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Toujours la bataille des Plaines

Antoine Robitaille   31 janvier 2009  Livres
Québec — Québec solidaire n'a au fond rien inventé avec ses «co-porte-parole». Wolfe et Montcalm, ces deux généraux, se sont combattus, se sont, par leur armée interposée, entretués. Pourtant, depuis 1850, on ne cesse de les rapprocher. Voire de les fusionner.

Nulle surprise donc qu'en 2009, sur l'affiche controversée de la «Commission des champs de bataille nationaux», les descendants de Wolfe et de Montcalm, déguisés en ancêtres, se serrent la main... et soient sacrés les co-porte-parole de la «programmation» du festival 1759-2009, 250e anniversaire de la fameuse bataille. Le cinéaste Jacques Godbout, dans Le Sort de l'Amérique, un an après le second référendum, avait déjà immortalisé sur pellicule cette grande réconciliation.

C'est là une vieille idée, inscrite dans nos monuments, notre urbanisme. Dites-moi, comment accédez-vous aux plaines d'Abraham à partir de la rue... De Bougainville? Par l'avenue Wolfe-Montcalm.

Et au parlement, au-dessus de notre énigmatique «Je me souviens» gravé dans la pierre, quelles statues se dressent côte à côte? Celles de Wolfe et de Montcalm, bien entendu. Dans l'édifice Pamphile-Le May, siège de la bibliothèque du parlement, deux portes ornées de belles armoiries se font face: la Montcalm et la Wolfe.

À côté du Château Frontenac, dans le parc des Gouverneurs, un obélisque dédié aux duettistes de notre mémoire contemple le Saint-Laurent. Le monument? Wolfe-Montcalm. «Les inscriptions sont latines pour ne pas que le commun des mortels comprenne», note l'historien Patrice Groulx, de l'Université Laval.

Montréal n'est pas en reste. En cette métropole où les Alouettes, gentilles Alouettes, ont jadis été des Concordes — qui jouaient pas loin de l'université Concordia — vous aviez remarqué? Eh oui, la rue Wolfe voisine la rue Montcalm!

Une légion de livres

Autant la bataille des Plaines a clairement scellé le sort de la Nouvelle-France, autant, dans les mémoires, elle a jeté les germes d'un malaise permanent.

Sorte de malaise qui rend toutefois un événement historique intéressant. C'est ce qui explique qu'une légion de livres se soient confrontés à travers le temps, prétendant dire «la vérité» sur cet affrontement déterminant.

L'un des derniers en date est celui de l'historien du Musée canadien de la guerre, Peter MacLeod, qui s'intitule justement La Vérité sur la bataille des plaines d'Abraham. Les huit minutes de tirs d'artillerie qui ont façonné un continent (Éditions de l'Homme). À ses dires, si cette fameuse bataille a été évoquée de «mille manières», «on ne l'a jamais racontée avec exactitude». M. MacLeod reconstitue l'événement minute par minute grâce à la correspondance et aux journaux intimes d'acteurs de l'événement.

Dans l'Hexagone, un autre historien militaire, Gérard Saint-Martin, publiait fin 2007 Les Plaines d'Abraham, l'adieu à la Nouvelle-France? (Economica). «Lorsque la mer se retire, elle laisse des repères sur la plage. Il en est de réconfortants. Ceux laissés par la douloureuse marée des Ides de septembre 1759 peuvent se résumer en deux mots: honneurs et survivance», écrit-il avant de citer Yves Duteuil: «Une bulle de France au nord d'un continent.»

Bégaiement

Les malaises, toutefois, font bégayer l'histoire. Celle de la commémoration de 1759 obéit à une logique prédéterminée. On a presque envie de citer Louis Hémon: «Rien ne change au pays du Québec.»

D'un côté, il y a ce que certains ont nommé péjorativement le «bon-ententisme». Il veut honorer son «devoir de mémoire» envers la Nouvelle-France, mais il ne veut choquer personne. Alors il finit par fusionner Wolfe et Montcalm, se disant qu'au fond, le Bas-Canada et plus tard le Québec incarnent ce qu'on appela à la fin du XIXe siècle «l'Entente cordiale» entre les civilisations française et britannique. Dès le XIXe siècle, celui des premiers balbutiements de «l'ère de la commémoration», selon l'expression de l'historien Pierre Nora, les mêmes logiques qu'on voit à l'oeuvre aujourd'hui apparaissent.

