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La petite chronique - Entre le tout et le rien

28 février 2009  Livres
On s'est souvent demandé ce qu'était la littérature. Sans y réussir, évidemment, puisqu'on est dans l'indémontrable. Qu'est-ce qui fait qu'un livre est littéraire et un autre non? Le sujet? Combien de romans parfaitement insignifiants n'ont-ils pas été écrits à partir de sujets historiquement importants? En revanche, ne trouve-t-on pas des proses splendides écrites à partir de faits anodins?

In Memoriam, de Stéphane Audeguy, est un recueil d'a-necdotes à propos de la mort de personnages la plupart du temps célèbres. Si le thème peut paraître macabre, le traitement qu'apporte l'auteur est léger. Une lecture divertissante sans plus.

Si on peut faire l'impasse sur cette fantaisie, on aura intérêt à lire la correspondance entre Philippe Jaccottet et Giuseppe Ungaretti. Commencée en 1946, elle s'achève à la mort du poète italien en 1970.

Point n'est besoin d'être familier de l'oeuvre de l'un ou de l'autre de ces écrivains pour prendre connaissance de lettres souvent écrites dans la ferveur. Lorsque Jaccottet rencontre Ungaretti pour la première fois, il ne connaît ni son oeuvre ni l'italien. L'auteur de Vie d'un homme a presque 40 ans de plus que celui qui deviendra son traducteur. Une relation fondée sur une admiration mutuelle s'établit rapidement. Jaccottet se refuse alors de parler en public, n'aime pas le luxe, se contente d'hôtels où il «loge aussi modestement que possible». Même si la réputation du poète italien devient universelle, qu'il reçoit prix et distinctions, les liens entre les deux hommes ne se rompent pas. Ungaretti sait qu'il a trouvé en son confrère suisse un traducteur et un écrivain exceptionnels. S'il n'existe qu'une seule raison de lire cette correspondance, c'est à n'en pas douter l'ardeur et la fidélité que mettent les deux épistoliers dans leurs rapports. Rarement a-t-on rendu à la littérature un hommage d'une aussi grande teneur.

Charles Dantzig, dont on n'a pas oublié Le Dictionnaire égoïste de la littérature française, qui reparaît ces jours-ci en poche, publie un bien étrange livre sous le titre d'Encyclopédie capricieuse du tout et du rien. Le Robert définit l'encyclopédie comme un ensemble de connaissances. Des connaissances, il y en a à satiété dans ce volumineux fourre-tout.

Dantzig a beaucoup lu. Il l'a prouvé avec son Dictionnaire. Cette curieuse encyclopédie nous apprend qu'il est aussi observateur de la vie sous toutes ses formes. Il peut tout aussi bien nous entretenir d'un auteur oublié du XVIe siècle (Christolfe de Beaujeu) que de personnalités évanescentes dont Paris-Match fait son miel.

Ce livre est à la fois irritant et fascinant. Entendez par là qu'il nous fait passer par des impressions de lecture diverses. Il multiplie les listes. Certaines sont hilarantes, d'autres sont inutiles. Dantzig apparaît comme un contemporain cultivé, curieux de tout, un brin snob, amateur de villes, aussi à l'aise à Rome qu'à New York, volontiers frondeur et pourtant porté vers l'extase.

On a compris que l'objet qu'il nous propose a de quoi irriter. Que l'on soit dans le domaine privilégié des pulsions et révulsions purement personnelles ne fait pas l'ombre d'un doute. Avec le résultat qu'à une bonne dizaine de reprises m'est venu le désir de refermer cette fausse encyclopédie.

Mais que pensez-vous de ce livre, à la fin? êtes-vous tenté de me demander. Tout et rien, pour en revenir à son titre. Je le conserve près de ma table de chevet. On ne sait jamais. De sa consultation dépend l'état dans lequel je dormirai. Rêve ou cauchemar, c'est selon.

***

Collaborateur du Devoir

***

In Memoriam

Stéphane Audeguy, Gallimard, «Le Cabinet des lettrés», Paris, 2009, 112 pages

Correspondance 1946-1970

Jaccottet/Ungaretti, Gallimard, «Les Cahiers de la NRF», Paris, 2008, 246 pages

Encyclopédie capricieuse du tout et du rien

Charles Dantzig, Grasset, Paris, 2009, 790 pages
 
 
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  • Pierre Girard
    Abonné
    samedi 28 février 2009 09h52
    LE BAISER - Ma littérature sont des lettres à Pierre Foglia. (Mais sa chronique d'aujourd'hui est imbécile, surtout qu'il a reçu les vidéos de Michel Chossudovsky sur le crise financière)
    From: Pierre Girard
    To: pierre.foglia@lapresse.ca
    Sent: Friday, February 27, 2009 11:36 AM
    Subject: le baiser


    Bonjour M. Foglia

    J'ai vécu des tas de choses qui sortent de l'ordinaire dans ma vie mais entre toutes ces expériences marquantes, il y en a une en particulier qui dépasse largement toutes les autres. C'est un baiser. Ce baiser qui n'a duré que l'espace de quelques secondes, m'a projeté comme au centre de l'univers instantanément. Je voyais même les étoiles comme si j'étais dans le cosmos quelque part, au beau milieu du cosmos parce qu'une femme m'a volé un baiser.

