour le dialogue?

Charles-Ph. Courtois, dans la critique du cours d'ECR qu'il publie dans le collectif Contre la réforme pédagogique (VLB, 2008), développe des arguments semblables à ceux de Joëlle Quérin. Ce cours, écrit-il, serait déstructurant sur le plan national parce qu'il «vide l'interculturalisme de sa culture majoritaire de convergence» et va à l'encontre du «modèle républicain d'intégration dans la laïcité [qui] repose sur l'intégration à une culture nationale commune». Courtois parle lui aussi d'un «bourrage de crâne» et d'une «rééducation idéologique» qui abolit «la perspective québécoise».

Ces critiques outrées ne rendent pas justice au programme d'ECR et à la défense qu'en fait Georges Leroux. Car de quoi, au juste, a-t-on peur? D'un multiculturalisme qui mènerait à la fragmentation de l'identité nationale québécoise en encourageant un relativisme moral de principe? Ce n'est pourtant pas de cela qu'il s'agit. La pratique du dialogue qui est au coeur du programme d'ECR repose sur le credo démocratique, le respect des lois du Québec, imprégnées de sa culture et de son histoire, et elle se fera en français. Le pluralisme qu'il s'agit de valoriser ne concerne pas ce socle, mais le reste, c'est-à-dire les convictions intimes qui guident nos vies et qui se nourrissent à l'éthique et, très souvent, à la culture religieuse. C'est ce que veut dire Leroux quand il écrit qu'il s'agit «de mettre en harmonie l'école avec la modernité politique».

Il y a, au Québec, des Québécois croyants d'une foule de confessions religieuses, des agnostiques et des athées. Même à l'intérieur du catholicisme, les «différentes conceptions de la vie bonne» sont multiples. Apprendre à connaître et à reconnaître, même sans y adhérer, la richesse de ces dernières et pratiquer l'art de les mettre en débat dans un dialogue respectueux ne peut apparaître comme une menace qu'à des nostalgiques d'un monde ancien dans lequel la diversité éthique et religieuse était vécue sur le mode du malaise et constituait un obstacle à l'intégration. Nous, modernes, ne vivons plus dans ce monde.
 
 
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  • Pierre Zwngli
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 00h58
    Le Devoir défend "son" cours ECR
    Le Devoir défend "son" cours ECR et ses deux collaborateurs : Georges Leroxu et son ancien journaliste J-P Proulx, tous deux pères du programme si contesté d'ECR.

    En passant, rappelons puisque vous ne le faites pas que la "majorité" en faveur du cours selon un sondage commandé par Le Devoir en août était de 52 % malgré tout le battage publicitaire fait en faveur de ce cours par le gouvernement et des journaux comme Le Devoir. Et puis 72 % des parents québécois sont en fait pour le choix en ce cours gouvernemental pondu par des "experts" et des cours traditionnels de religion, mais ça le Devoir n'aime pas le dire.

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 03h46
    Bravo, Louis Cornellier! Votre texte entier est à méditer.
    Il n'y a rien à ajouter à cette brillante analyse sinon reproduire et inviter tous les citoyens à intérioriser cette fabuleuse dernière phrase:" Apprendre à connaître et à reconnaître, même sans y adhérer, la richesse de ces dernières (les différentes conceptions de la vie bonne) et pratiquer l'art de les mettre en débat dans un dialogue respectueux ne peut apparaître comme une menace qu'à des nostalgiques d'un monde ancien dans lequel la diversité éthique et religieuse était vécue sur le mode du malaise et constituait un obstacle à l'intégration. Nous, modernes, ne vivons plus dans ce monde."

  • Jacques Deschesnes
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 08h20
    Ah religion quand tu nous tiens !
    Qu'il est triste de voir comment nous échangeons 4 trente sous pour une piastre. Que l'on parle d'une religion ou d'une autre, un fait demeure, on parle de religion.

    Quand va-t-on enseigner une façon de s'intérioriser, de faire le silence à l'intérieur de nous, silence qui nous rend sensible à notre propre nature ainsi qu'à la Nature qui nous entoure ?

    Apprendre un " Vivre ensemble " basé sur la gentillesse, la courtoisie, le sens du partage qui vient naturellement quand nous faisons taire en nous les voies discordantes de nos pensées basées sur la " peur de vivre " et que nous "écoutons " davantage l'immensité, la générosité de la Vie elle-même qui n'attend que nous lui prêtions oreille.

    Les religions sont là pour susciter l'effet troupeau, le but n'étant pas de rendre meilleur des gens mais de leur dicter une conduite, nous appelons ça un dogme. Le dogme par défintion est rigide et peu adaptable aux besoins individuels, c'est comme si l'on tentait de trouver un met qui convient à tous sans égard aux diabétiques, aux allergiques etc.

    Au Québec, depuis les années 60 nous avons progressé de façon très intéressante. Tant de personnes qui se sont investit dans la recherche, la croissance personnelle,la spiritualité,la méditation. Lorsque les deux émissaires de la commission Bouchard-Taylor ont entendu ces gens, ils ont rejetés leurs propos du revers de la main au profit d'un soi-disant un multiculturalisme qui permet à certaines religions les pires excès.

    Le religions ne représentent plus un idéal de paix mais défendent leurs propres intérêts partisans: nous sommes ici dans la politique non dans le savoir être. Devant la radicalisation de toutes les religions dans le monde nous devrions nous méfier de ceux qui prétendent détenir la vérité. Un sage n'a-t-il pas dit un jour qu'elle se cachait à l'intérieur de nous ?

  • Jean Maxime
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 08h53
    Peur ou insécurité?
    Je pense qu'on devient de plus en plus insécure. Le problème c'est que l'éthique, ce n'est pas tant quelque chose qui s'enseigne, que quelque chose qui se pratique. Quelque chose de presque aussi élastique que les contextes.

    Connaitre l'influence que le catholicisme a eue sur le développement de l'identité québécoise, est important. Connaître le fait que plusieurs autres religions sont bien vivantes à travers le monde l'est tout autant. Connaître que dorénavant, la gestion de l'État Québécois se fera dans la laïcité, l'est aussi.

    Savoir que les symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres continueront encore longtemps à influencer nos comportements l'est également. Ce qui l'est encore plus, c'est que chacun non seulement «sache» que ces choses ont de l'influence sur les comportements en société, mais que chacun soit «conscient» des comportements personnels qu'ils induisent.