L'histoire du parc des Braves, prolongement du parc des Plaines, en est révélatrice, comme l'a bien montré Patrice Groulx dans un texte fort, publié dans la Revue d'histoire de l'Amérique française en 2001: «La commémoration de la bataille de Sainte-Foy. Du discours de la loyauté à la "fusion des races".»

En 1852, la découverte d'ossements de soldats sans doute français près des ruines du moulin de Dumont donne l'idée à quelques membres de l'élite francophone de Québec, dont nul autre que l'historien François-Xavier Garneau, d'organiser une translation des restes solennelle et de procéder à l'érection d'un monument. Le 100e anniversaire de la bataille des Plaines approche. Or, en avril 1760, c'est la France, Lévis plus précisément, qui remporte la bataille de Sainte-Foy. Cela n'empêcha pas la Conquête, la chute de Montréal, mais elle apparaissait alors comme un baroud d'honneur à souligner. La Société Saint-Jean-Baptiste de Québec se charge du projet. Mais rapidement, entre autres parce qu'une ambiguïté persistait quant à la nationalité des restes de soldats trouvés, on décida d'honorer tous les braves, les soldats qui s'étaient battus des deux côtés.

«Le monument que nous proposons d'élever devrait [...] être érigé, déclare le ministre Étienne-Paschal Taché [père de l'architecte du parlement] non dans un esprit mesquin, étroit, égoïste, mais dans des vues larges et généreuses, à la mémoire des braves des deux armées qui ont consommé le 28 avril 1760, envers leur patrie respective, le plus grand de tous les sacrifices.» En somme, le monument des Braves, au bout de la célèbre rue du même nom, ne désigne ni les vainqueurs ni les vaincus.

On invite Louis-Joseph Papineau à participer au dévoilement du monument, en 1854. Il décline l'invitation et s'explique dans une lettre. Patrice Groulx — dont les liens de parenté avec l'abbé du même nom sont fort lointains — raconte qu'aux yeux du patriote, la célébration n'était justifiée que si on honorait les restes «de ceux des braves qui tombèrent, victimes de leur dévouement à la plus sainte des causes, de ceux de ces héroïques défenseurs de la patrie, Français et Canadiens qui luttèrent si glorieusement contre l'invasion étrangère».

Il a aussi cette phrase, non sans résonance avec la controverse d'aujourd'hui: «Qu'une Société toute nationale demande à associer dans la même fête, et ceux qui sont morts pour conserver sa nationalité, et ceux qui sont morts pour l'assujetir [sic], me paraît un bizare [sic] contresens et une abjecte flatterie. Un pays indépendant peut donner l'Apothéose à des Citoyens méritans [sic]. La Déification est de peu de prix dans une colonie, où tour à tour la violence et la vénalité ont laissé au gouvernement une influence exagérée et pernicieuse.»

Une logique similaire a été à l'oeuvre lors du débat autour des célébrations du 300e anniversaire de Québec, en 1908, rappelle l'historien Henry V. Nelles, auteur de L'Histoire spectacle (Boréal, 2003). Au départ, on envisageait de ne reconstituer, sur les Plaines, que la bataille qui opposa Wolfe à Montcalm. Devant le tollé, l'organisation des fêtes du tricentenaire décida de reconstituer aussi celle de Sainte-Foy. C'est aussi d'ailleurs ce qu'on prévoit en 2009.

Le fondateur du Devoir, Henri Bourassa, avait à l'époque accusé le gouverneur général Earl Grey de vouloir «transformer la célébration de la naissance de Québec et du Canada français en grand rappel historique de la Conquête».

Quelque 50 ans plus tard, en 1959, l'anniversaire de la bataille des Plaines soulève encore la controverse. La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal dénonce les fêtes organisées et fait savoir qu'elle n'y participera pas. À la télévision de Radio-Canada, l'émission Camera 59 y consacre un segment de 10 minutes, que l'on peut voir dans la section des archives du site Web de Radio-Canada. Un historien militaire, lui-même de l'armée, Jean-Noël Rouleau, y dénonce l'idée de faire une fête: «On ne demanderait pas aux Français de célébrer l'entrée des Allemands à Paris pendant la dernière guerre. C'est un peu la même chose dans le cas de la bataille des plaines d'Abraham. Il s'agit pour la société canadienne d'une bataille qui marque leur défaite totale, qui marque leur conquête.»