    Je vais essayer de vous raconter.

    D'abord, je dois vous dire comment nous nous sommes rencontrés. J'avais un site Web sur un livre qui s'appelle "La Cosmogonie d'Urantia" (ce site est fermé depuis que je sais que ce livre est relié avec des francs-maçons). Cette femme, selon ce qu'elle m'a dit et je la crois, bien que je ne la croyais pas vraiment au début, se connectait sur ce site depuis quelques années. Vous savez pourquoi? Pour se sentir connectée avec moi, car elle me ressentait, elle ressentait mon énergie, mon état d'être.

    En mars 2006, j'avais décidé de fermer mon site Web sur la Cosmogonie d'Urantia et j'avais annoncé sa fermeture. J'ai alors reçu une courte lettre de cette femme qui m'a intriguée et bouleversée. C'était une lettre d'amour bien que la forme de la lettre ne se présentait pas ainsi. Cette femme m'a dit plus tard qu'elle était fâchée contre moi quand elle me l'avait écrite, car, en fermant ce site, elle perdrait sa connexion avec moi. Je dis bien connexion, car c'est vraiment le mot juste. Elle ouvrait son fureteur sur ce site pour toute la journée sans nécessairement cliquer de liens, juste pour se connecter à moi en tant que personne. Cela faisait qu'elle se sentait plus calme, plus sereine, des choses du genre. Elle ne savait pas non plus à quoi je ressemblais physiquement. Rien à voir avec l'apparence physique.

    Aussitôt que j'ai lu la lettre, j'ai alors voulu rencontrer cette femme. Je voyais que c'était possible, car l'adresse de courriel était du Québec. Alors, j'ai entamé ce que je pourrais appeler "voir si elle était en mesure de me rencontrer". Durant quelques jours je lui ai expédié des textes de mes affaires de fou avec des extraterrestres, ou rencontre avec Gabriel ce supposé grand personnage spirituel, enfin plein de trucs qui sortent de l'ordinaire, car je ne conçois pas vraiment de me rapprocher de quiconque si cette personne ne sait pas quel foutu personnage je suis. Une semaine plus tard, le 3 avril 2006, nous avons soupé dans un resto de *******.

    Juste avant d'entrer dans le restaurant, elle m'avait dit que je devais considérer le fait que pour elle, j'étais un peu comme le pape pour un catholique. lol.
    Plus de trois heures plus tard, nous sommes sorties du resto et, une fois dans ma voiture, elle a alors dit "embrasse-moi". Je me suis approché pour l'embrasser sur la joue, mais elle a tourné la tête pour m'embrasser sur la bouche et là, ce fut sublime ce qui s'est passé l'espace de quelque seconde. Cela m'a même fait peur et j'ai ressenti cela presque comme un viol, mais bon dieu, quel viol! Jamais je n'oublierai ce baiser volé où je me suis retrouvé projeté dans le cosmos, quelque part loin de cette foutue planète. Il n'y a pas de mots pour décrire ce qui s'est passé, et ce fut, semble-t-il la même chose pour elle. Elle m'a dit récemment qu'elle savait ce qui allait se passer, qu'elle ressentait cela.

    Vous savez, il y a plusieurs années que je vous parle de toutes sortes d'expérience avec extraterrestres ou autres trucs à rendre débile dont je cherche encore certaines réponses, mais je ne vous avais encore jamais parlé de ce baiser indescriptible, la chose la plus délectable, prenante, sublime... que j'ai vécu de toute ma vie.

    Je pense que ce baiser dit véritablement qui nous sommes. Il dit que nous sommes bien plus que ce que nous pensons être, que les 90 ou 93 % de notre cerveau en inaction recèlent sûrement notre potentiel d'état d'être réel. Il dit aussi que l'amour, dans toute sa véracité et sa force, peut certainement transcender toutes les barrières du temps et de l'espace. Il dit que tout est possible.

    Oui M. Foglia, j'ai été gratifié d'un tel baiser.
    Il m'a sauvé parce qu'il a redonné un nouveau souffle à ma vie.
    Ce baiser fait partie de mes souvenirs impérissables et parfois, quand j'y repense, cela me rappelle la grandeur de ce qui est possible... était possible?

    merci de votre attention

    pierre girard
    www.pierregirard.ca - hier j'ai mis cette image de Bilal comme page d'entrée de mon site Web. Quel beau dessin!

    le dessin en 1024 pixel de large : http://www.divers.pierregirard.ca/BaiserBilal_1024 - 196 k

    et en 1567 pixel de large :
    http://www.divers.pierregirard.ca/BaiserBilal_1567 - 379 k

  • Pierre Girard
    Abonné
    samedi 28 février 2009 18h00
    Je retire d'avoir écrit que la chronique de Pierre Foglia est imbécile, c'est trop relatif...
    Concentrez-vous plutôt sur ma lettre à Pierre Foglia qui dépeint une expérience claire qui invite à penser que nous sommes "esprit" reliés au cosmos, et que l'amour est un puissant moteur...

    http://www.ledevoir.com/2009/02/28/commentaires/09

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