    Quand j'étais tout petit, on bataillait ferme pour défendre un territoire, qu'on pensait ou qu'on croyait nôtre. Il y avait un pommier, un seul..., dans la cour du voisin. De belles pommes poires, on se demandait si les pommes attachées aux branches qui pendaient de notre côté de la clôture nous appartenaient ? Hum, je me le demande encore ? Quel serait le point de vue de ma religion à ce sujet ? Serait-il le même que le point de vue Musulman ? Quel serait le point de vue légal de notre droit ou du code civil ? Est-ce que c'est la même chose en Chine ? Au Tibet ? Qu'en pensent les autochtones qui ont survécus en partageant leur territoire sur une base familiale pour le petit gibier, et sur une base plus étendue en ce qui a trait au gros gibier, plus mobile ?

    On voit bien que les frontières limitant ou définissant les territoires, ne permettent pas de résoudre l'ensemble des situations liées à la propriété des biens. Que même si elles permettent un arbitrage, plus ou moins équitable entre citoyens «payeur de taxes» et «corporatisme capitaliste ou financier», les effets qu'aura, l'enseignement de l'éthique et de la culture religieuse demeure très limité.

    Dans le fond c'est peut-être tout le monde qui a peur, du programme d'Éthique et de Culture Religieuse ? On en a peur parce qu'on ne croit pas qu'il permettra de réinstaller un niveau d'éthique minimal. On en a peur parce qu'on ne croit pas que l'éthique ça se passe d'un seul côté de la clôture. On en a peur, parce qu'on a accès à tellement d'informations, qu'on ne sait plus quoi faire avec, pour que l'éthique..., soit au rendez-vous, du nord au sud, d'est en ouest.

    Ne devrait-on parler d'équité, c'est-à-dire du sentiment naturel et spontané, du juste ou de l'injuste, à la place d'éthique : qui a rapport à la morale, à un ensemble de principes de bonne conduite ou à un système de valeurs morales ?

    Les deux vont de pair...! OEil pour oeil, dent pour dent ! Si quelqu'un te frappe la joue gauche, présente-lui la droite ! Simple question de réciprocité...! Réciprocité nécessaire à atteindre un équilibre idéal qui est d'autant plus difficile à atteindre, que les masses à équilibrer sont grandes, dispersées et ayant des richesses disproportionnées les unes par rapport aux autres.

  • Richard Gauthier
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 09h41
    Vive la propagande!
    La religion c'est PERSONNEL alors, elle n'a pas sa place dans un lieu public. C'est clair ça. Il y a des lieux pour ça, chez-soi et dans les temples. Serais-je logique si des parlementaires siégeaient dans une Église? Chaque chose à sa place. Enseigner la religion à son enfant est d'ordre privé et non public. L'imposer à tout le monde est un manque de respect. C'est pourquoi, je suis contre l'enseignement religieux de toutes confessions confondues. Par exemple, mon fils exerce le karaté depuis l'âge de 5 ans. Je crois que cette discipline inculque le repect, valeur que nous pronons. Dois-je l'impôser à l'ensemble des éléves de sa classe ou à l'ensemble de la commission scolaire, ou à tout le Québec,ou partout au Canada, voir, à l'ensemble de la planète? Ça vous semble ridicule? C'est ce que font l'ensemble des religions.

  • Alain Leduc
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 10h03
    Bien d'accord!
    Excellent texte, comme toujours, Monsieur Cornellier. Vous remettez les pendules à l'heure : le cours d'ECR, beaucoup de bruit pour rien. Vous citez des auteurs de l'Action nationale. Une revue que j'appréciais par le passé, mais qui a énormément dégénérée au point de frôler un dogmatisme idéologique insupportable. Bientôt je crois que je ne la lirai plus. Je suis peut-être trop vieux, mais je ne me reconnais plus dans ces nouveaux auteurs comme Joëlle Quérin qui en plus d'écrire ma foi très mal, répètent sans intérêt ce que d'autres ont dit mille fois (Mathieu Bock-Côté, par exemple, dont elle n'arrive pas à la cheville), comme vous le notez d'ailleurs. Nous assistons-là au triomphe de la médiocrité dans toute sa splendeur! Quant à Carl Bergeron, j'ai visité son blogue une seule fois. Contrairement à Quérin, il a du talent et un immense potentiel, c'est indéniable, mais il fait davantage dans le délire littéraire que dans l'analyse socio-politique. Maintenant, pour en revenir à l'essentiel, en ce qui concerne le cours d'ECR, il mérite peut-être quelques modifications d'ordre esthétique, mais il n'en demeure pas moins nécessaire, notre époque l'impose. Je ne vois pas ce qu'il y a de si effrayant à apprendre à vivre avec les différences. Cela ne nous oblige en aucune façon à adopter les pratiques des autres ou à tolérer ce que notre loi interdit. Mais on en a déjà tellement discuté, pourquoi en parler encore? Vous dites : « La pratique du dialogue qui est au coeur du programme d'ECR repose sur le credo démocratique ». A moins d'être anti-démocratiques, il me semble que tout est dit.

  • marie-claude leclerc
    Inscrite
    samedi 14 mars 2009 10h29
    Effectivement beau texte...
    C'est à la maison que doit se pratiquer la religion ou les croyances, les parents n'ont pas à exiger que l'école remplisse ce rôle. Dans notre petite ville, la majorité des gens sont catholiques et les pratiquants s'organisent très bien. Le cours d'éthique permet justement une ouverture sur les autres religions et sur le monde qui permet de briser bien des préjugés. Je ne vois pas en quoi ça brise l'identité nationale. Le système de valeurs catholiques peut très bien être enseigné à la maison. Ma fille inévitablement reçoit mon "sens moral" qui se transmet quasi génétiquement de plusieurs générations de catholiques même si je ne pratique pas. Elle se porte très bien, se sent complètement québécoise et travaille actuellement sur l'hindouisme dans son cours d'éthique. Où est le problème ? Et avec la crise planétaire mieux vaut être solidaire que de se diviser par religion.

  • Jacques Dubreuil
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 10h44
    religion et nationalisme
    Je ne crois pas que désormais,au Québec, on puisse confondre religion et nation. Ceux qui essaient d'amadouer les Québécois avec une religion, fut-ce avec la traditionnelle religion catholique, cherchent des alliés où ils ne les trouveront pas. Nous ne sommes ici ni en Israël, ni en Arabie.

  • Aziz Djaout
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 11h31
    Fausse réponse a une vraie question
    Bonjour

    D'abord merci pour le texte, tres pertinent de mettre en lumiere les contradictions, voire les dangers, du regard exclusif sur « l'identité nationale » et son erection en dogme voulant nier les faits et les réalités historiques et actuelles de la diversité et du pluralisme.

    Cela étant dit, je crois que l'on peut concéder aux détracteurs « nationalistes » du cours ECR le fait qu'ils posent une vraie question : doit-on refleter toute pluralité empirique dans la normativité institutionnelle ?