L'autre versant

La tradition du bon-ententisme, qui a marqué 1854, 1908 et en partie 1959, n'est pas seule. Une autre, qu'on pourrait qualifier de «francité», lui répond. Résultat: il y a une concurrence des commémorations, une lutte pour «l'occupation de l'espace public». Ainsi, à Québec, à côté de l'hôtel Concorde (ça ne s'invente pas!) il y a le cours du Général-De Montcalm, lequel général, cette fois, n'est pas accompagné de son garde du corps habituel, le général Wolfe. Tout près de la statue de Montcalm surplombée par l'ange de la Renommée qui le couronne de lauriers, un autre général, de Gaulle, regarde vers les Plaines. Non loin, pour compléter le trio, Jeanne d'Arc, curieusement un don anonyme d'un riche couple d'Américains fasciné par le caractère français de Québec.

Le dernier geste en date de la «francité» remonte à 2001. Quelques jours après le 11-Septembre, 242 ans exactement après la célèbre bataille, la Commission de la capitale nationale (pas à Ottawa, à Québec) a organisé une translation solennelle du crâne de Montcalm de la chapelle des Ursulines au cimetière de l'Hôpital général, où les soldats français morts reposent depuis 1759. «Dans le défilé, des figurants personnifiaient des militaires français et anglais», raconte une dépêche, relevant un peu le bon-ententisme.

Le premier ministre Bernard Landry préside la cérémonie, qui se fait en présence de descendants de Montcalm: «Et nous, les vivants, qui rappelons le souvenir de cette guerre d'un autre siècle, que nous reste-t-il à faire dans notre propre siècle, après avoir rempli ce devoir de mémoire? Particulièrement en ces semaines troublées que vit le monde, il nous reste à exprimer plus que jamais notre inextinguible soif de paix.»

La paix est-elle possible entre le «bon-ententisme» et la «francité»?
 
 
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  • Dany Pelchat
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 08h13
    Reconstituer et célébrer la bataille des plaines d'Abraham ! Pourquoi ?
    En lisant tout ce qui a été rapporté récemment dans les médias concernant la reconstitution, l'été prochain, par la Commission des champs de bataille, de la bataille des plaines d'Abraham du 13 septembre 1759, je me suis demandé si nos amis Français du futur (disons dans 250 ans d'ici) apprécieraient qu'un de leurs organismes publics, comme notre gouvernement fédéral, ose reconstituer et surtout CÉLÉBRER la victoire de l'Allemagne sur la France au début des années quarante !

    J'ai laissé travailler mon imagination et j'essayais de voir comment ils réagiraient et s'ils apprécieraient de voir Adolphe Hitler et la plupart de ses bourreaux parader fièrement sur l'avenue des Champs-Élysées dans sa luxueuse Mercedes décapotable, entouré d'une foule de véhicules militaires fortement armés, suite à la capitulation temporaire de la France.

    J'ai même essayé de m'imaginer comment les Juifs du futur réagiraient si on reconstituait et célébrait, dans 50 ans d'ici, les massacres et horreurs commis dans les camps d'extermination dans ces mêmes années.

    Pourtant, lorsqu'il s'agit de reconstituer et célébrer ce triste chapitre de notre histoire nationale (bataille des plaines d'Abraham), certaines personnes ignares ne semblent pas s'en soucier (la Ministre fédérale Josée Verner, le représentant de l'ADQ, Éric Caire, le maire de Québec, Régis Labeaume et plusieurs autres) car pour elles, seuls l'argent et les touristes comptent au détriment de notre fierté nationale. La plupart de ces gens se félicitent et se pourlèchent déjà les babines pour leur participation à cet événement et beaucoup y prennent même plaisir ! Quelle honte et quelle hypocrisie !

    Où avons-nous enterré notre conscience et notre fierté nationale ?

    Se rappeler la bataille des plaines d'Abraham, via nos livres d'histoire, est tout-à-fait légitime et obligatoire pour nous aider à comprendre d'où nous venons et ce que nous sommes devenus. Par contre, reconstituer et célébrer cet événement ne l'est pas !

    Quelles sont les raisons profondes, pour le gouvernement fédéral, de vouloir à tous prix célébrer un événement aussi triste dans l'histoire de notre nation ? Avoir une fête de plus à célébrer en été pour que les gens se sentent bien dans leur peau ? Nous présenter les beaux costumes, fusils et canons de l'époque, l'odeur de la poudre ? NON !

