Les bâtards de Champlain
Stéphane Dion et Pierre Pettigrew. Le premier de classe et le bellâtre. Ils étaient les deux jokers québécois sortis de la manche de Jean Chrétien. Imprévisible et atypique aura été le parcours du premier, et lancinante et pénible, sa sortie de scène. Dion fera un excellent Joe Clark et un excellent Claude Ryan pour Michael Ignatieff. Le second joker, lui, a un jour débarrassé le plancher, vite fait, bien fait. Je me souviens d'un article que Pettigrew avait fait paraître dans Le Devoir, à l'époque où il était ministre des Affaires étrangères. Le Canada, écrivait-il en gros, avait été, dès sa conception, dans le cerveau de ses Pères fondateurs, la belle grande utopie multiculturelle que nous connaissons aujourd'hui. Où donc ce cuistre, qui de toute évidence n'avait pas inventé le bouton à quatre trous, était-il allé pêcher une idée pareille? m'étais-je alors demandé. Après avoir lu Mon pays métis de John Saul, j'opterais pour un fauteuil victorien tendu de riche velours dans un salon de Rideau Hall.
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