    La question mérite évidemment d'etre posée car elle procede, elle aussi, comme d'ailleurs le cours ECR, de la meme preoccupation quant a la possibilité du vivre-ensemble dans nos societes pluralistes. Un minimum de convergence sur le plan des valeurs, des comportements, etc., est en effet nécessaire pour qu'une société puisse non seulement exister, mais aussi connaitre une certaine solidarité sociale, economique, politique, etc., entre ses membres.

    C'est donc dire que la question est légitime et meme nécessaire. Cependant, la réponse que lui apporte nos « nationalistes », influencés en cela par notamment le philosophe francais Marcel Gauchet et le sociologue québécois Jacques Beauchemin, est problématique. Pour deux raisons.

    Un : face a la pluralité empirique, ils inscrivent les réponses possibles sur le plan normatif dans une dichotomie. Ou bien une norme qui retraduit sur les plans juridique et institutionnel 100% cette diversité empirique, ou bien alors une norme aveugle aux réalités et ne devant refleter que l'histoire d'une culture nationale majoritaire elle-meme érigée en dogme. Je crois personnellement qu'entre ces deux positions extremes, il y a place a une multitude de manieres de reconnaitre la diversité sans nécessairement tourner le dos a une culture commune historique, mais devant elle-meme se concevoir comme une histoire ouverte et en évolution.

    Deux : face a des cultures exogenes, particulierement l'islamique, qu'ils ne comprennent pas ou peu et qu'ils lisent a l'aune des discours médiatique, nos nationalistes postulent un antagonisme entre « NOS » expressions culturelles et celles des « Autres ». Ils oublient que des initiatives telles que le cours ECR influencent aussi les cultures minoritaires. Ce n'est pas seul l'enfant blanc de souche francaise qui devra suivre le cours et s'ouvrir, dans le dialogue, a la culture religieuse de l'Autre. Bref, nos nationalistes semblent entetenir un regard essentialiste, figé sur l'Autre et sa culture, au moment ou ils perdent confiance dans la culture locale, celle de la majorité.

    Aziz Djaout

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 14h32
    L'ordre du "Nouveau Monde"
    "La pratique du dialogue qui est au coeur du programme d'ECR repose sur le credo démocratique, le respect des lois du Québec,"(Louis Cornellier)


    Difficile de lire ça sans s'esclaffer de rire ! Le cours ECR un dialogue ? Les enfants sont expulsés des écoles pour avoir émis leurs opinions sur les sujets présentés ! Les professeurs sont interdits d'émmettre leurs opinions. Le respect des lois ? La charte des droits a été modifiée pour retirer les droits des parents afin d'imposer ce lavage de cerveau à leurs enfants.


    "Le pluralisme qu'il s'agit de valoriser ne concerne pas ce socle, mais le reste, c'est-à-dire les convictions intimes qui guident nos vies et qui se nourrissent à l'éthique et, très souvent, à la culture religieuse."(Louis Cornellier)


    Vous avouez que ce programme en est un de valorisation d'une conviction intime (le pluralisme) sur les autres qui guident nos vies ! Un cours imposé à nos enfants !


    "Apprendre à connaître et à reconnaître, même sans y adhérer, la richesse de ces dernières (confessions religieuses, des agnostiques et des athées)..."(Louis Cornellier)


    Êtes-vous sérieux ? Nos jeunes, qui baignent dans la société civile au milieu de cette richesse de valeurs par leurs parents, leurs familles, les médias, les arts, et maintenant l'Internet, ont besoin de cette institution cloîtrée soumise au "Ministère de l'Éducation Étatique pour apprendre à "connaître et reconnaître" cette richesse ?

    Mais qu'est-ce que ce Ministère prétend voir et comprendre en la société ce que cette société ne verrait pas elle-même ? Quel est donc cette prétendue "conscience des valeurs" du Ministère que la société civile ne possède pas et que ce Ministère se voit obligé de lui enseigner ? D'où tient-il cette vérité ?

    De plus, quel sens est-il possible de donner à l'exercise d'apprendre à des jeunes à connaître et reconnaître des valeurs, sans y adhérer ?


    "...et pratiquer l'art de les mettre en débat dans un dialogue respectueux ne peut apparaître comme une menace qu'à des nostalgiques d'un monde ancien dans lequel la diversité éthique et religieuse était vécue sur le mode du malaise et constituait un obstacle à l'intégration. Nous, modernes, ne vivons plus dans ce monde."(Louis Cornellier)

    Prétendre que ce cours se veut une pratique de l'art de mettre en débat un dialogue respectueux des personnes tient soit de l'ignorance sur le terrain ou alors de malhonnêteté. Si celà était le cas, il n'y aurait aucune objection à ce cours et surtout aucune raison de l'imposer allant même jusqu'à modifier la charte des droits et non plus aucune expulsion des élèves pour avoir proposé un débat. Les profs ne seraient non plus soumis à une règle de neutralité qui leur interdit leur propre point de vue.

    Il est votre droit, M. Cornellier, de voir l'histoire humaine en des mondes successifs et de vous considérer vivre dans un monde "nouveau" dont vous semblez proclâmer la supériorité sur les "autres", mais dans ce cas tous les mondes sont "nouveaux" et celui-ci sera bientôt aussi ancien que les autres. Vos certitudes d'être en vérité sont votre droit comme à tous mais votre volonté de vouloir les imposer aux autres ne vous distingue aucunement de vos prétendus mondes "anciens".

    Nous, qui ne nous considérons que d'un seul monde et qui intégrons toute l'histoire de ce monde en communion avec tous et toutes au delà des temps, de la vie et de la mort, n'avons pas à soummettre nos enfants au prosélytisme de votre utopique "Nouveau Monde" prétentieux.

    C'est notre droit et liberté fondamentals en tant qu'humains et parents.

    Non, M. Cornellier, votre "nouveau" Ministère n'est pas différent de ceux qui s'imposaient dans vos "anciens mondes".

  • Marilyne Primeau
    Inscrite
    samedi 14 mars 2009 15h22
    Oui
    Je suis totalement d'accord avec le texte de mme Marie-Claude Leclers. Je pense que le cours de religion catholique n'a plus sa place à l'école mais qu'il est important de faire voir aux élèves les différentes religions qui existent ce qui peut permettre de briser des préjugés et de mieux connaître l'autre. Je ne suis pas croyante et j'ai tendance à penser que les religions engendrent souvent plus de violence et de discrimination que d'autre chose mais ca ne m'empêche pas d'avoir beaucoup d'intérêt pour l'histoire de celles-ci.