    Une des explications que j'ai trouvée, c'est que notre gouvernement fédéral, appuyé sans réserves par nos députés fédéralistes serviles et aveugles, cherche toutes les occasions possibles pour nous rappeler que, dans le Canada, le Québec est une province comme les autres et qu'il peut nous imposer n'importe quoi, n'importe quand, n'importe comment, sans qu'on ne puisse rien y faire, comme le rapatriement de la Constitution en 1982, le changement unilatéral de la formule de péréquation, la création d'une Autorité canadienne des marchés financiers dans laquelle le Québec n'aurait rien à dire et où tout se passerait exclusivement en anglais.

    Cependant, je soupçonne le gouvernement fédéral d'un crime beaucoup plus grave, c'est de vouloir provoquer et exacerber la colère et la violence des Québécois, laquelle, bien entendu, sera réprimée dans le sang, à grands coups de matraques et de gaz lacrymogènes par la SQ, la GRC et l'Armée, comme ça s'est passé le 24 juin 1968 lorsqu'un certain Pierre-Elliot Trudeau s'est présenté, rempli de mépris et de haine envers le peuple québécois, son propre peuple, à l'estrade d'honneur de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal, ou lors de la visite au Québec de sa Majesté Élisabeth II, Défenseur de la Foi, Reine du Commonwealth, du Canada et de tous ses colonisés dans les années soixante. N'oubliez pas qu'un tel comportement dominant est typique des Anglais et leurs descendants, sans compter nos élus fédéralistes serviles. Chez-eux, l'esprit de supériorité et de domination est génétique. Souvenez-vous aussi des parades provocatrices des Orangistes en Irlande du Nord qui ont dégénéré en violence.

    Par conséquent, l'été prochain, il nous faudra réagir collectivement avec vigueur pour contrer ces sinistres individus qui veulent nous imposer un triste spectacle que nous ne voulons pas. J'espère donc de tout coeur que les gens de tout le Québec boycotteront et surtout chahuteront et perturberont, sans violence, ces cérémonies qui n'ont pas leur place dans notre histoire nationale. D'ici là, je souhaite que nos dirigeants fédéraux se réveillent et qu'ils auront un soupçon de lucidité en mettant un terme à ces cérémonies.

    Si la Ministre Josée Verner et le gouvernement fédéral tiennent absolument à célébrer ces tristes événements de l'Histoire du Québec, je leur suggère de TOUT transférer à Ottawa, le seul endroit au Canada ou la célébration d'un tel événement a vraiment un sens car celui-ci représente pour le ROC la fin de l'égalité entre les deux peuples fondateurs.

    Dany Pelchat
    Lévis

  • Alain Lavallée
    Abonné
    samedi 31 janvier 2009 08h24
    "Red Bull Crashed French"
    Très intéressant votre rappel des événements qui ont entourés les "commémorations" précédentes de la bataille des Plaines.
    Votre article est d'autant plus intéressant si on le lit en parallèle avec le texte de Denis de Belleval (Opinion) et celui de Denis Bombardier.

    Mais si on s'en tient à ce qui est planifié cette année par l'Agence fédérale de Patrimoine Canada (Commission des Chanps de bataille), on est un peu étonné de voir le maire Labeaume confondre le tiroir caisse du "Red Bull Crahed Ice" avec celui qu'il espère du "Red Bull Crashed French" de l'été prochain (selon l'expression que vous avez lancée à Bazzo-TV cette semaine)

    L'attitude de défi de la "citoyenne" Josée Verner, et de Denis Coderre (le Red Bull lieutenant, du Red Bull Chief ) montre bien que cette re-constitution semble-t-il demandée par des amateurs de jeux de poudre constituera une belle scène pour politiciens fédéraux en campagne électorale virtuelle (à cause du gouv. minoritaire d'Ottawa). Chacun voudra se faire du capital politique et renouveller le succès de P E Trudeau à la St-Jean de 1968 (en cassant du séparatissssss).
    Je ne pense pas que ce "Red Bull Crashed French" soit dans l'intérêt des gens de QUébec, ni du Québec. Si Patrimoine Canada persiste à financer, organiser,maintenir et soutenir cette reconstitution, cela ressemblera de plus en plus à une attitude de recherche de la confrontation.... ce qui à mon avis est bien loin du "bon-ententisme". Personnellement je souhaite que toute cette reconstitution soit annulée. Qu'il y ait colloque historique d'accord... mais les soldats d'opérette qu'ils restent chez eux et aillent au paint ball le plus près de leur domicile.
    (J'ai d'ailleurs présenté une analyse de tout cela dans un texte sur http://quebec.blog.lemonde.fr )