    Marilyne Primeau
    19 ans

  • THYS Michel
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 16h08
    Les conservateurs ne désarment pas !
    Et pour cause : par définition rétifs à toute évolution des idées et des mentalités, les conservateurs se cramponnent au respect des traditions québécoises, certes respectables, mais de là à prôner le nationalisme, le communautarisme, la "culture nationale commune", et à faire preuve d' intolérance, autant revenir à la pensée unique du Moyen Âge !

    Les conservateurs et autres traditionalistes devraient pourtant se rendre compte que le cours d'ECR leur est favorable puisqu'il privilégie manifestement la religion catholique et l'expérience religieuse de cette religion. En outre, le panorama beaucoup trop détaillé des autres religions jette le trouble dans les jeunes esprits, alors qu'il suffirait de fournir une culture religieuse minimale et SURTOUT (mais c'est là le hic ! ) de faire apparaître ce que toutes les religions, à des degrés divers, ont en commun : elles incitent à la soumission, plutôt qu'à l'esprit critique, à l'autonomie, à la liberté individuelle, au dialogue, à l'ouverture à la différence enrichissante de l'autre, etc ...

    Dans ce cours, seule une timide allusion est faite à l'existence de conceptions non religieuses. La découverte de l'humanisme laïque (ses valeurs, ses fondements, ses options, ses objectifs, ...) est hélas totalement occultée !
    La plus élémentaire honnêteté intellectuelle est bafouée ...

    Au-delà de la laïcité politique, visant la séparation des Eglises et de l'Etat (et acceptée par l'imense majorité des croyants), la laïcité philosophique conteste seulement le droit d'imposer la croyance. Elle n'est pas anti-religieuse : loin d'inciter à l'athéisme, elle souhaite seulement que les conditions éducatives permmettent de choisir, aussi librement et tardivement que possible, de croire OU de ne pas croire.

    A notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, je comprends que les traditionalistes s' opposent à ce que l'horizon philosophique des élèves soit élargi par l'école : ils risqueraient de perdre la foi qui leur a été inculquée par les parents, et ceux-ci devraient prendre conscience de leur responsabilité morale. Leur influence affective, bien que légitime, ne doit pas hypothéquer le libre-arbitre ultérieur de leurs enfants.

    Un tel système éducatif est sans doute encore utopique, mais ne constituerait-il pas pourtant une manière de promouvoir enfin le "vivre ensemble" au sein d'une société inter-culturelle et ouverte à la citoyenneté ?

    Michel THYS, à Waterloo, (en Belgique, où la laïcité politique n'est toujours pas inscrite dans la Constitution ... !)
    michelthys@tele2allin.be

  • François Beaulé
    Abonné
    samedi 14 mars 2009 16h43
    Les enfants et les adultes
    Je suis d'accord avec l'implantation (et le maintien) du programme d'éthique et de culture religieuse. Même si l'atteinte de tous ses objectifs paraît difficile à plusieurs personnes, le fait de recevoir des informations sur les religions les plus pratiquées dans la région de Montréal permettra aux élèves de mieux se comprendre et de dialoguer sur ce qui constitue le coeur des cultures traditionnelles.

    Cependant, ce qui m'agace, c'est le fait que les Québécois adultes ne se posent pas de question sur la place qu'ils voudraient accorder à la religion dans leur vie. Insatisfaits de la religion catholique, ils l'ont plus ou moins abandonnée. La majorité des Québécois se déclarent croyants mais ils n'approfondissent pas cette dimension et se privent des liens sociaux qui se développent dans une exploration collective de la foi. La faiblesse de l'identité et du lien social déclenchent la frilosité de la droite nationaliste sur le programme s'adressant aux jeunes.

    Nous avons tort de déléguer aux enfants et aux écoles un questionnement et un dialogue auquels tous devraient participer.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 14 mars 2009 23h23
    M. Thys et l'obscurantisme moderniste
    M. Thys, un exemple parfait de cet obscurantisme du "Nouveau Monde" qu'on veut nous imposer par le biais de ce cours ECR.

    Selon ce fidèle de la nouvelle secte des "modernes", traditions et cultures nationales ne sont que des "chaînons" d'une évolution dont le modernisme est le sommet, et ce, en même temps que sa secte est en croisade contre les créationnistes qui voient un dessin intelligent dans cette évolution dont cette même secte jure n'est que hasard sans but aucun ! Voilà le genre de contradictions que ce cours réserve à nos enfants.

    Autant revenir à la pensée unique du Moyen Âge, nous dit ce "nouvel homme" qui pourtant se réclâme d'ouverture sur le monde et de pluralisme des cultures ! Quelle autre contradiction ! Mais de quelle pensée unique parle t'il au juste, dans ce Moyen Âge où le Québec n'existe pas, où l'Amérique est peuplée d'Amérindiens aux cultures diverses, la Chine, le Japon, les Indes, l'Afrique, etc... De quelle pensée unique parle t'il donc ? Serait-ce donc c'elle de son nombril européen par lequel il soumet le monde entier de l'époque à sa pensé unique ? Biensûr que oui. Pour lui, le Moyen Âge comme sa modernité ne se regarde que par ses yeux d'européen. C'est lui et sa secte qui représentent le sommet de l'évolution humaine. Sa fausse "ouverture sur le monde" et son pluralisme, ne sont que flatteries dans la stricte intention d'imposer l'intégration à SA pensée unique. Il organise le temps et les époques du monde entier strictement du point de vue de son nombril. C'est SON "moyen" âge. Les autres cultures n'y reconnaissent aucun "milieu" de quoi que ce soit dans leur histoire.

    Un autre mythe de cette secte du Nouveau Monde est celui de croire et faire croire que ce ne sont que des gens en religions qui s'opposent à l'imposition de ce cours. Je ne suis pas catholique ni membre d'aucune autre religion institutionalisée. Je refuse que l'on impose aux citoyens et à leur enfants quelque idéologie que ce soit.

    L'école doit rester un lieu d'enseignement des matières premières et de développement des aptitudes. Si elle ne peut pas souffrir du débat des idées, alors qu'elle retire ce programe propagandiste idéologique imposé, ou qu'elle permette totallement le débat entre élèves et professeurs ! Mais ne venez pas nous faire des leçons de développement de sens critique en même temps que ce cours l'interdit et expulse les élèves qui le pratiquent !

    De ne pas même comprendre ce principe ethique de base vous discalifie d'en prétendre pouvoir l'enseigner !