  • LUCILLE MURRAY
    Inscrite
    samedi 31 janvier 2009 08h59
    En 1959 un historien militaire dit ceci
    ''...Un historien militaire, lui-même de l'armée, Jean-Noël Rouleau, y dénonce l'idée de faire une fête: «On ne demanderait pas aux Français de célébrer l'entrée des Allemands à Paris pendant la dernière guerre. C'est un peu la même chose dans le cas de la bataille des plaines d'Abraham. Il s'agit pour la société canadienne d'une bataille qui marque leur défaite totale, qui marque leur conquête.»
    Je suis tout à fait d'accord.
    Je me souviens.

  • André/Andrés 71
    Inscrit
    samedi 31 janvier 2009 13h07
    Revivre la bataille à rebours
    J'ai toujours des montées de lait quand on prétend célébrer et/ou commémorer cette bataille de 1759 en OUBLIANT celle de 1760: La bataille de Sainte-Foy qui fut GAGNÉE par les Français

    En lisant les commentaires des lecteurs du DEVOIR, je suis content d'apprendre que la bataille de Québec en 1760 a été gagnée par les Français et qu'un autre pan de notre histoire trouverait dans cette « provocante célébration » l'occasion de démontrer au ROC que nous ne sommes pas des vaincus mais des RÉSISTANTS PERPÉTUELS à l'anglicisation.

    REPRENONS POSSESSION des PLAINES d'Abraham en foutant DEHORS ce Canada hypocrite et menteur du territoire québécois.

    René Lévesque a bien nationalisé Shawinigan Water & Power pour en faire HYDRO-QUÉBEC et Camille Laurin a fait adopté la Loi 101. Ce n'était qu'un début... CONTINUONS le COMBAT...

    Je propose donc : « Que, dans les plus brefs délais, l'ASSEMBLÉE NATIONALE du Québec PROCLAME "Le Parc des Champs de Batailles" et toutes ses dépendances, TERRITOIRE ET PROPRIÉTÉ du Québec sans compensation d'AUCUNE SORTE au Gouvernement fédéral puisque nous l'avons déjá AMPLEMENT payée de la vie de nos ancêtres et de nos taxes ».

    CESSONS tout simplement d'ENVOYER nos impôts au GOUVERNEMENT FÉDÉRAL pour financer des événements qui ne nous conviennent ABSOLUMENT PAS!

    Si le gouvernement fédéral nous déclare la guerre pour autant, DÉFENDONS-NOUS comme bien d'autres pays dans le monde le font au prix de leur vie... Malgré mes 68 ans, je me porte volontaire! Avant d'aller combattre en Afghanistan ou ailleurs, rappelons ici TOUS les soldats québécois déployés à travers le monde pour reprendre notre liberté aujourd'hui menacée par cette annonce de célébration IDIOTE.

    AUX ARMES CITOYENS!


    RELIRE s.v.p. le manifeste de Claude Bariteau, André Campeau & coll. « SORTIR le CANADA du QUÉBEC » publié Aux éditions Les INTOUCHABLES (Montréal 2002) 175 pages
    ISBN 2-89549-072-4


    André Lacombe-Gosselin
    andre_lacombe@yahoo.com

  • Alias
    Abonné
    dimanche 1 février 2009 10h48
    Manque de tact
    Avant de lire cet article d'Antoine Robitaille, la décision de commémorer la bataille de 1759 me semblait un manque de tact incompréhensible, étant donné l'histoire récente du Québec. L'histoire ancienne du bon-ententisme explique en partie cette décision, sans l'excuser. Mais avec le recul, la défaite des Plaines d'Abraham est-elle un événement si négatif pour le Québec? N'aurait-il pas été vendu avec la Louisiane par Napoléon pour financer ses guerres européennes? Sans cette défaite, le Québec serait peut-être une Louisiane du Nord et le 400e aurait été fêté en anglais.

  • Alain Rioux
    Inscrit
    dimanche 1 février 2009 15h42
    A vaincre sans périls...
    En commémorant cette "victoire" de septembre 1759, remportée avec des forces trois fois supérieures aux nôtres, les anglais ne font que se ridiculiser, puisque:

    "A vaincre sans périls, on triomphe sans gloire!"(Corneille/ le Cid)

    De plus, ça fait 250 ans qu'ils échouent à nous assimiler: Peuh!