    Et en passant, M. Thys, dans la première moitiée de votre Moyen Âge européen, les prêtres se mariaient et la sexualité était plus libre qu'au Québec en 1950. C'était congé de travail un jour sur trois et on prennaît le temps de fêter et être avec les enfants. Au même moment (votre Moyen Âge), en Amérique, les enfants amérindiens (selon les descriptions détaillées, plus tard, des explorateurs sur leur mode de vie famillial qui n'avait pas changé depuis des sciècles) étaient probablement les enfants les plus heureux au monde et de tous les temps.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 08h29
    Débile cet ECR.
    « Pour vivre ensemble dans cette société, il est nécessaire d'apprendre collectivement à tirer profit de cette diversité. Ce programme dont les deux grandes finalités sont la reconnaissance de l'autre et la poursuite du bien commun, offre aux élèves les outils nécessaires à une meilleure compréhension de notre société et de son héritage culturel et religieux et les invite à s'ouvrir sur le monde et à développer leur capacité d'agir avec les autres. » (In « Nouveau programme d'Éthique et culture religieuse. »)

    Ce n'est pas de la bullshit ça?

    J'enseigne, allez-y rigolez, à mes enfants la culture et les aspects religieux des culture amérindiennes de chez nous mais aussi de tout le reste du continent américains. À la trace et à la suite de Le Clézio (à Lire son magnifique texte sur le Mexique dans Le Monde), je tiens à ce qu'ils connaissent ces cultures ravagées dont on ne ne parle jamais.

    Offrir « aux élèves les outils nécessaires à une meilleure compréhension de notre société et de son héritage culturel et religieux et les invite à s'ouvrir sur le monde et à développer leur capacité d'agir avec les autres. », facile à dire, mais dans la vérité c'est faux. Les églises catholiques dans notre Province, c'est du folklore tant et tout aussi longtemps qu'on ne verra pas les autres expressions originelles du pays mises de l'avance à égalité. Pourquoi plus les autres confessions sémitiques et non amérindiennes? 80% de la population au Mexique est amérindienne. Voulez-vous que nous allions » pour meilleure compréhension de (leur) société » leur enseigner toutes ces confessions sémitiques et non la leur? Quelle beauté dans cette invitation « à s'ouvrir sur le monde (pour) développer (notre) capacité d'agir avec les autres » ((ECR). Dans cette « (...) poursuite du bien commun » il y manque encore beaucoup de morceaux pour le dialogue.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 08h52
    Bonne chose mais...
    ...on évacue complétement le monde des amérindiens et leur culture religieuse pourtant tout dans notre Province et aux Amériques Nord/Sud, tout parle pour eux dans la géographie et l'histoire. Plus que nos église catholiques qui ne sont que pâles copies de l'Europe. C'est encore un colonialisme occidental ce programme là. Pas de dialogue alors de ce point de vue mais juste un monologue entre nous, une fois encore. Étonnant comme ils sont ignorés, repoussés vers une frontière où ils ne peuvent exister qu'en dehors de la notre?
    Après, quelle rigolade, on nous parle de respect, de dialogue et d'ouverture. Ça sent l'hypocrisie crasse à plein nez. À mes enfants, je leur explique le monde culturel et spirituel amérindien afin de leur démontrer qu'il y a d'autres richesses que nous nous devons de pas oublier. Juste par honnêteté et respect de la terre où nousvivons et qui ne fut pas la nôtre avant. Ce n'est pas compliqué. Mes enfants ont chacun leur petit Oki comme tous les amérindiens. C,est aussi beau que d'avoir une âme à damner ou non. Pauvre Jésus qui est cloué tous els joueutrs mêem par ceux etcelles qui croient en lui. Le pauvre, quelle trahison.
    Pourquoi est-ce si évacuée cette culture première, là est la question. Vite M Cornellier, une explication moderne parce que vous savez que "Nous, modernes, ne vivons plus dans ce monde." Voyez en passantr le magnifique texte de Le Clézio à propos du Mexique dans le journal Le Monde. Merci.

  • THYS Michel
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 11h32
    L' obsurantiste moderniste répond à Monsieur Zach GEBELLO ...
    Bonjour Monsieur GEBELLO,
    Pour ma part, je ne critique que les idées. Jamais les personnes qui les expriment. Et je ne cherche pas à convaincre mais seulement à confronter mes points de vue à ceux des autres.

    Cela dit, le "modernisme", éminemment critiquable, est loin d'être "le sommet d'une évolution". Mais j'estime devoir critiquer le créationnisme et le "dessein intelligent". D'abord parce qu' à mes yeux, ils sont l'expression d'une soumission à des textes "sacrés", inculqués avant d'être éventuellement rationnalisés a posteriori. Ensuite parce que ces croyances sont en contradiction totale avec les données scientifiques. Enfin, parce qu'elles résultent d'une conception anthropomorphique si simpliste qu'elle devrait, de nos jours, me semble-t-il, être pour le moins suspecte.

    Je comprends néanmoins que l'on soit créationniste : c'est qu'il est très difficile, voire impossible, de se représenter une durée aussi longue que des centaines de millions d'années, et donc l'influence que des milliards de générations ont eue, par adaptations et/ou mutations successives, par essais et erreurs, sur l'évolution des êtres vivants et en particulier sur le cerveau des mammifères. L'origine biochimique de la vie est encore loin d'être précisée, mais elle progresse ...

    Le cerveau de l'animal humain, malgré les extraordinaires potentialités qu'ont permises l'apparition du langage et la libération des mains, est aussi selon moi une catastrophe évolutive ! Il est en effet devenu capable de mettre au point des moyens techniques, nucléaires ou bactériologiques, etc ... qui pourraient anéantir toute trace de vie sur terre, s'ils étaient utilisés notamment par les islamistes et les évangélistes dont l'antagonisme est croissant ...

    Puis-je vous rappeler qu'une "secte" est un goupe dirigé par un gourou, utilisant l'abus de faiblesse, la manipulation mentale, l'endoctrinement, la dépersonnalisation, la captation de patrimoine, etc ...,et dont on ne sort quasi jamais, en tout cas indemne ... ? Je ne me sens donc pas visé ...

    La "pensée unique", est une pensée unilatérale et exclusive, susceptible d'être imposée par l'éducation, l'école, les religions, les idéologies politiques, voire philosophiques. Je vous mal comment je pourrais être accusé de "pensée unique" alors que je prône sans cesse le dialogue en vue du libre choix des convictions religieuses OU philosophiques !

    L'Europe n'a pas la moindre leçon à donner au Québec. Au contraire : nous maintenons toujours en Belgique, dûment subsidiés, un enseignement officiel, ouvert à tous, et un enseignement confessionnel (catholique), élitiste et moyenâgeux ! Les tentatives d'école pluraliste ont échoué depuis 34 ans, par crainte d' "introduire le loup dans la bergerie" et le Pacte scolaire de 1958 interdit aussi aux enseignants de dire ce qu'ils pensent. Depuis 1993, sauf erreur, les élèves ont quand même le droit de s'exprimer ...

    En effet, il n'y a pas que "les gens en religion qui s'opposent à l'imposition de ce cours". Les incroyants aussi, pour d'autres raisons. Mais ces derniers n'imposent aucune "idéologie aux citoyens et aux enfants". Si j'ai bien compris, les promoteurs de ce cours, dont certains incroyants, voulaient d'abord mettre fin à certains privilèges éducatifs exclusivement catholiques. Ensuite, dans le contexte actuel de pluralité des cultures et des convictions, ils ont compris qu'il fallait préparer la jeune génération à la coexistence pacifique, ce qui impliquait de repenser certains projets éducatifs. Mais je constate qu'en pratique, ce cours continue à privilégier anormalement et hypocritement la religion catholique...

    Certes, "l'école doit être un lieu d'enseignement des matières premières et de développement des aptitudes", mais aussi du développement de l'esprit crique à tous points de vue. C'est sans doute a contrario parce qu'on ne l'a pas compris - ou parce qu'on en a craint les conséquences "libératoires" - qu'on a interdit non seulement que les professeurs puissent exprimer leurs convictions (sans prosélytisme, s'entend) mais aussi la découverte des options non aliénantes permettant au libre examen de se développer...

    Le Moyen Âge avait certes quelques avantages, mais surtout le défaut d'intolérance et d'inhumanité que les Lumières ( qui n'avait pas que des qualités, tant s'en faut !) n'ont pas réussi à éradiquer !

    La foi, de préférence librement choisie, restera toujours un droit fondamental. Mais, malgré les tentatives de réinvestissement de l'espace public et de reconfessionnalisation des consciences, la laïcisation croissante de la société, même en Amérique du Nord, est un processus irréversible dans le monde occidental, n'en déplaise au principal fossoyeur du catholicisme Benoît XVI...

    Un jour encore lointain viendra où les religions auront quitté l'école et seront confinées à la maison et dans les lieux de culte. Mais cela ne se décrète évidemment pas comme tenta de le faire la dictature soviétique ! La démocratie, même si elle n'a pas toujours raison (cf BUSH, SARKOZY, ...) et l'évolution des esprits doivent faire leur oeuvre...

    Il va de soi que les traditions québécoises, notamment religieuses, doivent perdurer parce que constitutives de l'identité des citoyens, et qu'à ce titre, elles sont tout à fait respectables. Mais elles le seront d'autant plus si, malgré l'apparente contradiction, elles parviennent à s'adapter à l'évolution de notre monde, malgré ses nombreux défauts. Au plaisir de poursuivre cette discussion !
    Michel THYS Waterloo michelthys@tele2allin.be

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    dimanche 15 mars 2009 13h08
    La Commission des Droits de la personne a aussi ses réserves...
    Les lecteurs du Devoir auraient grand intérêt à connaître l'avis de la Commission des droits de la personnesau au sujet de ce nouveau cours exprimé dans un document intitulé :
    Examen de la conformité du Cours d'Éthique et culture religieuse à la Charte ( novembre 2008)
    http://www.cdpdj.qc.ca/fr/publications/docs/cours_
    La CDPDJ émet de sérieuses réserves quant au respect du principe de neutralité de L'État envers la religion et identifie des motifs sérieux de recours devant la commission si les dérapages appréhendés se présentaient dans l'application du programme.
    La CDPDJ a aussi publié une étude qui mets à mal quelques préjugés concernant une religiosité plus forte chez les immigrants. http://www.cdpdj.qc.ca/fr/publications/docs/ferveu
    Cette étude nous oblige à remmettre en doute l'un des a priori majeurs du programme ECR qui prétend contribuer à la "reconnaissance de la culture de l'autre" via la connaissance de sa "culture religieuse". Or cette étude nous apprend que : " Alors que parmi les Québécois non immigrants, 5 % ne se réclament d'aucune religion, cette proportion
    grimpe à 10,3 % chez les immigrants, et à 15,5 % chez les immigrants récents, soit ceux arrivés au Canada
    entre 1996 et 2001. En d'autres termes, au Québec, un immigrant récent a approximativement une
    fois et demie plus de chances qu'un immigrant plus anciennement établi, et trois fois plus de chances
    qu'un non-immigrant, de ne se réclamer d'aucune religion. Notons également que les immigrants, toutes
    périodes d'établissement confondues, représentent 18,2 % des Québécois sans religion alors qu'ils ne
    forment que 9,9 % de la population québécoise. Ces chiffres suggèrent que, loin d'être l'apanage des natifs
    québécois, la non-affiliation religieuse, l'incroyance, l'athéisme et l'agnosticisme - toutes des postures
    que l'on peut raisonnablement associer à la réponse « aucune religion » - touchent davantage les immigrants
    en général, et a fortiori les immigrants récents." (...) "La plus grande surprise provient des immigrants québécois de foi musulmane. Ces derniers occupent le
    21e rang au classement de religiosité relative, figurant ainsi au palmarès des cinq groupes les moins religieux
    au pays, et faisant même preuve d'une ferveur religieuse plus modérée que celle des Québécois
    protestants, qu'ils soient nés au Canada ou à l'étranger. De tels résultats mettent à mal l'image stéréotypée
    de fervents pratiquants que les médias et l'opinion publique ont l'habitude, au Québec, d'associer aux
    immigrants musulmans. Fait intéressant, les musulmans d'origine étrangère sont beaucoup moins dévots
    au Québec que dans l'ensemble canadien, où ils occupent le 15e rang au classement de religiosité relative." (...) "Étonnamment, les natifs de parents catholiques sont ceux qui maintiennent le mieux une affiliation religieuse
    d'une génération à l'autre, bien que, dans la majorité des cas, les écarts avec les natifs dont les
    parents professent une autre foi soient marginaux. Seuls 5,4 % des natifs catholiques au Canada et 4,7 %
    au Québec déclarent n'adhérer à aucune religion." (...) " Chez les immigrants, dans l'ensemble du Canada, seuls les répondants de parents chrétiens orthodoxes
    affichent un taux moyen de désaffiliation religieuse et d'incroyance (légèrement) inférieur à celui des Canadiens
    et des Québécois de parents catholiques." (...) " En résumé, ces résultats nous obligent à nuancer l'idée largement répandue selon laquelle le fait d'appartenir
    à un groupe religieux minoritaire, ou encore d'être né à l'étranger, constitue systématiquement le
    signe d'une plus grande dévotion religieuse. Il est apparu que de telles dichotomies de type Nous - Eux
    comportaient plusieurs limites lorsque soumises à l'épreuve des faits."
    Au vu de ces résultats, force nous est de nous questionner sur la pertinence de cet enseignement des "cultures religieuses" qui risque plus d'enfermer les immigrants dans des caricatures d'eux-mêmes plutôt que de l'inviter à réaliser l'idéal héroique qui l'a mené jusqu'ici; être (enfin?) libre de son destin en cette nouvelle terre d'amérique.