    Ont-ils aussi l'intention de fêter la guerre de Boers de 1899, qu'ils ont également écrasés sous le nombre, et, par la même occasion, l'invention des camps de concentration?...

  • Julien Beauregard
    Inscrit
    dimanche 1 février 2009 16h50
    en résumé
    Donc, en instituant une présence coalisée de Montcalm et de Wolfe (le duo Montcalm-Wolfe), le lien historique entretenue avec la bataille des plaine d'Abraham devient davantage celui d'un happening historique qui s'est déroulé il y a 250 ans. En réunissant ensemble ces adversaires, on les représente comme des comédiens d'une pièce de théâtre. Ensemble, ils ont fait un bon "show".

  • Jean-Claude Parent
    Inscrit
    lundi 2 février 2009 16h59
    Les Québécois ne veulent pas de chicane...
    Malgré ce que vous en dites, M. Robitaille, ce ne sont pas tous les soldats français qui sont enterrés dans le cimetière de l'Hôpital général (en fait, un des trois cimetières situés sur le terrain de l'institution). Pour avoir préparé le rapport de recherche historique qui a mené à la désignation du cimetière comme lieu historique national du Canada, j'aimerais prendre deux instants pour rectifier certains faits.

    En fin d'après-midi, le 13 septembre 1759 et pendant les jours suivants, les deux armées ont récupéré les corps des soldats tués de leurs camps respectifs. À l'époque, l'usage lors de telles batailles était d'ensevelir les morts sur le champ de bataille dans des fosses communes fortement chaulées. La premièere bataille des plaines d'Abraham n'a pas fait exception à la règle.

    Les blessés ont été envoyés à l'Hôpital général où les Augustines en ont pris soin. Les soldats qui sont décédés des suites de leurs blessures ont été enterrés dans le cimetière dont vous parlez et que l'historien Pierre-Georges Roy avait surnommé le «cimetière des Héros». Ce cimetière a la particularité d'avoir recueilli des soldats de régiments français mais aussi des combattants canadiens (au sens que ce mot était compris sous le Régime français). Mais il y a plus : au début des années 1940, une équipe de travailleurs de la ville de Québec, qui devait creuser le long du cimetière pour refaire la rue, a mis à jour des ossements et des objets appartenant... à des soldats britanniques qui avaient été soignés par les soeurs. Une fois décédés de leurs blessures, ces soldats conquérants furent enterrés dans le même cimetière que les conquis mais pas dans la même portion. Aujourd'hui, les représentants des deux camps se côtoient dans un petit coin de Québec.

    Maintenant, sur le fond de la question. Pourquoi tous les intervenants et ceux qui commentent l'actualité sur le sujet parlent-ils de la bataille des plaines d'Abraham? J'ai toujours cru bon d'utiliser l'expression «les batailles des plaines d'Abraham». Il y eut deux batailles mais pour une raison que j'ignore, on n'entend parler que de celle du 13 septembre 1759. Il serait temps d'inclure l'histoire de celle du 28 avril 1760 où l'armée française appuyée des Canadiens et des Amérindiens a vaincu les troupes britanniques. On assiste présentement à un débordement de la frustation de plusieurs personnes et groupes qui s'objectent à une reconstitution des événements de septembre 1759. Pourquoi ne pas demander à la Commission des champs de batailles nationaux de permettre une reconstitution de la seconde bataille? Les supposés nationalistes en tireraient peut-être une certaine fierté.

    Je suis d'accord que le principe de la reconstitution des événements de 1759-1760 n'est pas l'idée du siècle. Mais ce qu'il y a de dangereux présentement, c'est qu'on ne souligne pas l'importance de ces deux batailles dans l'histoire du Québec. Qu'on le veuille ou non, la bataille du 13 septembre 1759 et celle du 28 avril suivant ont constitué un événement qui a marqué plus que tout autre, incluant les deux référendums ratés de 1980 et 1995, la vie des citoyens du Québec. La pire situation serait de ne pas se souvenir de ce que nos ancêtres ont eu à affronter et à souffrir pour nous amener là où nous sommes. Autant la population a participé en grand nombre à des événements rappelant la fondation de Québec, autant nous avons le devoir de faire connaître l'histoire et les événements qui ont mené à notre sujétion dans un système où nous nous sentons à l'étroit.

    En terminant, est-ce que quelqu'un se souvient de la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham au milieu des années 1970? Y avait-il eu une flambée de frustration de la même ampleur que celle qu'on connaît présentement?

    Merci pour vos réponses.

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