  • real@realo.ca
    Abonné
    dimanche 15 mars 2009 17h53
    cher droite
    les gens de droite ne se rende pas compte que le monde à changé et que tout ce débat est inutile parce qu'ils ont déjà perdu.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    dimanche 15 mars 2009 19h06
    @M. Thys
    Vous n'aviez pas à me répondre, puisqu'il n'y avait pas de question.

    Votre long et compliqué énnoncé ne me surprend pas plus qu'il ne fait aucune mention des enfants.

    Car c'est bien ce qui vous fait peur. Les enfants.

    Leur libre esprit.

  • THYS Michel
    Inscrit
    lundi 16 mars 2009 05h18
    @ Z.Gebello
    Détrompez-vous : l' "intérêt supérieur " de l'enfant est au contraire ma première préoccupation ! Et je reproche précisément à ce cours ECR de le négliger : à mes yeux, les droits de l'enfant sont prioritaires à ceux, fussent-ils constitutionnels, de ses parents. Je m'explique :

    Il me paraît évident qu'actuellement, le respect des libertés constitutionnelles de conscience, de pensée et de religion est plus symbolique qu' effectif...
    En effet, la liberté d'exprimer sa religion ne devrait-elle pas être précédée par celle d'en avoir une ou de ne pas en avoir ?

    J'observe que, statistiquement, la liberté de croire ou de ne pas croire est souvent compromise, à des degrés divers, par l'imprégnation de l'éducation religieuse familiale précoce, forcément affective puisque fondée sur l'exemple et la confiance envers les parents, et confortée par l'influence d'un milieu culturel unilatéral excluant toute alternative humaniste non aliénante. L'éducation coranique en témoigne hélas à 99,99 % ...

    Richard DAWKINS estime que, du temps des premiers hominidés, le petit de l'homme n'a pu survivre que parce que l'évolution avait pourvu son cerveau tout à fait immature de gènes le rendant totalement soumis à ses parents (et donc plus tard à un dieu ), ce qui expliquerait que toutes les religions aient réussi aussi longtemps à imposer la soumission à des textes « sacrés ».

    De son côté, déjà en 1966, le psychologue-chanoine Antoine VERGOTE, professeur à l'Université catholique de Louvain, avait montré qu'en l'absence d'éducation religieuse, la foi n'apparaît pas spontanément, et que la religiosité à l'âge adulte en dépend (et donc aussi la capacité d' imaginer un "Père" protecteur, substitutif et anthropomorphique, fût-il rationnellement qualifié d' « authentique, épuré, Présence Opérante du Tout-Autre » ...).

    D'autre part, chez le petit enfant, alors que les hippocampes (centres de la mémoire explicite) sont encore immatures, les amygdales (pas celles de la gorge mais du cerveau émotionnel ! ) sont déjà capables, dès l'âge de 2 ou 3 ans, de stocker des souvenirs inconscients (donc ceux des prières, des cérémonies, des comportements religieux des parents, ... sans doute reproduits via les neurones-miroirs du cortex pariétal inférieur).

    Enfin, des neurophysiologistes ont constaté, par IRM fonctionnelle, que le cortex préfrontal et donc aussi bien l'esprit critique que le libre-arbitre ultérieurs s'en trouvent anesthésiés, à des degrés divers, indépendamment de l'intelligence et de l'intellect, du moins dès qu'il est question de religion (ce qui expliquerait la difficulté, voire l'impossibilité, pour bien des croyants, de remettre leur foi en question et de s'ouvrir à la différence enrichissante de l'autre). Il n'est pas étonnant que certains athées, comme Richard DAWKINS, ou agnostiques comme Henri LABORIT, au risque de paraître intolérants, aient perçu l'éducation religieuse, bien qu'a priori sincère et de bonne foi, comme une malhonnêteté intellectuelle et morale ...

    Loin de vouloir simplifier ou réduire l'extraordinaire complexité du psychisme humain, et en particulier le phénomène religieux, à des facteurs psycho-neuro-physio-génético-éducatifs, et à minimiser la part de liberté individuelle, n'est-il pas légitime de compléter son approche traditionnelle (philosophique, métaphysique, théologique, anthropologique, sociologique, etc ...) par une approche neuroscientifique, certes encore très partielle, afin de mieux comprendre l'origine et la fréquente persistance de la foi et d'accroître ainsi les chances de chacun de pouvoir choisir, en connaissance de cause, aussi librement et tardivement que possible, ses convictions philosophiques OU religieuses ?

    Michel THYS, à Waterloo. michelthys@tele2allin.be

  • Colomb Emmanuel
    Inscrit
    lundi 16 mars 2009 08h41
    soyons intelligent!
    Soyons intelligents!
    Je suis un peu outré de voir les critiques s'adressant et luttant contre le cours Éthique et Culture Religieuse (ÉCR) depuis son introduction dont l'aspect central est la pratique d'un dialogue constructif sur les religions du monde. Ce cours est une ode à l'intelligence de nos enfants en passant d'un raisonnement déductif (tous nous est donné par Dieu) et inductif (l'homme est à l'image de Dieu) - Dieu étant, ici, celui de toutes les religions; à un raisonnement analogique (quels sont les liens et les similitudes entre les religions du monde?) voir « abductif » (après avoir trouvé les premières similitudes, pouvons-nous en chercher d'autres?).
    Soyons clairs. L'homme est et restera spirituel, car croire dans le sacré est une des seules pratiques qui nous permettent d'expliquer la globalité des choses et qui nous donne la possibilité et la force de croire dans un monde meilleur.
    Développer la capacité de lire les différences et les liens entre les religions du monde est le prix de notre intelligence et d'une vision humaine de l'homme. En partant d'une dialectique (trouver le bon ou le mauvais, savoir qui a tort ou qui a raison) à une dialogique (développer la capacité de comprendre A mais aussi de comprendre B et de développer sa propre position) nos enfants développent une attitude compréhensive nécessaire à une vision éthique de l'homme. Il n'est plus le temps de prendre la croix et de la retourner en épée pour convaincre des milliers de personnes à se battre contre l'incroyant comme au temps des croisades. Nous devons reconnaître les similarités entre le namasté bouddhiste (je salue le divin qui est en vous) où les deux mains se rejoignent pour accueillir l'autre et la position des mains jointes du chrétien en prière. On doit savoir que le « petit Jihad » est la bataille avec ses poings contre l'infidèle, mais que le « grand Jihad » est une guerre contre soi-même et pour sa connaissance.
    La capacité de questionner nos paradigmes (ce qui nous sert à penser), nos principes de vie, nos préjugés, nos peurs (qui pour certaines sont les moteurs de nos vies), nos perceptions, est le prix à payer contre l'obscurantisme et le dogmatisme.
    Le Québec a une chance merveilleuse de pouvoir offrir à ses enfants un cours unique au monde sans nier le spirituel, mais en l'approfondissant et en le comprenant.
    L'intelligence se construit dans la capacité de lire les différences. Attachons-nous alors à ne pas voir uniquement notre vérité et à l'enseigner comme telle, car cette dernière est uniquement un construit personnel (il suffit de voyager pour s'en apercevoir), mais bien à s'attacher à voir comment nos jeunes, l'autre, le différent construisent leurs connaissances et leurs mondes perceptuels. Alors, nos enfants, nos professeurs, nous-mêmes tisseront des liens entre les hommes qui feront fuir la haine, le racisme, l'incompréhension et nos guerres.
    Celui qui pense qu'il possède la vérité est celui-là même qui restreindra son intelligence et qui évitera d'apprendre. Si nous regardons notre main, nous nous apercevrons qu'elle comprend 5 doigts tous séparés et tous différents, mais si nous regardons bien ils sont tous réunis pour pouvoir travailler ensemble. Chacun de ces doigts a une histoire biologique différente et une fonction différente, mais ils sont issus de la même racine. Regarder bien les liens entre vos doigts différents et l'ensemble de votre main!
    Notre planète est petite, et la personne que nous pensons différente a sans doute beaucoup plus de similitudes avec nous que nous le pensons. Il suffit d'y porter attention, d'y être éduqué et de comprendre son histoire. N'est-ce pas le rôle d'un système d'éducation? Le cours ÉCR, je l'espère, permettra cela, à mes enfants et aux enfants du Québec.
    Emmanuel Colomb - Chicoutimi

  • Zach Gebello
    Inscrit
    lundi 16 mars 2009 11h33
    Les "robes blanches" du Nouveau Monde
    M. Thys, juste le fait de nous proposer qu'une liberté devrait être précédée d'une autre pour avoir "droit" d'être exercée, devrait convaincre tout être intelligent des absurdités auxquelles nos enfants sont exposés, sans droit de réplique, par le truchement de ce "cours" imposé.

    Que ce soit bien clair, je n'ai aucun problème avec les innepties de ce cours d'ECR et je l'ai accueilli avec mes bras grands ouverts lorsqu'il fut enfin introduit dans le curriculum de l'école de mon fils. Je n'ai jamais imposé de religion à mon fils et bien au contraire je voyais ce cours comme une occasion idéale pour qu'il exerce et développe son sens critique par le débat ethique et biensûr moral et politique.

    J'ai vite déchanté lorsque mon fils fut expulsé de l'école pour avoir exercé son sens critique. J'ai rencontré les profs et la direction et il m'est alors parru très clair qu'aucune de ces personnes dans la hierarchie n'avait le droit et encore moins la liberté d'opinion sur le contenu et les "vérités" que colporte ce cours. Je n'exagère rien en vous disant que le directeur nous a confié que notre insistance le placait dans une position délicate qui le poussait à choisir entre nous et son poste. Nous avons vu la même crainte chez les profs. Nous avons bien vu que l'omerta était imposée par bien plus haut dans la hierarchie. On nous a alors présenté une offre qui consistait en la signature de mon fils sur un document qui stipulait qu'il promettait de ne plus contester le contenu des cours et d'un autre document qui consistait en une déclaration de la commission scolaire que l'éducation que mon fils recoit à la maison est de même niveau ou supérieur à c'elle qu'il recoit à l'école et qu'alors nous sommes en droit de faire l'école à la maison.

    J'ai laissé ce choix à mon fils. Il a refusé de signer l'abandon de son droit de conscience et de sens critique.

    Nous faisons donc l'école à la maison.

    La vision du monde de Dawkins ou Vergote nous n'avons aucun problème à en débattre hors de l'école. Je peux vous assurer parcontre que votre dernier discours n'a et ne sera jamais débattu à l'intérieur de ce cours. S'il le serait, vous n'auriez pas à le faire ici. Nous serions sur un forum de l'école de mon fils entrain d'en débattre avec tous les élèves et les profs.

    Désolé, M. Thys, mais votre "Nouveau Monde" est exactement celui que nous avons subit dans les écoles des années 50. Les robes noires en moins.

  • THYS Michel
    Inscrit
    lundi 16 mars 2009 18h43
    Exclu pour cause d'esprit critique ...!
    C'est scandaleux ! Si votre fils avait été dispensé du cours d'ECR, j'aurais compris, mais sans admettre cette mesure : c'est le cours qui est mal conçu. Il devrait permettre et même promouvoir l'expression de l'esprit critique.
    Vous avez toute ma sympathie.

    Cela tend à confirmer ce que je pensais : bien que le Québec soit encore catholique à 80 ou 90 %, sauf erreur, la religiosité tend à y décroître, au fil des années, comme partout dans l'ensemble du monde occidental, sauf exceptions comme la Pologne, l'Irlande, ... Par réaction et sous prétexte de tolérance et d'ouverture au dialogue interculturel et interreligieux, ce cours est donc une tentative hypocrite de compenser la déconfessionnalisation en cours.

    Les rares intervenants laïques dans le débat n'auront été entendus que pour la forme ...
    Tout se passe en effet comme si les pédagogues technocrates et les politiciens croyants qui sont à l'origine de ce cours étaient manipulés par des instances religieuses, à moins que, suffisamment imprégnés par leur religion, ce ne soit même pas nécessaire ... Sans doute ont-ils compris que les Québécois comprendront la finalité religieuse de ce cours et que leur attitude leur sera favorable électoralement.

    Il faudra sans doute attendre que ce cours soit amélioré lorsque ses défauts seront devenus flagrants, et enfin repensé dans le sens d'une réelle ouverture, y compris vers les options laïques, actuellement perçues comme une abomination ...

    Ce n'est donc pas demain la veille ! Je constate en effet que beaucoup de catholiques n'imaginent même pas que puisse exister une spiritualité laïque susceptible de donner un sens à l'existence ! Ils semblent en outre imperméables à tout ce qui pourrait les amener à remettre en question leurs conceptions religieuses.
    Une ou deux générations seront donc sans doute nécessaires.

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